Un représentant du SETO s'adressant à la presse lors d'une conférence, entouré de bannières pour Explora Journeys.
Actualités

«85 000 clients et 100 millions en moins» : à l’orée d’un été dégradé, les voyagistes misent déjà sur l’arrière-saison

Alors que l'été 2026 s'annonce désastreux pour les voyagistes (85 000 clients manquants, 100 millions d'euros de pertes), les professionnels misent tout sur l'arrière-saison pour sauver la saison.

As-tu aimé cet article ?

L'été 2026 s'annonce comme un casse-tête pour les voyagistes français. Alors que le soleil brille et que les Français rêvent de plages lointaines, le Syndicat des Entreprises du Tour Operating (SETO) a livré un constat amer le 2 juillet : 85 000 clients manquent à l'appel sur la saison estivale, soit environ 100 millions d'euros de chiffre d'affaires envolés. La faute à un contexte géopolitique explosif au Moyen-Orient, qui a gelé les réservations à partir de la fin février. Mais les professionnels du tourisme ne baissent pas les bras. Leur nouvelle arme ? L'arrière-saison, cette période de septembre à octobre qu'ils vendent désormais comme la vraie chance des vacances 2026. Pour les 18-25 ans, dont le budget vacances n'a jamais été aussi serré, ce retournement de marché pourrait bien être une aubaine.

Un représentant du SETO s'adressant à la presse lors d'une conférence, entouré de bannières pour Explora Journeys.
Un représentant du SETO s'adressant à la presse lors d'une conférence, entouré de bannières pour Explora Journeys. — (source)

« On est passés de +13 % à –22 % de réservations » : anatomie d'un effondrement estival

Pour comprendre l'ampleur du choc, il faut revenir quelques mois en arrière. L'hiver 2025-2026 avait pourtant débuté sur des bases excellentes. Les tour-opérateurs membres du SETO affichaient un chiffre d'affaires en hausse de 2,5 % sur la période novembre-avril, avec 1 116 716 clients transportés. La recette unitaire moyenne atteignait 1 659 euros, en progression de 1,1 %. Mais ces moyennes cachent un basculement brutal.

Jusqu'au 28 février, les voyagistes vivaient un rêve éveillé. « On a fait un début d'hiver excellent, avec +10 % en novembre, +7,3 % en décembre et +13,3 % en janvier », rappelait Patrice Caradec, président du SETO, lors de la conférence de presse du 2 juillet. Puis le conflit au Moyen-Orient a éclaté, et tout s'est arrêté. Les réservations ont chuté d'environ 22 % en mars et avril 2026 selon les données du Monde. En mai, la situation ne s'était pas améliorée : Selectour, qui pèse environ 50 % du marché avec ses 2 200 agences, enregistrait une chute de 24 % des prises de commandes sur la période mars-mai.

Ce qui frappe les professionnels, c'est l'absence d'annulations massives. Les clients ne renoncent pas à leurs vacances, ils les mettent en attente. « Le client va partir, mais il hésite encore. Ce n'est pas une question de prix », analysait Laurent Abitbol, président de Selectour, sur BFMTV le 21 mai. « Nous traversons une crise psychologique. Notre ennemi, ce sont les chaînes d'informations en continu. » Résultat : un attentisme généralisé qui transforme l'été 2026 en marché favorable à l'acheteur, celui qui peut se permettre de prendre son temps et de négocier.

L'onde de choc du Moyen-Orient sur le carnet de commandes

Le déclencheur de cette crise est connu. Le 28 février 2026, un conflit armé éclate au Moyen-Orient, plongeant la région dans une instabilité immédiate. Les conséquences pour le tourisme sont immédiates et brutales : neuf pays du Moyen-Orient sont suspendus des catalogues des voyagistes français. Selectour, qui représente environ la moitié du marché, a dû rapatrier plus de 4 300 clients, pour un coût estimé entre 3 et 4 millions d'euros. Au total, ce sont 9 700 clients qui ont été rapatriés par le réseau.

