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Sports

Une sélection française à revoir ?

Avant la Coupe du monde, la sélection française inquiète. Analyse des faiblesses tactiques et des choix de Raymond Domenech.

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Que penser du secteur des gardiens ?

Dans un contexte incertain, les gardiens représentent la seule satisfaction au final. Hugo Lloris et Steve Mandanda, désormais bien ancrés dans l'équipe, se sont largement imposés comme les numéros 1 et 2. Le choix entre Cédric Carrasso et Mickaël Landreau pour le poste de troisième gardien ne semblait pas être une priorité, mais la décision de Raymond Domenech de renvoyer le Lillois chez lui a dû être un coup dur pour ce dernier. En effet, Landreau avait déjà vécu cet épisode lors de l'Euro 2008, et Domenech avait promis de ne pas refaire le même coup. On peut regretter un manque de lucidité de la part du sélectionneur sur cette affaire. De plus, Landreau semblait avoir toutes les cartes en main pour s'octroyer cette troisième place : Lille a fini très fort sa saison, réussissant à repasser devant les Girondins de Bordeaux de Carrasso, qui a, quant à lui, terminé sur les rotules.

Comment remanier la défense de la France ?

La défense centrale constitue le plus gros problème à régler pour les Bleus. Ayant concédé des buts rapidement en début de match, mais aussi en fin de rencontre lors des trois derniers matchs amicaux, la défense a montré assez rapidement ses limites. Face à une équipe bien rôdée et prête tactiquement, elle ne rivalisera pas avec les attaquants de classe mondiale des autres nations. La paire Gallas-Abidal ne semble pas au meilleur de sa forme. William Gallas revient tout juste de blessure et n'est pas à l'abri d'une rechute, même s'il commence à retrouver son niveau. Espérons qu'il soit en pleine possession de ses moyens pour le Mondial.

Concernant Éric Abidal, le choix de le placer au centre est peut-être malvenu. N'ayant pas beaucoup joué cette saison à Barcelone et n'ayant évolué qu'à gauche lors de ses rares titularisations, il n'était que le dernier recours en défense centrale aux yeux de Josep Guardiola, qui le jugeait trop fébrile dans l'axe. D'ailleurs, comme on l'a vu sur les matchs amicaux, Abidal laisse entrevoir quelques moments d'absence et un manque de lucidité dus à ce poste inhabituel. Une paire composée d'au moins Sébastien Squillaci ou Marc Planus serait sans doute plus rassurante. La question de la non-sélection de Philippe Mexès ou Adil Rami traverse d'ailleurs toutes les pensées des supporters. On peut aussi penser que mettre Jérémy Toulalan en défense centrale ne serait pas une mauvaise idée, lui qui devrait probablement jouer à ce poste la saison prochaine à l'Olympique Lyonnais.

Seule satisfaction : les défenseurs latéraux sont performants. Les rugueux Patrice Evra et Bacary Sagna font l'affaire et prouvent qu'ils ont de l'envie. Côté remplaçants, les latéraux sont également présents.

Pourquoi le milieu de terrain est-il en méforme ?

Une bonne lecture du jeu est primordiale pour une équipe, surtout dans le nouveau système mis en place par Raymond Domenech. Il faut donc des joueurs performants et techniques pour atteindre un niveau de jeu potable. C'est le cas à Barcelone, où des joueurs comme Yaya Touré, Xavi ou encore Iniesta font tourner le ballon à merveille. Mais en France, on peine à s'acclimater à un jeu rapide en une touche de balle. Yoann Gourcuff termine une saison difficile, physiquement et moralement. Alou Diarra amène de la fraîcheur physique mais semble limité techniquement pour mener cette équipe vers l'avant. Florent Malouda est quant à lui trop bas sur le terrain, et un replacement de Franck Ribéry pourrait lui faire le plus grand bien.

Jérémy Toulalan est pour l'instant la seule satisfaction, tout comme Vassiriki Diaby, la grande révélation de cette équipe. Percutant, technique et physique, lors de ses 66 minutes jouées sur les trois matchs amicaux, il pourrait être un bon atout pour relancer une équipe en manque d'inspiration. D'ailleurs, lui-même pratique le 4-3-3 à Arsenal et serait bien disposé pour s'adapter au système de Domenech. On regrettera l'absence de Lassana Diarra, qui aurait fait un grand bien à l'équipe et aurait permis un repositionnement de Toulalan en défense centrale. On citera également les cas de Samir Nasri et Hatem Ben Arfa, deux génies du ballon rond qui ont réalisé une très bonne saison, même si le Marseillais a été limité par Didier Deschamps sur le banc de l'Olympique de Marseille.

L'attaque française est-elle en crise ?

Du côté de l'attaque, la crise commence à poindre. C'est simple : aucun but n'a été marqué par les attaquants lors des matchs amicaux. Il faut compter sur des buts de William Gallas et sur un contre son camp provoqué par un débordement de Ribéry sur le côté gauche contre le Costa Rica. La question principale réside dans la non-titularisation de Thierry Henry au poste d'attaquant central, alors qu'il revendique depuis longtemps une place au centre dans un 4-3-3. La place lui semble toute offerte. C'est un poste qui demande moins d'énergie et d'être un renard des surfaces, ce qui a fait sa force à Arsenal lors de ses belles années. Mais seul problème : Nicolas Anelka lui a pris sa place. Or, le comparatif est révélateur. Anelka titulaire à trois reprises n'a pas marqué et n'a frappé qu'une seule fois au but adverse. Henry, dès son entrée en jeu, a tout de suite apporté un plus offensif et s'est montré plus dangereux que son coéquipier.

Ensuite, une nouvelle attaque recomposée Malouda-Henry-Ribéry commence à faire le tour de la France. Anelka semble perdre de la cote, et on envisage même d'essayer l'inarrêtable Djibril Cissé, Mathieu Valbuena ou encore André-Pierre Gignac. Nul doute que l'on se demande toujours pourquoi Karim Benzema n'a pas été sélectionné, alors qu'il aurait pu constituer un renfort de choc, même en manque de temps de jeu au Real Madrid.

La France sera-t-elle prête pour l'ouverture ?

La seule réponse viendra au fur et à mesure des matchs de la Coupe du monde. L'année dernière, le premier match s'était soldé par un score nul et vierge contre le voisin suisse. Cette année, l'Uruguay s'annonce difficile à prendre en ouverture. Domenech changera-t-il ses plans concernant le système ou optera-t-il pour un changement de poste de certains joueurs ? Restera-t-il fixé sur ses premiers choix, qui s'avèreront peut-être payants ? Rendez-vous le 11 juin à 20h40 pour observer si les promesses tenues par Domenech — à savoir un jeu offensif donnant lieu à un beau spectacle footballistique — seront tenues.

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rybery62132
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