L'Arc de Triomphe au crépuscule avec une présence policière
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Attaque Arc de Triomphe : un homme abattu par les gendarmes

Un homme armé attaque des gendarmes sous l'Arc de Triomphe et est abattu. Découvrez le parcours de Brahim Bahrir, ancien détenu radicalisé, et les failles du système de prévention.

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Le vendredi 13 février 2026, alors que le soleil commençait à décliner sur Paris, l'un des lieux les plus emblématiques de la capitale française, l'Arc de Triomphe, a été le théâtre d'une scène d'une violence brutale inattendue. En plein cœur de la cérémonie du ravivage de la flamme du Soldat Inconnu, un individu armé a soudainement chargé les forces de l'ordre, brisant le calme solennel des lieux. Cet événement tragique, qui a coûté la vie à l'assaillant, a plongé la capitale dans une stupeur familière, rappelant la fragilité de la sécurité dans les espaces publics les plus fréquentés. Au-delà de l'acte lui-même, c'est toute la chaîne de la surveillance et de la prévention antiterroriste qui se trouve interrogée. 

L'Arc de Triomphe au crépuscule avec une présence policière
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Vendredi 13 février à 18h00 : le couteau brise la cérémonie du Soldat Inconnu

L'ambiance était particulière ce soir-là, mêlant le prestige historique du site à la routine quotidienne des Parisiens et des touristes. À 18 heures précises, l'heure de pointe bat son plein dans le huitième arrondissement. Sous la voûte majestueuse de l'Arc de Triomphe, le décor est planté : d'un côté, la tombe du Soldat Inconnu, symbole fort du sacrifice militaire français, et de l'autre, une foule bigarrée venue assister au rituel immuable du ravivage de la flamme. C'est dans ce contexte de mémoire collective et de tourbillon urbain que le drame a éclaté, transformant un moment de recueillement en une opération de police de haute intensité en quelques secondes à peine.

La nature précise de l'agression a stupéfié les témoins par sa soudaineté et sa nature rudimentaire mais meurtrière. L'assaillant, déterminé, n'a pas laissé le moindre indice de ses intentions avant de passer à l'acte. Armé d'un couteau et d'une paire de ciseaux, des armes blanches courantes mais redoutables à courte distance, il a foncé sur les militaires en poste. La réaction des forces de l'ordre a été immédiate, dictée par le protocole en vigueur pour une telle menace. La brutalité de l'attaque a créé un électrochoc dans la zone confinée sous le monument, là où la densité de la foule rendait toute action violente potentiellement dévastatrice.

Le ravivage de la flamme interrompu par des cris

Le rituel du ravivage de la flamme est une institution qui se déroule chaque jour à 18h00, sans faute, regardless of the weather or the political climate. Ce vendredi, les gendarmes de la Garde républicaine, ou spécifiquement des musiciens de la gendarmerie mobile selon les sources, s'apprêtaient à honorer la mémoire des morts pour la France. La solennité de la cérémonie, respectée par les visiteurs qui se taisent généralement pendant les minutes qui précèdent et suivent l'allumage de la flamme, a été brisée net par des cris et un mouvement de foule paniqué.

C'est précisément à cet instant, alors que l'attention de tous se portait vers la tombe, que l'homme a franchi les barrières psychologiques et physiques qui séparent les spectateurs du monument sacré. En chargeant les forces de l'ordre, il a non seulement visé des uniformes, mais il a aussi symboliquement attaqué un lieu de mémoire de la République. La transition entre le recueillement et le chaos a été absolue, laissant les nombreux touristes présents sous la voûte dans un état de confusion totale, pris entre l'envie de fuir et la fascination horrifiée pour la scène qui se déroulait devant eux.

Un gendarme sauvé par sa gabardine

Dans le récit détaillé de l'attaque fourni par le parquet, un déail a retenu l'attention, illustrant la part de hasard qui peut décider de la vie ou de la mort dans de telles circonstances. L'assaillant a d'abord ciblé un gendarme de la musique mobile, présent pour le service d'honneur. Arme à la main, il s'est rué sur lui avec une violence évidente, visant le thorax ou le cou. Le militaire, pris au dépourvu par la vitesse de l'assaut, n'a pas pu esquiver le coup.

