Petite séance de travail en « bonne compagnie » pour le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
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Affaire Epstein : 30 ans de scandale, secrets et impunité

De 1996 à 2026, l'affaire Epstein révèle trente ans d'impunité impliquant quatre présidences américaines. Survivantes ignorées au Congrès, mort mystérieuse, complice Ghislaine Maxwell, révélations explosive sur Jack Lang en France : retour sur le...

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L'image est d'une violence symbolique saisissante. Mercredi 11 février 2026, au cœur du Congrès américain, six femmes se lèvent silencieusement dans l'hémicycle. Ce sont des survivantes de Jeffrey Epstein, ce prédateur sexuel qui a ruiné des centaines de vies. Face à elles, la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, refuse de croiser leur regard. Elle tourne obstinément la tête, comme si l'invisible pouvait effacer l'insupportable. Cette scène résume à elle seule trois décennies d'un scandale qui éclabousse les plus hautes sphères du pouvoir.

Comment un homme a-t-il pu abuser de plus de mille mineures et jeunes femmes pendant des décennies, sous le regard indifférent — voire complice — de la justice américaine ? C'est la question qui hunte les États-Unis, la France et plusieurs autres pays où les ramifications de l'affaire Epstein continuent de se multiplier. Les révélations de début 2026 ont relancé l'enquête avec une intensité inédite, éclaboussant des personnalités politiques, diplomatiques et culturelles de premier plan.

Petite séance de travail en « bonne compagnie » pour le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Petite séance de travail en « bonne compagnie » pour le criminel sexuel Jeffrey Epstein. — (source)

Six femmes debout au Congrès : l'image qui résume trente ans d'impunité

La scène s'est déroulée lors d'une audition cruciale à la Chambre des représentants. Pam Bondi, ministre de la Justice nommée par Donald Trump, devait répondre des actions de son département. Mais l'éluée démocrate Pramila Jayapal, représentante de l'État de Washington, a transformé ce moment en un acte de résistance mémorable. S'adressant directement aux victimes présentes dans la salle, elle a lancé cette invitation solennelle : « Levez la main, si vous le voulez bien, si vous n'avez toujours pas réussi à avoir un rendez-vous avec ce département de la justice. »

Six femmes ont alors dressé leur silhouette face à l'autorité. Six survivantes qui, pour certaines, se battent depuis plus de vingt ans pour être entendues. Leur geste était d'une puissance émotionnelle dévastatrice. Pam Bondi aurait pu les regarder, leur présenter des excuses au nom de l'institution qu'elle représente, promettre que justice serait enfin rendue. Elle a choisi le silence et le détournement.

L'instant où Pam Bondi a détourné le regard

La procureure générale a secoué légèrement la tête, crispant les mâchoires, avant de reprendre son offensive contre les élus qui critiquaient son action. À plusieurs reprises, elle a brandi le nom de son prédécesseur, Merrick Garland, comme un bouclier. Jamais questionné dans cette enceinte pendant la présidence de Joe Biden sur l'affaire Epstein, ce dernier incarnait pour elle la responsabilité à rejeter. Une stratégie défensive qui n'a fait qu'amplifier la colère des victimes et de leurs soutiens.

Cette attitude illustre parfaitement le traitement réservé depuis trois décennies aux centaines de jeunes femmes abusées par Epstein et son réseau. Les institutions américaines ont systématiquement fermé les yeux, renvoyé la balle d'un service à l'autre, d'une administration à l'autre. Les Epstein Files : tout ce que révèlent les documents publiés en janvier 2026 ont mis au jour l'ampleur de ces défaillances institutionnelles.

Plus gros que le Watergate : les mots de Thomas Massie

Face à cette posture, le républicain Thomas Massie, élu du Kentucky et avocat inlassable des victimes, a prononcé une phrase qui a fait l'effet d'une bombe médiatique. « Ceci est plus gros que le Watergate. Cela s'étale sur quatre administrations. Vous n'avez pas besoin de remonter à Biden. Remontons à Obama. Remontons à George W. Bush. Cette dissimulation s'étend sur des dizaines d'années, et vous êtes responsable d'une portion de cela. »

La comparaison avec le Watergate n'est pas anodine. Ce scandale des années 1970 avait conduit à la démission du président Richard Nixon. Mais l'affaire Epstein dépasse en complexité et en durée ce précédent historique. Quatre présidents américains se sont succédé pendant que le prédateur prospérait : George W. Bush, Barack Obama, Donald Trump (lors de son premier mandat), puis Joe Biden. Chacune de ces administrations a hérité du dossier, et aucune n'a eu le courage politique d'aller au bout des révélations.

