Les fondateurs de Snapchat, Evan Spiegel et Bobby Murphy, lors d'un événement TIME100.
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Ghost Angels : le fonds des ex-Snap qui parie sur l’IA et les réseaux sociaux

Découvrez Ghost Angels, le fonds d'investissement seed lancé par d'anciens de Snapchat, qui parie sur l'IA, le social et la creator economy. Une analyse complète de leur thèse, de leurs fondateurs et des leçons pour la French Tech.

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Le 30 mai 2026, un communiqué discret a secoué l'écosystème tech américain. D'anciens employés de Snapchat, réunis sous la bannière Ghost Angels, ont officialisé leur fonds d'investissement early-stage. Ce n'est pas une énième structure de capital-risque. C'est le signal qu'une génération entière de cadres formés dans les tranchées des réseaux sociaux passe de l'autre côté de la table. Leur cible : les startups seed qui réinventeront le social, l'IA générative et la creator economy. Pour la French Tech, l'annonce pose une question brûlante : et si nos propres anciens de BlaBlaCar, Doctolib ou Veepee faisaient de même ?Les fondateurs de Snapchat, Evan Spiegel et Bobby Murphy, lors d'un événement TIME100.

L'info a éclaté sur TechCrunch et Yahoo Finance un vendredi matin. Ghost Angels, un fonds porté par quatre anciens de Snap, n'était plus un secret murmuré dans les couloirs de Santa Monica. Le teasing remontait au 22 août 2025, quand Konstantinos Papamiltiadis avait posté sur LinkedIn un message laconique mais lourd de sens : « Excited to join a group of my former Snapchat coworkers to launch Ghost Angels — a fund backing the new AI wave of consumer and B2B startups. » Pendant neuf mois, le silence. Puis la confirmation.

30 mai 2026 : le jour où les fantômes de Snap sont sortis du bois

Les fondateurs de Snapchat, Evan Spiegel et Bobby Murphy, lors d'un événement TIME100.
Les fondateurs de Snapchat, Evan Spiegel et Bobby Murphy, lors d'un événement TIME100. — (source)

Comment Ghost Angels est né dans l'ombre du logo de Snapchat

Le nom du fonds n'a rien d'anodin. « Ghost » renvoie directement au fantôme blanc, logo iconique de Snapchat. Ce choix n'est pas un simple clin d'œil nostalgique. Il ancre le fonds dans l'ADN même de la plateforme qui a révolutionné les stories éphémères. La page LinkedIn de Ghost Angels, qui compte environ 150 abonnés, se décrit sobrement : « Early stage fund by Snapchat alumni, investing together in the next generation of social and media AI companies ». Un lancement discret, presque secret, mais stratégique.

L'annonce officielle du 30 mai 2026 a levé le voile sur une initiative préparée dans l'ombre depuis des mois. TechCrunch a révélé les contours du fonds, confirmant que Ghost Angels cible le seed-stage. Le montant total levé n'a pas été divulgué, mais la crédibilité des fondateurs parle d'elle-même. KP Papamiltiadis, Max Rivera, David Ometer et Alexandra Levitt ne sont pas des inconnus. Ils ont bâti leur carrière dans les rouages les plus complexes des réseaux sociaux.

Le teasing d'août 2025 qui a mis la puce à l'oreille

Le teasing d'août 2025 avait déjà alerté les initiés. KP écrivait alors : « backing the new AI wave of consumer and B2B startups ». Une phrase qui résume la thèse du fonds. Ghost Angels ne veut pas financer n'importe quelle startup. Il veut parier sur celles qui marient l'intelligence artificielle à l'expérience sociale, celles qui comprennent comment la Gen Z interagit, consomme et crée.

Sur Instagram, le fonds a ouvert un compte @ghost__angels. Sur la plateforme Partiful, un événement « AI Consumer Founders & Investors » a été organisé, confirmant que Ghost Angels est déjà en train de déployer du capital dans des startups sociales dopées à l'IA.

