
C'est surtout dans le chantier de la défense qu'il y avait des places à prendre. Hier, Adil Rami faisait office d'ancien du haut de sa 16ème sélection en Équipe de France aux côtés de Jérémy Mathieu et Laurent Koscielny, qui honoraient leur première sélection, et Mathieu Debuchy sa seconde. Laurent Blanc a choisi pour ce match d'aligner deux milieux défensifs : Yann M'Vila, qui devient incontournable en équipe de France comme l'atteste la grande confiance de Laurent Blanc — il est le plus utilisé des joueurs de l'équipe de France depuis l'intronisation du sélectionneur —, et à ses côtés, le choix s'est tourné vers le marseillais Alou Diarra, qui bénéficie encore de la confiance du sélectionneur malgré ses mauvaises performances depuis le début de la saison.
Sur les côtés, deux joueurs ayant ce profil de dribbleur capable d'apporter leur vitesse de percussion pour amener le danger dans la surface : Franck Ribéry et Jérémy Ménez, qui devaient prouver qu'ils ont leur place pour un rôle de titulaire.
Ce match était l'occasion de tester de nouvelles possibilités pour Laurent Blanc, ce qu'il fit en plaçant deux attaquants sur le front de l'attaque : Karim Benzema dans un rôle de neuf et demi et Kevin Gameiro, sensé apporter le danger par ses appels en profondeur et sa précision dans les frappes.
Le récit du match
Dès le coup d'envoi, les joueurs français monopolisent le ballon mais ne parviennent pas à s'aventurer dans les 30 derniers mètres adverses, bien gardés par une équipe des États-Unis bien en place défensivement et faisant preuve de beaucoup d'engagement, à l'image d'Alou Diarra sèchement bousculé par Altidore dès les premières minutes de jeu.
Il faut attendre la 17ème minute pour voir le premier tir français, signé Karim Benzema. Mais la frappe du joueur du Real Madrid passe largement au-dessus des cages de Tim Howard. Les Américains font preuve d'un bon début de match sans toutefois se montrer dangereux par manque de justesse technique. L'équipe de France peut ensuite profiter de nombreuses contres-attaques, mais le repli des Américains est très rapide. Les plus belles occasions de cette première période surviennent à la suite d'un bon travail de Ribéry sur le côté gauche, qui met ensuite en retrait pour Jérémy Ménez dont la frappe s'envole au-dessus du but américain, et sur des centres de Debuchy, notamment pour Karim Benzema ou Franck Ribéry. Les joueurs rentrent au vestiaire sous les sifflets du public du Stade de France après une première mi-temps bien en dessous des attentes.
La deuxième mi-temps repart sur les mêmes bases, mais les occasions françaises sont plus nettes. Sur un corner tiré par Ribéry, Adil Rami dévie la balle pour Karim Benzema, dont la tête heurte la barre transversale (55e). L'attaquant français récidive dans la foulée sur un splendide coup-franc des 25 mètres, mais sa frappe est de nouveau repoussée par un Tim Howard impérial.
C'est ensuite à la 69ème minute que Laurent Blanc décide de permettre au lyonnais Maxime Gonalons et au montpelliérain Olivier Giroud d'honorer leur première sélection sous le maillot bleu, suivis quelques minutes plus tard par l'entrée en jeu de Loïc Rémy et Marvin Martin. Aussitôt entré en jeu, Rémy se montre dangereux à la 70ème minute puis conclut d'une jolie frappe dans le petit filet de Tim Howard impuissant, après une splendide ouverture de Marvin Martin. Après cette ouverture du score, les Américains n'abandonnent pas et continuent de mettre en doute l'équipe de France. En cette fin de match, Olivier Giroud bénéficie de deux occasions, notamment une après une bonne percussion dans l'axe de Ménez (67ème), mais ne parvient pas à cadrer ses frappes.
Les Bleus s'imposent sans briller et devront montrer plus face à une équipe belge d'un niveau supérieur mardi au Stade de France.
Bilan des nouvelles performances
Les nouveaux joueurs devaient gagner des points hier soir. En défense, les latéraux ont tenu leur place : Debuchy a confirmé qu'il pouvait prétendre à une place de titulaire sur le côté droit en vue de ses deux prestations, tant sur le plan offensif que défensif, et Jérémy Mathieu pourrait inquiéter Abidal et Evra pour le poste de latéral gauche en vue de sa bonne prestation. En défense centrale, Rami a livré une prestation solide, tout comme son coéquipier Koscielny, toutefois coupable d'un accrochage dans la surface d'Hugo Lloris qui aurait pu inciter l'arbitre de la rencontre, M. Koukoulakis, à siffler un penalty en faveur des États-Unis.
Ensuite, on peut se poser la question de l'efficacité du système mis en place et des joueurs qui le composent. On a vu sur la pelouse du Stade de France une équipe coupée en deux, avec deux milieux récupérateurs trop défensifs et incapables de se projeter vers l'avant. On a pu observer également un Jérémy Ménez combatif, tant sur le plan offensif par sa percussion que sur le plan défensif où on l'a vu de nombreuses fois venir prêter main forte à Debuchy sur le côté droit de la défense, mais malheureusement trop juste dans la dernière passe et devant le but, à l'image de son homologue du côté gauche Franck Ribéry. Devant, on a assisté avec dépit aux appels de Gameiro non servis par ses partenaires ou à l'impuissance de Karim Benzema, pourtant acteur de quelques combinaisons intéressantes avec Ménez ou Ribéry. Quant aux joueurs tricolores rentrés en cours de jeu, on ne peut que saluer la performance de Marvin Martin, qui a animé le milieu de terrain et est l'auteur de la passe décisive du match, et celle de Loïc Rémy, très remuant sur le front de l'attaque et auteur du but de la victoire. Quant à Giroud et Gonalons, on ne peut guère juger leur courte prestation ; ils n'auront su se faire remarquer durant le peu de temps de jeu accordé par le sélectionneur.
Mardi soir contre la Belgique, Laurent Blanc a promis d'aligner une équipe "plus compétitive" ; les joueurs devront donc livrer une bonne prestation pour ne pas risquer de perdre leur place au profit des habituels remplaçants.