Cependant, le sort en a décidé autrement grâce à un élément inattendu de l'uniforme : la gabardine. Le gendarme portait en effet sa tenue de cérémonie, caractérisée par un col rigide et épais. Lorsque la lame du couteau a percuté le soldat, elle a buté contre ce col rigide, empêchant l'acier de pénétrer la peau. Ce « coup de chance », comme l'a qualifié le communiqué du Parquet national antiterroriste (PNAT), a sauvé le gendarme de blessures physiques graves, voire mortelles. Ce détail technique souligne l'extrême danger de la situation et la proximité du drame, transformant ce qui aurait pu être un meurtre en une tentative d'assassinat fortuite.

L'appel précurseur d'Aulnay-sous-Bois : « Faire un massacre » avant de rejoindre l'Arc de Triomphe

Si l'attaque sous l'Arc de Triomphe a semblé soudaine pour les témoins présents sur place, l'enquête a rapidement révélé qu'elle n'était nullement un acte impulsif, mais le point d'orgue d'un processus prémédité et annoncé. Remonter le fil des heures précédentes permet de comprendre la course contre la montre dans laquelle se sont trouvés les services de renseignement et la police. Ce n'est pas une rencontre fortuite avec des policiers qui a déclenchsa colère, mais l'aboutissement froid d'un projet annoncé quelques minutes plus tôt. L'enquête révèle une trajectoire linéaire et mortifère, commencée en banlieue et terminée sous la voûte parisienne. Ce qui a pu sembler être une explosion soudaine de violence était en réalité l'exécution d'une intention clairement formulée avant même que l'assaillant ne monte dans un moyen de transport.

La menace explicite contre les policiers

Tout a commencé par un appel téléphonique passé au commissariat d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. L'homme au bout du fil, dont la voix trahissait une agitation et une détermination singulières, ne cherchait pas à se plaindre d'un quelconque tort, mais à annoncer un crime. Les termes employés par l'individu ont immédiatement déclenché le niveau d'alerte maximum : il a parlé de son intention de « faire un massacre » et de sa volonté de « tuer du flic ». Ce type de menaces, directes et explicites, laisse peu de place à l'interprétation et oblige les services de police à une réaction immédiate.

Pour les opérateurs qui ont reçu l'appel, il ne s'agissait pas d'un simple appel désespéré ou d'une plaisanterie de mauvais goût, mais de la proclamation d'un passage à l'acte imminent. Le vocabulaire utilisé renvoyait directement à une volonté de tuer, ciblant spécifiquement les forces de l'ordre. Cette précision dans la cible, les policiers ou les gendarmes, a d'ailleurs guidé toute la suite de l'intervention, alertant la préfecture de police de Paris sur la potentielle dangerosité de l'individu pour les patrouilles en service.

La géolocalisation trop tardive aux Champs-Élysées

Dès la réception de cet appel, une procédure complexe de traque a été enclenchée. Les services de renseignement territoriaux et la police ont tenté de géolocaliser l'appelant pour l'intercepter avant qu'il n'atteigne une zone dense. Cependant, la technologie et la réactivité humaine se sont heurtées à la réalité du terrain francilien. L'individu s'était déjà mis en mouvement, utilisant les transports en commun pour rejoindre le centre de la capitale à une vitesse qui a pris de court les dispositifs de surveillance.

Le délai entre l'appel alarmiste d'Aulnay-sous-Bois et l'arrivée de l'homme sur les Champs-Élysées s'est révélé trop court pour une interception efficace. C'est au moment où les services de localisation ont finally réussi à le situer aux abords de l'Arc de Triomphe que l'attaque a débuté. Cette course contre la montre malheureusement perdue illustre les difficultés majeures auxquelles les forces de l'ordre sont confrontées face à des « loups solitaires » agissant rapidement, avec des armes rudimentaires, et ne laissant que peu de traces exploitables avant l'action violente. La géolocalisation, outil moderne indispensable, ne peut suppléer à l'instantanéité de l'acte criminel lorsque le délai entre l'alerte et l'action est inférieur à quelques minutes. 

