L'univers des wearables a connu une métamorphose surprenante ces dernières années, passant des promesses grandiloquentes du métavers à une réalité plus pragmatique et connectée. Au cœur de cette transformation, les lunettes connectées Ray-Ban Meta se sont imposées comme un véritable phénomène de société, réussissant là où d'autres form factors avaient échoué. En collaborant avec EssilorLuxottica, le géant de Meta a su transformer un pari technologique risqué en un produit de consommation massive, alliant esthétique intemporelle et fonctionnalités avancées. Ce succès inattendu, avec des chiffres de vente défiant toute concurrence, pose la question cruciale du choix pour le consommateur : faut-il se tourner vers la nouvelle génération ou l'ancienne ?
Pour comprendre l'engouement autour de ces accessoires, il faut revenir sur la stratégie audacieuse de Mark Zuckerberg. Alors que le concept de métavers peinait à s'imposer dans la vie quotidienne, Meta a pivoté vers une approche plus centrée sur l'utilisateur, en intégrant l'intelligence artificielle directement dans des objets du quotidien comme les lunettes. Ce n'est plus seulement question de réalité virtuelle, mais d'assistance et de capture en temps réel. Avec plusieurs millions d'unités écoulées en un temps record, ces lunettes ont prouvé qu'il existait un marché réel pour des lunettes « smart » discrètes, loin du costume de cosmonaute souvent associé aux nouvelles technologies.
Cet article propose une analyse comparative exhaustive entre la première génération, baptisée Ray-Ban Stories, et la nouvelle Ray-Ban Meta Gen 2. Nous explorerons les évolutions techniques, l'impact de l'intelligence artificielle, les questions de vie privée et aiderons à déterminer quel modèle correspond le mieux à vos besoins en 2026.

De l'échec du métavers aux millions de ventes
L'ascension des lunettes connectées de Meta est un récit fascinant de résilience et d'adaptation stratégique. Il y a quelques années à peine, l'entreprise investissait des milliards dans une vision futuriste où le monde virtuel remplacerait le réel. Pourtant, c'est en revenant à des fondamentaux plus tangibles — la mode, la vision et la photographie — que l'entreprise a touché le jackpot. Cette trajectoire improbable, d'un projet initialement critiqué à un best-seller mondial, illustre la capacité de Meta à réinventer ses approches produit en fonction des retours du terrain et des attentes des consommateurs.
Annoncées en plein buzz métavers
Le 20 septembre 2020, lors de la conférence Facebook Connect, Mark Zuckerberg dévoilait au monde les prémices de ce qui allait devenir les Ray-Ban Stories. À cette époque, l'ambiance était à l'euphorie autour des projets de réalité virtuelle et de métavers. Facebook présentait ces lunettes comme la première brique tangible d'un avenir numérique immersif, promettant de capturer la vie sans rompre la connexion avec le moment présent. Cependant, le lancement effectif, survenu le 9 septembre 2021, s'est déroulé dans un climat bien différent.
La bulle spéculative autour des technologies immersives commençait déjà à se dégonfler, et le réceptacle public fut plutôt mitigé. Les Ray-Ban Stories, premier produit tangible lié aux ambitions métavers de Facebook, étaient perçues comme un gadget de geek plutôt que comme une révolution. L'absence d'écran et d'affichage tête haute avait déçu ceux qui s'attendaient à un Terminator de poche. De plus, la fonctionnalité de livestream sur Facebook et Instagram, bien qu'innovante, souffrait de limitations techniques et d'une autonomie restreinte, ne suffisant pas à convaincre le grand public d'adopter massivement ce nouvel accessoire connecté coûteux.
Une explosion des ventes inattendue
Malgré un début en demi-teinte, la courbe des ventes a connu une inflexion majeure que personne n'avait prévue. Selon les données récentes fournies par l'Usine Digitale, les ventes de ces lunettes ont littéralement explosé, triplant au cours du premier semestre 2025. On parle aujourd'hui de plus de 7 millions d'unités vendues toutes générations confondues, propulsant EssilorLuxottica vers une croissance annuelle à deux chiffres inédite pour le géant de l'optique.
