
Après la musique et la drague, c'est au tour des livres : le nouvel horizon de MySpace ne se limite pas à ce que l'on connaît déjà du site. Bien au contraire, la littérature est le nouveau pan de la culture auquel s'attaque le réseau social via l'invasion de ses pages par les éditeurs et écrivains en herbe. Ainsi, le site comprend de plus en plus de pages créées par des groupes littéraires comme The Offbeat Generation qui y proposent leurs textes. Ce groupe déclare sur sa page être une « association souple d'écrivains opposés aux départements marketing des grandes maisons d'édition ».
Plus exactement, MySpace offre des avantages certains à une nouvelle génération d'éditeurs soucieux de reproduire dans leur domaine ce qui a été fait en musique et permis par l'existence de tels sites. À savoir : établir un contact direct avec le public et éditer des œuvres en fonction de la demande.
L'édition indépendante sur MySpace
D'après le quotidien The Guardian, c'est ce que souhaite faire une nouvelle maison d'édition, The Social Disease, qui va publier une anthologie des écrivains de The Offbeat Generation. Menée en solo par une certaine Heidi James, 33 ans, The Social Disease (« maladie sociale » en français) est une référence à une citation de Warhol qui disait avoir « une maladie sociale. Je dois sortir chaque nuit. Si je reste seul à la maison un soir, je rebats les oreilles de mes chiens avec des rumeurs ».
À partir de sa page MySpace, Heidi James imprime les livres de ses auteurs à la demande. Son but est de passer outre les machineries des grandes maisons d'édition et d'être au plus près de son public. Un vœu qui semble, à l'heure actuelle et au regard des coûts d'impression d'un livre, un peu idéaliste.
Le « wiki-roman » : l'expérience collaborative de Penguin
En tout cas, cette initiative rejoint en filigrane un certain nombre d'autres actions littéraires innovantes permises par Internet et qui inaugurent de nouvelles formes d'édition ou d'écriture. La plus voyante de ces initiatives a été le fait de l'éditeur anglais Penguin, très établi dans le paysage littéraire britannique et international, qui a mis en place un roman modélisé sur Wikipédia, l'encyclopédie gratuite mise en ligne et modifiée par les internautes.
Le « wiki-roman » de Penguin est trouvable sur le site A Million Penguins et il est écrit et modifié en permanence par ses lecteurs… Le résultat ne comporte pas de signatures, comme si, sur le Web, la littérature n'était plus une question de droits d'auteur mais presque d'inconscient. Reste à savoir qui, en dehors de ceux qui l'écrivent, a vraiment envie de lire cet énorme roman en ligne dont on ne voit pas vraiment la fin…