Jeffrey Epstein : le milliardaire qui achetait son impunité

Qui était donc Jeffrey Epstein, cet homme capable de s'offrir des décennies d'impunité ? Né à Brooklyn dans une famille modeste, il a gravi les échelons du monde financier pour devenir l'un des milliardaires les plus mystérieux de la planète. Sa fortune, dont l'origine exacte reste floue, lui a permis de cultiver un réseau d'influence impressionnant : princes, présidents, célébrités et intellectuels fréquentaient ses propriétés somptueuses.

Epstein avait coutume de dire à ses nouvelles connaissances : « Si tu fais des recherches sur moi sur Google, peut-être que tu ne voudras plus jamais me parler. » Cette phrase en dit long sur sa conscience du risque. Il savait que son passé judiciaire pouvait être découvert. Mais il comptait sur sa fortune, ses relations et la lâcheté des institutions pour continuer à prospérer dans l'ombre.

De Brooklyn aux îles Vierges : l'empire secret d'un prédateur

L'ascension sociale de Jeffrey Epstein défie l'entendement. Parti de rien, il devient professeur de mathématiques dans un établissement huppé de Manhattan, avant de se reconvertir dans la finance. Ses talents de courtier lui ouvrent les portes des cercles les plus fermés. Il gère les fortunes de milliardaires comme Leslie Wexner, propriétaire des marques Victoria's Secret et Abercrombie & Fitch.

Avec cet argent, Epstein acquiert des propriétés qui deviendront les théâtres de ses crimes : un manoir de 40 pièces à Manhattan, une villa à Palm Beach en Floride, un ranch au Nouveau-Mexique, et surtout une île privée aux Caraïbes, Little Saint James, dans les îles Vierges américaines. Cette dernière, surnommée « l'île du péché », était accessible uniquement par bateau ou hélicoptère. Isolée du monde, elle lui permettait d'organiser ses agressions à l'abri des regards indiscrets.

Temple-like building on Jeffrey Epstein's private island
Temple-like building on Jeffrey Epstein's private island — (source)

Les Jeffrey Epstein : l'enquête qui ne s'arrête jamais ont révélé l'ampleur de ce système criminel. Au moins mille mineures et jeunes femmes ont été identifiées comme victimes d'Epstein et de son réseau. Recrutées pour certaines alors qu'elles n'avaient que 14 ans, elles étaient attirées par des promesses d'argent ou de carrière avant d'être entraînées dans l'engrenage.

Le jour où Epstein a prêté sa fortune à un trust mystérieux

Deux jours avant sa mort, le 8 août 2019, Jeffrey Epstein a rédigé un testament mystérieux. Selon les informations du New York Post, il y confiait l'intégralité de sa fortune — estimée à plus de 500 millions de dollars — à un trust dont les bénéficiaires restaient soigneusement anonymes. Ce geste, effectué alors qu'il était incarcéré et faisait face à des accusations pouvant le conduire à la prison à vie, pose de nombreuses questions.

Ce trust, dénommé « The 1953 Trust » en référence à son année de naissance, rend extrêmement difficile l'identification de ceux qui bénéficieront de son héritage. Pour les victimes qui cherchent à obtenir réparation, cette opacité représente un obstacle supplémentaire. Elle illustre aussi la capacité d'Epstein à organiser sa protection même face à la mort.

1996-2008 : douze ans de plaintes étouffées

L'histoire judiciaire de l'affaire Epstein commence bien avant son arrestation médiatisée de 2019. Les premières plaintes remontent à 1996, lorsque l'artiste Maria Farmer signale aux autorités locales et fédérales une agression sexuelle commise par Epstein et Ghislaine Maxwell. Elle travaillait alors comme artiste en résidence dans la propriété de Leslie Wexner, dans l'Ohio. Sa plainte reste sans suite.

Moins d'un an plus tard, en 1997, l'actrice Alicia Arden porte plainte auprès de la police de Los Angeles. Elle accuse Epstein de s'être fait passer pour un recruteur de la marque Victoria's Secret avant de l'agresser sexuellement. Là encore, l'affaire est classée sans suite. Ces deux exemples ne sont que la partie émergée d'un iceberg de signalements ignorés.

Le deal de 2008 : une condamnation cadeau

Il faut attendre 2008 pour qu'Epstein soit enfin condamné. Mais l'accord conclu avec le procureur fédéral de Floride, Alexander Acosta, scandalise les observateurs. Epstein plaide coupable à des chefs d'« incitation de mineur à la prostitution ». En échange, il échappe aux accusations fédérales beaucoup plus graves de trafic sexuel.