L'onde de choc ne se limite pas aux pays directement concernés. Les annulations en chaîne touchent aussi les destinations voisines. La Jordanie, et notamment le site de Pétra, a perdu 90 % de ses visiteurs français. Selon les estimations, 800 000 Français ont renoncé à toute destination au Moyen-Orient pour l'été 2026. Les voyagistes français commencent tout juste à relancer les départs vers le Golfe avec prudence, comme le montre l'actualité récente du secteur.

Le contraste avec la saison d'hiver est saisissant. Le ski en France avait bondi de 30,3 % en chiffre d'affaires. L'Égypte et la République dominicaine progressaient de plus de 35 %. « La France pèse 15 à 16 % du volume d'activité du SETO, avec un ski qui a très bien marché cet hiver », détaillait Patrice Caradec. Mais cette dynamique s'est brisée net.

« Il nous manque 85 000 clients cet été » : la confession de Patrice Caradec

Le chiffre a fait l'effet d'une bombe dans le secteur. En prononçant ces mots le 2 juillet, le président du SETO a officialisé ce que beaucoup pressentaient : l'été 2026 est un désastre commercial pour les voyagistes. « Il nous manque 85 000 clients cet été », a-t-il déclaré, ajoutant que cela représentait environ 100 millions d'euros de volume d'affaires en moins. Pour donner une échelle, le SETO représente environ 2,5 millions de clients par an. Perdre 85 000 clients sur une seule saison, c'est l'équivalent d'un mois d'activité qui s'évapore.

Ce déficit de clientèle a une conséquence directe : le marché devient un « buyer's market », où l'offre excède largement la demande. Les voyagistes, qui avaient programmé des capacités hôtelières et aériennes sur la base des prévisions de l'hiver, se retrouvent avec des stocks à écouler. La tentation est grande de casser les prix. « Juin ne rattrape pas le retard, mais on a arrêté l'hémorragie : le mois est flat par rapport à juin dernier », tempérait Patrice Caradec. « Il reste une clientèle opportuniste, attentiste, qui va bénéficier de prix très attractifs. »

Un Airbus A320 d'Air France en vol, train d'atterrissage sorti, sous un ciel bleu.
Un Airbus A320 d'Air France en vol, train d'atterrissage sorti, sous un ciel bleu. — (source)

« Les 18-25 ans vont partir, mais avec 500 euros en poche » : le vrai budget des jeunes cet été

Si les voyagistes cherchent désespérément des clients, les jeunes adultes, eux, cherchent désespérément des solutions pour partir. L'étude Plum-Selvitys réalisée en mai 2026 auprès de 1 000 jeunes Français de 18 à 34 ans dresse un portrait sans appel : 90 % d'entre eux prévoient de partir cet été, mais plus d'un sur deux (52 %) dispose d'un budget inférieur à 1 000 euros. Parmi les 18-25 ans, la situation est encore plus tendue : 38 % plafonnent à 500 euros.

Ce décalage entre l'envie de voyager et la réalité du porte-monnaie explique en grande partie l'attentisme observé par les professionnels du tourisme. Les jeunes ne renoncent pas, ils attendent. Ils guettent les promos, comparent les prix, et surtout, ils sont prêts à décaler leurs vacances sur l'arrière-saison si cela leur permet de faire des économies. L'enquête Cofidis confirme cette tendance : 62 % des Français prévoient de partir cet été, mais le budget moyen chute à 1 748 euros, son plus bas niveau depuis 2022, soit 287 euros de moins qu'en 2025.

62 % partent, mais 38 % des 18-25 ans plafonnent à 500 euros

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon l'étude Plum-Selvitys, 27 % des 18-34 ans disposent d'un budget global inférieur à 500 euros pour leurs vacances. Mais ce sont les 18-25 ans qui trinquent le plus : 38 % d'entre eux doivent se contenter de cette somme, contre 16 % chez les 26-34 ans. Seuls 13 % des jeunes adultes envisagent un budget supérieur à 2 000 euros.

