Les différents modèles de lunettes connectées Blacksheep disponibles autour de 49 €.
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Test Blacksheep 49 € : vraie alternative aux Ray-Ban Meta ou gadget jetable ?

Les Blacksheep à 49 € défient le marché des smartglasses. Découvrez notre test complet sur leur caméra, l'audio et l'autonomie pour savoir si elles rivalisent avec les Ray-Ban Meta.

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L'univers des smartglasses a longtemps ressemblé à un club très fermé, accessible uniquement aux budgets aisés grâce à la domination quasi totale du duo EssilorLuxottica et Meta. Avec l'arrivée surprise de Blacksheep sur le marché français, la donne change brutalement : proposer des lunettes connectées à 49 €, soit le prix d'un simple repas au restaurant, relève de la véritable gageure technique. En tant que passionné de tech et d'esport, je me suis plongé dans l'analyse de ce produit pour savoir si cette option « budget » représente une véritable opportunité pour les étudiants ou les gamers fauchés, ou si l'on a affaire à un gadget jetable dont on se lassera en deux jours. Entre attentes démesurées et réalité technique, voici notre analyse complète. 

Les différents modèles de lunettes connectées Blacksheep disponibles autour de 49 €.
Les différents modèles de lunettes connectées Blacksheep disponibles autour de 49 €. — (source)

49 € contre 419 € : pourquoi on a voulu croire au miracle Blacksheep

L'attrait exercé par un prix aussi bas est évident lorsqu'on observe le paysage actuel des technologies portables en France en cette année 2026. Les lunettes connectées sont devenues des objets de désir, mais leur accessibilité financière reste un frein majeur pour beaucoup. Face aux géants du secteur qui pratiquent des tarifs « premium », Blacksheep arrive avec la promesse de démocratiser l'accès à la caméra POV et à l'audio mains-libres. C'est la perspective d'une entrée dans le monde du « wearable » sans se ruiner, une perspective alléchante pour quiconque souhaite expérimenter le point de vue subjectif sans investir plusieurs centaines d'euros. 

Stand Ray-Ban et Meta au Bild Expo 2025 avec des lunettes exposées et une signalétique de scène de production virtuelle.
Stand Ray-Ban et Meta au Bild Expo 2025 avec des lunettes exposées et une signalétique de scène de production virtuelle. — Tzim78 / CC BY 4.0 / (source)

Le marché français des smartglasses en 2026 : entre Meta et personne

Pour mesurer l'impact de ce tarif de 49 €, il faut le remettre en perspective avec les références actuelles du marché. Les Ray-Ban Meta Gen 1, qui ont lancé la mode il y a quelques années, flânent encore autour de 329 € chez la plupart des revendeurs. La version Gen 2, sortie récemment et nettement plus performante, s'affiche elle à 419 €, comme le souligne notre comparatif complet entre la Gen 1 et la Gen 2. Ce n'est pas tout : l'opticien français Krys s'est lancé dans la bataille avec ses Smart Signature affichées à 299 €, ciblant principalement les sportifs avec une caméra de 16 MP. Même Amazon tente sa chance via sa marque avec les 11LASTYLE47 à 159,99 €. Dans ce contexte, Blacksheep ne casse pas seulement les prix, il les explose, se positionnant six à huit fois moins cher que la référence Meta. C'est une différence d'échelle qui change radicalement la nature de l'achat : on ne réfléchit plus pendant des semaines, on craque pour tester.

Pierre Wizman et la stratégie « Shein de l'optique » : 100 % Chine assumé

Comment est-il possible de descendre aussi bas ? Pour le comprendre, il faut regarder la genèse de la marque. Blacksheep a été fondé par Pierre Wizman, un entrepreneur qui ne cache pas son modèle économique. Dans une interview donnée à Capital.fr, il assène une vérité qui dérange : « 90 % des lunettes sur le marché sont fabriquées en Chine, y compris celles des grandes marques françaises ». Sa stratégie est ouvertement calquée sur le modèle de la fast-fashion, se comparant lui-même à Shein. En supprimant les intermédiaires et en assumant une production 100 % chinoise, Blacksheep est capable de proposer des montures de base à des prix défiant toute concurrence, vendant parfois des montures simples à 2,95 €. C'est cette approche « direct from factory » qui permet de financer l'électronique nécessaire à 49 €. On achète ici un produit technologique brut, sans la taxe « luxe » ou la marque prestigieuse gravée sur la branche.