Ce succès soudain révèle une évolution profonde des comportements des consommateurs envers les wearables. L'acceptabilité sociale des technologies connectées s'est améliorée, à condition qu'elles soient discrètes et esthétiquement plaisantes. Contrairement aux casques VR qui isolent l'utilisateur, les Ray-Ban Meta créent un pont entre le monde réel et le numérique sans rupture. Les utilisateurs apprécient la possibilité de capturer des photos et des vidéos mains libres, sans avoir à sortir leur smartphone, ce qui rend l'expérience plus authentique. Ce triplement des ventes indique que le marché n'est pas seulement mûr pour des accessoires connectés, mais qu'il privilégie l'utile et l'élégant over le technologique purement affiché.
Ray-Ban Stories (Gen 1) : la génération fondatrice
Avant de succomber aux attraits de la toute dernière technologie, il est essentiel de se pencher sur la première génération, les Ray-Ban Stories. Ces lunettes ont joué un rôle de pionnier, testant le terrain et définissant les codes d'un produit qui n'existait pas encore sur le marché de masse. Pour de nombreux utilisateurs actuels, elles restent une excellente option, notamment sur le marché de l'occasion, offrant l'essentiel des fonctionnalités de base à un prix plus accessible. Comprendre leurs forces et leurs faiblesses est crucial pour apprécier les bonds en avant réalisés par la suite.
Une fiche technique audacieuse pour 2021
Lors de leur sortie, la Ray-Ban Stories (Gen 1) proposaient une fiche technique audacieuse pour l'époque, bien qu'elle puisse sembler datée aujourd'hui. Le cœur du système reposait sur une double configuration de capteurs : deux caméras de 5 mégapixels, l'une optimisée pour la capture photo statique et l'autre pour la vidéo. Cette configuration permettait de filmer en 780p, une résolution correcte pour les réseaux sociaux de l'époque mais nettement inférieure aux standards actuels. Pour gérer le traitement et la connectivité, Meta (alors Facebook) avait intégré un processeur Qualcomm Snapdragon SDA429W, choisi pour son efficacité énergétique plutôt que sa puissance brute.
L'audio était assuré par un système à trois micros, censé offrir une captation stéréo tout en réduisant le bruit ambiant. Cependant, la limitation majeure résidait dans l'autonomie. Avec seulement 3 heures d'utilisation mixte, la Gen 1 obligeait l'utilisateur à une gestion drastique de sa batterie ou à recourir très fréquemment à son étui de charge. Cette contrainte technique de 2021 a souvent été citée comme le frein principal à un usage quotidien prolongé, reléguant les lunettes au statut d'objet d'occasion plutôt que d'accessoire indispensable.
La fonctionnalité livestream abandonnée
Curieusement, la première génération offrait une fonctionnalité que la Gen 2 n'a pas reprise telle quelle : le livestream direct. Avec les Ray-Ban Stories, il était possible de diffuser en direct sur Facebook et Instagram, directement depuis les lunettes, pendant une durée maximale de 30 minutes. Cette fonction, bien que rudimentaire, avait conquis une niche d'utilisateurs adeptes de partage instantané de leurs expériences, que ce soit lors d'événements sportifs ou de promenades urbaines.
Le choix de Meta de supprimer ou de ne pas prioriser cette fonctionnalité sur la Gen 2 peut paraître paradoxal, mais il révèle un changement de positionnement stratégique. Il est probable que la société ait privilégié la qualité de l'enregistrement et l'intelligence artificielle plutôt que la diffusion en direct instantanée. De plus, les défis liés à la confidentialité lors des livestreams et la complexité technique de maintenir une connexion stable vidéo via Bluetooth ont pu peser dans la balance. Pour les streamers invétérés, la Gen 1 conserve donc un avantage spécifique que son successeur n'a pas encore égalé, illustrant que la nouveauté ne rime pas toujours avec l'accumulation de fonctionnalités.
Gen 2 : le saut technologique majeur

Si la première génération était une preuve de concept, la Ray-Ban Meta Gen 2 incarne la maturité technologique. L'écart entre les deux modèles n'est pas une simple mise à jour itérative ; c'est un saut qualitatif qui justifie largement l'écart de prix. En passant de 329€ à 419€, Meta ne vend pas seulement un meilleur produit, mais une expérience utilisateur radicalement différente, où les limitations techniques de l'origine sont en grande partie résolues. C'est cette révolution technique qu'il faut décortiquer pour comprendre pourquoi la Gen 2 s'impose comme le nouveau standard du marché.
Vidéo 3K et zoom performant
Le progrès le plus spectaculaire de la Gen 2 réside sans conteste dans ses capacités de capture. Meta a abandonné le système à double caméra au profit d'un capteur unique de 12 mégapixels ultra grand-angle, beaucoup plus performant. Le saut de qualité est vertigineux : on passe d'une vidéo en 780p à une définition 3K Ultra HD (1920x1440 pixels) à 30 images par seconde. Cela représente six fois plus de pixels que la génération précédente, offrant une netteté et des détails jusqu'alors inaccessibles sur des lunettes connectées. Pour les amateurs de Mathieu van der Poel : le génie sans limite du cyclisme souhaitant capturer leurs sorties vélo, la différence est jour et nuit.
Les nouvelles fonctionnalités logicielles accompagnent cette puissance brute. La Gen 2 introduit un zoom numérique 3x, permettant de se rapprocher de l'action sans perte excessive de qualité, ainsi que des modes hybrides comme l'hyperlapse et la vidéo au ralenti (slow-motion), absents de la Gen 1. Ces ajouts transforment les lunettes en un véritable outil de création de contenu, capable de rivaliser avec un smartphone pour des prises de vues spontanées et dynamiques. Le fait que ces améliorations soient intégrées dans un design identique aux lunettes classiques renforce le sentiment de posséder une « superpuissance » discrète.
Autonomie et charge rapide
L'autonomie a longtemps été le talon d'Achille des wearables, mais la Gen 2 semble avoir enfin résolu cette équation difficile. L'effort d'ingénierie sur le processeur Qualcomm Snapdragon AR1 Gen 1 et sur l'optimisation logicielle a porté ses fruits : l'autonomie en usage mixte est passée de 3 heures à 8 heures complètes. Cela change radicalement la nature de l'utilisation. Avec la Gen 1, il fallait constamment surveiller la jauge et rationner son utilisation ; avec la Gen 2, on peut enfiler les lunettes le matin et les porter tout au long de la journée sans craindre la panne sèche.
Cette autonomie étendue est soutenue par une fonction de charge rapide extrêmement efficace. Il suffit de vingt minutes dans l'étui pour récupérer 50 % de batterie, offrant une marge de sécurité rassurante pour les utilisateurs pressés. Par ailleurs, l'étui de transport lui-même a vu sa capacité augmenter, pouvant désormais fournir jusqu'à 48 heures d'autonomie supplémentaire. Cette fiabilité énergétique est le facteur clé qui permet aux lunettes de passer du statut de gadget expérimental à celui d'accessoire fiable pour le quotidien.
Audio haute fidélité et intelligente
L'expérience audio a également fait l'objet d'une refonte complète. La Gen 1, avec ses trois microphones, peinait parfois à isoler la voix de l'utilisateur dans des environnements bruyants. La Gen 2 double la mise avec un système à cinq microphones, couplé à des haut-parleurs ouverts 50 % plus puissants. Le résultat sonore est nettement plus clair et plus volumineux, permettant d'écouter de la musique ou de passer des appels sans avoir à recourir à des écouteurs intra-auriculaires.
Une innovation logicielle majeure accompagnant ce matériel est la fonction « Conversation Focus ». Grâce à l'IA, les lunettes sont capables de détecter que l'utilisateur est en train de parler à quelqu'un en face de lui et d'adapter automatiquement le volume des haut-parleurs pour ne pas gêner l'échange humain. De même, la réduction du bruit lors des appels téléphoniques est grandement améliorée, rendant les conversations plus naturelles, comme si l'on tenait le combiné à la main. C'est ce genre de détails techniques qui, invisibles sur la fiche produit, font toute la différence dans l'usage réel au quotidien.
L'intelligence artificielle au cœur de l'expérience
La véritable rupture technologique de la Gen 2 ne se trouve pas seulement dans son matériel, mais dans son « cerveau ». L'intégration de Meta AI transforme ces lunettes en un assistant intelligent omniprésent. Cette dimension logicielle est ce qui distingue fondamentalement un simple accessoire de capture photo d'un véritable compagnon numérique. L'IA multimodale permet d'interagir avec le monde via la voix et la vision, ouvrant des perspectives d'usage inédites qui dépassent largement le cadre de la simple photographie.
Un assistant vocal omniprésent
L'intégration de l'assistant vocal activé par la formule « Hey Meta » change la donne en matière d'interaction. Contrairement à la Gen 1, qui n'offrait que des commandes basiques, la Gen 2 est capable de répondre à des requêtes complexes en temps réel, sans que l'utilisateur n'ait besoin de toucher son téléphone. Imaginez que vous visitiez une ville étrangère ; vous pouvez demander à vos lunettes de traduire une conversation ou un panneau, et la réponse vous est dictée à l'oreille instantanément. C'est la promesse d'une traduction en temps réel fluide et discrète, qui supprime les barrières linguistiques.
Au-delà de la traduction, les témoignages utilisateurs sur des forums comme Reddit soulignent l'utilité de cet assistant pour des requêtes du quotidien. Demander le score d'un match sportif, avoir une recette de cuisine expliquée étape par étape pendant que l'on a les mains dans la farine, ou encore obtenir des informations historiques sur un monument que l'on regarde sont devenus des scénarios courants. L'assistant offre des réponses rapides et contextuelles, permettant de rester immergé dans l'action plutôt que de se perdre dans la navigation d'un écran tactile.
La vision par ordinateur multimodale
La grande force de Meta AI dans cette Gen 2 réside dans sa multimodalité. Contrairement aux assistants vocaux classiques qui ne traitent que l'audio, ici, l'IA « voit » ce que vous voyez grâce à la caméra. La mise à jour majeure d'avril 2024 a considérablement renforcé cette capacité de vision par ordinateur. Vous pouvez montrer un objet à vos lunettes et demander : « Dis-moi ce que c'est » ou « Comment puis-je réparer cela ? », et l'IA analysera l'image pour fournir une réponse pertinente.
Cette capacité permet des usages créatifs et pratiques. On peut demander de générer une légende pour une photo que l'on vient de prendre, ou d'identifier une plante ou un animal lors d'une randonnée. La combinaison de l'entrée audio et visuelle rend l'assistant beaucoup plus intelligent et contextuel. Il ne s'agit plus seulement de chercher une information sur le web, mais de comprendre l'environnement immédiat de l'utilisateur pour agir comme un guide personnel. Pour ceux qui s'intéressent à l'actualité people, on pourrait même demander des détails sur une affiche de Mette-Marit de Norvège : scandales, santé et tourmente familiale aperçue dans la rue, l'IA se chargeant de synthétiser l'information.
Accessibilité et partenariat Be My Eyes
Au-delà de l'aspect purement technologique, Meta a intégré une dimension sociale et inclusive majeure en partenariant avec l'application Be My Eyes. Cette fonctionnalité, disponible sur la Gen 2, utilise les caméras des lunettes pour mettre en relation visuelle les utilisateurs malvoyants avec des bénévoles. Ces bénévoles peuvent voir exactement ce que la personne porte les lunettes voit et lui fournir une assistance verbale en temps réel.
Pour une personne malvoyante, cela ouvre des possibilités immenses : trouver un produit en rayon, lire une étiquette, naviguer dans un environnement inconnu ou même vérifier l'expiration d'un aliment. Les lunettes agissent comme les yeux du bénévole, guidant la personne avec précision. C'est un usage des technologies qui redonne de l'autonomie et qui démontre que l'IA et la connectivité peuvent avoir un impact humaniste profond, allant bien au-delà du simple divertissement ou de la productivité.
Limites, controverses et durabilité
Malgré leur succès commercial et leurs avancées techniques, les Ray-Ban Meta ne sont pas exemptes de critiques et de controverses. Comme tout dispositif connecté équipé de caméras et de microphones, elles soulèvent des questions légitimes concernant la vie privée, la durabilité environnementale et les aspects juridiques. Une analyse objective ne peut faire l'impasse sur ces limites, car elles conditionnent l'acceptabilité sociale de ces produits et influencent la décision d'achat.
Le délicat problème de la vie privée
La question de la vie privée est sans doute la critique la plus récurrente et la plus virale à l'encontre des Ray-Ban Meta. Le principal problème pointé du doigt par les associations de défense des consommateurs, comme la PIRG, concerne la taille du voyant LED d'enregistrement. Ce témoin lumineux, censé s'allumer pour avertir l'entourage qu'une vidéo ou une photo est en cours de prise, est jugé trop petit et trop discret. En plein soleil, il devient quasiment invisible, ce qui rend impossible pour les passants de savoir s'ils sont filmés ou non.
Cette ambiguïté crée un malaise, surtout dans des lieux publics ou privés. Bien que Meta affirme que les lunettes ne sont pas conçues pour l'enregistrement furtif, la confusion avec des lunettes de soleil classiques est totale. De plus, la politique de collecte des données et l'envoi de métadonnées vers les serveurs de Facebook alimentent la méfiance naturelle du public envers l'entreprise. Même si l'utilisateur peut s'opposer au partage de certaines données, la simple présence de caméras frontales sur un visage pose un défi éthique nouveau dans nos sociétés urbaines.