Comment voyager avec si peu ? Les jeunes adaptent leurs habitudes. 72 % privilégient la France ou l'Europe, et 47 % choisissent leur destination en fonction de leurs contraintes budgétaires. L'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce restent les valeurs sûres, mais les destinations d'Europe de l'Est et les Balkans gagnent du terrain. Les voyages organisés en agence reculent au profit des séjours montés soi-même, où chaque euro est optimisé.

La conséquence financière de cette course aux économies est lourde. 45 % des 18-35 ans se sont déjà retrouvés à découvert pour financer des vacances, selon l'étude Cofidis. Les 18-25 ans dépassent leur budget de 636 euros en moyenne. Un jeune sur trois dépasse de 100 à 399 euros, et pour un tiers des 26-35 ans, le dépassement peut atteindre plus de 1 000 euros. Le paiement fractionné séduit particulièrement : 21 % des 18-24 ans comptent y recourir.

Paiement fractionné et aide Départ 18:25 : les bouées de sauvetage méconnues

Face à ces contraintes, des dispositifs existent mais restent sous-estimés. Le premier est l'aide Départ 18:25, gérée par l'ANCV (Agence Nationale pour les Chèques-Vacances). Ce dispositif permet aux 18-25 ans sous conditions de revenus (moins de 17 280 euros par an pour une part fiscale) de bénéficier d'une aide pouvant aller jusqu'à 200 euros. Le choix de séjours est large et adapté au budget des jeunes, avec des offres spécifiques pour les étudiants boursiers du CNOUS.

Le deuxième levier est le paiement fractionné, qui connaît un essor spectaculaire. 21 % des 18-24 ans comptent y recourir cet été, selon l'enquête Cofidis. Les plateformes de réservation intègrent désormais systématiquement cette option, permettant d'étaler le coût d'un voyage sur plusieurs mois sans frais. C'est un outil puissant pour les jeunes qui tombent sur une promotion de dernière minute : ils peuvent « débloquer » un départ sans attendre d'avoir la totalité de la somme sur leur compte.

Les chèques-vacances constituent une troisième piste, souvent méconnue des jeunes actifs. Ce dispositif, également géré par l'ANCV, permet de financer ses vacances avec une aide de l'employeur, défiscalisée dans une certaine limite. Pour un jeune en CDI ou en stage, c'est un complément non négligeable qui peut faire la différence entre un été à la maison et un départ.

« Partez quand les autres rentrent » : la stratégie choc des voyagistes pour septembre-octobre

Les voyagistes ont compris que l'été 2026 ne se rattrapera pas. Alors ils misent tout sur l'arrière-saison. Cette période, traditionnellement calme, devient leur planche de salut. Le discours marketing a changé : il ne s'agit plus de vendre des vacances en juillet-août, mais de convaincre les clients que septembre et octobre sont les vrais bons mois pour partir.

Le SETO l'a officialisé le 2 juillet. « Depuis le 1er juin, on constate une reprise en particulier pour des départs immédiats, pour l'été et pour l'arrière-saison (septembre-octobre) qui pourrait être très bonne et pourrait compenser le manque de volume des derniers mois », a déclaré Patrice Caradec. Les accords diplomatiques du 17 juin 2026 entre les États-Unis et l'Iran ont permis de lever les restrictions vers le Golfe, mais les dégâts sur la saison estivale sont déjà faits. L'arrière-saison devient la variable d'ajustement stratégique.

« Depuis le 1er juin, l'arrière-saison reprend » : le signal du SETO

Le signal envoyé par le SETO est clair : les réservations pour septembre-octobre repartent à la hausse. Patrice Caradec constate que « les Français sont attentistes, mais pas totalement résignés ». Une fois la période de flou géopolitique passée, les consommateurs recommencent à réserver, mais en décalant leurs dates. L'arrière-saison offre plusieurs avantages : des températures encore agréables en Méditerranée, moins de touristes, et surtout des prix en forte baisse par rapport au cœur de l'été.

