Sam Goodchild, vainqueur de la 1000 Race, à bord de son Imoca MACIF.
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Sam Goodchild remporte la 1000 Race : première victoire en solitaire en Imoca avant la Route du Rhum

Sam Goodchild remporte la 1000 Race avec 100 milles d'avance, signant sa première victoire en solitaire en Imoca à bord de Macif Santé Prévoyance. Une démonstration de maîtrise tactique à quatre mois de la Route du Rhum, où il s'impose comme favori.

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Le 8 mai 2026, Sam Goodchild a franchi la ligne d'arrivée de la 1000 Race au large de Concarneau avec plus de 100 milles d'avance sur son poursuivant direct. À bord de Macif Santé Prévoyance, le bateau vainqueur du dernier Vendée Globe avec Charlie Dalin, le skipper franco-britannique de 36 ans a signé sa première victoire en solitaire dans la classe Imoca. Une démonstration de maîtrise qui envoie un signal fort à quatre mois de la Route du Rhum, où Goodchild comptera parmi les favoris. 

Sam Goodchild, vainqueur de la 1000 Race, à bord de son Imoca MACIF.
Sam Goodchild, vainqueur de la 1000 Race, à bord de son Imoca MACIF. — (source)

Une course menée de bout en bout

Parti dimanche 3 mai à midi de Port-la-Forêt, Sam Goodchild a mis 4 jours, 22 heures, 9 minutes et 56 secondes pour boucler cette épreuve de 1 000 milles théoriques — 1 300 milles parcourus en réalité sur l'eau. Le skipper a pris la tête dès les premiers milles et ne l'a quasiment jamais quittée.

Leader aux trois points de passage (phare du Fastnet, waypoint trophée Guy Cotten puis waypoint trophée Gallimard dans le golfe de Gascogne), il a imposé son tempo tactique à ses six adversaires. Au moment de couper la ligne à 10h09, il comptait près de 100 milles d'avance sur Corentin Horeau (MACSF), qui a terminé deuxième. Violette Dorange (Initiatives Cœur) et Élodie Bonafous (Association Petits Princes - Quéguiner) ont complété le podium, suivies de Francesca Clapcich (11th Hour Racing).

« C'était ma toute première course en solitaire sur ce bateau donc forcément je suis très heureux que ça se soit passé comme ça », a réagi le marin après son triomphe. « On n'était que sept au départ, mais réussir à mener la course quasiment de bout en bout reste une vraie satisfaction. » 

Sam Goodchild, skipper Leyton, posant devant un port.
Sam Goodchild, skipper Leyton, posant devant un port. — (source)

Un parcours piégeux dans le golfe de Gascogne

Sur le papier, le parcours semblait classique : remonter vers le Fastnet Rock au sud-ouest de l'Irlande, puis redescendre dans le golfe de Gascogne jusqu'à 150 milles nautiques au nord du cap Finisterre. Dans les faits, les marins ont composé avec un cocktail épuisant.

The weather conditions created a real strategic puzzle. « We're constantly shifting between 10 and 20 knots, with nonstop wind shifts, squalls, clouds—and since it's pitch black, it makes things quite tricky, » Sam Goodchild explained to his team on Wednesday.

Il a d'abord fallu s'extirper de conditions très légères en direction de l'Irlande avant d'enchaîner un long bord de reaching à plus de 20 nœuds de moyenne vers le waypoint Guy Cotten. Puis le golfe de Gascogne a rappelé que les pièges les plus fatigants ne sont pas toujours les plus spectaculaires. Le petit temps use parfois davantage qu'un gros coup de vent : il faut manœuvrer sans cesse, rester lucide, accepter aussi d'aller dormir au bon moment.

Goodchild a dormi près de 7 heures cumulées lors de la quatrième journée, un chiffre modeste mais suffisant pour un marin qui connaît ses limites. « J'ai fait deux, trois bêtises, a-t-il admis. Mais heureusement, il n'y a pas eu de casse. »

L'appropriation réussie d'un bateau d'exception

Macif Santé Prévoyance n'est pas un Imoca ordinaire. Dessiné par le cabinet Verdier, ce monocoque a permis à Charlie Dalin de remporter le Vendée Globe 2024-2025 en 64 jours, pulvérisant le record de l'épreuve. Reprendre la barre d'un tel bateau après que son skipper a dû rester à terre pour soigner un cancer n'avait rien d'évident.