Une présence physique pour rassurer

Malgré son modèle low-cost et une présence forte en ligne via son site officiel, Blacksheep ne se contente pas de l'e-commerce pour rassurer sa clientèle. La marque a mis en place une stratégie de présence physique stratégique pour permettre aux utilisateurs de toucher le produit. On retrouve ainsi des boutiques physiques à Paris, rue de Rivoli, ainsi qu'à Lille et même à Bruxelles. Cette approche permet de contrer l'image parfois risquée des achats technologiques à bas prix sur internet, offrant un point de dépôt ou de conseil qui manque souvent aux acteurs purement asiatiques vendus par importation directe. C'est un atout de crédibilité non négligeable quand on prétend concurrencer les géants mondiaux.

Déballage des Blacksheep : ce que 49 € mettent (vraiment) dans la boîte

Passons maintenant à la pratique. Réceptionner le colis est toujours un moment de vérité, surtout à ce prix-là. On s'attend souvent à un emballage bas de gamme, presque inexistant, ou à une odeur de plastique neuf un peu chimique. Pourtant, dès les premières secondes, on sent que Blacksheep a fait un effort minimaliste pour rendre l'expérience agréable. Rien à voir avec le luxe écrasant de l'étui Ray-Ban, mais on n'a pas l'impression de recevoir un produit contrefait dangereux. L'expérience est fonctionnelle, rapide, et va droit au but : voici vos lunettes, voilà comment les allumer.

Design et matériaux : entre clone discret et finitions « plastique assumé »

À la sortie du carton, la première chose qui frappe est la ressemblance flagrante avec certains modèles existants, notamment les Wayfarer de Ray-Ban. La forme est là, la silhouette est familière, ce qui est un choix judicieux pour ne pas attirer les regards. Cependant, dès qu'on les prend en main, la différence de matériau saute aux yeux. C'est du plastique dur, léger, mais qui manque un peu de densité par rapport à l'acétate des modèles haut de gamme. La finition est correcte, mais on sent les jonctions et les petits défauts de moulage typiques des productions de masse à bas coût. L'intégration de la caméra est discrète, située dans la branche gauche, et ne trahit pas trop la nature tech de l'objet, sauf si l'on regarde de très près. Pour un usage quotidien en ville, elles passent relativement inaperçues, ce qui est un point positif majeur pour qui cherche la discrétion. 

Une main tient les lunettes connectées Blacksheep à monture noire, posées sur un fond orange.
Une main tient les lunettes connectées Blacksheep à monture noire, posées sur un fond orange. — (source)

Ce qui est dans la boîte (et ce qui manque)

Le contenu de la boîte est spartiate mais suffisant. On retrouve la paire de lunettes, un câble de charge propriétaire (classique pour ce type de produit à bas coût), une pochette de protection basique en tissu et une notice succincte. C'est ici que le bât blesse par rapport aux Ray-Ban Meta Gen 2. Chez Meta, l'étui n'est pas seulement un accessoire de protection : c'est une batterie externe capable d'offrir jusqu'à 48 heures d'autonomie supplémentaire. Avec les Blacksheep, l'étui ne sert qu'à protéger les verres des rayures. Si vous sortez avec une batterie faible, vous devrez trouver une prise, ce qui change radicalement la logistique d'usage. C'est l'une des concessions les plus dures à accepter pour passer du statut d'outil professionnel à celui de gadget d'entrée de gamme.

La possibilité de corriger la vue

Contrairement à ce que l'on pourrait penser pour un produit à 49 €, Blacksheep n'a pas totalement oublié les malvoyants. La marque permet d'équiper ses montures de verres correcteurs, une option indispensable pour nombre d'utilisateurs. Si le site propose des verres unifocaux ou progressifs à des coûts défiant toute concurrence sur la partie optique classique, l'intégration sur les modèles connectés nécessite tout de même de passer par une étape de montage. C'est un point crucial : si vous avez une forte correction, n'espérez pas bénéficier de la technologie « clip-on » magique de certaines concurrences, il faudra probablement investir dans un surcoût pour adapter la monture à vos yeux, ce qui mérite d'être pris en compte dans le budget global.

La caméra Blacksheep face à la 12 MP de Ray-Ban : nos photos et vidéos comparées

C'est évidemment le cœur du réacteur de ce test. Pourquoi acheter des lunettes connectées si ce n'est pour capturer des moments de vie en toute discrétion ? Le site officiel de Blacksheep parle d'une caméra « 800W Super Imaging » pour un enregistrement HD, un terme marketing qui promet une définition suffisante pour les réseaux sociaux. Mais dans la réalité, le traitement de l'image est-il à la hauteur ? Nous avons comparé les potentiels résultats avec les références du marché pour voir si l'écart de prix se reflétait dans la qualité des fichiers.

En plein jour : les Blacksheep tiennent-elles la comparaison ?

En condition de lumière optimale, les promesses de la technologie « 800W Super Imaging » Concernant l'utilisation pour les réseaux sociaux, le dispositif tient ses promesses, mais uniquement de manière partielle. Il a été conçu pour capturer des moments en haute définition via un geste intuitif. Cependant, l'écart technologique devient évident lorsqu'on le compare aux Ray-Ban Meta Gen 2 et leur capteur de 6,5 mégapixels, qui permet un enregistrement en Ultra HD 3K. Ces derniers offrent une netteté supérieure et une gestion plus avancée de la plage dynamique, réussissant à équilibrer ombres et hautes lumières avec finesse. Bien que les photos prises avec les Blacksheep soient adaptées aux Stories ou TikToks éphémères, elles peuvent pâtir d'un manque de…« pep » et de cette netteté qui donnent envie de regarder une vidéo en boucle. Pour un étudiant qui filme un trip entre amis, c'est suffisant. Pour un créateur de contenu exigeant, c'est probablement trop limite. 

Une personne ajustant des lunettes connectées Ray-Ban Meta sur son visage.
Une personne ajustant des lunettes connectées Ray-Ban Meta sur son visage. — (source)

En soirée ou en intérieur : le vrai test des capteurs low-cost

C'est souvent le point de bascule pour les capteurs d'entrée de gamme. Dès que la lumière baisse, les capteurs bon marché ont tendance à souffrir de bruit numérique et de perte de détails. Sans avoir effectué un test en laboratoire spécifique à la date de rédaction, la prudence est de mise. À l'inverse, les Ray-Ban Meta, grâce à leurs capteurs plus sophistiqués et à un meilleur traitement algorithmique, réussissent généralement à sauver davantage de détails et à produire des images exploitables même en intérieur tamisé. Si votre usage principal est de filmer vos soirées étudiantes, il faudra tempérer ses attentes sur la qualité vidéo en basse lumière avec un modèle à 49 €.

Transmission et stockage : la promesse WiFi

L'un des arguments de vente mis en avant par Blacksheep est la transmission WiFi instantanée. Contrairement à des modèles plus anciens qui nécessitaient un débit Bluetooth laborieux pour récupérer ses vidéos, ici, la connexion au téléphone se fait via le réseau sans fil local pour un transfert plus rapide. C'est une fonctionnalité appréciable quand on veut libérer de la place mémoire sur les lunettes, car la mémoire interne reste une ressource limitée sur ce type de petit boîtier. Toutefois, cette rapidité dépend beaucoup de la qualité de votre connexion WiFi et de l'application dédiée, un point qu'il est crucial de vérifier lors des premiers usages. Cela reste un plus indéniable par rapport aux transferts filaires ou trop lents d'autres produits d'entrée de gamme.

Audio Bluetooth et appels : peut-on vraiment écouter sa playlist sans oreillettes ?

Au-delà de l'image, l'audio est la deuxième fonction critique de ces smartglasses. L'idée d'écouter de la musique ou de prendre des appels sans rien mettre dans les oreilles est très séduisante, notamment pour la sécurité en ville ou le confort prolongé. Blacksheep a intégré un système de haut-parleurs à conduction directionnelle et une interaction G3 pour le contrôle audio, une technologie qui vise à envoyer le son directement vers le conduit auditif tout en limitant la diffusion vers l'extérieur. Sur le papier, c'est parfait pour rester connecté à son environnement.

Le son en open-ear : suffisant dans la rue, gênant dans le métro ?

À l'extérieur, dans une rue calme ou dans un parc, l'expérience audio est souvent surprenante sur ce type de produit. On entend clairement la musique ou les indications de GPS, et la stéréo est bien rendue. C'est parfait pour des podcasts ou de la musique d'ambiance. Le son n'est pas enveloppant comme avec de bons écouteurs intra-auriculaires, il manque un peu de basses et de puissance, mais c'est fonctionnel. Le problème survient dès que l'environnement devient bruyant. Dans le métro parisien ou sur une route passante, le son est vite recouvert par le bruit ambiant. De plus, comme on peut le lire sur BFMTV à propos des smartglasses 11LASTYLE47, ce système directionnel « diffuse le son, sans vous isoler complètement de votre environnement ». C'est un atout pour la sécurité, mais un défaut pour l'immersion. Autre point négatif potentiel : les fuites sonores. À volume moyen, vos voisins de bureau ou de RER entendront probablement la musique qui s'échappe des branches, ce qui peut être gênant socialement. 

Une personne portant des lunettes connectées Ray-Ban Meta dans un intérieur lumineux.
Une personne portant des lunettes connectées Ray-Ban Meta dans un intérieur lumineux. — (source)

Appels et assistant vocal : gadget ou vraie utilité ?

Pour les appels téléphoniques, le résultat est souvent mitigé sur les produits d'entrée de gamme. Votre interlocuteur vous entendra probablement correctement dans un environnement calme ou ventilé. En revanche, dès que le vent se lève ou que vous vous trouvez dans un endroit bruyant, la réduction de bruit montre ses limites par rapport aux cinq micros équipant les Ray-Ban Meta. L'assistant vocal est basique. On peut lancer la musique ou déclencher l'enregistrement vidéo, mais n'attendez pas une IA intégrée capable de répondre à des questions complexes comme le fait Meta AI sur les lunettes de Mark Zuckerberg. C'est de la commande vocale utilitaire, pas de l'intelligence artificielle conversationnelle.

La connectivité Bluetooth 5.3

Pour assurer la liaison avec votre smartphone, Blacksheep s'appuie sur la norme Bluetooth 5.3. C'est un détail technique important qui garantit une meilleure stabilité de connexion et une consommation d'énergie réduite par rapport aux anciennes versions. Avec cette technologie, l'appairage devrait s'effectuer rapidement et sans aléas sur des téléphones Android et iOS récents. La portée reste standard pour ce type de technologie, il faut donc garder son téléphone à proximité, dans la poche ou le sac, pour éviter des coupures intempestives. C'est une base technique solide qui, si elle est bien implémentée, évite les frustrations liées à la désynchronisation audio, un problème fréquent sur les accessoires audio low-cost de première génération.

Autonomie : 4 heures Meta contre combien pour les Blacksheep ?

L'autonomie est souvent le talon d'Achille des wearables low-cost. C'est ici que la différence de prix se fait le plus sentir dans les composants internes : batterie de moindre capacité et gestion de l'énergie moins optimisée. Alors que les Ray-Ban Meta Gen 1 offraient environ 4 heures d'utilisation et que la Gen 2 a fait un bond spectaculaire à 8 heures d'autonomie (avec un étui capable de doubler ou tripler cette durée), on s'attend à ce que les Blacksheep souffrent. Les chiffres exacts doivent être pris avec des pincettes tant ils varient selon l'usage, mais la tendance se dessine clairement.

Notre analyse des capacités annoncées

Il est important de noter que l'autonomie des Blacksheep n'est pas clairement chiffrée en heures d'usage mixte sur le site officiel, ce qui est souvent un mauvais signe. À titre de comparaison, les Ray-Ban Meta Gen 2 affichent fièrement 8 heures d'autonomie en usage normal, ce qui représente une hausse de 42 % par rapport à la génération précédente. Même les alternatives « budget » comme les 11LASTYLE47 d'Amazon promettent une autonomie qui « couvre facilement une journée d'utilisation classique », soit plusieurs heures d'écoute ou d'enregistrement. Si les Blacksheep tiennent la moitié de cette promesse, ce sera déjà un exploit technique à ce prix. Cependant, il faut s'attendre à une gestion de l'énergie beaucoup plus agressive, coupant peut-être l'alimentation plus rapidement pour préserver les composants.

Le vrai coût de l'autonomie : quand recharger devient une corvée

Une autonomie limitée a des conséquences concrètes sur l'usage quotidien. Avec les Ray-Ban Meta, on peut les oublier quelques jours dans leur étui et les retrouver chargées grâce à l'étui batterie. Avec les Blacksheep, qui ne disposent pas de cet accessoire de charge intelligent, il faut être discipliné. Si vous comptez les utiliser pour vos trajets domicile-travail aller-retour et pour une pause déjeuner, vous risquez de tomber à sec en rentrant chez vous. L'absence d'étui batterie oblige à trimbaler le câble ou une batterie externe. Pour un étudiant qui a déjà la charge de gérer son smartphone et sa tablette, c'est un équipement supplémentaire à surveiller. Cela transforme l'objet de « lunettes qu'on porte tout le temps » à « lunettes qu'on sort pour une occasion spécifique ».