Cette reprise tardive ne compensera pas entièrement le manque à gagner de l'été, mais elle permet d'amortir le choc. Les voyagistes y voient aussi un test pour l'hiver 2026-2027, dont les premières tendances sont encourageantes. Si les clients acceptent de décaler leurs vacances sur septembre-octobre, cela pourrait modifier durablement les habitudes de réservation.

TUI, Fram, Promovacances : la guerre des prix est déclarée sur l'après-été

Chaque grand acteur du tourisme affine son offensive commerciale. TUI France a lancé une campagne choc intitulée « Partez en vacances quand les autres rentrent », avec des séjours à partir de 168 euros et des clubs tout compris à partir de 535 euros. L'offre est valable pour des réservations jusqu'au 31 mars 2027, ce qui montre que TUI anticipe un report massif sur l'arrière-saison et même sur l'hiver.

Fram mise sur les destinations à fort ensoleillement en septembre. Le catalogue met en avant les Baléares, l'Andalousie, Chypre, le Maroc, la Tunisie, la Sicile, la Croatie et la Grande Canarie. L'argument principal : « moins de touristes, même soleil ». Fram propose aussi des road trips entre amis en Andalousie, une formule qui séduit les jeunes adultes en quête d'autonomie et de budget maîtrisé.

Promovacances, de son côté, vante les tarifs « bien inférieurs à l'été » pour ses destinations d'octobre. Le site met en avant Agadir, Fuerteventura, Marrakech, Djerba, Lisbonne, Dubaï, Hammamet, Istanbul et Funchal. La période est présentée comme une « période charnière » offrant un excellent rapport qualité-prix. Les city-trips et séjours balnéaires sont particulièrement recommandés.

City-trips à 168 euros et clubs à 535 euros : le détail des offres arrière-saison à ne pas rater

Derrière les slogans marketing, il y a des offres concrètes qui méritent qu'on s'y attarde. Pour un jeune adulte avec un budget serré, ces promotions peuvent transformer un été sans vacances en un séjour mémorable. Encore faut-il savoir les décrypter et éviter les pièges.

Les comparateurs comme Kayak confirment que les prix de l'arrière-saison sont nettement inférieurs à ceux de l'été. La plateforme a identifié les destinations les plus abordables pour les jeunes en 2026 : Galice en Espagne, Sables d'Or en Bulgarie, Saranda en Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Varsovie, Prague, Riga. L'Europe de l'Est et les Balkans sont les régions les moins chères, avec des vols low-cost et des hébergements à petits prix.

Le city-trip à prix cassé : Lisbonne, Istanbul, Agadir à moins de 200 euros

Prenons des exemples précis. Promovacances propose des city-trips à destination de Lisbonne, Funchal ou Istanbul pour des tarifs défiant toute concurrence. TUI France annonce des séjours à partir de 168 euros pour l'arrière-saison. Ces prix incluent généralement le vol et l'hébergement, mais attention aux conditions : nombre de nuits limité, dates précises, et parfois des frais de dossier ou de bagages en soute non inclus.

Pour un jeune qui veut vérifier le prix total, une astuce simple : utiliser un comparateur comme Kayak en mode « prix total » (vol + hébergement) et en filtrant sur les dates exactes. Les offres des voyagistes incluent souvent des vols low-cost avec des bagages à main seulement. Si vous prévoyez une valise en soute, ajoutez 30 à 50 euros au tarif annoncé. Le city-trip à 168 euros peut vite grimper à 250 euros si on n'y prend pas garde.

Les destinations les plus intéressantes pour octobre sont celles où le climat reste clément. Lisbonne et Funchal (Madère) bénéficient de températures autour de 22-25°C. Istanbul est un peu plus frais mais reste agréable. Agadir et Marrakech sont idéales pour ceux qui veulent encore du soleil et de la chaleur. Les tarifs y sont souvent 30 à 40 % moins chers qu'en juillet-août.