De l'app des ados au chèque des investisseurs

Snapchat, c'est l'application des 16-30 ans. Ceux qui l'ont fait grandir, qui ont codé ses filtres, négocié ses partenariats et optimisé ses algorithmes, connaissent les mécanismes de cette génération mieux que n'importe quel VC généraliste. Ghost Angels incarne ce passage de témoin : une génération qui a passé son adolescence à scroller devient une génération qui investit dans la prochaine vague.

Pour le public français, le parallèle est immédiat. Beaucoup de lecteurs ont grandi avec Snapchat. Ils ont vu leurs stories disparaître au bout de 24 heures, ils ont utilisé les filtres AR avant que la concurrence ne les copie. Aujourd'hui, les anciens employés de cette même plateforme choisissent quelles startups recevront leur chèque. C'est une forme de maturité de l'écosystème tech : ceux qui ont construit les outils d'hier financent ceux qui construiront ceux de demain.

KP, Max, David et Alex : les fantômes de Snap qui vont changer la donne

Un fonds, c'est une thèse. Mais une thèse, c'est d'abord des hommes et des femmes. Ghost Angels s'appuie sur un quatuor aux compétences complémentaires, forgées dans le creuset de Snap et des géants de la Silicon Valley. Chacun apporte une pièce du puzzle : les partenariats, la finance, le business development, la croissance.

Konstantinos « KP » Papamiltiadis : l'architecte des partenariats plateformesKonstantinos Papamiltiadis, vice-président des partenariats de plateforme chez Snap.

KP n'est pas un novice. Avant de lancer Ghost Angels, il a passé neuf ans chez Facebook, où il a appris les ficelles des partenariats à l'échelle planétaire. En 2021, Variety rapportait que Snap l'avait recruté comme tout premier VP of Platform Partnerships. Une embauche stratégique pour une plateforme qui cherchait à muscler ses relations avec les développeurs et les annonceurs.

Son parcours incarne le pont entre l'âge d'or des réseaux sociaux traditionnels et la nouvelle vague IA. KP connaît les coulisses de la monétisation, les batailles de parts de marché, les négociations à plusieurs millions de dollars. Dans son post LinkedIn d'août 2025, il ne promet pas seulement des chèques. Il parle de « backing the new AI wave », un engagement personnel qui dépasse le simple investissement financier.

Basé à San Francisco, KP est le visage public du fonds. C'est lui qui a teasé l'initiative, qui a construit le récit autour de Ghost Angels. Son réseau chez Meta et Snap ouvre des portes que peu de fonds seed peuvent déverrouiller.

Max Rivera : de l'IPO de Snap au Microsoft AI Lab

Max Rivera est le Managing Partner de Ghost Angels. Son CV est un cas d'école. Originaire du Honduras, arrivé aux États-Unis à 17 ans, il a grimpé les échelons jusqu'à être classé dans le HITEC 100, le palmarès des dirigeants hispaniques les plus influents de la tech. Chez Snap, il a piloté les partnerships globaux pendant la période cruciale de l'IPO, quand la pression était à son comble et que chaque partenariat comptait.

Aujourd'hui, Max est Director of Partnerships chez Microsoft AI. Il est assis au cœur de la machine qui propulse l'IA générative dans le grand public. Dans le podcast « What Comes After », il détaille sa vision : l'IA n'est pas une mode passagère, c'est une infrastructure qui va redéfinir le social, le commerce et le divertissement. Ghost Angels est né de cette conviction, forgée dans les laboratoires de Microsoft et les open spaces de Snap.

Sa double casquette (investisseur chez Ghost Angels et cadre chez Microsoft AI) lui donne un accès privilégié aux tendances technologiques émergentes. Il voit arriver les innovations avant qu'elles ne deviennent mainstream.

David Ometer et Alexandra Levitt : la finance et le réseau

David Ometer complète le tableau. Passé par J.P. Morgan avant de rejoindre Snap dans la finance, il apporte une rigueur d'analyse et une capacité à évaluer les startups sur des critères solides. Basé à Santa Monica, il est en première ligne pour le sourcing et l'accompagnement des fondateurs. Son expertise en finance lui permet de structurer des deals complexes et d'aider les startups à construire des modèles économiques viables.

