Du 16 au 20 février 2026, le monde de la tech a les yeux tournés vers New Delhi pour le India AI Impact Summit. Organisé au Bharat Mandapam, ce complexe événementiel moderne situé dans le cœur de la capitale indienne, le sommet ambitionne de marquer l'histoire en se présentant comme le tout premier rassemblement majeur consacré à l'intelligence artificielle dans le « Global South ». L'Inde, avec sa population immense et son dynamisme numérique, cherche à occuper le vide laissé par les précédents sommets de Paris 2025 et de Bletchley Park en 2023, proposant une vision différente de la technologie. C'est dans ce cadre high-tech et diplomatique que Mohan Yadav, le Ministre en Chef (CM) du Madhya Pradesh, prend la parole pour brandir l'IA comme un levier de développement sans précédent pour son État. Pourtant, derrière les projecteurs et les discours optimistes, la réalité du terrain contraste quelque peu avec l'image de perfection véhiculée par les organisateurs, offrant un panorama saisissant des défis et des promesses de l'Inde numérique.

Bharat Mandapam : là où l'Inde a invité le monde à son sommet IA
Le Bharat Mandapam, habituellement le théâtre des grandes cérémonies d'État, s'est métamorphosé en une gigantesque vitrine technologique pour l'occasion. L'envergure du India AI Impact Summit dépasse largement les standards habituels des conférences tech. Avec une fréquentation attendue de 250 000 participants sur cinq jours, l'événement a attiré une densité de talent et de pouvoir rarement égalée. L'objectif affiché par le gouvernement indien est clair : positionner New Delhi comme la capitale morale de l'IA pour les pays émergents, proposant une alternative aux modèles dominants de l'Ouest et de l'Est. C'est dans cette effervescence que Mohan Yadav, chef de l'un des États les plus vastes de l'Inde centrale, tente de capter l'attention des investisseurs mondiaux pour mettre la technologie au service de ses administrés.
250 000 participants attendus, 15 chefs d'État présents
L'événement a atteint une dimension quasi-olympique avec la présence de près de quinze chefs d'État et de gouvernement, venus témoigner de l'importance géopolitique croissante de l'Inde. La cérémonie d'ouverture a été marquée par la co-présidence symbolique entre le Premier ministre indien, Narendra Modi, et le Président français Emmanuel Macron, scellant une alliance stratégique franco-indienne sur le dossier numérique. Mais au-delà du protocole, c'est la présence des dirigeants des plus grandes entreprises technologiques qui a cristallisé les attentes. Sam Altman d'OpenAI, Sundar Pichai de Google, Dario Amodei d'Anthropic et Arthur Mensch de Mistral AI étaient tous présents, discutant de l'avenir de l'intelligence artificielle à quelques mètres des délégations officielles. Cette concentration de pouvoir économique et politique sert de décor idéal aux ambitions des dirigeants régionaux indiens, comme Mohan Yadav, qui cherchent à inscrire leurs États locaux sur la carte mondiale de l'innovation.
Files d'attente, vols et paiements en cash : le chaos du jour 1
Cependant, l'ambiance grandiose des discours inauguraux a rapidement été mise à l'épreuve par une réalité logistique chaotique. Dès le premier jour, les médias internationaux, notamment la BBC, ont rapporté des scènes de confusion totale. Des milliers de participants se sont retrouvés bloqués à l'extérieur des halls d'exposition pendant des heures, incapables d'accéder aux conférences auxquelles ils étaient inscrits. La foule immense a parfois débordé les capacités d'accueil du site, transformant l'expérience en parcours du combattant. Pour ajouter à l'inconfort, plusieurs stands de restauration refusaient les paiements digitaux, n'acceptant que le liquide dans un pays qui pourtant promeut une économie numérique.
Des incidents plus fâcheux ont également émaillé le lancement du sommet. Sur les stands des startups, l'affluence a favorisé les vols ; l'entreprise NeoSapiens, spécialisée dans les wearables IA, a ainsi signalé le vol de produits exposés. Face à la polémique montante, Ashwini Vaishnaw, le ministre indien des Technologies de l'Information, a dû reconnaître les dysfonctionnements. Il a affirmé qu'un « war-room » (salle de crise) avait été immédiatement mis en place pour tenter de redresser la barre, admettant publiquement que malgré la forte affluence, l'organisation avait été « très lente » et présentant ses excuses aux exposants pour les désagréments subis.