Séjour club tout compris : le bon plan ou le piège à budget pour jeunes ?

L'offre de TUI France à 535 euros pour un séjour club tout compris mérite une analyse approfondie. Pour un jeune seul, ce prix représente la quasi-totalité d'un budget de 500 euros. Mais si on partage le coût à plusieurs, l'équation change. Un club tout compris inclut l'hébergement, les repas, les boissons et les activités. Pour un groupe de quatre amis, le coût par personne peut descendre à 400 euros, ce qui devient très compétitif.

L'avantage du tout compris pour un jeune : pas de surprise sur le budget. Les repas sont inclus, les boissons aussi, et les activités (piscine, sports, animations) ne nécessitent pas de dépenses supplémentaires. C'est l'assurance de ne pas dépasser son budget, contrairement à un séjour en hôtel où chaque repas au restaurant grève le porte-monnaie.

Le piège, c'est la tentation de consommer plus que prévu : excursions optionnelles, photos, souvenirs, services de spa. Certains clubs facturent aussi l'accès à certaines activités ou le wi-fi. Avant de réserver, vérifiez ce qui est vraiment inclus dans le prix. Les avis sur les forums et les sites spécialisés sont précieux pour éviter les mauvaises surprises.

« J'ai fait les Balkans pour 600 euros » : le guide parallèle du voyage sans voyagiste

Les offres packagées ne sont pas la seule option. Pour les jeunes qui veulent vraiment maîtriser leur budget, le voyage organisé par soi-même reste la solution la plus économique. Les tendances observées cet été confirment un retour en force du do-it-yourself touristique : les réservations de camping traditionnel baissent, la location de vans explose, et les auberges de jeunesse retrouvent leur clientèle.

Le reportage de FranceInfo du 14 avril 2026 illustre parfaitement ce phénomène. Le camping Maïana, dans l'Hérault, enregistrait une baisse de 35 % de ses réservations pour juillet 2026 par rapport à 2024. Son directeur a dû proposer une carte carburant de 30 à 80 euros pour chaque réservation d'une semaine ou plus. WeVan, à Montpellier, spécialiste de la location de vans, avait un planning « vide » alors qu'habituellement les véhicules sont loués 24 heures sur 24.

Road trip en Andalousie vs city-trip en Pologne : le match des économies

Confrontons deux options low-cost pour septembre. Côté road trip, l'Andalousie est une valeur sûre. Fram la recommande d'ailleurs pour les « road trips entre amis ». Le budget estimé : vol low-cost vers Malaga ou Séville (50-80 euros aller-retour), location de voiture entre amis (20-30 euros par personne et par jour), hébergement en auberge de jeunesse ou Airbnb (15-25 euros par nuit), repas (10-15 euros par jour si on cuisine ou qu'on mange dans des bars à tapas). Total pour une semaine : environ 400-600 euros par personne.

Côté city-trip, la Pologne ou les Balkans sont imbattables. Kayak a identifié Varsovie, Prague, Riga, Saranda (Albanie) et Kotor (Monténégro) comme les destinations les moins chères pour les jeunes. Vol aller-retour : 30-60 euros avec Ryanair ou Wizz Air. Hébergement : 10-20 euros par nuit en auberge. Repas : 5-10 euros par jour (bière à 1 euro dans les Balkans). Total pour un week-end prolongé : 100-150 euros. Pour une semaine : 250-400 euros.

Le match est serré. Le road trip offre plus de liberté et de découvertes, mais nécessite un groupe pour être rentable. Le city-trip en Europe de l'Est est imbattable pour un voyageur solo ou en couple. Dans les deux cas, le budget reste largement inférieur à 1 000 euros.