Alexandra Levitt, elle, incarne le réseau. Angel investor aguerrie, elle opère depuis New York et connaît l'écosystème des créateurs, des marques et des plateformes. Son background en business development chez Grapevine et New Engen lui donne une vision concrète des défis de monétisation auxquels les startups de la creator economy sont confrontées.

Ensemble, ces quatre profils offrent aux startups ciblées un cocktail rare : accès au capital, aux partenariats tech, à l'expertise en monétisation et à un réseau qui compte. C'est la promesse de valeur ajoutée que les fonds généralistes peinent à tenir.

Du social seed aux licornes IA : la méthode Ghost Angels

La thèse d'investissement de Ghost Angels est clairement affichée sur leur page LinkedIn. Le fonds cible huit secteurs : social, media, AI, creator economy, ad tech, entertainment, fashion et commerce. Pas de blockchain, pas de crypto, pas de métavers. Un choix qui en dit long sur leur vision du marché.

Pourquoi miser sur le seed plutôt que la croissance

Le seed-stage est le terrain de jeu privilégié de Ghost Angels. Ce choix n'est pas anodin. À ce stade, les startups ont souvent une équipe de trois à cinq personnes, un prototype, et une conviction. Ce qui leur manque, c'est l'accès aux bonnes portes. C'est là que l'équipe de Ghost Angels fait la différence.

Un fonds généraliste peut apporter de l'argent et des conseils génériques. Ghost Angels promet plus : aider une startup de cinq personnes à signer un partenariat avec une big tech, décrypter les algorithmes des plateformes sociales, ou négocier un deal de distribution. C'est de l'accompagnement opérationnel, pas du consulting à distance. Les fondateurs de startups seed n'ont pas besoin d'un comité d'experts. Ils ont besoin de quelqu'un qui a déjà fait le chemin.

Le seed-stage permet aussi de prendre des paris plus audacieux. Les montants sont plus faibles, le risque est plus élevé, mais le potentiel de rendement est démultiplié. Ghost Angels peut ainsi tester plusieurs thèses en parallèle, sans mettre en péril son capital.

Social, IA et creator economy : les trois piliers de la thèse

Les huit secteurs listés par Ghost Angels se regroupent autour de trois piliers. Le premier, c'est le social. Pas le social des années 2010, avec ses timelines chronologiques et ses amis. Le social de demain, dopé à l'IA, où le contenu généré automatiquement côtoie les créations humaines. Le deuxième pilier, c'est l'IA générative, appliquée aux usages grand public et B2B. Le troisième, c'est la creator economy, qui cherche désespérément un nouveau modèle économique après l'effondrement des revenus publicitaires traditionnels.

L'absence de la blockchain est frappante. Ghost Angels semble vouloir éviter les paris spéculatifs pour se concentrer sur des technologies matures, dont le potentiel est déjà démontré. La mention de la mode et du commerce rappelle que Snap a toujours tenté de marier social et shopping, via la réalité augmentée et les filtres interactifs. Ghost Angels prolonge cette vision, mais avec une décennie d'expérience en plus.

La géographie du fonds : Santa Monica, New York, San Francisco

Ghost Angels est un fonds américain, sans bureau européen pour l'instant. Les membres sont répartis entre Santa Monica (David Ometer), New York (Alexandra Levitt) et San Francisco (KP Papamiltiadis). Max Rivera opère depuis la région de Seattle, au cœur de Microsoft.

Cette répartition géographique n'est pas un hasard. Santa Monica est le berceau de Snap. New York est le centre de la creator economy et de la publicité. San Francisco est la capitale de l'IA. Seattle est le QG de Microsoft AI. Ghost Angels couvre ainsi les trois pôles d'innovation qui comptent pour sa thèse d'investissement.

Pour les startups françaises, cela signifie qu'il faudra soit avoir une présence aux États-Unis, soit convaincre via des vidéoconférences et des relations chaudes. Le fonds n'est pas fermé aux deals européens, mais le sourcing sera plus difficile.

