Image 1
Tech & Gaming

Vive le piratage ?

Le piratage profite-t-il davantage à l'industrie culturelle qu'il ne lui nuit ? Entre marchés connexes florissants et démocratisation de l'informatique, le combat des majors semble perdu d'avance.

As-tu aimé cet article ?

N'est-ce pas une vision à court terme et finalement contre-productive ? S'adapter au nouveau réseau d'échange que propose Internet ne serait-il pas une solution plus simple et moins coûteuse ?

Pourquoi le peer-to-peer est-il indestructible ?

Par définition, on ne peut rien faire contre le vrai peer-to-peer : il se trouvera toujours une communauté de codeurs qui créeront des programmes permettant un échange direct de fichiers entre deux machines distantes. Il n'y a rien de nouveau techniquement : la seule nouveauté réside dans la diffusion massive de ce type de programmes.

Le piratage profite-t-il à l'industrie culturelle ?

J'ai tendance à croire que ce « piratage » profite plus à la musique qu'il ne lui nuit, même chose pour les jeux vidéo. Les quelques pertes subies par les compagnies de disque ou éditeurs de jeux vidéo sont compensées par une augmentation des marchés connexes. Au niveau macro-économique, le piratage est certainement une source de richesse pour l'ensemble des industriels plus qu'il n'est une perte.

Les emplois perdus à gauche sont créés à droite : finalement tout le monde s'y retrouve. Sans le piratage, l'industrie du PC n'aurait jamais autant prospéré.

Comment le téléchargement influence la culture musicale

Il paraît évident que l'utilisateur de Kazaa développera sa culture musicale en découvrant souvent, au hasard des recherches, d'autres musiques. Aucune étude n'a été faite sur le sujet, mais je ne suis pas sûr que les ventes de CD se soient, au total, effondrées depuis l'arrivée du peer-to-peer.

Certains gros titres ont peut-être vu leurs ventes baisser, mais le marché ne pousse-t-il pas à se diversifier ? Ne parlons pas des ventes de graveurs CD, de CD vierges, de baladeurs MP3 (on sait très bien que le MP3 est avant tout un format « pirate »).

Pourquoi le combat des majors est perdu d'avance

Le combat des majors est perdu d'avance et ne fera que quelques victimes prises au hasard, mais n'aura aucun effet sur la population de pirates : c'est-à-dire tout le monde. Il n'y a pas un utilisateur de PC qui n'ait pas eu sur son disque dur un MP3 pirate ou entre les mains un jeu piraté.

Pour les moins de 30 ans, le piratage est une « normalité » : aucune campagne de sensibilisation ne pourra jamais avoir de prise sur des habitudes ancrées au plus profond de nos inconscients.

Le piratage et la démocratisation de l'informatique

Je ne parlerai même pas des bienfaits du piratage dans les pays aux prises avec de fortes difficultés économiques : il participe activement à la diffusion d'un savoir-faire informatique dans des couches de la population qui n'auraient jamais pu y avoir accès sans cela.

En cela, il est un gage de démocratisation de l'informatique : cela n'empêchera pas plus tard ces mêmes compagnies d'y vendre des produits ciblés sur une population « éduquée » à l'informatique ; éduquée oui, mais grâce au piratage avant tout.

Vers de nouveaux modèles de rémunération des auteurs

Bien sûr, il est nécessaire de mettre en place des structures qui protègent la création, au sens large, et qui rémunèrent les auteurs. Imaginer des systèmes de redistribution plus subtils est donc un des chantiers d'avenir.

Mais mettre des protections lourdes et coûteuses sur des produits de consommation courante ne va renforcer que la fuite technologique des nouveaux pirates technophiles qui y trouveront toujours une parade : dans cette course sans fin, ce sont les consommateurs qui y perdront...

As-tu aimé cet article ?
aziz
aziz @aziz
35 articles 0 abonnés

Commentaires (7)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires