Illustration conceptuelle évoquant le désordre numérique et la cybersécurité, en lien avec les bloqueurs de publicités.
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Filtre : la fin des pubs intrusives dans toutes vos apps Apple ?

Filtr bloque les pubs dans presque toutes les apps Apple grâce aux URL Filters d'iOS 26. Testé sur Apple News, jeux mobiles et apps sportives, cet outil à 5 $/an révolutionne le blocage publicitaire sans sacrifier la vie privée.

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Filtr : la fin des pubs intrusives dans toutes vos apps Apple ?

Vous lancez une partie rapide sur votre iPhone, et une vidéo de trente secondes s'impose avant de pouvoir jouer. Vous ouvrez Apple News pour lire l'actualité du matin, et des bannières publicitaires recouvrent la moitié de l'écran. Ce scénario, des millions d'utilisateurs Apple le vivent chaque jour sans pouvoir y échapper. Jusqu'à présent, les bloqueurs de publicités se limitaient au navigateur Safari, laissant les applications natives complètement exposées aux régies publicitaires les plus agressives.

Illustration conceptuelle évoquant le désordre numérique et la cybersécurité, en lien avec les bloqueurs de publicités.
Illustration conceptuelle évoquant le désordre numérique et la cybersécurité, en lien avec les bloqueurs de publicités. — (source)

Le 4 juin 2026, une annonce relayée par TechCrunch a changé la donne. Filtr, un nouvel outil de confidentialité développé par Kaylee Serena Calderolla, promet de bloquer les publicités dans presque toutes les applications iPhone et Mac. Contrairement aux solutions existantes, Filtr ne se contente pas de filtrer le trafic du navigateur : il agit au niveau réseau, exploitant une fonctionnalité inédite d'iOS 26 et macOS 26 appelée « URL filters ». Pour la première fois, un outil grand public permet de dire adieu aux pubs dans les jeux, les apps de sport, les agrégateurs d'actualités et bien d'autres applications natives.

Du Safari aux jeux mobiles : pourquoi Filtr fait autant de bruit

L'annonce du 4 juin 2026 : le jour où le blocage de pubs est sorti de Safari

L'information a fait l'effet d'une bombe dans la communauté tech. Kaylee Serena Calderolla, déjà connue pour son bloqueur Safari Wipr, a dévoilé Filtr via un article exclusif sur TechCrunch. La développeuse italienne y explique que son nouvel outil exploite une API introduite avec iOS 26 : les URL Filters (NEURLFilter). Cette technologie permet au système d'exploitation lui-même de bloquer les requêtes vers des domaines publicitaires, sans que le développeur de l'outil n'ait jamais accès au trafic réseau.

Avant cette annonce, les utilisateurs Apple disposaient de deux options pour limiter les publicités. La première, le blocage dans Safari via des extensions comme Wipr, ne touchait qu'une fraction des pubs. La seconde, les bloqueurs par VPN, était « obviously horrible for privacy », selon les propres mots de Calderolla. Un VPN voit tout votre trafic, ce qui pose un problème majeur de confidentialité. Filtr casse ce dilemme en offrant un blocage système sans compromettre la vie privée.

TechCrunch a qualifié Filtr de première application à utiliser les URL Filters pour le blocage publicitaire. La développeuse précise que l'outil a été « a ton of work » à construire, et qu'il est disponible sous forme d'achat in-app dans Wipr 2 pour équilibrer le prix dérisoire de Wipr et couvrir les coûts des serveurs.

Des bannières aux vidéos imposées : la lassitude des utilisateurs Apple

La frustration des utilisateurs d'iPhone et de Mac face à l'inflation publicitaire n'est plus à démontrer. Les applications gratuites, en particulier, sont devenues des machines à pubs : vidéos récompensées qui deviennent obligatoires, bannières qui masquent le contenu, pop-ups qui interrompent la lecture. Pour les 16-25 ans, qui passent en moyenne plusieurs heures par jour sur des apps comme Instagram, TikTok ou des jeux mobiles, cette situation est devenue intenable.

Chaque partie de jeu hyper-casual commence par trente secondes de publicité non-skippable. Chaque consultation d'une app d'actualités est entrecoupée de vidéos qui consomment du forfait data. Et derrière ces pubs, il y a le pistage publicitaire : des réseaux de traqueurs qui suivent vos déplacements numériques pour vous proposer des annonces ciblées. Filtr répond à un besoin qui n'avait pas de solution technique satisfaisante depuis l'apparition de l'App Store en 2008. Ce printemps 2026 marque donc un tournant historique.

Le buzz sur les réseaux et dans la presse

Icône générique de bloqueur de publicités représentant un bouclier et un cadenas, symbole de protection.
Icône générique de bloqueur de publicités représentant un bouclier et un cadenas, symbole de protection. — (source)

Dès l'annonce, les réactions ont fusé. TechCrunch a publié le premier article, rapidement repris par Lifehacker qui a testé l'outil en conditions réelles. Sur Reddit, les utilisateurs ont partagé leurs captures d'écran d'Apple News vidé de ses publicités pour la première fois. Le bouche-à-oreille a été immédiat : des milliers de personnes ont téléchargé Wipr 2 pour accéder à l'achat in-app de Filtr. La communauté tech, souvent sceptique face aux promesses de blocage publicitaire, a cette fois-ci salué une avancée technique réelle.

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Comment les URL Filters d'iOS 26 ont ouvert la brèche sans sacrifier la vie privée

Pour comprendre pourquoi Filtr est une révolution, il faut plonger dans les coulisses techniques d'iOS 26. Apple a introduit une API de filtrage d'URL (NEURLFilter) qui permet aux développeurs de créer des listes de blocage au niveau système. Contrairement aux méthodes précédentes, cette approche garantit que le développeur ne peut pas voir ce que l'utilisateur visite. C'est un changement de paradigme complet dans la manière de concevoir le blocage publicitaire.

Pourquoi les bloqueurs VPN étaient une fausse bonne idée pour la vie privée

Avant l'arrivée des URL Filters, la seule façon de bloquer les publicités dans toutes les applications passait par un VPN. Le principe semblait simple : en redirigeant tout le trafic réseau vers un serveur qui filtre les requêtes publicitaires, on pouvait nettoyer les flux de données. Mais cette solution présentait un défaut rédhibitoire : le fournisseur du VPN voyait absolument tout votre trafic internet. Sites visités, heures de connexion, applications utilisées, tout était visible.

Calderolla est cinglante sur ce point : « obviously horrible for privacy ». Un VPN de confiance peut promettre de ne pas logger vos données, mais vous devez lui faire une confiance aveugle. Apple a donc créé l'API URL Filters pour que le système bloque les requêtes sans que le développeur y ait accès. C'est une solution élégante qui place la confidentialité au cœur du mécanisme.

Apple proxy : la garantie que le développeur ne peut pas vous pister

Le mécanisme des URL Filters repose sur une architecture astucieuse. La liste de blocage est stockée localement sur votre appareil, pas sur un serveur distant. Lorsque vous ouvrez une application, le système compare les requêtes réseau à cette liste et bloque celles qui correspondent aux domaines publicitaires. Mais le développeur de l'outil de blocage ne voit jamais ces requêtes : elles passent par les serveurs proxy d'Apple, qui les anonymise avant de les transmettre.

Concrètement, cela signifie que Filtr peut se vanter d'être plus privé qu'un VPN tout en bloquant à un niveau plus profond. La développeuse ne sait pas quels sites vous visitez, ni quelles applications vous utilisez, ni à quelle fréquence. Selon Zamin.uz, Filtr ne collecte aucune donnée personnelle et ne nécessite aucun accès à des informations personnelles pour fonctionner. Le mode verrouillage Apple avait déjà montré que la firme de Cupertino prenait la sécurité au sérieux : depuis 2022, aucun spyware n'a réussi à pirater un iPhone protégé par ce mode.

70 % du trafic échappait aux bloqueurs classiques : le vide que comble Filtr

Pour mesurer l'ampleur du problème, il faut regarder les chiffres. Selon l'analyse d'AdGuard sur l'API URL Filters d'Apple, le trafic provenant du navigateur représente moins de 15 % du trafic total sur les appareils mobiles. Sur les ordinateurs de bureau, les navigateurs dominent avec 55 à 60 % du trafic. Mais en moyenne, tous appareils confondus, seulement 30 % du trafic internet passe par un navigateur. Les 70 % restants proviennent des applications natives.

Les bloqueurs Safari, aussi efficaces soient-ils, ne touchaient donc qu'une fraction du problème. Les publicités dans les jeux, les apps de streaming, les réseaux sociaux, les utilitaires, tout cela restait totalement inaccessible. Filtr comble ce vide immense en attaquant le trafic au niveau réseau, là où se trouve la majorité des publicités. C'est la première fois qu'un outil destiné au grand public permet de bloquer les pubs dans des applications comme Apple News, Fotmob ou Ludo King.

Apple News, Fotmob, Ludo King : notre test de Filtr sur le terrain

Les promesses techniques sont impressionnantes, mais qu'en est-il dans la réalité ? Les premiers tests réalisés par Lifehacker début juin 2026 permettent de se faire une idée précise de ce que Filtr apporte concrètement. Les résultats sont spectaculaires sur certaines applications, mais révèlent aussi des limites importantes.

Apple News vidé de ses publicités pour la première fois

Dès l'annonce de Filtr, les réactions sur Reddit ont été immédiates. Les utilisateurs ont partagé leurs captures d'écran, et le résultat le plus bluffant concernait Apple News. Pour la première fois, l'application d'actualités d'Apple affichait ses articles sans aucune publicité. Les bannières qui occupaient habituellement le haut et le bas de l'écran avaient disparu, remplacées par de simples boîtes grises portant la mention « advertisement ».

Les widgets Taboola, ces blocs de « contenu sponsorisé » qui pullulent en bas des articles, avaient également disparu. Même les publicités natives d'Apple, celles qui sont intégrées directement dans le flux d'actualités, étaient bloquées. C'est un résultat que les bloqueurs Safari n'avaient jamais réussi à obtenir, car Apple News est une application native, pas une page web. Les utilisateurs de Reddit parlent déjà d'une « libération » pour la lecture d'actualités sur iPhone.

Les applis qui passent entre les mailles du filet (YouTube, Meta, Reddit)

Tout n'est pas parfait, et Filtr a ses angles morts. La principale limitation concerne les publicités dites « first-party », c'est-à-dire celles qui sont servies directement par le domaine de l'éditeur. Concrètement, si YouTube héberge ses propres publicités sur youtube.com, Filtr ne peut pas les bloquer sans casser le fonctionnement normal de l'application.

Résultat : YouTube, Facebook, Instagram, LinkedIn et Reddit continuent d'afficher leurs publicités. Bloquer ces requêtes reviendrait à empêcher l'application de se connecter à ses propres serveurs, ce qui la rendrait inutilisable. Calderolla a promis qu'une mise à jour était déjà en préparation pour améliorer le blocage de ces régies publicitaires, mais la solution technique n'est pas évidente. Pour l'instant, si vous passez votre temps sur les réseaux sociaux, Filtr ne changera pas radicalement votre expérience.

Jeux mobiles et apps sportives : le sans-faute de Filtr

Paramètres de Safari sur Mac pour bloquer les fenêtres pop‑up, un exemple de contrôle publicitaire intégré au navigateur.
Paramètres de Safari sur Mac pour bloquer les fenêtres pop‑up, un exemple de contrôle publicitaire intégré au navigateur. — (source)

En revanche, là où Filtr excelle, c'est sur les applications qui utilisent des régies publicitaires tierces. Les tests de Lifehacker sont éloquents : Ludo King, un jeu de société très populaire en Inde, voit toutes ses publicités disparaître. Fotmob, l'application de scores sportifs, n'affiche plus aucune bannière entre les matchs. ESPN Cricinfo, le site de cricket, devient totalement vierge de pubs.

Pour le joueur mobile, c'est une libération. Les jeux hyper-casual utilisaient massivement des régies publicitaires tierces comme AdMob de Google. Filtr bloque ces requêtes à la source, ce qui signifie que les vidéos imposées avant chaque partie disparaissent. Les développeurs de ces jeux perdent leurs revenus publicitaires, mais les joueurs gagnent un temps considérable. Lifehacker note également que Filtr bloque les publicités dans Chrome pour iOS et Firefox Mobile, ce qui étend la protection aux navigateurs tiers.

L'économie de Filtr : 5 dollars par an pour respirer

Le prix de Filtr est l'un de ses arguments les plus frappants. Pour 5 dollars par an, ou 25 dollars à vie, vous pouvez bloquer les publicités dans presque toutes vos applications. Mais est-ce que cet investissement est réellement rentable ? Il faut le mettre en perspective avec le temps gagné et les données économisées.

Wipr + Filtr : 30 € pour une vie numérique sans pub sur tous vos appareils Apple

Le modèle économique de Calderolla est simple et transparent. Wipr, le bloqueur Safari, coûte 5 dollars en achat unique. Filtr est un achat in-app dans Wipr 2, proposé à 5 dollars par an ou 25 dollars à vie. Pour un foyer équipé d'un iPhone, d'un iPad et d'un Mac, l'investissement total est d'environ 30 euros pour une couverture complète.

Comparé à d'autres abonnements, le prix est dérisoire. Un café par mois coûte plus cher. Un abonnement Apple One à 15 euros par mois inclut iCloud, Apple Music et Apple TV+, mais ne bloque aucune publicité. Pour le prix d'un sandwich, vous pouvez éliminer la quasi-totalité des publicités sur tous vos appareils Apple. C'est un rapport qualité-prix difficile à battre.

Le vrai calcul : combien de secondes de pub regardez-vous par jour ?

Mettons les choses en perspective. Un jeune adulte qui passe une heure par jour sur des applications gratuites regarde potentiellement entre 5 et 10 minutes de publicités. Trente secondes avant chaque partie de jeu, trois vidéos par heure sur une app de streaming, des bannières qui ralentissent le chargement des pages.

Sur une année, cela représente entre 30 et 60 heures de publicités regardées. C'est l'équivalent d'une semaine de travail complète passée à subir des annonces. Avec Filtr, ces heures sont récupérées. Le temps économisé justifie largement les 5 dollars annuels. Et ce calcul ne tient même pas compte de la data économisée (les vidéos publicitaires consomment du forfait) ni de la batterie préservée (moins de requêtes réseau, moins de sollicitation du processeur).

Un modèle économique 100 % financé par les utilisateurs

Contrairement à AdBlock ou à d'autres bloqueurs de publicités, Wipr et Filtr n'ont pas de politique de « publicité acceptable ». Pas de liste blanche payante, pas d'accords commerciaux avec des régies publicitaires pour laisser passer certaines pubs en échange d'argent. L'outil est entièrement neutre : il bloque tout, ou il ne bloque rien.

Cette position est un argument marketing puissant auprès d'un public jeune, sensible à la transparence et à l'indépendance. Dans un monde où les données personnelles sont devenues une monnaie d'échange, Filtr se présente comme un outil 100 % financé par ses utilisateurs. Pas de publicités, pas de revente de données, pas de compromis. C'est une bouffée d'air frais dans un écosystème numérique dominé par les géants de la publicité.

Le revers de la médaille : Filtr peut-il tuer les applications gratuites ?

Toute médaille a son revers, et Filtr soulève une question économique fondamentale : si tout le monde bloque les publicités, comment les développeurs financent-ils leurs applications gratuites ? La réponse n'est pas simple, et les conséquences pourraient être profondes.

Si tout le monde bloque les pubs, qui paie les serveurs de votre appli préférée ?

Le modèle économique des applications gratuites repose sur un échange implicite : vous utilisez le service sans payer, et en échange, vous regardez des publicités. Ces revenus publicitaires financent les serveurs, les développeurs, les mises à jour et l'innovation. Si Filtr se généralise, ce modèle s'effondre.

Il faut distinguer deux catégories d'éditeurs. Les géants comme Meta, Google ou ByteDance possèdent leurs propres régies publicitaires et survivront toujours : leurs applications sont trop intégrées dans leur écosystème pour être menacées. En revanche, les petits développeurs qui dépendent des régies tierces comme AdMob sont en première ligne. Leurs applications, souvent des jeux ou des utilitaires gratuits, pourraient devenir non-viables économiquement.

L'App Store sans pub : un rêve d'utilisateur, un cauchemar pour les développeurs freemium

Le paradoxe est cruel : les applications les plus agressives en matière de publicité sont souvent les plus fragiles économiquement. Les jeux hyper-casual, qui imposent des vidéos toutes les trente secondes, survivent grâce à un volume de vues publicitaires colossal. Si Filtr vide ces applications de leurs revenus, les développeurs n'auront d'autre choix que de basculer vers un modèle payant.

Cela signifie que les utilisateurs qui ne peuvent pas payer pourraient perdre l'accès à des applications qu'ils utilisaient gratuitement. Le freemium, ce modèle où l'application est gratuite avec des publicités et payante sans, pourrait devenir un simple premium : tout le monde paie, ou personne n'utilise. C'est une externalité négative que les créateurs de Filtr assument, mais qui mérite d'être discutée.

L'avenir du freemium : abonnements forcés ou pub moins intrusive ?

L'histoire du web nous offre un précédent instructif. L'arrivée d'AdBlock et des bloqueurs de publicités dans les navigateurs a poussé de nombreux sites à adopter des modèles d'abonnement. Aujourd'hui, des sites comme Le Monde, The New York Times ou The Guardian limitent l'accès à leurs articles aux abonnés ou imposent des paywalls.

Le même phénomène pourrait se produire sur l'App Store. Les applications pourraient devenir moins nombreuses, mais plus respectueuses. Les publicités vidéo forcées de trente secondes pourraient disparaître au profit de bannières moins intrusives. Ou au contraire, les développeurs pourraient verrouiller leurs contenus derrière des abonnements, réduisant l'accès pour les utilisateurs les moins fortunés. Filtr force le marché à s'adapter, mais personne ne sait encore quelle sera la direction prise.

Derrière Filtr, le combat d'une développeuse solo contre l'empire de la pub

L'histoire de Filtr ne serait pas complète sans parler de sa créatrice. Kaylee Serena Calderolla n'est pas une employée de Google ou d'Apple. C'est une développeuse indépendante italienne qui a construit son outil seule, dans son coin, avec une vision claire et une éthique de travail irréprochable.

Kaylee Serena Calderolla : l'Italienne qui a conquis l'App Store sans pub

Calderolla a commencé à développer des applications en 2010, à une époque où l'App Store était encore jeune. Après un passage dans une startup à San Francisco entre 2012 et 2014, elle est retournée en Italie pour travailler sur ses propres projets. Elle est la créatrice de Wipr (le bloqueur Safari), de Tatami (un jeu de puzzle en développement) et d'ExoVoice (une application de synthèse vocale initialement conçue pour les patients ayant subi une chirurgie laryngée).

Son parcours est celui d'une développeuse indépendante qui refuse les compromis. Comme elle le dit elle-même : « I hate giving orders but I'm too opinionated to take 'em, so indie is kind of my only option. » Cette indépendance farouche lui permet de prendre des décisions que les grandes entreprises n'oseraient pas, comme refuser les listes blanches payantes.

Pas de « pub acceptable » : le logiciel vertueux comme étendard

Contrairement à AdBlock ou à d'autres bloqueurs de publicités, Wipr et Filtr n'ont pas de politique de « publicité acceptable ». Pas de liste blanche payante, pas d'accords commerciaux avec des régies publicitaires pour laisser passer certaines pubs en échange d'argent. L'outil est entièrement neutre : il bloque tout, ou il ne bloque rien.

Cette position est un argument marketing puissant auprès d'un public jeune, sensible à la transparence et à l'indépendance. Dans un monde où les données personnelles sont devenues une monnaie d'échange, Filtr se présente comme un outil 100 % financé par ses utilisateurs. Pas de publicités, pas de revente de données, pas de compromis. C'est une bouffée d'air frais dans un écosystème numérique dominé par les géants de la publicité.

Une mise à jour deux fois par semaine pour rester efficace

Le travail ne s'arrête pas à la sortie de l'outil. Calderolla met à jour les listes de blocage de Wipr deux fois par semaine automatiquement, avec des versions améliorées pour de nombreuses langues dont le français. C'est un travail de fourmi qui nécessite de surveiller en permanence l'apparition de nouveaux domaines publicitaires et de nouvelles techniques de contournement.

Les développeurs d'applications peuvent contre-attaquer en hébergeant leurs publicités sur le même domaine que l'application. C'est ce que font déjà YouTube et Facebook. Le jeu du chat et de la souris est permanent, et Calderolla investit une partie des revenus de Filtr dans la maintenance de ces listes. C'est le prix à payer pour rester efficace dans un écosystème hostile.

Verdict Filtr : l'arme absolue contre la pub ou une simple parenthèse enchantée ?

Au-delà des considérations pratiques, Filtr pose une question philosophique fondamentale : qui contrôle l'affichage de votre écran ? Pendant des années, les développeurs et les régies publicitaires ont décidé ce que vous deviez voir, quand et comment. Les publicités s'imposaient à vous sans que vous ayez votre mot à dire.

Les futures batailles : mises à jour iOS, riposte des développeurs

Le principal risque pour Filtr est technique. Apple peut-il fermer l'API URL Filters ou la restreindre dans une future mise à jour d'iOS ? La firme de Cupertino a montré par le passé qu'elle pouvait modifier ses API pour des raisons de sécurité ou de performance. Si Apple décide que le blocage publicitaire nuit à son écosystème, elle pourrait limiter la portée des URL Filters.

Les développeurs d'applications peuvent également contre-attaquer. La technique la plus efficace consiste à héberger les publicités sur le même domaine que l'application (first-party ads). C'est ce que font déjà YouTube, Facebook et Reddit. Si cette pratique se généralise, Filtr perdra une partie de son efficacité. Calderolla met à jour ses listes deux fois par semaine, mais le jeu du chat et de la souris est permanent.

La recommandation : pour qui Filtr est-il vraiment indispensable ?

La réponse dépend de votre usage quotidien. Pour le joueur mobile (Brawl Stars, Genshin Impact, jeux hyper-casual), la réponse est oui sans hésitation. Les régies publicitaires tierces dominent dans ce secteur, et Filtr les élimine complètement. Pour le lecteur d'actualités (Apple News, Google News), le confort de lecture est décuplé : plus de bannières, plus de widgets sponsorisés, plus de vidéos imposées.

En revanche, pour l'utilisateur de YouTube, Instagram ou Reddit, Filtr est impuissant sur les pubs first-party. L'outil ne changera pas radicalement l'expérience sur ces plateformes. Pour l'étudiant en data limitée ou l'écolo numérique, Filtr est un investissement rentable : moins de données consommées, batterie préservée, navigation plus rapide.

Filtr et la souveraineté numérique : reprendre le contrôle de son écran

Filtr redonne à l'utilisateur le pouvoir sur son propre appareil. C'est un outil de souveraineté numérique qui force le marché à s'adapter. Les développeurs devront repenser leurs modèles économiques, et les utilisateurs devront choisir : payer de leur poche (5 dollars par an) ou payer de leur attention (des heures de publicités chaque année).

La question finale reste ouverte. Filtr est un outil génial mais imparfait, qui pose les bonnes questions sur le coût réel du « gratuit » sur l'App Store. Le verdict dépend avant tout des apps que vous utilisez au quotidien. Pour les joueurs et les lecteurs d'actualités, c'est une révolution. Pour les utilisateurs de réseaux sociaux, c'est une promesse en attente de réalisation. Dans les deux cas, Filtr a déjà changé la donne.

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Questions fréquentes

Filtr bloque-t-il les pubs dans toutes les apps Apple ?

Filtr bloque les publicités dans la plupart des applications iPhone et Mac, mais pas toutes. Il échoue sur les pubs dites « first-party » de YouTube, Facebook, Instagram, LinkedIn et Reddit, car elles sont servies directement par le domaine de l'éditeur.

Comment Filtr bloque les pubs sans violer la vie privée ?

Filtr utilise l'API URL Filters d'iOS 26 et macOS 26, qui filtre les requêtes publicitaires au niveau système. Contrairement aux bloqueurs par VPN, le développeur ne voit jamais le trafic : les requêtes passent par les serveurs proxy d'Apple, qui les anonymisent.

Combien coûte Filtr par an ?

Filtr coûte 5 dollars par an ou 25 dollars à vie, en achat in-app dans Wipr 2. Pour un foyer complet (iPhone, iPad, Mac), l'investissement total est d'environ 30 euros, soit moins qu'un café par mois.

Filtr peut-il tuer les applications gratuites ?

Oui, si tout le monde bloque les pubs, les petits développeurs qui dépendent des régies tierces comme AdMob pourraient perdre leurs revenus. Les géants comme Meta ou Google survivront, mais les jeux hyper-casual et utilitaires gratuits risquent de disparaître ou de basculer vers un modèle payant.

Qui a créé Filtr et pourquoi est-il différent ?

Filtr a été créé par la développeuse italienne indépendante Kaylee Serena Calderolla, déjà connue pour le bloqueur Safari Wipr. Contrairement à AdBlock, il n'a pas de politique de « publicité acceptable » ni de liste blanche payante : il bloque tout, sans compromis.

Sources

  1. Les meilleurs micros USB pour PC et Mac en 2021 · lemonde.fr
  2. Ad Blocker Test | Check if Your Ad Blocker Works · adblock.turtlecute.org
  3. adguard.com · adguard.com
  4. au.lifehacker.com · au.lifehacker.com
  5. kaylees.site · kaylees.site
pro-gamer
Théo Verbot @pro-gamer

L'esport, c'est ma vie. Je suis tous les tournois, je connais les rosters par cœur, je peux t'expliquer la méta actuelle de n'importe quel jeu compétitif. Étudiant en marketing du sport à Paris, je rêve de devenir commentateur esport professionnel. En attendant, je cast des tournois amateurs sur Twitch et j'analyse les matchs comme d'autres analysent le foot. Le gaming, c'est du sport. Point.

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