BlaBlaCar, Doctolib, Veepee : et si la France avait ses propres Ghost Angels ?

Le modèle des alumni funds est une tradition bien établie dans la Silicon Valley. La PayPal Mafia, les ex-Uber, les ex-Snap : chaque génération de licornes américaines a vu ses anciens employés créer des véhicules d'investissement. En France, le phénomène est balbutiant. Pourquoi un tel décalage ?

Pourquoi la Silicon Valley est en avance sur Paris

Plusieurs raisons expliquent ce retard français. La première est structurelle : le marché du capital-risque français est plus jeune et moins liquide que son homologue américain. Les stock-options, qui permettent aux employés de licornes de constituer un capital, sont souvent moins attractives en France, freinées par une fiscalité complexe.

La deuxième raison est culturelle. Dans la Silicon Valley, l'entrepreneuriat est valorisé dès la sortie de l'université. En France, la culture du salariat reste forte, même dans les startups prometteuses. Un ingénieur talentueux préfère souvent un CDI bien rémunéré qu'un pari risqué sur une startup en seed.

Pourtant, des initiatives informelles existent. D'anciens employés de Veepee, de Doctolib ou d'Alan ont créé des syndicats d'angel investors, des groupes WhatsApp où ils partagent des deals et co-investissent. Mais rien d'aussi structuré que Ghost Angels. Le chemin est à faire.

Ce que l'émergence des alumni funds changerait pour la French Tech

Si des fonds comme Ghost Angels émergeaient en France, l'impact serait immédiat. Les anciens employés de licornes françaises possèdent la même expertise opérationnelle que les ex-Snap. Ils connaissent les spécificités du marché local, les régulateurs, les attentes des consommateurs français.

Un alumni fund français créerait un cercle vertueux. Meilleur accompagnement des fondateurs, grâce à des mentors qui ont déjà vécu la croissance d'une licorne. Renforcement du « nerf network », ce réseau informel qui permet de débloquer des partenariats, des recrutements et des financements. Et surtout, rétention des talents entrepreneurs, qui auraient une raison de rester en France plutôt que de partir aux États-Unis.

La France compte aujourd'hui plusieurs dizaines de licornes. BlaBlaCar, Doctolib, Alan, Back Market, Veepee, Sorare, Contentsquare, Qonto, Ledger, Mirakl. Chacune a formé des centaines de cadres opérationnels. Le potentiel est là. Il manque la volonté collective de structurer cette diaspora.

Un signal fort pour les jeunes fondateurs français

Ghost Angels, bien que basé aux États-Unis, peut investir en Europe. Les jeunes entrepreneurs français doivent comprendre que leur meilleur ticket d'entrée dans ce type de réseau est de travailler dans une startup prometteuse avant de fonder la leur.

Un passage chez Doctolib, chez Alan ou chez Back Market n'est pas qu'une ligne sur un CV. C'est l'occasion de tisser des liens, d'apprendre les rouages de la croissance, et de se positionner pour, un jour, faire partie d'un alumni fund. La leçon de Ghost Angels est claire : l'expérience acquise dans une licorne est un capital en soi.

Pour les fondateurs déjà lancés, l'enjeu est de construire une startup suffisamment remarquable pour attirer l'attention de ce type de fonds. Une thèse forte sur l'IA sociale, une équipe technique solide, une traction sur un segment créateur : voilà ce qui fera la différence.

IA, social et shopping : les trois terrains de jeu favoris des ex-Snap

Les secteurs ciblés par Ghost Angels ne sont pas une surprise pour qui suit les tendances tech. Mais le fonds apporte une grille de lecture opérationnelle, forgée dans les tranchées de Snap.