Obsolescence programmée et réparabilité
Du point de vue de la durabilité, le verdict du site spécialisé iFixit est sans appel. Les experts en démontage ont attribué aux Ray-Ban Meta la note de zéro sur dix en matière de réparabilité. Leur analyse révèle que les cadres sont assemblés sans vis, les composants étant collés ou soudés ensemble. Il est donc physiquement impossible pour l'utilisateur de changer la batterie soi-même ou de réparer un élément défectueux comme un haut-parleur ou une charnière.
Pour un produit vendu à plus de 400 euros, cette obsolescence programmée est problématique. Lorsque la batterie atteint la fin de sa vie — ce qui finit toujours par arriver avec les batteries lithium-ion — l'ensemble du produit devient inutilisable. Meta propose une politique de garantie de 15 jours ouvrables, mais après cela, l'utilisateur est bloqué. Bien qu'il existe un programme de recyclage, la conception même du produit l'assimile à un déchet électronique en devenir, une critique de plus en plus forte à l'ère de la consommation responsable.
L'ombre du procès Solos Technology
Enfin, un nuage juridique plane sur la réussite commerciale des lunettes Ray-Ban Meta. En 2026, la société Solos Technology a engagé un procès contre Meta et EssilorLuxottica devant un tribunal fédéral du Massachusetts, les accusant de violation de cinq brevets concernant les technologies de lunettes intelligentes. Cette affaire est d'autant plus épicée qu'elle implique une ex-chercheuse du MIT, Priyanka Shekar, qui a rejoint Meta en tant que chef de produit après avoir étudié de près les brevets de Solos.
Ce litige souligne la complexité du paysage de la propriété intellectuelle dans le domaine des wearables en pleine expansion. Si l'issue de ce procès reste incertaine, il rappelle que les innovations technologiques s'accompagnent souvent de batailles juridiques larvées. Pour les consommateurs, cela représente un risque potentiel de discontinuité du produit ou de modification de fonctionnalités si Meta devait perdre ce procès et être contrainte de modifier la conception de ses lunettes futures.
Choisir entre Gen 1, Gen 2 et l'avenir
Face à ces éléments, le consommateur se trouve à la croisée des chemins. Faut-il profiter des rabais sur la Gen 1, investir dans la Gen 2 performante, ou attendre la prochaine révolution annoncée ? Cette section comparative vise à éclairer la lanterne de l'acheteur en pesant le pour et le contre de chaque option. L'objectif est de trouver le meilleur rapport qualité-prix en fonction de l'usage prévu et du budget disponible, sans oublier les futures annonces qui pourraient rendre l'achat actuel obsolète.

Voici une vidéo comparative qui illustre bien les différences entre les deux générations.
Analyse du rapport qualité-prix
L'écart de prix de 90 euros entre la première génération (disponible souvent à moindre coût sur l'occasion) et la seconde génération à 419€ est significatif mais se justifie-t-il ? Pour un utilisateur dont le besoin principal est l'écoute de musique et la prise de photos occasionnelles, la Gen 1 peut suffire, surtout si l'on trouve une paire en bon état. Cependant, le retour sur investissement de la Gen 2 est évident dès que l'on s'intéresse à la qualité vidéo et à l'IA. La résolution multipliée par six et l'autonomie triplée offrent une utilisation quotidienne sans stress, là où la Gen 1 demanderait des compromis constants.
Il faut également considérer la perte de certaines fonctionnalités comme le livestream direct sur la Gen 1. Si cet usage spécifique est crucial, la Gen 1 est indispensable. Mais pour la grande majorité, la Gen 2 offre une expérience plus aboutie et plus future-proof. L'investissement de 90 euros supplémentaires achète non seulement du meilleur matériel, mais surtout l'accès à l'écosystème Meta AI qui ne cesse de s'enrichir de mises à jour logicielles gratuites. À long terme, la Gen 2 conserve sa valeur mieux que la Gen 1, qui est technologiquement à la traîne.
Esthétique et choix de la monture
Au-delà de la technique, l'aspect esthétique reste primordial pour des lunettes que l'on porte sur son visage. Avec la Gen 2, Meta et Ray-Ban ont élargi l'offre avec trois modèles de montures distincts : le Wayfarer, le Skyler et le Headliner. Le Wayfarer est le classique indémodable, adapté à la plupart des visages avec son look intemporel et légèrement rétro. Le Skyler, plus rond et plus féminin, offre une alternative douce et élégante, s'éloignant du style unisexe du Wayfarer.
