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Qui veut prendre la place de Webber ?

Raïkkönen, Ricciardo ou Vergne : qui succédera à Mark Webber chez Red Bull ? Analyse des prétendants.

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Durant toute sa carrière, on n'aura pas beaucoup entendu la voix grave de Mark Webber, car l'Australien est plus du genre taiseux que moulin à parole. Ses émotions, il a tendance à les dissimuler, sans doute pour se préserver de cette sphère médiatique dont il n'était pas censé s'approcher, et il le fait dans les bons moments comme dans les moins bons. Quand il est heureux, il ne le montre pas. Un petit sourire se pointe sur le visage carré de l'Australien, mais pas d'explosion de joie car avec Webber, la discrétion est de mise. Quand il a quelque chose sur le cœur, il le garde pour lui et ne veut le faire savoir qu'en interne.

Voyant son contrat approcher de son terme, qui sera fin 2013, et ne se sentant pas l'envie de poursuivre sa vie dans un baquet de Formule 1 préférant tenter un nouveau défi dans la discipline de l'Endurance, Mark Webber a décidé de surprendre. Il ne faut pas être d'une perspicacité hors du commun pour s'apercevoir que le pilote australien n'est plus épanoui dans cet univers impitoyable qu'est la Formule 1, où il n'eut jamais la chance d'être un leader, à jamais dans l'ombre de Sebastian Vettel. Pour changer un peu de son style originel, il a décidé d'ouvrir la bouche à la grande surprise de Christian Horner, qui ne s'attendait pas à ce que son deuxième pilote annonce publiquement sa non-prolongation de contrat au sein de la formation autrichienne seulement quelques jours après qu'il lui fit part de sa décision d'arrêter sa carrière au volant d'une monoplace.

Autant dire que le baquet d'une voiture triple championne du monde des constructeurs et des pilotes avec Sebastian Vettel attire les convoitises, et les candidatures ont rapidement afflué sur le bureau d'Adrian Newey. Avec l'accord du président de l'écurie Dietrich Mateschitz, ce dernier fit part que la décision concernant le remplaçant de Mark Webber serait prise avant la fin de l'été. Toujours en parallèle avec la formation Toro Rosso, qui appartient à la grande firme Red Bull et dont cette dernière se sert comme une sorte d'antichambre ou d'une équipe junior d'où est issu Sebastian Vettel, les noms de Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo ont été avancés comme les mieux placés à la succession de Mark Webber.

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La piste Kimi Raïkkönen

Seulement, Red Bull se méfie de la jeunesse de ces deux pilotes pleins de talent mais peut-être un peu inexpérimentés pour s'installer dans le baquet d'une voiture Red Bull qui se doit de garder son emprise sur le Championnat du monde de Formule 1. C'est pour cette raison que la firme autrichienne a engagé des négociations avec Kimi Raïkkönen, dont Christian Horner louait encore le pilotage il n'y a pas si longtemps : "C'est un pilote complet qui est un des meilleurs en qualifications et qui sait aussi être excellent en course. Vous remarquerez qu'il n'arrive que très rarement moins bien classé que sa place de départ." Des négociations censées se résoudre au plus vite. On disait même que l'arrivée du Finlandais pourrait être officialisée dès la fin du Grand Prix de Hongrie de demain. Tout semblait fait, mais les dernières interventions médiatiques ont quelque peu refroidi les dirigeants de Red Bull : "La saison prochaine, beaucoup de règles vont changer. On se rend déjà compte depuis l'année dernière que les écarts sont de plus en plus faibles entre les différentes équipes. Je pense que ce changement de règles peut vraiment tout relancer. Je ne vais pas me précipiter avant de faire un choix."

La rivalité Ricciardo vs Vergne

Et voilà qu'Éric Boullier reprenait espoir pour conserver son premier pilote : "Il voit le travail de recherche que l'on fait pour améliorer la voiture. Il voit qu'on se rapproche de plus en plus des Red Bull donc il se dit que changer de voiture ne serait pas forcément la meilleure idée." La piste Kimi Raïkkönen devant être utilisée entre parenthèses, il ne reste alors que Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne en lice. Le premier a pris un petit avantage sur l'autre, car Red Bull ne laisse pas souvent essayer sa voiture pendant une demi-journée et c'est ce que Daniel Ricciardo a fait sur le circuit de Silverstone pendant toute une matinée. Aussi troublant soit cette anecdote, le jeune Australien a réalisé de meilleurs temps sur sa bonne vieille Toro Rosso que sur la Red Bull, qui est bien partie pour être la meilleure de la saison si l'on en croit le classement des constructeurs. "C'est juste une histoire d'habitude, c'est aussi simple que cela. J'ai mes automatismes sur la Toro Rosso donc c'est normal que je sois plus performant. La Red Bull est une voiture très forte mais comme pour les autres voitures, il faut travailler pour en sortir le meilleur", relativise celui qui rêve de remplacer son compatriote australien, légèrement plus âgé que lui.

L'avenir des pilotes Toro Rosso

Les dirigeants de l'écurie Toro Rosso se préparent à se séparer d'un de leurs pilotes. En quête d'une certaine stabilité, ces derniers ont tenu à rassurer ses pilotes. Quoi qu'il arrive dans les jours ou les semaines à venir, Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne auront un baquet la saison prochaine, un luxe pour le Français que n'auront pas forcément ses compatriotes du paddock, on pense à Romain Grosjean qui pourrait ne pas être gardé par Lotus-Renault même si Éric Boullier assure que son écurie lui fait entièrement confiance et notamment pour l'avenir proche de l'écurie.

Mais ce baquet assuré ne chamboulera en rien les ambitions de Jean-Eric Vergne qui ne compte pas lâcher la place qui se libère chez Red Bull à son coéquipier, même s'il sait que les pronostics ne lui sont pas forcément favorables : "Je sais que je ne suis pas le favori pour le poste mais j'ai confiance en moi et je connais mes qualités. Je vais tout faire pour que Christian Horner et Dietrich Mateschitz me donnent cette place." Une place d'outsider qu'il est compliqué de comprendre car, en voyant le classement des pilotes, on se rend compte que le Français se trouve quelques lignes plus haut que son partenaire océanien : "J'ai l'impression que Red Bull apprécie la constance de Ricciardo et qu'ils ne regardent pas trop les classements. Il a fini plus de courses que moi mais c'est un peu facile de me discréditer pour ça. Quand j'abandonne, ce n'est pas forcément ma faute. Je dirai même que c'est rarement de ma faute. Charles Pic me percute dans les stands en Malaisie, Webber fait pareil en Chine. En Espagne, Nico Hülkenberg me rentre dedans, ou sinon j'ai eu des ennuis mécaniques. Si Red Bull veut un pilote qui finit toutes ses courses en se fichant de la place, c'est leur choix mais quand je finis mes courses, j'explose Ricciardo à tous les coups. Je suis bien meilleur en course. Je l'ai prouvé. Je pense que j'ai mes chances, en toute sincérité, parce que Red Bull ne prendra pas de risques et fera attention à ne pas se tromper. Je sais ce qu'il me reste à faire..."

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Fruitier Manu @rmcriolo
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