New Delhi vibre au rythme de l'innovation cette semaine. L'Inde accueille un événement historique : le tout premier sommet international sur l'intelligence artificielle organisé par un pays du Sud global. Dans cette course effrénée à la suprématie technologique, le Premier ministre Narendra Modi a pris la parole devant une assemblée exceptionnelle, portant un message fort de démocratisation et d'accessibilité universelle de l'IA. Pourtant, entre les promesses milliardaires des géants de la Silicon Valley, les tensions diplomatiques avec Washington et quelques cafouillages logistiques, ce rendez-vous planétaire révèle les fractures d'un monde en pleine mutation technologique.

L'Inde AI Impact Summit : un rendez-vous historique pour le Sud global
L'India AI Impact Summit 2026 ne constitue pas une simple conférence technologique supplémentaire dans un calendrier déjà chargé. Du 16 au 21 février, le Bharat Mandapam — ce vaste complexe de congrès situé au cœur de la capitale indienne — devient l'épicentre mondial des discussions sur l'intelligence artificielle. Cet événement s'inscrit comme le quatrième grand rendez-vous international consacré à l'IA, prenant la relève des sommets précédents organisés à Bletchley Park en Grande-Bretagne, à Séoul en Corée du Sud, puis à Paris en France.
La symbolique est forte : pour la première fois, une nation émergente prend les rênes de ces discussions cruciales pour l'avenir de l'humanité. L'Inde affirme ainsi sa volonté de ne plus être un simple spectateur dans la définition des normes technologiques mondiales, mais d'en devenir un acteur central voire un leader incontesté.

Une ampleur sans précédent
Les chiffres donnent le tournis. Près de 300 000 participants ont fait le déplacement, venant de plus de 100 pays différents. Une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement ont répondu présent, dont Emmanuel Macron — co-président du sommet aux côtés de Modi — et Antonio Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies. Pas moins de 60 ministres assistent également à l'événement, accompagnés d'une trentaine de PDG des plus grandes entreprises technologiques mondiales.
Le Bharat Mandapam a été transformé en une véritable cité de l'intelligence artificielle. Plus de 300 pavillons d'exposition ont été dressés, présentant les innovations de quelque 600 startups et entreprises. Treize pays disposent même de leurs propres pavillons nationaux, transformant le lieu en une sorte d'ONU de la technologie où chaque nation peut présenter sa vision et ses réalisations.

Le positionnement stratégique de New Delhi
Le choix de l'Inde comme hôte de ce sommet revêt une importance géopolitique considérable. Après Paris et Séoul, New Delhi incarne ce déplacement progressif du centre de gravité technologique vers l'Asie et les pays en développement. L'Inde ne cherche pas simplement à participer aux conversations existantes ; elle ambitionne de les redéfinir entièrement en proposant une alternative aux modèles dominants.
Cette stratégie s'inscrit dans une vision plus large de la politique étrangère indienne, celle d'une puissance capable de servir de pont entre l'Occident et le reste du monde. En se présentant comme la voix du Sud global, l'Inde espère rassembler les nations d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie du Sud-Est autour d'une conception de l'IA plus inclusive et mieux adaptée à leurs réalités spécifiques.
La vision MANAV : l'IA centrée sur l'humain selon Modi
L'intervention de Narendra Modi constituait le moment fort attendu de ce sommet. Le Premier ministre indien a profité de cette tribune internationale pour dévoiler un cadre conceptuel inédit qu'il a baptisé MANAV — un terme qui signifie tout simplement humain en hindi. Cette appellation n'est pas anodine : elle incarne la philosophie fondamentale que l'Inde souhaite promouvoir dans le développement de l'intelligence artificielle.

Cette initiative s'inscrit dans l'objectif plus large de transformer l'Inde en une nation développée d'ici 2047, date du centenaire de son indépendance. Pour Modi, l'intelligence artificielle ne doit pas être perçue comme une fin en soi ou un simple outil de profit commercial, mais comme un véritable levier de métamorphose sociétale capable d'accélérer cette transformation historique.
Les six piliers fondateurs
Le framework MANAV repose sur une architecture de six principes fondamentaux qui définissent l'approche indienne de la gouvernance de l'IA. Chacun de ces piliers répond à des préoccupations spécifiques et propose une alternative aux modèles existants.
Le premier pilier, consacré aux systèmes moraux et éthiques, insiste sur la nécessité d'une intelligence artificielle guidée par des principes éthiques solides et transparents. Cette dimension philosophique vise à distinguer l'approche indienne de celle des géants américains, souvent critiqués pour leurs algorithmes opaques et leurs biais discriminatoires.
Le deuxième pilier concerne la gouvernance responsable et appelle à une transparence totale dans les processus décisionnels des systèmes d'IA. L'utilisateur doit pouvoir comprendre pourquoi et comment une conclusion a été atteinte par une machine.
Le troisième volet, consacré à la souveraineté nationale, aborde une question centrale : à qui appartiennent les données générées par les citoyens d'un pays et qui a le droit de les exploiter ? Pour Modi, les données nationales doivent profiter en priorité à la nation qui les produit.

Accessibilité et vérifiabilité
Les quatrième et cinquième piliers mettent l'accent sur l'accessibilité et l'inclusivité. L'Inde refuse que l'intelligence artificielle reste l'apanage d'une élite urbaine ou occidentale. La technologie doit être accessible aux populations rurales, aux plus modestes, à ceux qui en ont traditionnellement été exclus.
Le sixième pilier concerne la vérifiabilité et la licéité des systèmes d'IA. Chaque algorithme doit pouvoir être audité et sa conformité avec les lois nationales doit être vérifiable. Cette approche vise à instaurer un climat de confiance entre les citoyens et les technologies qui transforment leur quotidien.
Les déboires organisationnels : un sommet sous tension
L'ambition affichée par l'Inde s'est heurtée à une réalité moins reluisante dès les premiers jours de l'événement. L'inauguration a été éclaboussée par des problèmes logistiques importants qui ont valu au sommet des critiques virulentes sur les réseaux sociaux et dans la presse internationale.
Des centaines de délégués, d'exposants et de participants se sont retrouvés bloqués dans des files d'attente interminables dès les premières heures du matin. Certains rapportent avoir fait la queue dès sept heures pour finalement se voir refuser l'accès aux salles d'exposition en raison de protocoles de sécurité modifiés à la dernière minute.
Le témoignage des startups
Les fondateurs de jeunes entreprises technologiques ont été particulièrement touchés par ce chaos organisationnel. Maitreya Wagh, cofondateur de la startup d'IA vocale Bolna, a raconté sur les réseaux sociaux son incapacité à accéder au stand de son entreprise après la fermeture brutale des portes. Punit Jain, fondateur de la plateforme Reskill, a décrit des files d'attente matinales suivies d'heures d'attente et d'une évacuation complète des lieux avant l'arrivée du Premier ministre.
Plus grave encore, Dhananjay Yadav, fondateur de la startup NeoSapiens spécialisée dans l'IA portable, a allégué que des produits présentés sur son stand avaient été volés à l'intérieur même de la zone de haute sécurité. Cette accusation a particulièrement embarrassé les organisateurs qui prônent pourtant une sécurité de fer pour l'événement.
D'autres participants ont souligné des problèmes plus prosaïques mais révélateurs : les stands de nourriture n'acceptaient que les paiements en espèces, un comble pour un sommet consacré aux technologies de pointe et accueillant de nombreux visiteurs internationaux.
Les excuses du gouvernement