La peine est d'une clémence incompréhensible : 18 mois de prison, avec la possibilité de sortir travailler douze heures par jour, six jours par semaine. Epstein purge finalement seulement 13 mois dans une aile spéciale du pénitencier de Palm Beach. Il doit également verser des indemnisations aux victimes identifiées et s'inscrire sur le registre des délinquants sexuels.

Ce « deal » a fait l'objet de vives critiques. Alexander Acosta, devenu entre-temps secrétaire au Travail dans l'administration Trump, a dû démissionner en 2019 lorsque les détails de cet accord ont refait surface. Les Mort de Jeffrey Epstein : les failles de la prison et les zones d'ombre ont depuis révélé que des dizaines de victimes n'avaient même pas été informées de l'existence de cet accord.

Quatre présidences, un même silence

L'élu républicain Thomas Massie a raison de pointer la responsabilité partagée. L'affaire Epstein s'étend sur quatre présidences distinctes, chacune portant sa part de responsabilité dans cette impunité prolongée.

Sous George W. Bush (2001-2009), le « deal » de 2008 est conclu. L'administration Obama (2009-2017) n'a pas rouvert le dossier malgré les signaux d'alarme. Le premier mandat Trump (2017-2021) a vu l'arrestation d'Epstein en 2019, mais aussi sa mort mystérieuse. L'ère Biden (2021-2025) s'est caractérisée par une absence de transparence sur les documents de l'affaire. Ce n'est qu'avec le retour de Donald Trump au pouvoir en 2025 et la publication des Epstein Files en janvier 2026 que la lumière a commencé à se faire.

Ghislaine Maxwell : la complice qui en savait trop

L'histoire de Ghislaine Maxwell est indissociable de celle de Jeffrey Epstein. Fille du magnat de la presse Robert Maxwell, morte dans des circonstances mystérieuses en 1991, elle devient la compagne et surtout la complice principale du prédateur américain. Son rôle dans le recrutement et l'organisation du réseau criminel a été établi lors de son procès.

Arrêtée le 2 juillet 2020 dans le New Hampshire, après une cavale d'un an, Ghislaine Maxwell est inculpée pour trafic de mineurs et parjure. Son procès s'ouvre à la fin de l'année 2021. Le 29 décembre 2021, elle est reconnue coupable de cinq des six chefs d'inculpation. Le 28 juin 2022, elle est condamnée à vingt ans de prison ferme pour complicité de trafic sexuel de mineures.

Cette vidéo de TV5MONDE revient sur le procès de Ghislaine Maxwell et les charges retenues contre elle.

De l'ombre à la prison : le procès de celle qui recrutait les victimes

Le rôle de Ghislaine Maxwell dans le système Epstein était central. C'est elle qui approchait les jeunes filles, les mettait en confiance, leur promettait des opportunités. Elle les formait ensuite à « masser » Epstein, un euphémisme pour désigner les agressions sexuelles qui suivaient. Plusieurs victimes ont témoigné lors de son procès, décrivant une femme qui savait exactement ce qu'elle faisait.

Virginia Giuffre, l'une des victimes les plus connues, a raconté comment Maxwell l'avait recrutée alors qu'elle travaillait comme élève masseuse à l'âge de 16 ans. D'autres témoins ont confirmé ce modus operandi : repérer des adolescentes vulnérables, leur offrir de l'argent et des cadeaux, puis les entraîner dans l'engrenage.

Les vidéos secrètes : armes de chantage ou preuves explosives ?

Selon une enquête du Daily Mail, Ghislaine Maxwell détiendrait une collection de vidéos compromettantes montrant plusieurs personnalités influentes en compagnie d'Epstein et de mineures. Un ami interviewé par le journal britannique a déclaré qu'elle serait « en danger de mort » pour ce qu'elle sait.

Ces allégations n'ont jamais été confirmées officiellement. Mais elles expliqueraient pourquoi tant de personnalités influentes ont fréquenté Epstein sans jamais être inquiétées. Le Daniel Siad, rabatteur d'Epstein : ce qu'on sait a également révélé l'existence de réseaux de recrutement organisés.

10 août 2019 : la mort qui sent le soufre

Le 10 août 2019, Jeffrey Epstein est retrouvé mort dans sa cellule du centre correctionnel métropolitain de Manhattan. Officiellement, il s'agit d'un suicide par pendaison. Mais les circonstances de cette mort soulèvent immédiatement des questions troublantes.

