Panneaux solaires géants flottant en orbite terrestre, la courbe bleue de la Terre en arrière-plan, faisceau lumineux infrarouge descendant vers la surface, vue spatiale en contre-plongée
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Aetherflux à 2 milliards : pivot vers l'IA spatiale et analyse de la valorisation

Passée de l'énergie solaire orbitale aux data centers IA, Aetherflux vise 2 milliards de dollars. Vision d'Asimov ou simple bulle spéculative?

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Panneaux solaires géants flottant en orbite terrestre, la courbe bleue de la Terre en arrière-plan, faisceau lumineux infrarouge descendant vers la surface, vue spatiale en contre-plongée
Panneaux solaires géants flottant en orbite terrestre, la courbe bleue de la Terre en arrière-plan, faisceau lumineux infrarouge descendant vers la surface, vue spatiale en contre-plongée

Il y a dix-huit mois, quasiment personne n'avait entendu parler d'Aetherflux. Aujourd'hui, cette startup californienne serait en train de lever une série B à une valorisation de 2 milliards de dollars, propulsée par des investisseurs de premier plan et un récit qui mélange énergie solaire orbitale et intelligence artificielle. Le genre d'ascension fulgurante qui force à lever les yeux vers le ciel — littéralement.

Comment Aetherflux est devenu une licorne spatiale en un an

L'histoire d'Aetherflux ressemble à un scénario de série tech : un fondateur milliardaire quitte l'empire qu'il a bâti pour se lancer dans un défi encore plus fou. Sauf qu'ici, le défi se joue à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes, et les chiffres sont bien réels.

Baiju Bhatt, le milliardaire de Robinhood qui mise tout sur l'espace

Baiju Bhatt n'est pas un inconnu dans l'écosystème technologique américain. Co-fondateur de Robinhood, la plateforme de trading qui a démocratisé l'accès à la bourse pour une génération entière, il a fait fortune en rendant l'investissement aussi simple qu'un swipe sur smartphone. Lorsqu'il annonce fin 2024 le lancement d'Aetherflux depuis San Carlos, en Californie, c'est avec un premier chèque personnel de 10 millions de dollars que la startup voit le jour. Le contraste est saisissant : d'un côté, une application de fintech que des millions de jeunes utilisent au quotidien ; de l'autre, des satellites solaires en orbite basse. Mais c'est précisément ce parcours atypique qui donne à Aetherflux une crédibilité immédiate auprès des investisseurs. Quand un milliardaire qui a déjà disrupté un secteur décide de tout miser sur l'espace, les fonds de capital-risque écoutent.

De 50 millions à 2 milliards : la chronologie d'une année record

La timeline financière d'Aetherflux donne le tournis. En avril 2025, la startup lève 50 millions de dollars en série A, un tour mené conjointement par Index Ventures et Interlagos. La liste des participants lit comme un who's who du capital-risque : Breakthrough Energy Ventures (le fonds climatique fondé par Bill Gates), Andreessen Horowitz (a16z), NEA, et même Jared Leto en investisseur personnel. Avec les 10 millions de dollars injectés par Bhatt au lancement, le financement total atteint 60 millions de dollars. Moins d'un an plus tard, au printemps 2026, le Wall Street Journal révèle qu'Aetherflux négocie une série B entre 250 et 350 millions de dollars, toujours pilotée par Index Ventures, avec une valorisation cible de 2 milliards de dollars. C'est un facteur de multiplication par trente-trois en moins de douze mois. Un chiffre qui, à lui seul, justifie qu'on s'arrête pour comprendre ce que cette entreprise vend exactement.

Pourquoi les investisseurs d'Aetherflux dépassent le cadre du spatial

Ce qui rend le tour de table d'Aetherflux remarquable, c'est sa diversité. On y trouve des fonds spécialisés dans le climat (Breakthrough Energy Ventures), des poids lourds du capital-risque généraliste (NEA, Index Ventures), un fonds tech orienté crypto et IA (a16z), et même une célébrité-business angel (Jared Leto). Cette convergence inhabituelle autour d'un projet spatial en dit long sur la manière dont Aetherflux a su raconter son histoire. Chaque investisseur y trouve son compte : les fonds climat voient une solution d'énergie propre, les fonds tech voient une infrastructure pour l'IA, et les fonds spatiaux purs voient un nouveau modèle économique pour l'orbite basse. C'est cette polyvalence narrative qui a permis une valorisation aussi élevée à un stade aussi précoce.

L'énergie solaire orbitale : le rêve d'Asimov qu'Aetherflux voulait réaliser

Avant de parler de valorisations et de centres de données, il faut saisir le concept originel d'Aetherflux. Car c'est ce projet initial — ambitieux, presque romanesque — qui a séduit les premiers investisseurs et donné naissance à la startup telle qu'on la connaît.

Comment fonctionne l'énergie solaire orbitale ?

Le principe est à la fois simple et vertigineux : placer des panneaux solaires en orbite basse, à quelques centaines de kilomètres d'altitude, là où le soleil brille vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans nuages, sans saisons, sans nuit. Sur Terre, un panneau solaire produit de l'énergie de manière intermittente. En orbite, l'ensoleillement est constant et environ huit fois plus intense qu'à la surface de la planète. L'idée n'est pas nouvelle en soi — la NASA étudie le concept depuis les années 1970 — mais personne n'a jamais réussi à le rendre économiquement viable. Baiju Bhatt revendique une inspiration directe : la nouvelle « Reason » d'Isaac Asimov, publiée en 1941, dans laquelle l'auteur imaginait une station spatiale collectant l'énergie du soleil pour la transmettre à la Terre. Ce que la science-fiction envisageait il y a quatre-vingt-cinq ans, Aetherflux prétend le construire aujourd'hui.

Le laser infrarouge : transmettre l'énergie d'un satellite à la Terre

La vraie innovation technique d'Aetherflux ne réside pas dans les panneaux solaires eux-mêmes, mais dans la façon de rapatrier l'énergie. Les anciens projets spatiaux, comme ceux encore étudiés par l'agence spatiale chinoise, reposaient sur des transmissions par micro-ondes — des systèmes lourds, complexes et nécessitant des antennes de réception gigantesques au sol. Aetherflux a choisi une autre voie : des lasers infrarouges. L'énergie captée en orbite est convertie en faisceau laser infrarouge, dirigé avec précision vers une station de réception au sol, où elle est reconvertie en électricité. Lors de son lancement, Bhatt déclarait sur TechCrunch : « What we're doing at Aetherflux is a different approach of space solar power. As we like to say, it is not your grandpa's space solar power approach. » L'approche promet des récepteurs plus compacts, une meilleure précision de pointage, et surtout un coût de déploiement potentiellement bien inférieur aux architectures à micro-ondes.

Pourquoi la NASA et la Chine n'y sont pas encore parvenus

Si le concept est séduisant sur le papier, les obstacles pratiques expliquent pourquoi aucune agence spatiale gouvernementale n'a déployé de système opérationnel à ce jour. Les défis sont colossaux : le poids des systèmes de transmission, les pertes énergétiques lors de la conversion lumière-électricité-laser-électricité, la nécessité de maintenir un pointage d'une précision au milliradian depuis un satellite en mouvement rapide, et surtout le coût de lancement. Chaque kilogramme envoyé en orbite coûte cher, et les architectures à micro-ondes traditionnelles requièrent des structures de plusieurs centaines de mètres, voire de kilomètres, déployées en orbite. C'est ce mur économique qu'Aetherflux prétend franchir grâce à sa combinaison de petits satellites en orbite basse et de transmission laser légère. Prétend, car rien n'a encore été démontré en conditions réelles.

Pourquoi le Pentagone s'intéresse à l'énergie solaire spatiale

Une technologie révolutionnaire sans client est un projet de laboratoire. Et c'est là que le modèle économique initial d'Aetherflux prenait tout son sens : l'armée américaine comme premier acheteur.

Sur le champ de bataille, les générateurs diesel sont devenus des cibles

Le Département de la Défense américain (DoD) fait face à un problème logistique aussi vieux que la guerre moderne : acheminer du carburant sur le champ de bataille. Les bases avancées, les postes de commandement déployés en zone hostile, les hôpitaux de campagne — tous dépendent de générateurs diesel alimentés par des convois routiers. Ces convois sont des cibles. En Irak et en Afghanistan, les attaques contre les lignes d'approvisionnement en carburant ont causé des pertes humaines significatives. Selon CNBC, c'est précisément ce problème qu'Aetherflux propose de résoudre : de l'énergie livrée depuis l'espace, directement là où on en a besoin, sans un seul camion-citerne sur la route. Un générateur orbital qui alimente une base militaire isolée, c'est une cible logistique en moins, et potentiellement des vies sauvées.

L'argument de Breakthrough Energy Ventures : servir l'armée pour réduire les coûts

Christian Garcia, investisseur chez Breakthrough Energy Ventures (le fonds de Bill Gates), a explicité la stratégie lors de la série A. Servir un client aussi exigeant que le Département de la Défense présente un avantage structurel : le Pentagone est prêt à payer cher pour une solution qui fonctionne, ce qui permet de financer le déploiement initial d'une constellation de satellites. À mesure que la constellation s'agrandit, les coûts unitaires baissent, et le modèle devient accessible à des clients civils — collectivités locales, zones isolées, pays en développement. C'est un schéma classique dans l'innovation technologique : le GPS est né des besoins militaires avant de se retrouver dans chaque smartphone ; Internet lui-même a démarré comme un réseau de défense. Breakthrough Energy Ventures pariait qu'Aetherflux pourrait suivre la même trajectoire, de l'armée vers le grand public.

Le marché civil : zones isolées et décarbonation

Au-delà du Pentagone, le marché potentiel de l'énergie solaire orbitale est immense si les coûts baissent suffisamment. Les zones isolées non connectées aux réseaux électriques — certaines régions d'Afrique subsaharienne, d'Asie du Sud-Est, les îles du Pacifique — représentent des milliards de personnes sans accès fiable à l'électricité. Aetherflux envisageait de devenir un fournisseur d'énergie de dernier recours, capable de livrer de l'électricité propre n'importe où sur la planète sans infrastructure au sol, à l'exception d'un récepteur laser. Sur le papier, c'est un outil de décarbonation puissant : remplacer les générateurs diesel par de l'énergie solaire spatiale, c'est éliminer des émissions de CO2 tout en contournant les limites des énergies renouvelables terrestres. Sur le terrain, c'est un défi industriel et réglementaire colossal.

Le pivot caché derrière les 2 milliards d'Aetherflux

Voici le moment où l'histoire prend un tournant inattendu. Tout ce qui précède — l'énergie solaire orbitale, le Pentagone, les lasers infrarouges — décrit le projet originel d'Aetherflux. Mais selon les informations récentes relayées par TipRanks, la startup a opéré un pivot stratégique majeur. Et ce pivot change absolument tout.

Quand Aetherflux a pivoté de l'énergie solaire vers l'IA

Au lieu de transmettre l'énergie solaire captée en orbite vers la Terre, Aetherflux utilise désormais ses systèmes orbitaux pour alimenter des centres de données directement dans l'espace. L'équipe a réalisé quelque chose de contre-intuitif mais potentiellement lucratif : plutôt que d'envoyer des watts vers le sol, il est plus rentable d'envoyer des puces de calcul en orbite et de les nourrir avec l'énergie solaire spatiale. Les résultats de ces calculs — les réponses d'IA, les inférences, les modèles génératifs — sont ensuite transmis vers la Terre sous forme de données, un transfert infiniment plus léger qu'un transfert d'énergie. Le Wall Street Journal et Morningstar décrivent désormais Aetherflux comme une startup qui « seek to launch solar-powered satellites for AI computing. » Le produit n'est plus de l'énergie. C'est du computing.

Des data centers orbitaux pour l'IA : le vrai produit à 2 milliards

Ce pivot explique à lui seul la valorisation de 2 milliards de dollars. Une startup d'énergie propre, même spatiale, obtient rarement ce type de valorisation à un stade aussi précoce. Mais une startup d'infrastructure pour l'IA ? C'est un autre monde. Aetherflux se positionne désormais comme le fournisseur d'électricité des futurs data centers de l'intelligence artificielle, mais depuis l'espace. Le parallèle avec OpenAI et sa valorisation de 850 milliards de dollars est éclairant : quand l'IA justifie des valorisations astronomiques, toute startup capable de raconter une histoire d'infrastructure IA attire les capitaux. Le fait qu'a16z et Index Ventures, deux fonds profondément investis dans l'écosystème IA, participent à ce tour de table confirme la lecture : on n'investit plus dans de l'énergie solaire spatiale, on investit dans le pari que l'IA aura besoin de centres de données en orbite.

Ce que le pivot signifie pour le projet d'énergie solaire

Le pivot vers les centres de données orbitaux ne signifie pas forcément que l'énergie solaire spatiale est abandonnée — elle devient un moyen, pas une fin. Mais il change radicalement la nature du produit et du marché visé. Au lieu de vendre des mégawatts au Pentagone, Aetherflux vendrait des heures de calcul IA à des entreprises technologiques. Au lieu de résoudre un problème logistique militaire, la startup s'attaquerait au goulot d'étranglement énergétique de l'industrie de l'intelligence artificielle. Les data centers terrestres consomment déjà des quantités d'énergie vertigineuses, et la demande explose avec l'entraînement et l'inférence de modèles toujours plus gros. Placer ces calculs en orbite, où l'énergie est gratuite et illimitée, résout théoriquement la contrainte énergétique. Théoriquement, car personne n'a encore fait tourner un GPU en orbite de manière fiable et rentable.

Aetherflux à 2 milliards : vraie valeur ou bulle spéculative ?

Maintenant que le vrai produit est posé sur la table — des centres de données orbitaux pour l'IA, pas des panneaux solaires pour des bases militaires — il est temps d'évaluer froidement ce chiffre de 2 milliards de dollars.

Valorisation ne rime pas avec rentabilité

Une valorisation de 2 milliards de dollars ne signifie pas qu'Aetherflux dispose de 2 milliards en trésorerie, ni qu'elle génère 2 milliards de chiffre d'affaires. C'est le prix auquel les investisseurs de la série B acceptent d'acheter une part de l'entreprise, en pariant sur ce qu'elle vaudra dans cinq, dix ou quinze ans. Aetherflux n'a probablement aucun revenu commercial significatif à ce stade. L'argent réel qui entre dans les caisses, c'est la série B elle-même : entre 250 et 350 millions de dollars. Le reste, c'est de la promesse. C'est le fonctionnement normal du capital-risque, mais il est essentiel de le rappeler quand les titres de presse mettent en avant le chiffre rond et impressionnant. La valorisation est une opinion, pas un fait comptable.

OpenAI à 850 milliards, le métaverse à 80 milliards : où situer Aetherflux ?

Pour mettre les choses en perspective, regardons deux cas extrêmes. D'un côté, OpenAI et ses 850 milliards de dollars représentent le paradigme « l'IA justifie tout » : un produit réel (ChatGPT), des revenus massifs, et un marché qui valide la promesse. De l'autre, le fiasco du métaverse à 80 milliards de dollars illustre le danger des valorisations construites sur une vision non prouvée, sans client et sans produit marché. Aetherflux cumule les deux risques : le hype de l'IA comme moteur de valorisation, et la complexité technique extrême du spatial comme terrain d'incertitude. L'entreprise n'a pas encore prouvé que son laser fonctionne en conditions réelles, et elle prétend déjà faire tourner des data centers en orbite. La question n'est pas tant « vaut-elle 2 milliards ? » que « qui paiera la note si la technologie ne tient pas ? »

Le rôle d'Index Ventures et a16z dans le récit de valorisation

Il serait naïf de voir dans cette valorisation un simple jugement de marché neutre. Index Ventures, qui pilote la série B, a tout intérêt à construire un récit ambitieux pour justifier son investissement et préparer les tours suivants. a16z, de son côté, est connu pour ses capacités de narrative crafting — l'art de raconter une histoire de marché suffisamment convaincante pour attirer des capitaux supplémentaires. Quand ces fonds investissent dans une startup qui pivote de l'énergie spatiale vers l'IA orbitale, ils ne financent pas seulement de la technologie : ils financent un récit qui doit séduire les investisseurs du tour suivant. C'est le jeu normal du capital-risque à stades précoces, mais il impose au lecteur une prudence particulière. La valorisation reflète autant la capacité de storytelling des investisseurs que la valeur intrinsèque du projet.

Le satellite Apex Aries en 2026 : que prouvera vraiment la démonstration ?

Face aux promesses et aux valorisations, il faut revenir aux faits matériels. Qu'est-ce qui existe concrètement chez Aetherflux aujourd'hui ?

Le satellite Apex Aries sur une fusée SpaceX : preuve de concept, pas produit

Selon TechCrunch, Aetherflux prépare une première démonstration orbitale pour 2026, embarquée sur une fusée SpaceX. Le satellite utilisera le bus Apex Aries, une plateforme satellite standardisée, pour tenter de démontrer la transmission d'énergie par laser depuis l'orbite vers le sol. Il faut être précis sur ce que cette démonstration prouvera : que le système de pointage laser fonctionne en microgravité, que la conversion énergie-laser-énergie est suffisamment efficace, et que le faisceau peut être dirigé avec la précision requise. Ce qu'elle ne prouvera pas : qu'un centre de données peut fonctionner en orbite, que le modèle est rentable, que la fiabilité est suffisante pour un déploiement commercial, ou que la constellation peut être mise en place à un coût viable. La distance entre une démonstration technologique en orbite et un produit commercial opérationnel se mesure en années, voire en décennies, dans l'industrie spatiale.

Station au sol et sites militaires : l'état réel du déploiement

En parallèle du satellite, Aetherflux construit sa première station de réception au sol et évalue des sites militaires américains dotés d'un espace aérien contrôlé pour mener ses tests. C'est tangible, c'est concret, mais c'est encore expérimental. Aucun client final n'a été annoncé publiquement, aucun contrat commercial n'a été rendu public, et personne en dehors de l'entreprise n'a observé le système fonctionner à grande échelle. La recherche est solide sur les faits financiers — les tours de table sont documentés, les investisseurs sont nommés — mais elle reste lacunaire sur la validation technique indépendante et la clientèle effective.

Les défis techniques invisibles du computing en orbite

Faire tourner un centre de données dans l'espace soulève des problèmes que l'industrie spatiale n'a jamais eu à résoudre à cette échelle. Les puces de calcul génèrent énormément de chaleur, et la dissipation thermique en microgravité est radicalement différente de ce qu'elle est sur Terre — pas de convection naturelle, uniquement du rayonnement et de la conduction forcée. Les radiations en orbite dégradent les semi-conducteurs bien plus rapidement qu'au sol, ce qui impose des blindages lourds ou des architectures redondantes qui augmentent le coût et le poids. Le maintien opérationnel — remplacer un composant défaillant, mettre à jour un serveur — est impossible sans missions de servicing coûteuses. Autant de défis que la démonstration de 2026 ne pourra même pas effleurer, puisqu'elle se concentrera sur la transmission laser, pas sur le computing.

Ce que l'IA spatiale d'Aetherflux change pour les jeunes en France

Après les chiffres, les pivots et les fusées, il est légitime de se demander : en quoi tout cela concerne quelqu'un qui suit l'actualité tech depuis un appartement en France, entre deux parties de League of Legends et des révisions ?

Les métiers de l'espace et de l'IA qui n'existaient pas il y a cinq ans

L'essor du spatial privé — SpaceX en tête, mais avec une nuée de startups comme Aetherflux — crée des emplois qui n'apparaissaient dans aucun catalogue de formations il y a quelques années. Ingénierie en optique laser pour transmissions orbitales, conception de systèmes de refroidissement pour puces de calcul en microgravité, développement de logiciels de pointage de faisceaux à travers l'atmosphère : ce sont des métiers qui mêlent physique spatiale, intelligence artificielle et ingénierie énergétique. Et les compétences ne sont pas réservées à la Silicon Valley. Les écoles d'ingénieurs françaises, les cursus en physique, en data science ou en matériaux avancés fournissent des profils recherchés par ce secteur en pleine expansion. La même génération qui a transformé la consommation avec des plateformes comme PROTECTED_10, est maintenant confrontée à un marché du travail où les frontières entre secteurs traditionnels s'effacent. L'espace n'est plus uniquement l'affaire d'astrophysiciens et de pilotes de chasse.

IA spatiale et empreinte carbone : vrai progrès ou greenwashing ?

L'argument écologique d'Aetherflux est séduisant à première vue : de l'énergie solaire propre, illimitée, sans émission de CO2, captée là où le soleil ne se couche jamais. Mais la réalité est plus nuancée. Lancer des satellites demande des fusées, des carburants, des ressources minières considérables. Construire des centres de données, même orbitaux, nécessite des semi-conducteurs, des terres rares, des processus industriels extrêmement énergivores. Et si le produit final consiste à alimenter l'IA — déjà accusée de consommer des quantités d'énergie vertigineuses — depuis l'espace, la question fondamentale reste posée : est-ce un progrès écologique ou un moyen technologique de contourner les limites énergétiques terrestres sans résoudre le problème de fond ? L'énergie spatiale pourrait simplement déplacer la pollution de la Terre vers l'atmosphère, tout en alimentant une consommation numérique toujours plus vorace. La question mérite d'être posée, et chacun est libre de se forger sa propre opinion.

