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Un Tour indécis jusqu'au bout...

Revivez le Tour de France 2008 : la victoire de Carlos Sastre, la lutte contre le dopage et l'émergence d'une nouvelle génération de coureurs français prometteurs.

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« Le Tour de l'espoir », c'est avec cette belle formule que les journalistes de France 2 ont clos leurs émissions sur ce Tour de France 2008. En effet, cette édition a été parsemée de multiples indices qui laissent à penser que l'avenir sera peut-être pas rose, mais moins gris en tout cas pour le cyclisme, notamment français...

Carlos Sastre : la victoire d'un champion « propre »

Pour une fois, les éternels râleurs n'auront rien à dire au sujet du gagnant du Tour 2008. En effet, que pourrait-on reprocher à Carlos Sastre ? Cet Espagnol de 33 ans apparaît comme un coureur étiqueté « propre », même si les coureurs espagnols donnent malheureusement depuis quelques années une mauvaise impression quant à leur honnêteté. Sans vouloir généraliser, sur ce Tour, les cas de dopage avaient tous un point commun : l'Espagne (nous y reviendrons plus loin).

Sastre semble appartenir à une catégorie de coureur à part. Son père préside en effet une sorte d'école qui aide les anciens dopés ou drogués à s'en sortir. La décision d'ouvrir cet établissement lui est venue après que l'un des frères de Carlos décéda suite à des consommations de drogue. On imagine donc mal son autre fils dopé.

Et puis, Carlos n'a pas semblé tant au-dessus du lot que ça. Il a profité, avec brio néanmoins, du magnifique travail réalisé par ses coéquipiers (les frères Schleck et Cancellara en tête). Il a aussi fait preuve de réussite et d'intelligence en attaquant au bon moment, un jour où ses adversaires n'étaient pas dans un grand jour. Voilà qui incite à l'optimisme pour la suite d'un cyclisme propre et sans tricheurs.

Dopage : les tricheurs sanctionnés

D'autant plus que, cette année, il ne faisait pas bon être dopé sur le Tour. L'Agence française de lutte contre le dopage a mené des contrôles fructueux et efficaces. Exit donc les Beltran (ESP/Liquigas), Duenas (ESP/Barloworld) et Ricco (ITA/Saunier Duval) qui a finalement poussé son équipe à faire ses valises — avait-elle des choses à se reprocher ? La question reste en suspens pour l'instant.

Dernier cas de dopage révélé juste après la grande arrivée du Tour : le Kazakh Dimitri Fofonov du Crédit Agricole dont le contrôle positif à un stimulant est dû, selon ses dires, à un produit contre les crampes acheté sur Internet sans l'aval des médecins de l'équipe. Cette affaire tombe mal alors que l'équipe de Roger Legeay recherche un nouveau sponsor pour l'année prochaine. En tout cas, les tricheurs qui salissent l'image du vélo ont été démasqués et priés d'aller voir ailleurs.

Les Français à l'honneur et les révélations en pagaille

Côté français, outre les traditionnelles présences de Français dans la plupart des échappées, que retenir de ces 21 jours de course ? Du positif et de l'espoir aussi. Cette rengaine revient souvent, mais cette année, quatre coureurs ont paru présenter un fort potentiel qui laisse augurer un très bel avenir.

En premier lieu, Amaël Moinard, qui pour sa première participation à la grande boucle termine 15ème au général, soit le deuxième meilleur français juste une place derrière l'expérimenté Sandy Casar. Ce garçon sera suivi l'année prochaine et possède aussi un profil intéressant dans les contre-la-montre.

Même s'il n'a pas réussi à s'imposer au sprint (souvent deuxième) devant ses semblables, Sébastien Chavanel est un sprinter qui a réalisé des progrès énormes en un an. S'il continue de cette manière, il pourrait devancer les meilleurs en 2009.

Enfin, la France compte aussi dans ses rangs un grimpeur d'avenir avec Rémi Di Grégorio qui continue à emmagasiner de l'expérience. D'ici quelques années, il ne lui est pas interdit de rêver au maillot à pois. On en oublierait presque Romain Feillu, porteur durant une journée de la prestigieuse tunique jaune, qui reste, malgré son arrivée hors-délai l'avant-veille de la fin, un coureur d'avenir.

Les Français ont également glané 3 victoires d'étapes, ce qui n'est pas si mal. On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, mais les victoires de Dumoulin, Dessel et Sylvain Chavanel font plaisir, surtout pour ce dernier qui y courait après depuis pas mal de temps. Le super-combatif du Tour se sentira désormais sûrement plus léger, libéré, et peut envisager de se frotter aux cadors l'année prochaine.

La deuxième place au classement par équipe de la formation française AG2R derrière l'indéboulonnable CSC fait également plaisir à voir et démontre que les équipes françaises ont aussi leur (petit) mot à dire, même si elles ne possèdent pas d'énormes moyens financiers.

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Suspense et spectacle : un Tour de France réussi

L'incertitude entourant le nom du successeur d'Alberto Contador a été permanente jusqu'à la veille au soir de l'arrivée et un ultime contre-la-montre. Bien malin était celui qui pouvait prédire l'issue finale de ce Tour de France, 95ème du nom. Cadel Evans, principal rival de Sastre, s'est montré moins à l'aise qu'à son habitude alors que Sastre s'est plus que bien défendu.

Le jeune Autrichien Kohl sera à surveiller puisque, outre son maillot de meilleur grimpeur, il s'est montré surprenant dans les contre-la-montre et visera à nouveau au moins le podium l'an prochain. Par contre, les frères Schleck ne se sont pas montrés aussi à l'aise dans les contre-la-montre, ce qui n'empêche pas Andy Schleck (le cadet des frères, 23 ans) d'être promis à un très bel avenir. Si beaucoup le voient en maillot jaune, lui préfère pour l'instant se montrer satisfait de son maillot blanc. Pourtant, si une fringale à Hautacamp ne l'avait irrémédiablement pénalisé pour la suite, Andy aurait fait une entrée dans les 10 premiers pour sa première participation.

Dans un autre registre, le sprinter britannique Mark Cavendish s'est mis en évidence, pour sa première participation lui aussi, en remportant quatre étapes. Il se place en favori pour succéder à Oscar Freire l'an prochain tant sa domination était évidente, s'il n'avait pas abandonné pour mieux préparer les JO.

Bref, le Tour a une fois de plus été une grande fête populaire tant au bord des routes qu'à la télévision et devrait retrouver de la notoriété et de la crédibilité auprès des Français grâce à des coureurs propres et un suspense retrouvé. On languit déjà le départ de Monaco, l'année prochaine.

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romaindu26
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