Epstein attendait son procès pour trafic sexuel de mineures. Il risquait la prison à vie. Surtout, il avait indiqué à ses avocats qu'il était prêt à coopérer et à nommer des complices. Sa mort intervient donc au moment le plus critique pour son réseau.

Les caméras éteintes, les gardiens absents

Les anomalies constatées dans les heures précédant la découverte du corps sont nombreuses. Les caméras de surveillance qui devaient filmer le couloir devant sa cellule étaient défaillantes cette nuit-là. Les deux gardiens chargés de le surveiller ont admis avoir dormi et falsifié les registres pour dissimuler leur négligence.

Epstein avait tenté de se suicider trois semaines plus tôt et avait été placé sous surveillance rapprochée. Pour des raisons jamais totalement expliquées, cette surveillance avait été levée quelques jours avant sa mort. Son codétenu, qui aurait dû témoigner sur ses dernières heures, a été transféré la veille.

Pourquoi sa mort arrangeait tant de monde

La mort d'Epstein a empêché toute révélation formelle sur ses complices. Les victimes qui espéraient le voir comparaître et nommer ceux qui ont participé à ses crimes ont perdu cette opportunité. Les théories du complot se sont multipliées, alimentées par les nombreuses personnalités qui avaient intérêt à ce que le prédateur se taise à jamais.

L'enquête officielle a conclu au suicide. Mais le doute persiste pour beaucoup d'observateurs. Comment un prisonnier aussi important, placé dans une cellule théoriquement anti-suicide, a-t-il pu mourir dans de telles conditions ? Les autorités pénitentiaires ont reconnu des « défaillances multiples » sans jamais fournir d'explication satisfaisante.

Février 2026 : l'affaire explose en France

Après des années de silence relatif, l'affaire Epstein connaît un rebondissement majeur en France à la mi-février 2026. Les documents publiés par l'administration américaine ont révélé des liens étroits entre Jeffrey Epstein et plusieurs personnalités françaises de premier plan. L'onde de choc traverse la classe politique et diplomatique.

Lundi 16 février 2026, des perquisitions sont menées à l'Institut du monde arabe à Paris. Le Parquet national financier a ouvert une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant Jack Lang, ancien ministre de la Culture, et sa fille Caroline Lang. Les documents américains mentionnent le nom de l'ancien ministre des centaines de fois dans des échanges avec Epstein.

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Jack Lang et la société offshore des îles Vierges

Les révélations de Mediapart, publiées le 2 février 2026, ont fait l'effet d'une bombe. Caroline Lang aurait fondé en 2016 une société offshore avec Jeffrey Epstein, domiciliée aux îles Vierges américaines. Cette structure financière opaque soulève de nombreuses questions sur les liens financiers entre la famille Lang et le prédateur américain.

Jack Lang a réagi avec assurance : « Je me réjouis parce que je n'ai rien à cacher. Je suis totalement serein, confiant. » L'ancien ministre, célèbre pour avoir lancé la Fête de la musique dans les années 1980, a assuré que les accusations portées contre lui étaient « inexactes » et qu'il le démontrerait. Les Jack Lang démissionne : le lien avec Epstein explosé ont contraint l'ancien ministre à quitter la présidence de l'Institut du monde arabe qu'il dirigeait depuis 13 ans.

Le gouvernement français a salué cette démission. Les services d'Emmanuel Macron avaient demandé à l'ex-ministre socialiste de 86 ans de « penser à l'institution » qu'il dirigeait. Une manière élégante de signifier qu'il valait mieux pour lui partir.

Fabrice Aidan : le diplomate français trop proche d'Epstein

Le Quai d'Orsay vit également dans la tourmente. Les documents américains ont exhumé des échanges entre le diplomate Fabrice Aidan et Jeffrey Epstein. Ce fonctionnaire, détaché à New York auprès de l'Organisation des Nations unies, entretenait une correspondance suivie avec le prédateur depuis 2010.

Les mails rendus publics ne semblent pas établir de lien direct entre le diplomate et les crimes sexuels d'Epstein. Mais ils révèlent une proximité troublante entre les deux hommes. L'inquiétude règne au ministère des Affaires étrangères : qui seront les prochains éclaboussés ? Une « purge » sera-t-elle nécessaire pour en finir avec le culte du secret qui protège les turpitudes de certains agents ?

33 295 pages de vérité : ce que révèlent les Epstein Files

Le 30 janvier 2026, l'administration Trump a commencé à publier des millions de documents liés à l'affaire Epstein. Cette décision fait suite au Epstein Files Transparency Act signé par Donald Trump en novembre 2025. Le Comité de surveillance de la Chambre des représentants a ainsi rendu publics 33 295 pages de documents fournis par le Département de la Justice.