Le Headliner, quant à lui, propose une silhouette plus fine et plus légère, inspirée des modèles Panto, idéale pour ceux qui cherchent discrétion et confort. Le choix ne doit pas se faire uniquement au goût, mais aussi à la morphologie du visage. Il est crucial d'essayer les modèles en magasin si possible, car le poids des composants électroniques peut modifier légèrement l'équilibre de la monture par rapport à des lunettes de soleil classiques. La disponibilité de ces modèles en plusieurs couleurs et finitions permet aussi de mieux s'intégrer à un style personnel, rendant la technologie moins invasive.
Faut-il attendre l'écran intégré ?
Pour les plus hésitants, un nouvel horizon se profile : les Ray-Ban Meta Display. Annoncées récemment, ces futures lunettes intégreront un véritable écran, même s'il est réduit, de 600x600 pixels dans le verre droit. Affichant des notifications, la navigation ou les réponses de l'IA directement dans l'œil, elles représentent le saut vers la réalité augmentée légère tant attendu. Cependant, ce modèle sera vendu autour de 678€, soit une augmentation substantielle du prix.
De plus, son lancement en Europe est repoussé à début 2026 en raison d'une demande « sans précédente » aux États-Unis. Faut-il attendre ? Si votre objectif est d'avoir un affichage tête haute pour la navigation ou la messagerie instantanée, oui, l'attente est probablement nécessaire. Mais si vous cherchez avant tout un excellent appareil photo mains libres et un assistant vocal performant, la Gen 2 actuelle offre déjà une expérience mature et complète. Attendre l'écran intégral signifie accepter un compromis financier important et un délai incertain. Pour beaucoup, le pragmatisme de la Gen 2 sans écran restera la meilleure solution dans l'immédiat.
Conclusion : quel modèle choisir en 2026 ?
Après avoir passé en revue les spécifications techniques, les fonctionnalités logicielles, les controverses éthiques et les options futures, le moment est venu de trancher. Les lunettes connectées Ray-Ban Meta ont parcouru un long chemin depuis leur annonce controversée en 2020. Elles sont passées du statut de curiosité technologique à celui d'accessoire convoité, prouvant qu'il existe une demande pour des wearables qui respectent l'esthétique classique tout en ajoutant une couche technologique utile.
Pour synthétiser notre analyse, nous distinguons trois profils types. Si vous êtes un adepte de la tech absolue et que vous rêvez d'avoir des informations défilant devant vos yeux, ne cédez pas à la tentation de la Gen 2 actuelle. Économisez votre budget et attendez la sortie des Ray-Ban Meta Display prévue pour 2026. Elles seront l'aboutissement de la vision de Meta avec un affichage tête haute intégré.
En revanche, si vous êtes un utilisateur pragmatique qui veut capturer ses vacances, écouter de la musique en toute liberté et bénéficier d'un assistant IA intelligent, la Gen 2 est le choix évident. Ses 8 heures d'autonomie, sa caméra 12MP et l'intégration de Meta AI en font un produit complet, justifiant largement l'investissement de 419€. C'est l'achat le plus équilibré pour l'usage quotidien.
Enfin, si vous avez un budget serré ou si vous êtes simplement curieux de découvrir le concept sans vous ruiner, cherchez une paire de Gen 1 d'occasion. Bien que limitée en autonomie et en qualité vidéo, elle vous permettra de vous familiariser avec l'expérience des mains libres et de décider si ce format vous convient réellement avant d'investir davantage.
En conclusion, le succès actuel des Ray-Ban Meta valide le pivot stratégique de Mark Zuckerberg. Le PDG de Meta a récemment déclaré qu'il était « difficile d'imaginer un futur sans les lunettes IA ». Contrairement au métavers, qui demande une isolation totale du monde physique, les lunettes connectées augmentent notre réalité sans la remplacer. Elles s'intègrent à la conversation, à la marche et à l'observation du monde. C'est cette approche centrée sur l'IA et l'assistance contextuelle qui a permis de vendre 7 millions de paires. La technologie est au service de l'humain, et non l'inverse. Que vous optiez pour la Gen 1, la Gen 2 ou l'attente, une chose est sûre : ces lunettes ne sont plus une simple expérience, mais bien l'amorce d'une nouvelle façon de consommer la technologie.