« Connect with AI and move forward » : le message de Mohan Yadav au monde
Au milieu de ce tourbillon diplomatique et logistique, le discours de Mohan Yadav, prononcé le 20 février 2026, a retenu l'attention pour sa focalisation pragmatique sur les besoins de son État. En déclarant : « This is an incredible opportunity to connect with AI and move forward with the world » (C'est une opportunité incroyable de se connecter à l'IA et d'avancer avec le monde), le Ministre en Chef du Madhya Pradesh a résumé la stratégie de sa région. Il ne s'agit pas seulement de participer à une fête technologique mondiale, mais de saisir l'occasion précise d'intégrer l'État du Madhya Pradesh dans la chaîne de valeur globale de l'IA. Pour Yadav, l'intelligence artificielle n'est pas un luxe intellectuel réservé aux métropoles côtières comme Bangalore ou Mumbai, mais un outil vital pour le développement économique et social du cœur de l'Inde.

Madhya Pradesh : un État qui prépare sa propre politique IA

L'annonce la plus marquante de son intervention concerne la préparation d'une politique IA spécifique au niveau de l'État. Mohan Yadav a confirmé que le Madhya Pradesh s'apprête à dévoiler sa propre feuille de route régionale, une démarche encore rare en Inde où les initiatives sont souvent centralisées. Sa vision repose sur une philosophie singulière qu'il a exprimée en ces termes : « Shadyantra prevails over Yantra, Tantra, and Mantra ». En substance, cela signifie que la stratégie politique et institutionnelle (Shadyantra) doit primer sur les outils techniques (Yantra), les rituels ou méthodologies rigides (Tantra) et les incantations ou slogans (Mantra). Pour Yadav, la possession de la technologie ne suffit pas ; c'est l'usage politique et social qu'on en fait qui déterminera la réussite. Il voit l'IA comme un catalyseur capable de révolutionner la structure même de la société de son État, à condition qu'elle soit pilotée par une vision claire.
Agriculture, jeunesse, développement : les trois piliers yadaviens
La mise en œuvre concrète de cette vision repose sur trois piliers majeurs : l'agriculture, la jeunesse et le développement global. Le Madhya Pradesh étant un État fortement agricole (« le bol à riz de l'Inde »), Yadav insiste sur l'utilisation immédiate de l'IA pour soutenir les fermiers. Il a mis en avant des systèmes d'appels vocaux automatisés, capables d'avertir les agriculteurs en cas de risque d'attaque de parasites sur leurs cultures, analysant les données météorologiques et le stade de croissance des plantes. Cette technologie, déjà déployée dans certains villages pilotes, permet de transmettre des conseils vitaux à des populations souvent peu alphabétisées.
Parallèlement, le Ministre en Chef voit l'IA comme un moteur d'employabilité pour la jeunesse locale, en formation et en création de richesses. Il espère attirer des centres de données et des entreprises tech vers des villes comme Bhopal ou Indore, transformant le profil économique de la région. Le développement global de l'État, selon lui, passera par cette intégration intelligente de la technologie dans les services publics et l'infrastructure, promettant de sauter des étapes traditionnelles de développement industriel pour aller directement vers une économie numérique avancée.

La troisième voie de Modi : ni modèle américain, ni modèle chinois
Le sommet de New Delhi n'est pas seulement une vitrine technologique, c'est aussi une manifestation géopolitique. L'Inde, sous l'impulsion de Narendra Modi, tente de définir une « troisième voie » dans la course mondiale à l'intelligence artificielle. Refusant de s'aligner aveuglément sur le modèle capitaliste et libertaire des États-Unis, tout en rejetant le modèle de surveillance étatique autoritaire pratiqué par la Chine, New Delhi propose une approche dite « inclusive et éthique ». Le message est clair : l'IA doit servir l'humanité, en particulier celle des pays du Sud, plutôt que de se concentrer uniquement sur le profit ou le contrôle social. Cette diplomatie de la technologie vise à positionner l'Inde comme le leader naturel des nations émergentes face aux géants technologiques établis.
États-Unis ($67.2Mds) vs Chine ($7.8Mds) vs Inde ($520M) : le match des investissements
Cependant, cette ambition politique se heurte à la dure réalité des chiffres d'investissement. En 2023, les États-Unis ont investi environ 67,2 milliards de dollars dans l'IA, tandis que la Chine y a consacré 7,8 milliards. En comparaison, l'Inde, avec des investissements d'environ 520 millions de dollars pour l'exercice 2025-26, joue encore dans une cour différente. L'écart est immense, tant en termes de ressources financières que d'infrastructures de calcul (compute). Toutefois, le gouvernement indien mise sur la rapidité de croissance et la démographie pour combler ce retard. Grâce à des programmes gouvernementaux agressifs et un écosystème de startups en pleine effervescence, l'Inde espère rattraper son retard en se concentrant sur des solutions à fort impact social plutôt que sur la recherche fondamentale lourde. Le classement mondial place actuellement l'Inde en troisième position, loin derrière les deux leaders, mais avec une croissance qui inquiète ses rivaux.
« Making AI in India, Making AI Work for India » : le slogan qui veut changer la donne
La stratégie indienne se résume dans le slogan officiel de l'IndiaAI Mission : « Making AI in India, Making AI Work for India » (Fabriquer de l'IA en Inde, faire travailler l'IA pour l'Inde). L'idée n'est pas d'importer aveuglément des modèles technologiques conçus en Californie qui ne correspondent pas aux réalités locales, mais de développer des solutions sur mesure pour les problèmes indiens. Le gouvernement a déjà approuvé une trentaine d'applications IA spécifiques dans des domaines critiques comme la santé publique, l'agriculture, le climat et la gouvernance. Ces applications visent à résoudre des problèmes tangibles : optimiser les distributions de médicaments dans les zones rurales, prédire les moussons pour les agriculteurs, ou automatiser les services administratifs pour réduire la corruption. C'est cette approche pragmatique et centrée sur l'utilisateur final que Modi tente de vendre au monde comme une alternative viable et plus humaine à la course effrénée à la puissance de calcul.

Microsoft, Amazon, Google : $68 milliards misés sur l'Inde d'ici 2030
Si les investissements publics indiens sont encore en deçà de ceux des géants mondiaux, le secteur privé ne s'y trompe pas. Les grandes entreprises technologiques américaines, les GAFAM, parient massivement sur le potentiel du marché indien. Elles ne voient pas seulement l'Inde comme un réservoir de consommateurs, mais comme un acteur stratégique indispensable pour leur expansion future. À elles seules, Microsoft, Alphabet (la maison mère de Google) et Amazon ont annoncé des investissements cumulés de 68 milliards de dollars dans les infrastructures d'IA et de cloud en Inde d'ici 2030. Cet afflux de capitaux représente une validation sans équivoque de la vision de Modi : l'Inde est devenue un terrain de jeu incontournable pour l'intelligence artificielle mondiale.
Le data center de 3 gigawatts de Reliance Industries ($30 milliards)
Cet engouement ne se limite pas aux multinationales américaines. Les conglomérats indiens lancent également des projets d'une envergure pharaonique. Reliance Industries, l'empire de Mukesh Ambani, a ainsi annoncé la construction d'un data center d'une capacité de 3 gigawatts, pour un investissement estimé à 30 milliards de dollars. Ce projet, s'il voit le jour, sera le plus grand centre de données jamais construit, symbolisant l'ascension de l'Inde comme puissance infrastructurelle. Selon plusieurs observateurs, dont L'Usine Digitale, l'Inde est passée en quelques années du statut de « marché IA émergent » à celui de « champ de bataille infrastructurel le plus disputé au monde en 2025 ». Cette course aux infrastructures est essentielle pour soutenir les besoins énormes en calcul de l'IA générative et former la main-d'œuvre locale.
Pourquoi les GAFAM parient sur le talent indien (600 000 professionnels, 1.25M en 2027)
La raison principale de cet investissement massif réside dans une ressource que l'Inde possède en abondance : le talent humain. L'Inde représente aujourd'hui 16 % du talent mondial en intelligence artificielle. On estime que le pays compte environ 600 000 professionnels de l'IA en 2022, un chiffre qui devrait atteindre 1,25 million d'ici 2027, soit une croissance annuelle de 15 %. Selon le India Skills Report 2026, le taux d'employabilité des jeunes Indiens est en hausse constante, atteignant 56,35 % en 2026. Pour les entreprises comme Microsoft ou Google, l'Inde offre un réservoir d'ingénieurs et de développeurs qualifiés dont l'Occident commence à manquer cruellement. On prévoit la création de 125 000 nouveaux postes techniques rien qu'en 2026. Cette main-d'œuvre jeune, anglophone et technophile est l'atout maître qui permet à l'Inde de négocier d'égal à égal avec les superpuissances technologiques.