Cette masse considérable d'archives représente la plus grande divulgation jamais effectuée sur cette affaire. Elle comprend des rapports d'enquête, des correspondances, des relevés bancaires et de nombreux autres documents qui éclairent sous un jour nouveau l'étendue du réseau Epstein.

Le jour où Trump a ouvert les archives

La décision de publier ces documents n'allait pas de soi. En juillet 2025, le FBI et le Département de la Justice avaient annoncé la clôture de l'enquête, malgré les promesses de campagne de Trump de déclassifier les « dossiers Epstein ». Le flou autour de la relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein avait alimenté les spéculations.

Face à la pression médiatique et politique, le président a finalement signé la loi contraignant la justice à ouvrir les archives. La publication s'effectue toutefois avec des précautions : les identités des victimes sont protégées, et tout matériel d'abus sexuel sur mineur est évidemment exclu.

Ce que les documents nous apprennent encore

L'analyse de ces 33 295 pages est un travail de longue haleine pour les journalistes et les enquêteurs. Plusieurs révélations ont déjà émergé : la fréquence des voyages d'Epstein sur son île privée, la liste de ses invités, les flux financiers suspects. Les documents confirment l'implication de personnalités déjà connues et en mettent d'autres en cause pour la première fois.

Le travail de décryptage n'en est qu'à ses débuts. Chaque semaine apporte son lot de nouvelles révélations. L'affaire Epstein, loin d'être close, continue de dévoiler ses secrets les mieux gardés.

Justice pour les mille victimes : un combat qui ne fait que commencer

Derrière les scandales politiques et les révélations médiatiques, il y a les victimes. Au moins mille mineures et jeunes femmes ont été identifiées comme ayant subi les agressions d'Epstein et de son réseau. Leur combat pour obtenir justice et réparation est loin d'être terminé.

Ces survivantes ont eu le courage de briser le silence, de témoigner face aux procureurs, d'affronter les regards accusateurs. Certaines se battent depuis plus de vingt ans. Leur présence au Congrès le 11 février 2026 symbolise cette résilience extraordinaire.

Ces survivantes qui refusent le silence

Les six femmes debout dans l'hémicycle du Congrès représentent des centaines d'autres. Maria Farmer, qui a alerté les autorités dès 1996. Virginia Giuffre, qui a poursuivi le prince Andrew en justice et obtenu un règlement à l'amiable. Toutes celles dont les noms ne sont pas connus du public mais qui ont survécu à l'indicible.

Leur détermination a forcé les institutions à ouvrir les yeux. Sans leur courage, Epstein serait peut-être encore libre, et ses complices dormiraient tranquilles. C'est leur voix collective qui a transformé une affaire sordide en scandale d'État.

Les questions qui restent sans réponse

Malgré les révélations de 2026, de nombreuses interrogations subsistent. Combien de complices resteront impunis ? La justice française ira-t-elle au bout des enquêtes visant Jack Lang et Fabrice Aidan ? Les bénéficiaires du trust mystérieux d'Epstein seront-ils identifiés ? Que contiennent exactement les vidéos que détiendrait Ghislaine Maxwell ?

L'affaire Epstein est loin d'être close. Chaque réponse apporte son lot de nouvelles questions. Mais une chose est certaine : les victimes ne lâcheront rien. Elles ont attendu trop longtemps pour accepter le silence.

Conclusion

Trente ans d'impunité, trois décennies de silence institutionnel, des milliers de vies brisées : l'affaire Epstein restera comme l'un des plus grands scandales de l'histoire contemporaine. Les révélations de 2026 ont ouvert une brèche dans le mur de l'opacité, mais le chemin vers la vérité complète reste long.

Les survivantes qui se sont levées au Congrès le 11 février 2026 incarnent l'espoir d'une justice qui finira par triompher. Leur dignité face au refus de Pam Bondi de les regarder en dit plus sur la responsabilité des institutions que n'importe quel rapport officiel. Tant que ces femmes n'auront pas obtenu toutes les réponses auxquelles elles ont droit, l'affaire Epstein ne sera pas terminée.

Les Archives Epstein constituent une avancée majeure vers la transparence. Mais la publication de documents ne suffit pas. Il faut des poursuites, des condamnations, des réparations. Il faut que les puissants comprennent que leur statut ne les protège plus. L'affaire Epstein a révélé les failles d'un système judiciaire à deux vitesses. Les victimes se battent pour que ces failles soient comblées, pour que plus jamais un prédateur ne puisse acheter son impunité.

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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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