Comment l'IA générative va réinventer le réseau social

KP Papamiltiadis l'a dit clairement : Ghost Angels veut financer « the new AI wave of consumer startups ». Concrètement, cela signifie des réseaux sociaux dopés à l'IA. Imaginez des plateformes où le contenu n'est plus seulement posté par des humains, mais généré en temps réel par des algorithmes, adapté aux goûts de chaque utilisateur. Des avatars intelligents qui interagissent avec les abonnés. Une modération automatique qui ne se contente pas de supprimer les contenus problématiques, mais qui propose des alternatives créatives.

Les outils pour créateurs sont aussi dans le viseur. Des applications de clip generation qui transforment un live de trois heures en vingt extraits viraux. Des scripts générés par IA pour les stories. Des assistants de montage qui comprennent le rythme et les codes de chaque plateforme.

Max Rivera, depuis son poste chez Microsoft AI, voit arriver ces innovations en première ligne. Il sait quels modèles de langage fonctionnent, quelles API sont matures, quels coûts d'infrastructure sont supportables pour une startup seed.

La creator economy cherche un nouveau modèle économique

Snap a fait de la monétisation des créateurs un pilier avec Spotlight et les Stories sponsorisées. Les alumni savent que le modèle publicitaire actuel montre ses limites. Les taux de clics baissent, les bloqueurs de pub se généralisent, et les créateurs peinent à vivre de leur travail.

Ghost Angels va chercher les startups qui construisent la monétisation de demain. L'IA pour le branding, qui permet aux marques de s'associer automatiquement aux créateurs les plus pertinents. La monétisation décentralisée, où les fans peuvent soutenir directement leurs créateurs via des micro-paiements. Les abonnements premium intégrés, qui offrent du contenu exclusif sans passer par les plateformes traditionnelles.

Alexandra Levitt, avec son expérience chez Grapevine, connaît les douleurs des créateurs. Elle a vu des talents exceptionnels abandonner faute de revenus stables. Ghost Angels veut financer les solutions qui rendront la création de contenu viable économiquement.

Ad tech et commerce social : le double héritage Snap

L'expérience de Max Rivera chez Microsoft AI et de KP chez Meta et Snap en fait des experts de la publicité ciblée. Le fonds misera sur des solutions de privacy-first advertising, alors que le secteur cherche à s'adapter à la fin des cookies tiers. La contextual AI, qui analyse le contenu d'une page pour y placer la publicité la plus pertinente sans traquer les utilisateurs, est une piste prometteuse.

La mention de la mode et du commerce dans leur thèse rappelle que Snap a été pionnier dans l'AR shopping. Les filtres qui permettent d'essayer des vêtements ou des maquillages virtuellement sont devenus un standard. Ghost Angels veut financer la prochaine frontière : le social commerce intégré, où l'achat se fait sans quitter l'application, en un clic, porté par l'IA et la réalité augmentée.

David Ometer, avec son background chez J.P. Morgan, peut aider les startups à structurer leurs modèles économiques pour intégrer ces nouvelles formes de monétisation. La finance et la tech se rejoignent dans la vision de Ghost Angels.

Le paradoxe Snap : un procès addiction et un fonds le même mois

Le timing de l'annonce de Ghost Angels crée une tension narrative fascinante. Au moment même où d'anciens employés de Snap lancent un fonds pour financer l'avenir du social, la plateforme est attaquée en justice pour l'addiction présumée des mineurs.

Le fantôme de l'addiction plane sur l'écosystème

Snap est accusé d'avoir conçu des mécanismes addictifs pour retenir les jeunes utilisateurs, au mépris de leur santé mentale. Le procès addiction qui se tient à Los Angeles pourrait redéfinir la responsabilité des plateformes. Les startups dans lesquelles Ghost Angels investit (ad tech, social) seront directement impactées par les nouvelles régulations qui pourraient émerger.

Ce paradoxe n'est pas une contradiction. Il illustre la dualité de l'héritage d'une plateforme. Snap a créé des outils qui ont transformé la communication, mais aussi des mécanismes dont les effets secondaires sont aujourd'hui jugés. Ghost Angels ne nie pas ces problèmes. Il mise sur la prochaine itération, plus responsable et plus intelligente.

Un héritage en deux actes : plateforme et diaspora

L'acte I de l'héritage Snap, c'est la plateforme elle-même, avec ses succès (les stories, les filtres AR, Spotlight) et ses controverses (l'addiction, la vie privée). L'acte II, c'est l'influence de sa diaspora de talents sur l'innovation. Ghost Angels est le symbole de cette transition.

Les anciens de Snap ne fuient pas les problèmes du social. Ils les connaissent mieux que personne. Leur pari, c'est que la prochaine génération de startups saura tirer les leçons du passé. L'IA peut être un outil d'optimisation de l'engagement, mais aussi un levier pour créer des expériences plus saines, plus transparentes, plus respectueuses des utilisateurs.

Ce que le procès change pour la thèse d'investissement

Le procès addiction n'est pas un détail pour Ghost Angels. Il pourrait redessiner le paysage réglementaire dans lequel les startups du fonds évolueront. Des obligations de transparence sur les algorithmes, des limites d'âge renforcées, des contraintes sur les mécanismes de récompense : tout cela est sur la table.

Les fondateurs de Ghost Angels ne sont pas naïfs. Ils savent que le social doit évoluer. Leur thèse intègre cette dimension : les startups qui construiront le social de demain devront être compliant by design, pas rattraper la conformité après coup. C'est un avantage concurrentiel pour celles qui comprennent l'enjeu dès le seed-stage.

Ghost Angels, et après ? Ce que ce fonds change pour toi, jeune entrepreneur français

L'annonce de Ghost Angels n'est pas un événement lointain réservé aux initiés de la Silicon Valley. Elle porte des leçons concrètes pour tout entrepreneur français qui rêve de bâtir la prochaine licorne.

Les trois leçons à retenir du lancement de Ghost Angels

Première leçon : l'expertise de niche est reine. Les spécialistes du social sont mieux placés que les généralistes pour investir dans le social. Ghost Angels ne prétend pas tout connaître. Il mise sur une connaissance intime d'un secteur. Pour un fondateur français, cela signifie qu'il vaut mieux chercher des investisseurs qui comprennent votre marché en profondeur plutôt que des généralistes qui éparpillent leurs tickets.

Deuxième leçon : ton premier job dans une startup est ton meilleur MBA. Max Rivera n'a pas appris l'investissement dans une salle de classe. Il l'a appris en pilotant les partnerships de Snap pendant l'IPO. KP a appris les partenariats chez Facebook et Snap. L'expérience opérationnelle est le meilleur accélérateur pour devenir un bon investisseur.

Troisième leçon : l'écosystème français a une carte à jouer. La France forme des talents exceptionnels dans la tech. Des ingénieurs, des designers, des chefs de produit qui font tourner les plus belles startups du pays. Il manque aujourd'hui la structuration de leur passage à l'investissement. Ghost Angels montre la voie.

Comment attirer l'attention de ce type de fonds

Pour un jeune entrepreneur français, attirer l'attention de Ghost Angels ou d'un fonds similaire passe par plusieurs étapes. D'abord, développer une thèse forte sur l'IA sociale. Ghost Angels ne cherche pas des concepts vagues, mais des startups qui ont une vision claire de la manière dont l'IA va transformer l'interaction sociale.

Ensuite, avoir un co-fondateur technique. Dans le seed-stage, l'exécution prime sur l'idée. Une équipe qui sait coder, qui a déjà lancé un produit, qui comprend les contraintes techniques des plateformes sociales, aura un avantage décisif.

Enfin, prouver une traction sur un segment créateur. Ghost Angels connaît la creator economy de l'intérieur. Une startup qui montre qu'elle résout un vrai problème pour les créateurs, avec des chiffres à l'appui, sera prise au sérieux.

Le réseau est essentiel. Croiser le chemin d'un ancien de Snap lors d'une conférence comme Vivatech ou SXSW peut faire la différence. Un café, une conversation, un follow sur LinkedIn. Les deals seed se font souvent autour d'une relation de confiance, pas d'un pitch deck envoyé par email.