Face à la multiplication des témoignages négatifs, le ministre indien des Technologies de l'Information, Ashwini Vaishnaw, a dû présenter des excuses publiques le mardi suivant l'ouverture. Il a reconnu que les problèmes rencontrés n'étaient pas à la hauteur des ambitions du pays et s'est engagé à améliorer la situation pour le reste de l'événement.
Soumya Sharma, fondateur de l'entreprise Livo AI spécialisée dans la santé, a souligné que plusieurs discussions se sont tenues à huis clos et que la sécurité a fermé des sessions en raison de la surpopulation, empêchant de nombreux délégués d'y participer. Ces fermetures contredisent directement l'ambition affichée de présenter l'écosystème indien de l'IA au monde entier.
L'affaire du chien robotique Orion : un symbole embarrassant
Un incident particulier a cristallisé les critiques et s'est révélé particulièrement dommageable pour l'image de l'Inde technologique. L'université Galgotias avait fièrement présenté un chien robotique baptisé Orion, présenté comme une innovation purement indienne développée au sein de son Centre d'excellence.
La démonstration a rapidement tourné au fiasco lorsque des experts de la communauté technologique ont identifié le robot comme étant en réalité un modèle standard fabriqué par Unitree Robotics, une entreprise chinoise. L'université a été expulsée de l'exposition et a présenté des excuses pour ce qu'elle a qualifié de malentendu.
Les questions soulevées
Cet incident va bien au-delà d'une simple confusion. Il pose des questions fondamentales sur la maturité réelle de l'écosystème technologique indien face aux ambitions affichées par Modi en matière de souveraineté technologique. Comment peut-on prétendre à l'indépendance technologique lorsque les innovations présentées comme nationales s'avèrent être des importations rebadgées ?
La situation est d'autant plus embarrassante qu'elle intervient dans un contexte où l'Inde cherche précisément à se positionner comme une alternative à la domination technologique chinoise. Ce quiproquo sème le doute sur la capacité réelle du pays à tenir ses promesses en matière d'innovation endogène.
Les observateurs soulignent également que cet épisode révèle les pressions énormes qui pèsent sur les institutions indiennes pour démontrer des avancées technologiques rapides, parfois au détriment de l'honnêteté intellectuelle.
La position américaine : un refus catégorique de la gouvernance mondiale
Si Narendra Modi prône l'unité et la coopération internationale dans le domaine de l'IA, la réalité politique du sommet s'est révélée nettement plus complexe. Une tension palpable a opposé la vision multilatérale défendue par l'Inde, l'Europe et de nombreuses autres nations à la position isolationniste des États-Unis.
Michael Kratsios, conseiller technologique de la Maison Blanche et chef de la délégation américaine, a marqué les esprits par une déclaration sans équivoque. Réaffirmant la ligne de l'administration Trump, il a indiqué que les États-Unis rejetaient totalement le principe d'une gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle.
L'argumentation de Washington
Pour les représentants américains, l'adoption massive de l'IA ne peut conduire à un avenir meilleur si elle est soumise à des bureaucraties et à un contrôle centralisé. Cette vision libertarienne de l'innovation privilégie la liberté d'entreprendre sur les mécanismes de régulation internationaux.
Cette position reflète les inquiétudes américaines face à la concurrence chinoise. Washington craint qu'une régulation trop stricte au niveau mondial ne bride son avance technologique et ne donne à Pékin un avantage compétitif significatif. Les États-Unis préfèrent maintenir leur liberté d'action plutôt que de se lier les mains avec des engagements internationaux contraignants.
L'embarras des dirigeants technologiques
Cette fracture politique a créé des situations pour le moins inconfortables pour les dirigeants de l'industrie technologique présents à New Delhi. Sam Altman d'OpenAI et Dario Amodei d'Anthropic se sont retrouvés dans une position délicate, pris entre leurs appels publics à une régulation urgente et leur dépendance économique au marché américain.

