Cheminot à la gare de triage du Bourget, syndicaliste SUD Rail, passé par les Grandes Gueules de RMC, Anasse Kazib porte pour 2027 une candidature dite ouvrière, communiste et révolutionnaire. Né le 2 janvier 1987 à Sarcelles, militant trotskiste et porte-parole de Révolution permanente, il tente pour la deuxième fois d'aller jusqu'à la présidentielle après son échec de 2022.
Du Bourget au porte-parolat politique
Anasse Kazib est fils d'immigrés marocains. Son grand-père était tirailleur pendant la Seconde Guerre mondiale, un ancrage familial qu'il cite pour expliquer son engagement contre le racisme et l'exploitation.

Avant le rail, il travaille comme coursier pour des laboratoires chimiques. En 2012, il devient cheminot, aiguilleur en 3x8 à la gare de triage du Bourget, en Seine-Saint-Denis. Il y agit comme délégué syndical SUD Rail. Le tri, le travail de nuit et la réforme ferroviaire forgent sa figure militante.
En mai 2018, en pleine bataille contre la réforme de la SNCF, il intègre l'émission des Grandes Gueules sur RMC. Cette présence régulière lui donne une notoriété nationale comme figure médiatique du mouvement cheminot, à un moment où peu de syndicalistes de base ont accès aux plateaux.
Sur le plan politique, il rejoint le NPA en 2017, puis participe au courant qui rompt avec ce parti. Révolution permanente, organisation trotskiste née en 2022 d'une scission avec le Nouveau parti anticapitaliste, reprochait au NPA sa volonté de rapprochement avec La France insoumise. Kazib en devient l'un des porte-parole les plus visibles.
Aux législatives anticipées de 2024, il obtient 3,67 % dans la deuxième circonscription de Seine-Saint-Denis, un score modeste mais qui l'installe dans le paysage militant du département où il travaille et milite.
Une candidature annoncée le 1er juin 2026
Le cheminot et syndicaliste Anasse Kazib a annoncé lundi 1er juin 2026 son intention d'être candidat pour Révolution permanente à l'élection présidentielle de 2027, après avoir échoué à réunir les parrainages nécessaires pour celle de 2022.
L'objectif affiché n'est pas d'abord la gestion des institutions, mais de faire entrer l'usine, l'entrepôt, le triage et les quartiers populaires dans la campagne.
En 2022, il avait déjà voulu présenter sa candidature mais n'avait réuni que 160 parrainages. Pour être officiellement candidat à la présidentielle, il faut réunir 500 parrainages d'élus. C'est l'obstacle qui l'avait bloqué la dernière fois et qui reste central pour 2027.
Semaine de 28 heures, SMIC à 2000 euros et expropriations
Le programme défendu pour 2027 assume la rupture avec le patronat et les logiques de marché. D'après le texte publié sur revolutionpermanente.fr, le candidat défend comme revendications centrales la semaine de 28 heures et la retraite à 60 ans, à 55 ans pour les métiers pénibles, sans condition d'annuités.
Face à l'inflation, il réclame l'augmentation du SMIC à 2000 euros et de l'ensemble des salaires, indexés sur les prix. Le programme comprend aussi l'interdiction des licenciements.
Pour imposer ces mesures, il défend l'expropriation sans indemnité ni rachat, sous contrôle des travailleurs, des entreprises qui refuseraient ces mesures ainsi que des secteurs stratégiques, de l'énergie à la santé. Il y ajoute l'opposition aux budgets militaires avec le mot d'ordre "pas un euro, pas une vie pour leurs guerres".
Dit simplement : moins d'heures travaillées, des salaires plus élevés et garantis contre les prix, des départs plus tôt, sans licenciement possible. Côté financement, le coût ne reposerait ni sur les salariés ni sur l'État social tel qu'il existe, mais sur les profits des entreprises et sur les grands groupes des secteurs stratégiques, par la contrainte et l'expropriation. C'est l'arbitrage central de cette candidature : ce que les salariés gagneraient en temps, en salaire et en sécurité, les directions d'entreprises et les actionnaires le perdraient en pouvoir et en marges, avec un conflit frontal à prévoir sur l'application.
Trois candidatures à l'extrême gauche
Anasse Kazib n'est pas seul sur ce créneau. En 2027, l'extrême gauche compte trois candidatures déclarées : Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière, Anasse Kazib pour Révolution permanente et Selma Labib pour le NPA-Révolutionnaires, conductrice de bus de 30 ans.
Les divergences sont réelles. Révolution permanente reproche au NPA historique son rapprochement avec La France insoumise. Vis-à-vis de Lutte ouvrière, dans un texte relayé par Le Figaro, Révolution permanente estime que LO considère que toutes les questions qui ne relèvent pas directement de l'exploitation capitaliste sont secondaires, voire des facteurs de diversion et de division du prolétariat, au point de parfois s'adapter aux idées dominantes sur ces sujets.
Autrement dit, Kazib veut occuper une place à la fois ouvrière et attentive aux luttes contre le racisme, le sexisme ou la répression, contre une extrême gauche jugée par lui trop étroite ou trop institutionnelle.
Reste l'épreuve que toutes ces candidatures connaissent bien : obtenir 500 signatures d'élus, maires, conseillers départementaux ou parlementaires, dans un système où les petits candidats sans appareil municipal peinent à exister. Bloqué à 160 en 2022, Kazib doit cette fois convaincre au-delà de ses cercles militants, pendant que deux autres candidatures à l'extrême gauche visent les mêmes parrainages et les mêmes voix.