Les pièges à éviter pour les fondateurs qui ciblent ce type de fonds

Premier piège : négliger la dimension américaine. Ghost Angels est un fonds US. Même s'il peut investir en Europe, son réseau et ses références sont américains. Un pitch deck en français, des projections en euros, une société de droit français : tout cela complique le deal. Il faut penser global dès le départ.

Deuxième piège : survendre l'IA sans savoir-faire technique. Le marché est saturé de startups qui ajoutent « AI » à leur description sans avoir la moindre capacité en machine learning. Les ex-Snap ont vu passer des centaines de pitches. Ils repèrent immédiatement les imposteurs.

Troisième piège : ignorer les aspects réglementaires. Le procès addiction de Snap montre que le social est sous surveillance. Les fondateurs qui n'ont pas anticipé les questions de conformité, de modération, de protection des mineurs, se verront fermer des portes. Ghost Angels veut des startups qui construisent proprement.

L'ère des alumni funds a sonné : et si la France emboîtait le pas ?

Ghost Angels n'est pas une anomalie. C'est le début d'une tendance lourde. Le passage de témoin générationnel est en marche aux États-Unis. Ceux qui ont construit les réseaux sociaux des années 2010 financent aujourd'hui ceux qui construiront ceux des années 2030.

La France possède les talents pour créer ses propres alumni funds. BlaBlaCar, Doctolib, Alan, Back Market, Veepee, Sorare, Contentsquare : autant de licornes qui ont formé des centaines de cadres opérationnels. Ces anciens employés connaissent les rouages de la croissance, les spécificités du marché français, les attentes des régulateurs européens. Ils ont l'expertise. Il leur manque la structure.

Le chemin est tracé. Il reste à l'emprunter. La prochaine licorne française sera peut-être financée par un ancien de la précédente. Et ce jour-là, le fantôme de Snap aura accompli sa mission : prouver que l'expérience acquise dans une startup est le meilleur capital qui soit.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le fonds Ghost Angels ?

Ghost Angels est un fonds d'investissement early-stage lancé par quatre anciens employés de Snapchat en mai 2026. Il cible les startups seed qui réinventent le social, l'IA générative et la creator economy.

Qui sont les fondateurs de Ghost Angels ?

Le fonds est porté par Konstantinos Papamiltiadis (ex-Meta et Snap), Max Rivera (Microsoft AI), David Ometer (ex-J.P. Morgan et Snap) et Alexandra Levitt (business development). Leurs compétences couvrent les partenariats, la finance et la croissance.

Dans quels secteurs investit Ghost Angels ?

Ghost Angels investit dans huit secteurs : social, media, IA, creator economy, ad tech, entertainment, fashion et commerce. Le fonds évite la blockchain et le métavers pour se concentrer sur l'IA sociale et la monétisation des créateurs.

Pourquoi Ghost Angels cible-t-il le seed-stage ?

Le seed-stage permet de prendre des paris audacieux avec des montants plus faibles et un potentiel de rendement élevé. Les fondateurs apportent un accompagnement opérationnel, comme l'accès aux partenariats big tech, que les fonds généralistes ne proposent pas.

Quel lien entre Ghost Angels et le procès Snap ?

Le lancement du fonds coïncide avec un procès pour addiction présumée des mineurs visant Snap. Les fondateurs intègrent cette dimension réglementaire dans leur thèse : ils cherchent des startups compliant by design, capables de construire un social plus responsable.

Sources

  1. linkedin.com · linkedin.com
  2. finance.yahoo.com · finance.yahoo.com
  3. instagram.com · instagram.com
  4. linkedin.com · linkedin.com
  5. linkedin.com · linkedin.com
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Théo Verbot @pro-gamer

L'esport, c'est ma vie. Je suis tous les tournois, je connais les rosters par cœur, je peux t'expliquer la méta actuelle de n'importe quel jeu compétitif. Étudiant en marketing du sport à Paris, je rêve de devenir commentateur esport professionnel. En attendant, je cast des tournois amateurs sur Twitch et j'analyse les matchs comme d'autres analysent le foot. Le gaming, c'est du sport. Point.

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