« Forcément, il y a un peu de pression quand on récupère un bateau avec un tel palmarès et qu'on succède à un marin comme Charlie », reconnaît Goodchild. « Mais pour l'instant, ça se passe plutôt bien. » 

Sam Goodchild à bord de son voilier, vêtu d'un équipement de voile jaune et noir.
Sam Goodchild à bord de son voilier, vêtu d'un équipement de voile jaune et noir. — (source)

Cette victoire est le fruit d'un hiver studieux. Depuis plusieurs mois, le skipper et son équipe peaufinent les réglages, les habitudes de navigation et les détails du quotidien à bord. « Je sens que le binôme bateau/skipper est bien en place, confirme-t-il. Avec toute l'équipe, nous avons beaucoup travaillé sur des petits détails qui me permettent de me sentir bien sur le bateau et dans ma manière de naviguer. »

Des conditions qui ont favorisé le potentiel du bateau

Dans les conditions instables et relativement plates de cette 1000 Race, Macif Santé Prévoyance a montré tout son potentiel. « Il n'y a jamais eu de grosse mer, et dans ces conditions de transitions par mer relativement plate, Macif Santé Prévoyance est très à l'aise, analyse le skipper. C'est sa grande force. »

Le bateau a été irréprochable du début à l'arrivée, sans le moindre souci technique. « Ce qui m'a permis de rester pleinement focalisé sur la performance », souligne Goodchild. Cette fiabilité, couplée à une vitesse de pointe redoutable dans les phases de transition, a fait la différence face à une concurrence pourtant solide.

Une quatrième victoire dans la classe Imoca

Cette victoire en solitaire est la quatrième de Sam Goodchild dans la classe Imoca. Il avait déjà remporté la Course des Caps, le Défi Azimut et The Ocean Race Europe en 2025, mais toujours en équipage ou en double. La 1000 Race marque donc un cap dans sa carrière.

L'ancien figariste, neuvième du dernier Vendée Globe sur Vulnérable (76 jours, 2 heures et 1 minute), monte en puissance depuis son arrivée dans la classe Imoca. Champion Imoca 2023, il a accumulé les expériences sur toutes les classes de la voile : Figaro, Class40, MOD70, Ultime, Ocean Fifty. Cette polyvalence, acquise au fil d'une carrière débutée chez Alex Thomson puis Mike Golding, fait de lui un marin complet. 

Sam Goodchild en navigation sous un ciel nuageux.
Sam Goodchild en navigation sous un ciel nuageux. — (source)

« Il n'y avait pas tout le plateau comme il y aura sur la Route du Rhum, mais c'était excellent pour se jauger, estime Goodchild. Je me suis senti à l'aise sur le bateau, j'ai retrouvé la manière dont j'aime naviguer, c'est-à-dire de suivre mon instinct. Il fallait oser. À un moment donné, il faut décider de sa route et y aller jusqu'au bout. »

Une option risquée qui a payé

À un moment de la course, Goodchild a temporairement perdu la tête quand il a choisi une option plus sud au waypoint Trophée Gallimard. Un choix audacieux qui a suscité des interrogations chez les observateurs. « Parfois, on se demandait pourquoi il prenait un bord aussi loin, raconte Évelyne Ménard, photographe qui suit les courses à la voile. Mais en fait, ça lui a réussi. Et il a pu garder la tête de la course tout du long. »

Cette confiance dans ses choix tactiques, Goodchild l'a cultivée pendant des années de navigation. Britannique d'origine, né le 19 novembre 1989 à Bristol, il a grandi sur un bateau basé à Grenade avec sa famille jusqu'à l'adolescence. Installé en France depuis 2011, il navigue avec une double culture qui lui donne une lecture singulière des courses.

La Route du Rhum dans le viseur

Cette 1000 Race était aussi une épreuve qualificative pour la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, dont le départ sera donné le 1er novembre 2026 à Saint-Malo. Goodchild a validé son ticket avec une autorité qui le place d'ores et déjà parmi les favoris.

« On verra surtout ce que ça donnera avec une flotte de 25 Imoca au départ de la Route du Rhum, tempère-t-il. En attendant, je ne pouvais pas vraiment espérer meilleur début en solitaire avec ce projet. »

La transatlantique en solitaire reste le grand défi de sa saison. Avant cela, Goodchild prendra le départ de la Vendée Arctique le 7 juin 2026, une course qui servira de répétition grandeur nature. L'objectif est clair : arriver en novembre avec un bateau parfaitement maîtrisé et un skipper en pleine confiance.