Van, camping, auberge : le retour en grâce du voyage « pas cher et authentique »

Les jeunes délaissent les formules clé en main pour des séjours plus flexibles et moins coûteux. La location de vans entre particuliers explose, avec des plateformes comme Yescapa ou Wikicampers qui permettent de louer un véhicule aménagé à partir de 50 euros par jour. Le covoiturage, via BlaBlaCar, réduit le coût du trajet. Les auberges de jeunesse, modernisées et souvent très bien situées, attirent une clientèle jeune avec des dortoirs à 15-25 euros la nuit.

Deux femmes profitant d'une plage calme en arrière-saison, une tendance touristique croissante.
Deux femmes profitant d'une plage calme en arrière-saison, une tendance touristique croissante. — (source)

Ce retour au voyage « pas cher et authentique » a un corollaire : les destinations traditionnelles des voyagistes sont délaissées au profit de lieux moins fréquentés et moins chers. Les Balkans, l'Europe de l'Est, le Portugal hors des sentiers battus, le Maroc en dehors des circuits touristiques classiques : voilà les nouveaux horizons des jeunes voyageurs.

« Plus on attend, plus les prix baissent » : pourquoi l'attentiste est roi cet été

La stratégie d'attente que beaucoup de jeunes adoptent est validée par les professionnels eux-mêmes. Les voyagistes le reconnaissent : plus le temps passe, plus les prix seront compétitifs. C'est un aveu rare de faiblesse du marché, qui donne un levier de négociation inédit aux jeunes voyageurs.

Laurent Abitbol, président de Selectour, a été particulièrement clair sur BFMTV le 21 mai : « La situation est grave. Plus le temps passe, plus l'activité baisse. » Traduction : les voyagistes sont prêts à casser leurs prix pour remplir leurs avions et leurs hôtels. Le client a le pouvoir, et il peut en profiter.

Laurent Abitbol (Selectour) : « La situation est grave, le client a le pouvoir »

Les mots du président de Selectour sont sans équivoque. « Le client va partir, mais il hésite encore. Ce n'est pas une question de prix. Nous traversons une crise psychologique. » Cette crise psychologique, c'est l'incertitude géopolitique qui pousse les consommateurs à reporter leurs décisions. Mais une fois que l'incertitude se dissipe, les réservations reprennent.

Le mécanisme économique est simple : les voyagistes ont des capacités déjà payées (avions, hôtels, transferts). S'ils ne les remplissent pas, ils perdent tout. Mieux vaut vendre à prix coûtant ou même à perte que de laisser des sièges vides. C'est pourquoi les offres de dernière minute peuvent être très attractives. Les jeunes qui ont la flexibilité de partir à la dernière minute peuvent réaliser des économies substantielles.

Le pari risqué de l'ultra dernière minute : attention aux désillusions

Attention toutefois : attendre trop longtemps comporte des risques. Les destinations les plus populaires (Baléares, Grèce, Maroc) peuvent voir leurs vols directs se remplir ou leurs hôtels les mieux notés afficher complet. Les offres les plus alléchantes concernent souvent des destinations moins demandées ou des hébergements bas de gamme.

La stratégie gagnante consiste à fixer une date butoir. Pour un départ en septembre, commencez à surveiller les prix dès la mi-août. Pour octobre, la fin août est un bon point de départ. Utilisez les alertes de prix sur les comparateurs comme Kayak ou Google Flights. Quand une offre correspond à votre budget et à vos envies, ne tardez pas : les meilleures promos partent en quelques heures.

Autre piège : les offres « trop belles pour être vraies ». Un vol à 10 euros, c'est possible, mais vérifiez les horaires (vol de nuit ? escale interminable ?), les taxes d'aéroport, et les frais de bagages. Un séjour à 168 euros peut cacher un hébergement loin du centre ou des conditions spartiates. Lisez les avis, comparez les offres, et n'hésitez pas à appeler l'agence pour obtenir des précisions.