Les observateurs ont noté des tentatives maladroites pour éviter certains contacts directs lors des sessions de photos officielles. Les sourires de circonstance ne parvenaient pas à masquer le malaise évident entre des PDG prônant la prudence et des représentants gouvernementaux refusant tout cadre contraignant.
Les appels à la prudence des patrons de la tech
Malgré les divergences politiques, les dirigeants des plus grandes entreprises technologiques ont utilisé la tribune de New Delhi pour lancer des avertissements solennels sur les risques liés au développement effréné de l'intelligence artificielle.
Demis Hassabis, le patron de Google DeepMind et prix Nobel de chimie 2024, a accordé une interview exclusive à la BBC dans laquelle il a insisté sur l'urgence de mener davantage de recherches sur les menaces potentielles de l'IA. Il a identifié deux risques majeurs : l'utilisation de la technologie par des acteurs malveillants et la possibilité de perdre le contrôle des systèmes à mesure qu'ils deviennent plus puissants.
L'équilibre difficile entre audace et responsabilité
Sir Demis Hassabis a reconnu que son entreprise ne détenait pas toutes les réponses et que les choses ne se passaient pas toujours correctement. Toutefois, il a affirmé que Google DeepMind obtenait de meilleurs résultats que la plupart des autres acteurs de l'industrie.
Cette humilité affichée contraste singulièrement avec l'arrogance souvent perçue dans l'univers de la technologie. Elle soulève néanmoins une question cruciale : peut-on raisonnablement faire confiance aux entreprises qui créent les risques pour définir elles-mêmes les solutions ?
Hassabis a admis que le véritable défi consistait à maintenir le rythme face à l'évolution exponentielle des capacités des machines. Il a prédit que dans les dix prochaines années, la technologie deviendrait une véritable superpuissance en termes de capacités créatives.
La démocratisation comme rempart
Sam Altman, de son côté, a martelé que la démocratisation de l'IA constituait le meilleur moyen d'assurer l'épanouissement de l'humanité. Il a averti que concentrer cette technologie entre les mains d'une seule entreprise ou d'un seul pays pourrait avoir des conséquences désastreuses.
Le patron d'OpenAI a néanmoins reconnu la nécessité de régulations et de garde-fous, comparant la situation à celle d'autres technologies puissantes qui ont nécessité des cadres juridiques adaptés. Cette position contraste singulièrement avec celle de la délégation américaine officielle.

L'investissement massif de Google et les promesses financières
Au-delà des discussions philosophiques et politiques, le sommet de New Delhi a été le théâtre d'annonces financières considérables. Sundar Pichai, le PDG de Google et fils de l'Inde, a rencontré Narendra Modi pour formaliser un investissement pharaonique de 15 milliards de dollars dédié au développement de l'intelligence artificielle Made in India.
Ces engagements stratégiques visent à accompagner la vision de démocratisation portée par le Premier ministre indien. En injectant des masses financières considérables dans les infrastructures locales et la formation des talents, les géants américains espèrent à la fois se concilier les faveurs du gouvernement indien et accéder à un vivier de données et de développeurs immense.
L'Inde comme laboratoire grandeur nature
Google voit dans l'Inde un terrain d'expérimentation idéal pour tester des solutions d'IA appliquées à des secteurs clés comme l'agriculture, la santé et l'éducation. Avec plus d'un milliard d'utilisateurs potentiels et des défis sociétaux immenses, le pays offre un laboratoire unique pour valider des innovations à grande échelle.
Cette générosité financière cache néanmoins des calculs géopolitiques. En finançant massivement l'écosystème indien, les États-Unis s'assurent que l'Inde reste dans leur sphère d'influence technologique et ne bascule pas vers une alliance trop étroite avec la Chine.
Emmanuel Macron a également profité du sommet pour rappeler les investissements français et européens dans le domaine, soulignant que la France avait injecté 58 milliards d'euros en 2025 et que l'Union européenne atteignait les 200 milliards au niveau communautaire.

