
Mais c'était sans compter sur un homme... Un seul homme. Le Serbe Novak Djokovic (24 ans) va venir troubler le duo Roger-Rafa. En effet, il va être le seul joueur du circuit (avec l'Argentin Del Potro à l'US Open 2009) à enlever à plusieurs reprises un tournoi du Grand Chelem au duo Suisse-Espagnol sur la période 2004-2011 (Open d'Australie 2008 et 2011, Wimbledon 2011).
Pourtant, le chemin fut long pour le Serbe, qui pendant plus de trois ans restera abonné à la troisième place mondiale, bloqué aux demies ou aux finales de Grand Chelem. Mais l'année 2011 va être un tournant capital dans la carrière du Belgradois.
2011 : l'année de la confirmation pour Djokovic
L'année 2011 marque un véritable changement au niveau de l'élite mondiale. Même s'il est vrai que depuis un an le niveau de Roger Federer s'essouffle et que de nombreux joueurs (Murray, Djokovic, Söderling) deviennent de plus en plus performants, les deux premières places mondiales, ainsi que les titres en Grand Chelem, restaient en possession du duo Federer-Nadal.
Mais tout a disparu en 2011. Tout a commencé par l'allergie au gluten de Djokovic : changer son régime alimentaire lui a permis d'enlever toutes ses gênes respiratoires qui le handicapaient auparavant. Depuis le début de la saison, le Serbe marche sur l'eau avec 49 victoires en 50 matchs et 8 titres remportés (dont 2 en Grand Chelem et 5 Masters 1000).
Son niveau de jeu a évidemment augmenté : il est beaucoup plus régulier dans ses matchs et dans la succession des points joués. Mais ce qui a réellement changé la donne, c'est l'aspect psychologique ! En effet, Novak Djokovic a rarement été impressionné face aux géants Nadal et Federer, mais le Serbe partait souvent avec un poids sur les épaules.
Aujourd'hui, tout est différent, la tendance s'est inversée. Le joueur le plus touché par ce changement psychologique est l'Espagnol, qui a perdu 6 finales d'affilée face au Serbe. C'est simple : les seules défaites enregistrées par Nadal cette année l'ont été face à Djokovic. Nadal est atteint du "syndrome Djokovic", comme Federer est atteint du "syndrome Nadal". L'aspect psychologique est donc l'un des éléments déterminants dans l'ascension du Serbe. La force mentale est la caractéristique principale pour devenir une légende, comme en témoignent des joueurs comme Sampras ou Borg, qui gagnaient la plupart du temps le match avant même de l'avoir joué.
Quel avenir pour le tennis mondial ?
C'est indiscutable : un nouvel ordre mondial est en place, avec la prise de pouvoir de Djokovic qui met fin au règne de Federer et Nadal. Mais on est en droit de se demander comment cette situation va évoluer.
Plusieurs réponses sont plausibles. On peut imaginer que le niveau de Djokovic actuellement n'est pas un feu de paille ou du surrégime, mais tout simplement le réel niveau de "Nole". Il pourrait donc continuer à enchaîner les victoires en Grand Chelem et, par conséquent, conserver sa première place mondiale.
Mais tout ceci reste à nuancer. Certes, Nadal a perdu l'ascendant psychologique, mais "El Toro" reste toujours un grand compétiteur, la preuve : il a remporté son 6e Roland Garros cette année à Porte d'Auteuil. Quant au Roi Federer, il restera ce joueur de grande classe capable de gagner n'importe quel match, en témoigne sa victoire en demi-finale de Roland Garros contre l'actuel numéro un mondial — au passage, la seule défaite de Djokovic cette saison.
Tout ceci est donc de bon augure pour vivre une fin de saison passionnante, avec cette nouvelle donne dans la hiérarchie mondiale. Djokovic restera-t-il numéro un mondial jusqu'à la fin de la saison ? Et est-ce que les anciens numéros un, Nadal et Federer, réussiront à rechanger la donne à leur avantage ? Un trio de folie est, en tout cas, en passe d'écrire une nouvelle page de l'histoire de leur sport.
B. B