Conclusion : l'été des malins, comment arbitrer entre promos et alternatives

L'été 2026 est paradoxal. Jamais les voyagistes n'ont eu autant besoin des clients, et jamais les jeunes n'ont eu autant de raisons d'être exigeants. La crise du Moyen-Orient a vidé les carnets de commandes, créant un excédent d'offre qui profite aux consommateurs les plus flexibles. Les 85 000 clients manquants et les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en moins sont une opportunité pour ceux qui savent attendre et comparer.

La meilleure stratégie pour un jeune adulte cet été ? Mélanger les approches. D'un côté, les offres packagées de l'arrière-saison : elles offrent simplicité et sécurité (vol + hébergement inclus, assistance en cas de problème) à des prix défiant toute concurrence. Les city-trips à moins de 200 euros et les clubs tout compris à partir de 535 euros sont de vraies bonnes affaires, à condition de vérifier les conditions. De l'autre côté, les astuces du voyage autonome : road trips entre amis, vans aménagés, auberges de jeunesse, destinations d'Europe de l'Est. Ces formules permettent une flexibilité totale et un budget maîtrisé, mais demandent plus d'organisation.

L'essentiel est de ne pas se laisser piéger par l'attentisme prolongé. Si les prix baissent plus on attend, l'offre se réduit aussi. Fixez-vous une date limite, activez les alertes, et quand une bonne affaire correspond à vos critères, foncez. Avec un budget de 500 à 1 000 euros, il est possible de vivre un été mémorable, que ce soit sur une plage des Balkans, dans un club en Espagne ou sur les routes d'Andalousie. L'été 2026 est celui des malins : à vous de jouer.

As-tu aimé cet article ?

Questions fréquentes

Pourquoi 85 000 clients manquent-ils aux voyagistes ?

À cause du conflit armé au Moyen-Orient déclenché le 28 février 2026, qui a gelé les réservations. Neuf pays de la région ont été suspendus des catalogues, entraînant une chute de 22 % des réservations en mars-avril.

Quel budget vacances pour les 18-25 ans en 2026 ?

Selon l'étude Plum-Selvitys, 38 % des 18-25 ans disposent d'un budget inférieur à 500 euros. Plus d'un sur deux a un budget global sous les 1 000 euros, ce qui les pousse à privilégier les promos et l'arrière-saison.

Qu'est-ce que l'aide Départ 18:25 ?

C'est une aide gérée par l'ANCV, pouvant aller jusqu'à 200 euros pour les 18-25 ans avec des revenus inférieurs à 17 280 euros par an. Elle permet de financer des séjours adaptés, notamment pour les étudiants boursiers.

Quels sont les bons plans pour l'arrière-saison 2026 ?

TUI propose des séjours à partir de 168 euros et des clubs tout compris à 535 euros. Promovacances et Fram misent sur des city-trips à moins de 200 euros vers Lisbonne, Istanbul ou Agadir, avec des prix 30 à 40 % inférieurs à ceux de l'été.

Voyager sans voyagiste : combien pour les Balkans ?

Un road trip dans les Balkans peut coûter entre 400 et 600 euros par personne pour une semaine. Les vols low-cost vers Saranda ou Kotor sont à 30-60 euros, l'hébergement en auberge à 10-20 euros par nuit, et les repas à 5-10 euros par jour.

Sources

  1. «85.000 clients et 100 millions en moins» : à l’orée d’un été dégradé, les voyagistes misent déjà sur l’arrière-saison · lefigaro.fr
  2. bfmtv.com · bfmtv.com
  3. cofidis.fr · cofidis.fr
  4. finyear.com · finyear.com
  5. fram.fr · fram.fr
campus-echo
Inès Colbot @campus-echo

Étudiante en sociologie à Toulouse, je m'intéresse à tout ce qui agite ma génération : précarité étudiante, santé mentale, engagement, façons de vivre. J'anime un petit podcast sur la vie de campus le week-end.

15 articles 0 abonnés

Commentaires (8)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires