La gamme GeForce RTX 50 subit une nouvelle augmentation de 20 à 30 % en ce début août 2026. Entre la hausse des coûts de production chez TSMC et l'explosion du prix de la mémoire GDDR7, les cartes graphiques n'ont jamais été aussi chères. Voici ce qui se passe et ce que ça change pour ton portefeuille.

Trois hausses en six mois : le résumé d'une année noire pour le prix des GPU
Si tu pensais que le pire était passé, détrompe-toi. La hausse annoncée fin juillet 2026 par le quotidien taïwanais Economic Daily, reprise par Les Numériques, est la troisième de l'année sur la gamme RTX 50. Et c'est la plus violente : +20 à 30 % sur l'ensemble du catalogue, des RTX 5060 aux RTX 5090.
Pour comprendre l'ampleur du phénomène, il faut remonter un peu. En janvier 2026, une première hausse de 10 à 15 % frappait déjà les cartes, conséquence directe de la pénurie de mémoire DRAM qui touchait toute l'industrie. En mai, un ajustement ciblé concernait la RTX 5090. Mais cette fois, c'est différent : la hausse touche toute la gamme, y compris les kits GPU complets et les cartes en GDDR6, et les distributeurs commencent à paniquer.
Le contexte était déjà tendu. Dès janvier, JV.com rapportait que NVIDIA privilégiait la production de GPU pour l'IA au détriment des cartes grand public, au point qu'un distributeur annonçait la RTX 5060 « terminée pour les six prochains mois ». Les variantes 8 Go arrivaient au compte-gouttes, et les RTX 5060 Ti 16 Go et 5070 Ti devenaient de l'« unobtanium » selon les termes du média. La troisième hausse n'est donc pas un accident : c'est l'aboutissement d'une année où les joueurs ont été relégués au second plan.
Les deux causes de cette flambée : TSMC et la mémoire GDDR7
Pourquoi les prix grimpent-ils autant ? Deux facteurs principaux se cumulent, et aucun n'est de nature à se résorber rapidement.
TSMC augmente ses wafers de 5 à 10 %
Le fondeur taïwanais TSMC a annoncé en juillet 2026 une hausse de ses prix de wafers sur les nœuds 7 nm et plus avancés, soit +5 à 10 % selon TechTimes. Ces nœuds représentent environ 74 % du chiffre d'affaires wafer de TSMC, et les RTX 50 (architecture Blackwell) sont précisément fabriquées en 4 nm chez le taïwanais.
TSMC qualifie cette politique de prix de « stratégique, pas opportuniste ». En clair : le fondeur ne compte pas revenir en arrière, et cette hausse s'appliquera à partir de 2027. Les GPU ne sont d'ailleurs pas les seuls concernés : tous les composants en nœud avancé, des processeurs aux puces pour smartphones, vont voir leurs coûts augmenter.
La mémoire GDDR7 passe de 8 $ à 20 $ le module
Le deuxième facteur est encore plus décisif. Le prix des modules de mémoire GDDR7 a explosé : d'environ 8 $ à 20 $ par module 2 Go, soit une hausse de 150 %. La raison ? Samsung, SK hynix et Micron ont massivement réorienté leur production vers la mémoire HBM, ultra-demandée par l'intelligence artificielle, au détriment de la GDDR7 utilisée par les cartes graphiques grand public.

Pour une carte 16 Go comme la RTX 5070 Ti, cela représente huit modules de 2 Go. Le surcoût mémoire atteint donc près de 100 $ par carte, et jusqu'à 150 $ pour les modèles 24 Go comme la RTX 5090. C'est ce doublement des coûts DRAM qui a poussé AMD à suivre le mouvement, comme on le verra plus loin.
Prix réels : de la Corée à la France, le constat est clair
En Corée du Sud, des hausses jusqu'à 50 %
La Corée du Sud, marché de référence pour les composants, donne le ton. Selon les données Danawa compilées par VideoCardz et rapportées par Tom's Hardware début août, les prix ont grimpé en l'espace d'une semaine :
- RTX 5060 Ti 16 Go : +49,7 % (environ 778 $)
- RTX 5060 : +37,2 %
- RTX 5070 Ti et RTX 5080 : +31 à 35 %
- RTX 5090 : franchit les 7,3 millions de wons, soit environ 5 121 $, soit +1 050 $ en un mois
Un fabricant à faible part de marché viserait une hausse plus modérée d'environ 20 %, mais les grands acteurs ont « temporairement suspendu » leurs cotations, signe que les prix pourraient encore bouger.