Un accueil chaleureux à Concarneau

À son arrivée à Concarneau, le skipper a été accueilli par une trentaine de personnes : son équipe technique et quelques supporters. Il a arrosé son bateau de champagne avant de prendre son père dans ses bras, venu spécialement du Portugal pour assister à la première victoire en solitaire de son fils.

« Je suis très fier de lui, a confié Robert Goodchild. Il a poursuivi ce rêve toute sa vie et il a fait un très gros travail sur lui. Maintenant, il profite d'une équipe qui le fait exceller. »

Cette dimension humaine n'échappe pas à ceux qui suivent le circuit. Goodchild, ancien conseiller en stratégie ayant quitté Paris pour vivre son rêve en Bretagne, incarne une certaine idée de la persévérance. Sa trajectoire, du Figaro à l'Imoca en passant par la Volvo Ocean Race avec Michel Desjoyeaux en 2014, témoigne d'une progression constante.

Ce que cette victoire change pour la suite

Avec cette première victoire en solitaire en Imoca, Sam Goodchild coche une case importante dans son développement. Il prouve qu'il peut gérer seul un bateau de cette puissance, prendre des décisions tactiques pertinentes sans équipage pour l'épauler, et maintenir un rythme élevé pendant près de cinq jours.

« Je suis un peu fatigué, mais tellement content que ça se soit déroulé comme ça, je ne pouvais pas rêver mieux », confiait-il à son arrivée dans un communiqué transmis par le Team Macif.

La suite de la saison s'annonce chargée. Après la Vendée Arctique en juin, Goodchild enchaînera avec la préparation finale pour la Route du Rhum. Le programme est dense, mais le skipper aborde cette période avec une sérénité nouvelle.

« Il fallait prendre ses marques sur l'Imoca Macif Santé Prévoyance, il fallait gagner sa première course en solitaire sur un Imoca, et il fallait aussi se qualifier pour la Route du Rhum, résume-t-il. Sam Goodchild a tout réussi. »

Conclusion

La 1000 Race 2026 restera comme le premier succès en solitaire de Sam Goodchild dans la classe Imoca. Une victoire construite sur une maîtrise tactique, une préparation minutieuse et une confiance totale dans son bateau. À bord de Macif Santé Prévoyance, l'héritier de Charlie Dalin a montré qu'il méritait sa place parmi l'élite de la course au large. Avec la Route du Rhum en ligne de mire, ce succès est une promesse : celle d'un marin prêt à écrire sa propre légende sur l'Atlantique.

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Questions fréquentes

Sam Goodchild a-t-il gagné la 1000 Race ?

Oui, Sam Goodchild a remporté la 1000 Race le 8 mai 2026. Il a franchi la ligne d'arrivée avec plus de 100 milles d'avance sur le deuxième. C'est sa première victoire en solitaire dans la classe Imoca.

Quel bateau a utilisé Sam Goodchild ?

Sam Goodchild naviguait à bord de Macif Santé Prévoyance. Ce monocoque, dessiné par le cabinet Verdier, avait permis à Charlie Dalin de remporter le Vendée Globe 2024-2025.

La 1000 Race qualifie-t-elle pour la Route du Rhum ?

Oui, la 1000 Race était une épreuve qualificative pour la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Sam Goodchild a validé son ticket pour cette course dont le départ est prévu le 1er novembre 2026 à Saint-Malo.

Combien de temps a duré la 1000 Race ?

Sam Goodchild a mis 4 jours, 22 heures, 9 minutes et 56 secondes pour boucler la course. Il a parcouru environ 1 300 milles nautiques sur l'eau, soit plus que les 1 000 milles théoriques.

Sources

  1. Voile : Sam Goodchild signe sa première victoire en solitaire en Imoca et marque les esprits avant la Route du Rhum · lefigaro.fr
  2. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  3. Favori, Sam Goodchild remporte sa première course seul sur un Imoca - ICI · ici.fr
  4. Sam GOODCHILD · imoca.org
  5. imoca.org · imoca.org
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Thomas Rabot @terrain-pro

Ancien handballeur en nationale 3, je vis le sport avec passion même si mon genou m'a dit stop. Coach sportif à Dijon, je regarde tout : foot, basket, tennis, sports de combat, e-sport. J'analyse les perfs avec un œil technique mais accessible. Les stats, c'est bien, mais je préfère raconter les histoires humaines derrière les résultats. Le sport, c'est pas que des chiffres – c'est des gens qui se dépassent.

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