Le retrait spectaculaire de Bill Gates
Le sommet a été marqué par un rebondissement médiatique majeur : l'annulation in extremis de la participation de Bill Gates. Le cofondateur de Microsoft devait prononcer le discours d'ouverture, une place de choix qui reflétait son statut de philanthrope majeur dans les domaines de la santé et du développement en Inde.
Quelques heures seulement avant son intervention prévue, la Fondation Gates a annoncé son retrait, invoquant une réflexion approfondie et la nécessité de ne pas détourner l'attention des priorités du sommet. Cette annonce a pris tout le monde de court.
Le contexte de la controverse Epstein
La raison réelle de ce départ précipité semble liée à la tempête médiatique déclenchée par la publication de nouveaux documents judiciaires américains concernant Jeffrey Epstein. Bien que Bill Gates n'ait fait l'objet d'aucune accusation criminelle par les victimes d'Epstein, sa présence au sommet risquait de créer une polémique et de focaliser l'attention sur ses liens passés avec le financier condamné.
Un porte-parole de Gates a qualifié les allégations contenues dans ces documents d'absurdes et de complètement fausses. Le milliardaire a par ailleurs déjà exprimé ses regrets d'avoir fréquenté Epstein par le passé.
Les conséquences pour l'image du sommet
Ce retrait constitue un coup dur pour l'image de l'événement. La présence de Gates aurait apporté une légitimité supplémentaire, particulièrement après les critiques sur le chaos organisationnel des premiers jours. Sa fondation reste néanmoins engagée en Inde, représentée par Ankur Vora, le président de ses bureaux pour l'Afrique et l'Inde.
L'ironie n'a pas échappé aux observateurs : alors que le sommet cherche à promouvoir une IA éthique et responsable, l'une de ses figures emblématiques se voit contrainte de s'effacer pour des questions de réputation personnelle.
La Déclaration de Delhi : une avancée symbolique
Le résultat concret le plus significatif de ce sommet réside dans l'adoption de la Déclaration de Delhi. Ce texte a été signé par environ 70 à 75 pays et s'engage sur le principe fondamental selon lequel la promesse de l'intelligence artificielle ne se réalise pleinement que lorsque ses bénéfices sont partagés par l'ensemble de l'humanité.
Cette déclaration représente une victoire diplomatique notable pour l'Inde, qui a réussi à rassembler une large coalition autour de l'idée d'une technologie inclusive. Les pays signataires incluent des nations traditionnellement sous-représentées dans les forums technologiques internationaux.
Les engagements volontaires
La déclaration comprend des engagements volontaires baptisés New Delhi Frontier AI Commitments. Ces engagements prônent notamment le partage de données sur l'utilisation réelle de l'IA dans le monde réel et l'amélioration des modèles pour les langues sous-représentées.
Cette dimension linguistique revêt une importance capitale. La grande majorité des grands modèles d'IA actuels sont entraînés principalement sur des textes en anglais et dans quelques langues européennes, laissant de côté des milliards de locuteurs asiatiques, africains ou sud-américains.
Les limites de l'exercice
L'absence de signature des États-Unis affaiblit considérablement la portée pratique de cette déclaration. Sans la première puissance économique mondiale, ces engagements risquent de rester largement symboliques. Le ministre indien de la Technologie, Ashwini Vaishnaw, a affirmé que le monde faisait confiance au rôle de l'Inde dans le nouvel âge de l'IA, mais la route reste longue pour transformer ces principes en actions concrètes.
Conclusion
L'India AI Impact Summit 2026 restera dans les annales comme un moment charnière dans l'histoire de la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle. L'Inde a démontré sa capacité à rassembler le Sud global autour d'une vision alternative, incarnée par le framework MANAV qui place l'humain au centre des préoccupations technologiques.
Les investissements massifs annoncés, notamment les 15 milliards de dollars de Google, prouvent que le marché indien est pris très au sérieux par les géants de la technologie. La présence exceptionnelle de dirigeants mondiaux et de PDG influents confirme le rôle croissant de New Delhi sur la scène internationale.
Néanmoins, le fossé entre les ambitions affichées et la réalité demeure préoccupant. Le refus américain de souscrire à une gouvernance mondiale, les incidents logistiques embarrassants et l'affaire du chien robotique chinois rebadgé indien rappellent que le chemin vers une véritable souveraineté technologique est encore long. La Déclaration de Delhi constitue une étape symbolique importante, mais sa traduction en mesures contraignantes restera le véritable test de l'influence indienne dans les années à venir.