En France : +13 à +53 % chez LDLC
La situation est moins extrême en France, mais la tendance est limpide. Chez LDLC, la RTX 5070 Ti démarre à 999 € (modèle Gainward Phoenix-S) et grimpe à 1 349 € pour l'ASUS ROG Strix, soit +13 % à +53 % par rapport au MSRP de 884 €. La MSI RTX 5070 Ti Ventus se négocie autour de 1 150 €.
Les marques avaient déjà anticipé le mouvement. ASUS et Gigabyte avaient augmenté leurs prix de 10 à 15 % dès janvier 2026. Depuis, certaines cartes ASUS ont pris plus de 40 % : la TUF Gaming RTX 5080 est passée de 1 199 $ à 1 595 $ sur Amazon, et la ROG Strix RTX 5080 OC de 1 499 $ à 2 099 $, désormais plus chère qu'une RTX 5090 Founders Edition au lancement.
Pour mémoire, les prix de lancement européens de la gamme étaient les suivants : RTX 5090 à 2 349 €, RTX 5080 à 1 179 €, RTX 5070 Ti à 884 €, RTX 5070 à 649 €, RTX 5060 Ti 16 Go à 449 € et RTX 5060 à environ 329 €. Ces repères n'ont plus grand-chose à voir avec la réalité des prix actuels.
AMD n'est pas épargné : les hausses s'étendent à toute l'industrie
Face à cette flambée, une question revient naturellement : pourquoi ne pas passer chez AMD ? Mauvaise nouvelle : la marque rouge suit exactement la même trajectoire.
Selon ChannelGate, rapporté par Wccftech le 31 juillet, AMD a notifié ses partenaires d'une hausse d'« au moins 10 % » sur ses kits GPU+mémoire (GDDR6 pour les RX 9000), appliquée uniformément en août 2026. AMD avait pourtant retardé cette hausse d'un mois par crainte de perdre des parts de marché. Le doublement des coûts DRAM l'a forcé à agir.
Aux États-Unis, les conséquences se font déjà sentir : la RX 9070 XT se vend environ 20 % au-dessus de son MSRP, et la RX 9060 XT jusqu'à +30 %. Les cartes AMD ne sont donc plus une alternative économique, et il ne faut pas compter sur une guerre des prix pour tirer les tarifs vers le bas.
Que faire en tant que gamer français ?
Face à cette situation, les conseils des distributeurs sont d'une clarté rare. TopAchat, qui a publié une page dédiée à la pénurie de RAM, est sans ambiguïté : n'attends pas de promos, il n'y en aura pas.
Les analystes de Jefferies prévoient en effet que la mémoire restera chère : +40 à 50 % au troisième trimestre 2026, +30 à 40 % au quatrième, et encore +40 à 45 % sur l'année 2027. La première vraie détente n'est espérée qu'en 2028, avec l'arrivée de la DDR6 et la montée en puissance des fabricants chinois CXMT et YMTC.
Concrètement, trois options s'offrent à toi :
- Si ton PC actuel tient la route, garde-le. C'est le conseil le plus simple et le plus économiquement rationnel. Les jeux ne vont pas disparaître, et les prix finiront par redescendre, même s'il faudra patienter jusqu'en 2028.
- Si tu dois acheter, fais-le maintenant. Les prix devraient continuer à grimper dans les prochains mois, et les stocks s'épuisent. Attendre ne fera qu'augmenter la facture.
- Regarde du côté des configurations pré-montées. TopAchat note que les PC complets à prix verrouillé sont devenus intéressants : les intégrateurs ont acheté leurs composants avant la hausse et peuvent proposer des tarifs plus stables que les composants au détail.
Cette pénurie de mémoire ne concerne pas que les cartes graphiques. Comme nous l'expliquions dans notre article sur la pénurie de RAM, ton prochain smartphone et ton PC de gaming vont tous deux coûter plus cher. Et si tu hésites à upgrader ta config avec une RTX 5070, notre analyse de la promo ASUS à 609 € sur Amazon t'aidera à y voir plus clair, même si les prix actuels rendent ce type d'offre de plus en plus rare.
La flambée des prix des RTX 50 n'est pas un épisode isolé, c'est le symptôme d'une industrie où l'IA dicte désormais sa loi aux joueurs. En attendant 2028, la meilleure stratégie reste de prendre soin de ta config actuelle.