Gendarme français en tenue de service
(source)

Deux balles pour neutraliser Brahim Bahrir : le tir de secours du gendarme

Face à la fureur de l'assaillant, la riposte a été à la mesure de la menace : immédiate et létale. Alors que le premier gendarme échappait de justesse à la mort grâce à sa gabardine, la situation restait critique. L'homme, toujours armé et déterminé, représentait un danger mortel immédiat pour les dizaines de personnes présentes, civils et militaires confondus. C'est dans ce contexte de pression extrême que la décision de faire usage de l'arme à feu a été prise par un collègue du soldat agressé.

Le protocole d'engagement de la force létale en France est strictement encadré par la légitime défense et la nécessité absolue d'arrêter une menace imminente. Ce vendredi soir, sous l'Arc, toutes les conditionsétaient réunies pour justifier une réponse ferme et immédiate. Un second gendarme, témoin direct de l'agression contre son camarade, a pris la décision de faire feu. La précision du tir, effectuée dans une situation de stress maximal, a permis de neutraliser la menace instantanément. Brahim Bahrir a été touché à deux reprises au thorax. Gravement blessé, il a été pris en charge par les secours et transporté à l'hôpital européen Georges-Pompidou, où il a finalement succombé à ses blessures dans la soirée. Ce drame a ainsi clos un cycle de violence de quelques minutes, mais dont les conséquences politiques et sécuritaires risquent de durer bien plus longtemps.

L'usage de l'arme de service en plein cœur de Paris

L'intervention du gendarme relève d'un geste réflexe, dicté par l'entraînement et le Protocole national d'emploi des armes à feu. Face à un individu armé d'un couteau qui continue de charger après une première agression, la marge de manœuvre est inexistante. Le militaire a fait usage de son arme de service, une arme de poing standard, tirant deux balles qui ont atteint l'assaillant au thorax. Cette neutralisation rapide était impérative pour empêcher l'homme de continuer son action meurtrière dans un espace confiné où la fuite des civils était entravée par les barrières et la foule elle-même.

Ce tir de « secours », comme on l'appelle dans le jargon policier, a été réalisé en plein cœur de Paris, dans l'un des endroits les plus surveillés au monde. La présence de touristes, caméras au poing, a d'ailleurs garanti une médiatisation immédiate de l'événement, les images de l'assaillant au sol circulant rapidement sur les réseaux sociaux. Cependant, au-delà de l'aspect visuel, c'est la dimension technique de l'intervention qui retient l'attention : la capacité à faire cesser une menace létale immédiate sans dégâts collatéraux majeurs dans un environnement à très haute densité humaine.

Zéro blessé collatéral : le défi de la sécurisation des espaces ouverts

Si la mort de l'assaillant est le bilan direct de l'intervention, l'autre chiffre retenu par les autorités est de zéro blessé parmi les civils et les autres forces de l'ordre. C'est un point crucial. L'Arc de Triomphe, à cette heure de la journée, est un entonnoir humain. Des dizaines de personnes se trouvaient à quelques mètres seulement de l'agression. Pour un tireur, même entraîné, faire usage d'une arme à feu dans une telle foule constitue un risque majeur de bavure. Une balle perdue ou ricochant sur la pierre pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Le fait qu'aucun passant ni policier n'ait été touché par les tirs de riposte témoigne du sang-froid et de la précision du gendarme intervenant. Cela souligne également la qualité des entraînements réguliers menés par la Gendarmerie pour les scénarios de « shooting in crowd » (tir dans la foule). La gestion de la menace ne s'est pas arrêtée au tir ; elle a inclus la gestion immédiate de la panique, l'évacuation de la zone et la sécurisation du périmètre pour éviter tout mouvement de bousculade qui aurait pu faire davantage de victimes que l'attaque elle-même. C'est cette maîtrise opérationnelle qui a permis d'éviter que cet événement ne se transforme en catastrophe de masse. 