L'IndiaAI Mission : ₹10 371 crore pour dompter la révolution technologique
Pour canaliser cet énergie et ces investissements, le gouvernement indien a mis en place l'IndiaAI Mission. Ce programme phare, approuvé par le Cabinet en mars 2024, dispose d'un budget conséquent de 10 371,92 crore (environ 1,3 milliard de dollars) sur cinq ans. L'objectif est clair : structurer l'écosystème national pour « dompter la révolution technologique » et s'assurer que l'Inde ne subisse pas cette transformation, mais la pilote. Le budget alloué à cette mission a d'ailleurs connu une augmentation spectaculaire, passant de 551 crore en 2024-25 à 2 000 crore dans le budget de 2025, témoignant de la priorité absolue accordée par l'État à ce dossier.
Trois centres d'excellence : santé, agriculture, villes durables
L'une des concrétisations les plus visibles de cette mission est la création de trois Centres d'Excellence (CoE) à New Delhi. Ces centres sont dédiés à des secteurs critiques pour le pays : la santé, l'agriculture et les villes durables. Ils servent de hubs de recherche et de développement, où ingénieurs, scientifiques et entrepreneurs collaborent pour créer des solutions IA adaptées aux défis locaux. Par exemple, le centre dédié à l'agriculture travaille sur des modèles prédictifs pour les récoltes, tandis que celui de la santé se concentre sur le diagnostic assisté par IA dans les zones reculées. Le budget 2025 a également annoncé la création d'un quatrième CoE dédié à l'éducation, doté de 500 crore, ainsi que le soutien de l'accélérateur T-Hub MATH qui a déjà aidé plus de 60 startups à prendre leur envol.
Bhashini : l'IA qui parle les 22 langues de l'Inde
Une des initiatives les plus fascinantes de l'IndiaAI Mission est le projet Bhashini. L'Inde est un pays d'une diversité linguistique extraordinaire, avec 22 langues officielles et des centaines de dialectes. Cette fragmentation peut constituer un frein majeur au développement numérique. Bhashini vise à résoudre ce problème en créant une IA capable de comprendre, de traduire et de générer du contenu dans la multitude de langues indiennes. L'objectif est de briser la barrière de la langue et de rendre les services numériques accessibles à tous les citoyens, quelle que soit leur langue maternelle. Ce projet, souvent cité en exemple aux côtés de l'initiative de commerce numérique ouvert ONDC (Open Network for Digital Commerce), illustre parfaitement la volonté de l'Inde de construire une IA souveraine et inclusive, qui respecte sa culture et sa diversité.
Macron, Modi et Mensch : la France et l'Inde complices sur l'IA

Sur la scène internationale, le sommet a aussi été l'occasion de resserrer les liens entre la France et l'Inde. La présence d'Emmanuel Macron comme co-président de l'événement n'était pas un hasard, mais la consécration d'un partenariat stratégique profond entre les deux nations. Dans un discours marquant, le Président français a affirmé que « la France et l'Inde aideraient ensemble à construire le futur de l'IA ». Cette déclaration prend une résonance particulière dans le contexte actuel où les puissances européennes cherchent à affirmer leur souveraineté technologique face aux géants américains et chinois. L'alliance franco-indienne se présente comme une alternative « tiers-mondiste » et éclairée, fondée sur le respect mutuel et l'indépendance.
Le Partenariat Mondial sur l'IA : une initiative née Canada-France avec l'Inde
Cette coopération s'inscrit dans la continuité du Partenariat Mondial sur l'IA (GPAI), une initiative lancée conjointement par le Canada et la France. L'Inde est membre fondateur de cette organisation, aux côtés de l'Allemagne, de l'Australie, de la Corée du Sud, des États-Unis, de l'Italie, du Japon, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni, de Singapour, de la Slovénie et de l'Union européenne. L'objectif du GPAI est de guider le développement responsable d'une IA fondée sur les droits humains, l'inclusion, la diversité, l'innovation et la croissance économique. Pour l'Inde, ce partenariat est une légitimation de son rôle de leader technologique au sein du Global South, tandis que pour la France, c'est un moyen de ne pas rester isolée face à la puissance économique américaine dans les débats sur la régulation de l'IA.