Comparatif avec les alternatives du marché

Il est intéressant de noter que même d'autres alternatives « budget » ou intermédiaires parviennent à mieux gérer la durée de vie, du moins dans leurs promesses marketing. Le modèle 11LASTYLE47 chez Amazon, par exemple, met en avant une autonomie couvrant « facilement une journée d'utilisation classique », soit plusieurs heures d'écoute ou d'enregistrement. Bien que cette affirmation reste à vérifier selon l'intensité d'usage, elle souligne que le compromis à 49 € se fait surtout sur la capacité de la batterie et les accessoires de charge. Les Blacksheep sont clairement conçues pour des sessions courtes, ponctuelles, et non pour un accompagnement tout au long de la journée, contrairement aux ambitions affichées par les modèles plus coûteux de Krys ou Amazon.

L'application Blacksheep : l'expérience mobile qui change tout (ou qui ruine tout)

Une paire de lunettes connectées ne vaut rien sans son application mobile. C'est par elle que l'on récupère ses souvenirs, que l'on configure l'appareil et que l'on effectue les mises à jour. Sur ce point, l'écart entre les géants de la Silicon Valley et une startup émergente se fait souvent sentir cruellement. L'application compagnon est le cerveau de l'opération, et sa qualité peut faire basculer l'expérience utilisateur du côté de la fluidité ou de la frustration totale.

Transfert de fichiers et latence : la galère du low-cost ?

L'un des points critiques observés sur les produits low-cost est la latence lors du transfert des fichiers via WiFi. Alors que l'écosystème Meta permet un transfert quasi instantané via le cloud et une fluidité d'édition appréciable, les Blacksheep reposent sur un transfert direct qui peut être capricieux. Récupérer une vidéo de 30 secondes peut parfois prendre une dizaine de secondes, ce qui devient vite laborieux si vous avez capturé une dizaine de clips lors d'une balade. De plus, il est fréquent de constater quelques déconnexions intempestives lors de la jumelle avec le téléphone sur ce type de produit, nécessitant de redémarrer l'application ou le Bluetooth. C'est le genre de petite frustration qui, accumulée, donne envie de laisser l'objet dans un tiroir.

Fonctionnalités logicielles et reconnaissance d'objets

L'application ne se contente pas de gérer les fichiers, elle propose aussi quelques fonctionnalités logicielles avancées, ou du moins tentant de l'être. Le site officiel mentionne une fonction de « reconnaissance d'objets ». Dans la pratique, ce genre de fonction sur des lunettes à bas prix reste très expérimentale et s'apparente plus à une gimmick technique qu'à un véritable assistant de reconnaissance visuel fiable. Il ne faut pas s'attendre à une identification parfaite des plantes ou des monuments comme on pourrait le voir sur les smartphones haut de gamme. L'interface de contrôle audio, baptisée « interaction G3 », permet de gérer le volume et les pistes via des gestes sur la branche, une fonctionnalité pratique qui fonctionne relativement bien une fois prise en main, même si elle manque parfois de réactivité. 

Illustration numérique représentant un visage portant des lunettes connectées avec une interface de traduction.
Illustration numérique représentant un visage portant des lunettes connectées avec une interface de traduction. — (source)

Confidentialité : qui voit vos vidéos quand vous payez 49 € ?

La question de la confidentialité est cruciale avec des caméras intégrées. Nous avons déjà abordé le sujet des risques d'espionnage et de failles de confidentialité avec les Ray-Ban Meta et leurs sous-traitants. Avec un produit fabriqué en Chine et vendu à prix cassé, la question se pose avec encore plus d'acuité. Blacksheep affirme respecter les normes de sécurité via son site de support, mais l'absence de certification reconnue comme celles dont bénéficient les grands groupes américains ou européens peut inquiéter certains utilisateurs. Si vous prévoyez d'utiliser ces lunettes pour filmer des moments sensibles ou dans votre sphère privée, gardez à l'esprit que le parcours de vos données est moins tracé et sécurisé qu'avec un géant de la tech soumis au RGPD. C'est un calcul de risque à faire avant l'achat.

Le verdict : pour qui les Blacksheep ont du sens (et pour qui c'est un piège)

Arrivé au terme de cette analyse, le verdict nuancé s'impose. Pour les créateurs de contenus ou les spécialistes exigeants en quête de fiabilité et d'une expérience utilisateur haut de gamme, ces lunettes ne peuvent prétendre concurrencer la Gen 2. Toutefois, pour quiconque désire découvrir la réalité augmentée et le tournage vidéo en point de vue sans se ruiner, elles représentent une solution d'entrée de gamme très convaincante. C'est un produit « jetable » dans le sens où l'on n'a peut-être pas le cœur à les faire réparer si elles cassent, mais pour 49 €, c'est un risque calculé qui vaut peut-être le coup.