La flamme du Soldat Inconnu sous l'Arc de Triomphe
CherryX / CC BY-SA 3.0 / (source)

17 ans de prison pour des policiers belges : le passé lourd de l'assaillant radicalisé

Une fois l'adrénaline de l'intervention retombée, l'enquête du Parquet national antiterroriste (PNAT) a rapidement mis en lumière le profil de l'homme abattu : Brahim Bahrir. Loin d'être un déséquilibré agissant sans antécédents, l'assaillant présentait un casier judiciaire lourd, tristement connu des services de renseignement français et belges. Son parcours illustre la difficulté persistante à prendre en charge, sur le long terme, des individus radicalisés ayant purgé de longues peines de prison. Cet événement tragique nous ramène quatorze ans en arrière, mettant en lumière une trajectoire de violence qui semblait malheureusement se répéter.

Brahim Bahrir : du métro de Molenbeek à l'Arc de Triomphe

Né en 1978 à Mantes-la-Jolie, Brahim Bahrir n'était pas inconnu des services de police. Son parcours bascule en 2012, lorsqu'il commet un acte d'une gravité extrême en Belgique. Dans une station de métro à Molenbeek-Saint-Jean, une commune de la région bruxelloise souvent citée comme berceau de la radicalisation en Europe, il poignarde deux policiers. Cet acte, revendiqué à l'époque comme une action au nom de motivations religieuses extrémistes, lui vaut d'être condamné en 2013 à une peine très lourde : dix-sept ans de réclusion criminelle.

Ce passage à l'acte contre des symboles de l'autorité de l'État, les forces de l'ordre, dans un pays voisin, avait déjà alerté les services sur la dangerosité de l'individu. La nature de son crime antérieur présente des similitudes troublantes avec l'attaque du 13 février 2026 : des armes blanches, des uniformes pour cibles et une violence sans nuance. Ce profil de « féroce » déterminé, prêt à tuer pour ses idées, pose la question épineuse de l'évolution psychologique des détenus radicalisés pendant leur incarcération et de leur sort une fois la peine purgée.

Une sortie de prison deux mois seulement avant les faits

L'élément le plus glaçant de cette affaire réside sans doute dans la chronologie. Brahim Bahrir avait été libéré de prison seulement deux mois avant l'attaque de l'Arc de Triomphe. Après avoir passé plus d'une décennie derrière les barreaux pour une tentative de meurtre sur policiers motivée par l'idéologie djihadiste, il a retrouvé la liberté fin de l'année 2025. Cette sortie relativement récente interroge sur les mécanismes de suivi post-carcéral. Comment un individu présentant un tel profil de dangerosité, et condamné pour des faits d'une telle gravité, a-t-il pu être en mesure de planifier et commettre un nouvel acte violent si peu de temps après sa remise en liberté ?

Les autorités devront désormais déterminer si cet homme faisait l'objet d'une surveillance étroite par les services de renseignement français, et si oui, comment les signes avant-coureurs, comme l'appel au commissariat d'Aulnay-sous-Bois, ont pu échapper à la vigilance avant qu'il ne soit trop tard. Ce cas exemplifie le défi structurel auquel sont confrontés les gouvernements européens : la gestion du flux des « sortants de prison » radicalisés. La prison, si elle est nécessaire pour neutraliser une menace, ne suffit pas toujours à la désamorcer définitivement. Le retour à la vie civile, sans accompagnement psychologique ou surveillance rapprochée efficace, semble parfois précipiter une récidive fatale.

Conclusion

L'attaque survenue sous l'Arc de Triomphe ce vendredi soir résonne comme un terrible signal d'alarme pour les services de sécurité et la justice française. Si l'intervention des gendarmes a été exemplaire de rapidité et de précision, sauvant sans doute des vies en neutralisant un homme déterminé à tuer, elle met aussi en lumière les angles morts du système de prévention. Le passage à l'acte de Brahim Bahrir, ancien condamné lourd sorti de prison depuis seulement deux mois, soulève la question cruciale de la récidive terroriste et du suivi des individus jugés dangereux.

Au-delà de l'enquête judiciaire en cours pour « tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle », c'est une réflexion plus large qui s'impose sur la prise en charge de ces profils à haut risque. Entre la menace explicite proférée par téléphone et la géolocalisation tardive, entre la prison et la liberté, l'assaillant a trouvé le vide nécessaire pour commettre l'irréparable. Cet événement tragique rappelle que la vigilance doit être absolue et constante, particulièrement aux abords des lieux symboles de la République, pour préserver la mémoire qu'ils abritent et la sécurité des visiteurs qui s'y recueillent.

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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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