Pourquoi les fans d'esport devraient suivre Aetherflux

Si vous passez vos soirées à regarder des tournois de League of Legends ou de Valorant, vous connaissez déjà l'importance des infrastructures de calcul. Les serveurs qui font tourner les parties en ligne, les systèmes de replay, les outils d'analyse stats — tout repose sur des data centers. L'industrie de l'esport et du streaming est un gros consommateur de ressources informatiques, et la tendance ne fait que s'accélérer avec l'intégration de l'IA dans les outils de casting, d'analyse et même de production de contenu. Si des entreprises comme Aetherflux parviennent à créer de l'infrastructure de computing en orbite, cela changera la donne pour l'ensemble de l'industrie du jeu vidéo et du divertissement numérique. Suivre cette histoire aujourd'hui, c'est comprendre les fondations techniques sur lesquelles les expériences numériques de demain seront construites.

Aetherflux : vision d'Asimov ou storytelling financier ?

Aetherflux incarne une tension fascinante de notre époque technologique. D'un côté, un fondateur visionnaire qui s'inspire d'Asimov pour imaginer un avenir où l'espace nourrit la Terre en énergie. De l'autre, une startup qui a pivoté vers les centres de données orbitaux pour l'IA au moment précis où ce récit permet de justifier une valorisation de 2 milliards de dollars. Le bilan de cette histoire à ce stade est simple : les faits financiers sont solides — les tours de table existent, les investisseurs sont réels, les montants sont documentés. Les faits techniques, en revanche, restent à prouver. Une démonstration orbitale est prévue pour 2026 sur une fusée SpaceX, qui montrera peut-être qu'un laser peut transmettre de l'énergie depuis l'orbite, mais qui restera très éloignée d'un produit commercial. Le décalage entre l'emballement financier et la réalité technique non prouvée est exactement le type de situation qui sépare les visionnaires des illusionnistes. Aetherflux est-il un tournant historique dans la convergence entre l'espace et l'intelligence artificielle, ou une nouvelle bulle condamnée à éclater quand la physique rattrapera le storytelling ? La réponse viendra de l'espace. Littéralement.

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Questions fréquentes

Quel est le projet initial d'Aetherflux ?

Aetherflux voulait capter l'énergie solaire en orbite basse via des panneaux et la transmettre vers la Terre par laser infrarouge, inspiré par une nouvelle d'Isaac Asimov. L'objectif était de fournir de l'électricité en continu, sans intermittence ni nuages.

Pourquoi l'armée américaine s'y intéresse ?

Le Pentagone cherche à remplacer les générateurs diesel de ses bases avancées dont les convois de carburant sont vulnérables. L'énergie spatiale permettrait d'alimenter ces zones isolées sans risquer de pertes humaines sur les routes.

Quel pivot stratégique a opéré Aetherflux ?

Au lieu de renvoyer de l'énergie sur Terre, la startup utilise désormais le solaire orbital pour alimenter des centres de données IA directement dans l'espace. Seuls les résultats de calcul sont transmis vers la Terre sous forme de données.

Qui sont les investisseurs d'Aetherflux ?

La série A a été menée par Index Ventures et Interlagos, avec la participation de Breakthrough Energy Ventures, Andreessen Horowitz (a16z), NEA et Jared Leto. La série B de 250 à 350 millions de dollars est pilotée par Index Ventures.

Quand aura lieu la démonstration en orbite ?

Une première démonstration technologique est prévue en 2026 sur une fusée SpaceX via le satellite Apex Aries. Elle visera uniquement à prouver la faisabilité de la transmission laser, et non le fonctionnement d'un centre de données spatial.

Sources

  1. Dow Jones Top Company Headlines at 3 AM ET: Novartis to Buy Biotech Excellergy for Up to $2 Billion | China's ... · morningstar.com
  2. cnbc.com · cnbc.com
  3. techcrunch.com · techcrunch.com
  4. techcrunch.com · techcrunch.com
  5. tipranks.com · tipranks.com
pro-gamer
Théo Verbot @pro-gamer

L'esport, c'est ma vie. Je suis tous les tournois, je connais les rosters par cœur, je peux t'expliquer la méta actuelle de n'importe quel jeu compétitif. Étudiant en marketing du sport à Paris, je rêve de devenir commentateur esport professionnel. En attendant, je cast des tournois amateurs sur Twitch et j'analyse les matchs comme d'autres analysent le foot. Le gaming, c'est du sport. Point.

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