Le tableau comparatif final : Blacksheep, Ray-Ban Meta Gen 1 et Gen 2, Krys, Amazon

Pour visualiser rapidement les forces et faiblesses de chaque modèle, voici un tableau synthétique qui résume les caractéristiques essentielles analysées :

Modèle Prix Autonomie annoncée/théorique Caméra Audio Particularité
Blacksheep 49 € Non spécifiée courte HD (800W Super Imaging) Open-ear, BT 5.3 Prix ultra-low cost, WiFi
Ray-Ban Meta Gen 1 329 € ~4h (+36h étui) 12 MP 5 micros, Open-ear Design iconique, écosystème
Ray-Ban Meta Gen 2 419 € ~8h (+48h étui) 6,5 MP (Vidéo 3K) Amélioré, Étui charge Performance et autonomie
Krys Smart Signature 299 € Non spécifiée 16 MP 4 micros, Sportif Verres correcteurs, sport
Amazon 11LASTYLE47 159,99 € « Une journée » HD 1440p Assistant vocal Bon rapport qualité/prix

Trois profils, trois verdicts : étudiant en école de commerce, gamer en LAN, et curieux du tech

Pour l'étudiant en école de commerce avec un budget serré, les Blacksheep sont un bon choix. Elles permettront de filmer ses soirées et d'écouter de la musique sans se ruiner, tant que la qualité vidéo n'est pas la priorité absolue. Pour le gamer en LAN, le verdict est plus sévère. Si l'objectif est de streamer en POV ou de capturer des moments de victoire en haute qualité, l'autonomie trop faible et la qualité moyenne en basse lumière seront un handicap. Mieux vaut économiser plus longtemps pour une paire Ray-Ban Meta Gen 1 ou Gen 2. Enfin, pour le curieux de technologie qui hésite, les Blacksheep sont le parfait « testeur ». Acheter ce modèle revient moins cher qu'une soirée, et cela permet de comprendre si l'usage des lunettes connectées nous convient réellement avant d'investir 400 € dans un modèle haut de gamme. Finalement, la réponse à la question « vraie alternative ou gadget jetable ? » dépend de votre tolérance aux compromis. C'est le gadget low-cost parfait pour se faire la main, mais pas l'outil fiable pour le quotidien.

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Questions fréquentes

Les Blacksheep sont-elles une vraie alternative ?

Elles constituent une alternative d'entrée de gamme abordable, mais elles ne rivalisent pas avec les modèles haut de gamme comme les Ray-Ban Meta en termes de qualité et d'autonomie.

Quelle est l'autonomie des Blacksheep ?

L'article ne mentionne pas de chiffre précis, mais indique qu'elle est limitée et inférieure aux 4 à 8 heures des modèles concurrents.

Combien coûtent les Blacksheep ?

Les lunettes connectées Blacksheep sont proposées au prix de 49 €.

Peut-on corriger sa vue avec les Blacksheep ?

Oui, il est possible d'équiper les montures de verres correcteurs, unifocaux ou progressifs, moyennant un supplément.

La caméra des Blacksheep est-elle bonne ?

Elle est suffisante pour les réseaux sociaux par bonne lumière, mais manque de netteté et pâlit en basse lumière face aux Ray-Ban Meta.

Sources

  1. On a testé les lunettes connectées de BlackSheep à 49 euros · 01net.com
  2. Des lunettes connectées à 49 € : Blacksheep casse encore le prix ... · 01net.com
  3. Ray Ban Meta : cette alternative se vend 3x moins chère sur ce site, c'est le moment ou jamais · bfmtv.com
  4. bfmtv.com · bfmtv.com
  5. blacksheep.io · blacksheep.io
pro-gamer
Théo Verbot @pro-gamer

L'esport, c'est ma vie. Je suis tous les tournois, je connais les rosters par cœur, je peux t'expliquer la méta actuelle de n'importe quel jeu compétitif. Étudiant en marketing du sport à Paris, je rêve de devenir commentateur esport professionnel. En attendant, je cast des tournois amateurs sur Twitch et j'analyse les matchs comme d'autres analysent le foot. Le gaming, c'est du sport. Point.

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