
Hier soir, l'équipe de France a fait un match trop terne pour pouvoir faire gagner les statistiques. Pour gagner, la stratégie du sélectionneur national, Laurent Blanc, était très simple : arriver à la mi-temps sur le score nul et vierge de 0-0. Autant dire une stratégie sans ambition et sans orgueil mais d'un réalisme criant. Le film du match parfait pour Blanc, il l'a d'ailleurs très bien expliqué après le coup de sifflet final : "ne pas se prendre de buts et essayer de marquer en contre pendant la seconde mi-temps". Pour cela, Laurent Blanc avait mis en place une formation ultra-défensive, qui assume complètement la domination adverse. Nombre d'observateurs ont critiqué cette composition en 4-3-3 avec Réveillere au poste de latéral droit et Mathieu Debuchy devant lui essayant de museler ce côté gauche espagnol si craint, composé de Jordi Alba et d'Andrés Iniesta. En fait, cette formation a basculé plus en 5-4-1 car Réveillere a pris une place plus vers le centre pour contenir les retours à l'intérieur d'Andrés Iniesta.

Une tactique très défensive
La tactique de Laurent Blanc a été mise à terre dès la dix-neuvième minute de jeu et a reflété les limites de la mise en place très défensive de la France. Sur l'unique occasion espagnole, les erreurs pleuvaient. Jordi Alba a profité d'une mésentente entre Anthony Reveillere et Mathieu Debuchy, qui ne savaient pas qui étaient censés le prendre, pour centrer et trouver la tête de Xabi Alonso, étonnamment esseulé sur le côté gauche français délaissé par Ribéry, qui a pu battre un Lloris parti à contre-pied. Laurent Blanc devait donc trouver un autre plan. La question que l'on pouvait se poser concernait l'existence ou non de ce plan B. Il en avait un. Abandonner ses cinq défenseurs et faire rentrer des éléments plus offensifs comme Samir Nasri ou Jeremy Menez. C'est ce qu'il a fait aux alentours de l'heure de jeu quand il a remplacé Florent Malouda et Mathieu Debuchy par Samir Nasri et Jeremy Menez. On s'est vite rendu compte que la situation était critique lorsqu'Olivier Giroud est venu prendre la place de Yann M'Vila, qui, par ailleurs, n'a pas daigné serrer la main de son entraîneur. Mais ces changements n'ont pas eu les effets escomptés. Incapable de bousculer la défense espagnole, la Roja a marqué un second but logique sur penalty par l'intermédiaire de l'homme du match, Xabi Alonso. Hier, seulement 500 supporters français étaient présents à la Donbass Arena, il n'y en aura pas beaucoup plus à l'Aéroport du Bourget, ce soir, sur les coups de 18h.