
Lors de son intervention devant l'EBG (Electronic Business Group), Jean-Pierre Raffarin a exposé son plan en trois volets : sécurisation du commerce électronique, responsabilité des intermédiaires techniques et vulgarisation du numérique.
Le Premier ministre parle même d'« alphabétisation numérique »...
Quels sont les trois axes du plan Raffarin ?
Dans ces trois volets, les intentions affichées sont louables : rassurer le consommateur, limiter la responsabilité des hébergeurs à des cas précis et mettre en place un plan numérique pour l'éducation.
Les deux premiers volets, au vu des récentes affaires liées à Pere-Noel.fr et à Domexpo, sont essentiels. Le gouvernement semble s'orienter vers une approche pragmatique qui ne peut que bénéficier aux professionnels du secteur et aux internautes.
Il convient toutefois d'attendre les termes exacts des lois qui suivront ces déclarations d'intention.
Comment comprendre Internet de manière pragmatique ?
La méthode du Premier ministre, que je juge pertinente, semble viser à s'affranchir des experts autoproclamés qui cherchent à enfermer Internet dans leurs conceptions intellectuelles et technocratiques, pour aller vers ce qu'Internet représente au quotidien pour chacun d'entre nous.
Cette voie est la bonne. Si elle s'accompagne en plus d'une véritable stratégie de développement de l'Internet en France, ce sera une excellente chose. Là encore, la conception de « république numérique » apparaît comme positive.
Quels moyens pour la politique numérique ?
Reste maintenant à se donner les moyens de sa politique... et c'est bien sur ce point que nous le jugerons.
Il faudra également éviter de persister dans les amalgames faciles qui ont été faits ces derniers mois entre Internet, terrorisme, pédophilie... et j'en passe.
Comprendre Internet sans le brider est bien l'enjeu des années à venir.
Prendre le bon cap est une chose, arriver à bon port en est une autre... la traversée pourrait s'avérer mouvementée.
Pour aller plus loin
La réaction officielle d'ODEBI, regroupant les associations françaises d'internautes, est à lire ici :