Mistral AI à New Delhi : Arthur Mensch en ambassadeur de la French Tech
La délégation française était particulièrement remarquée par la présence d'Arthur Mensch, le patron de Mistral AI, et de Yann Le Cun, l'un des parrains de l'intelligence artificielle moderne. La présence d'Arthur Mensch aux côtés de Macron n'est pas anecdotique ; elle envoie un message politique fort. La France ne veut pas seulement réguler l'IA, elle veut aussi produire des champions technologiques capables de rivaliser avec OpenAI ou Google. Mistral AI, souvent présenté comme l'espoir de la tech européenne, se positionne ainsi comme un partenaire naturel de l'Inde, offrant une technologie de pointe sans la domination culturelle ou politique des géants de la Silicon Valley. Cette complicité franco-indienne dans le domaine de l'IA marque le début d'une nouvelle ère de collaboration technologique, où l'innovation sert la diplomatie.
Le scandale du chien robot Orion : quand l'Inde s'invente des succès IA
Toutefois, le sommet n'a pas été exempt de controverses qui rappellent les défis de crédibilité auxquels l'Inde doit encore faire face. Un incident particulier a fait les gros titres et a jeté un froid sur l'ambiance triomphaliste : l'affaire du chien robot « Orion ». Alors que le pays cherchait à impressionner le monde par ses innovations locales, cet épisode a malheureusement souligné les tentations de l'enjolivement et les pressions pour produire des résultats immédiats, parfois au détriment de la vérité.
Une université, un chien chinois à $2 200 et une vidéo virale embarrassante
L'affaire a éclaté lorsque l'Université Galgotias a tenté de présenter un robot quadrupède nommé « Orion » comme une invention 100 % indienne, développée dans son propre « Centre of Excellence »During an appearance on DD News, a female academic expressed evident enthusiasm while showcasing what she described as a homegrown robotic innovation. The video swiftly gained traction online, but international tech experts rapidly dismantled the assertion. Astute viewers promptly recognized the device as an off-the-shelf unit produced by a foreign manufacturer.« Orion » comme étant en réalité un modèle Go2, un robot commercialisé par l'entreprise chinoise Unitree Robotics, disponible à l'achat pour environ 200 000 roupies (soit 2 200 dollars).
Face à l'évidence et à la montée de la moquerie en ligne, l'université a dû publier un communiqué pour nier avoir revendiqué la paternité de la machine, qualifiant les critiques de « campagne de propagande ». Cet incident, bien que mineur dans l'absolu, est symbolique des tensions qui traversent l'écosystème indien de l'IA. Il illustre la pression immense pour « montrer du résultat » et la tentation de présenter des imports technologiques comme des victoires locales. Pour un pays qui ambitionne de devenir une superpuissance de l'IA, ce type de scandale souligne l'importance cruciale de l'intégrité scientifique et de la transparence pour gagner la confiance de la communauté internationale.
Conclusion : l'Inde ne veut plus être le sous-traitant du monde
En conclusion, le India AI Impact Summit 2026 aura été le révélateur des ambitions contradictoires de l'Inde. D'un côté, il y a la vision grandiose et structurée de leaders comme Mohan Yadav et Narendra Modi, qui voient l'intelligence artificielle comme le moyen de propulser le pays et ses États vers une prospérité moderne. Les investissements massifs des GAFAM, les projets infrastructurels colossaux et les partenariats stratégiques avec la France montrent que le monde prend cette ambition très au sérieux. L'Inde ne cherche plus à être simplement le « back-office » du monde, un fournisseur de main-d'œuvre bon marché pour les entreprises occidentales ; elle veut être un acteur qui conçoit, qui décide et qui innove.
Pourtant, les défis demeurent considérables. Les problèmes logistiques du sommet, l'écart financier avec les États-Unis et la Chine, et des incidents comme celui du robot « Orion »Yet these episodes draw attention to the substantial ground yet to be covered. India faces the challenge of skilling its enormous young workforce, building reliable technology infrastructure, and proving that its declared AI policies reflect true intent instead of empty diplomatic gestures. For students from France interested in technology fields, such shifts create remarkable opportunities. The nation has emerged as a professional landscape deserving close attention, serving not as a novel excursion but as a pivotal center influencing the course of worldwide technological progress. The offer made by Mohan Yadav to« connect with AI » est désormais ouverte au monde entier.