
Tous les commentateurs et autres experts footballistiques débattront pendant de nombreuses heures des raisons d'une telle défaite. On parle ici de défaite, car parler de débacle serait une insulte à ces vaillants Scandinaves. Mais la tactique mise en place par Laurent Blanc doit-elle être mise en cause ?
Ce qui sauta aux yeux dès le début du match fut cette frilosité ambiante présente dans toutes les lignes de la formation française. C'est à Hugo Lloris que l'on donna la mission de sauveur : sauver les errances de son équipe, sauver les manques physiques de ses partenaires. L'équipe que l'on a vue hier ne ressemblait en rien à celle qui a affronté l'Ukraine quelques jours auparavant. Un manque d'envie assez criant.
Pourquoi les Bleus ont-ils manqué d'envie ?
Elle s'est fait dominée dans tous les duels et la taille plus faible de nos joueurs n'explique pas tout. Un jeu lent, sans éclat, d'une équipe en manque de forme qui sait qu'elle va se qualifier pour les quarts de finale de la compétition.
Il est fort probable que les Bleus aient été mis au courant de l'ouverture du score de l'Angleterre contre l'Ukraine par l'intermédiaire du revenant Wayne Rooney. À ce moment-là, la France était sûre à 100 % de passer en quarts, ce qui peut expliquer cette seconde mi-temps encore plus désastreuse de l'équipe de France.
L'attitude de la France face au danger
Sur l'ensemble des trois matches, le constat est très intéressant. Contre l'Angleterre, il ne fallait surtout pas perdre le premier match. Résultat : un début de match plus que timide et un simple réveil de dix minutes entre l'ouverture du score britannique de Lescott et l'égalisation de Samir Nasri. Ensuite, un match terne et l'objectif de ne pas perdre était atteint.
Contre l'Ukraine, ne pas gagner aurait très largement compromis les chances de qualification d'une équipe de France en plein doute. Le couteau entre les dents, les Bleus ont sorti une prestation de bonne figure qui a abouti sur une victoire salutaire 2-0, sans que l'on ait eu très peur d'un pays organisateur très dur à battre.
La France, inconsciemment ou non, ne se donne pas à 100 % tant que l'épée de Damoclès n'est pas placée au-dessus de sa tête. Contre l'Espagne, une défaite symboliserait un retour à la maison ; or, quand la France doit gagner, elle gagne.