
Une ambiance unique à Nairobi
Il est difficile de décrire l'ambiance qui règne lors d'un tel événement, surtout quand l'un des leurs détient le record du monde sur l'une des épreuves reines du demi-fond. Dans les tribunes plus que vétustes d'un stade national de Nairobi aux couleurs nationales, on pouvait voir une foule très dense habillée en tenues traditionnelles kényanes.
Là-bas, le sport national n'est pas le football, ni le rugby, ni le basket-ball et encore moins le handball. Les Kényans attendent avec une impatience nullement cachée les étés remplis de Championnats du monde ou, comme cette année, les Jeux Olympiques. Ces deux événements sportifs majeurs sont les seules occasions pour la population kényane de vibrer autour du sport et de révéler au monde entier de quoi ils sont capables.
Rudisha, héros national
Rudisha au Kenya, c'est comme Zinedine Zidane en France à l'époque où il éblouissait la planète football. Dans les rues de Nairobi, si vous demandez à un gamin d'une dizaine d'années quel sportif il rêverait de devenir : un sur dix vous dira Usain Bolt mais les autres vous répondront Rudisha. Alors, voir le héros du pays attire évidemment les foules.
Le temps de Rudisha n'est pas tout près de son record du monde (1'42''11 contre 1'41''01), mais la seule différence, et elle est de taille, est que le stade national de Nairobi se situe à plus de 1 600 m d'altitude. Rudisha tenait à faire un bon temps et il était ravi de cette fête populaire : « Ici, normalement, je n'ai pas besoin de trop m'employer pour passer, mais je tiens à être exactement à mon niveau car le public présent ne peut me voir qu'ici. Ils ne sont pas là pour mes meetings et ils ne seront pas là à Londres. J'ai le devoir de leur offrir ça, c'est le minimum que je puisse faire ».
Ce bon temps en altitude peut faire penser que le record du monde sera à sa portée, soit à Saint-Denis pour le Meeting Areva, soit lors des JO.