
Demain soir, sur la pelouse du Stade olympique de Montréal, les joueuses de l'équipe de France défieront la Corée du Sud dans l'espoir de décrocher leur ticket pour les quarts de finale. Elles y retrouveraient le vainqueur de l'affrontement entre l'Allemagne et la Suède qui se déroulera ce samedi soir. S'il ne fait aucun doute que la France sera la grande favorite face à des Sud-Coréennes déjà toutes heureuses de s'être extraites des phases de poules, on ne sait pas trop quel sera le onze de départ mis en place par Philippe Bergeroo et son staff.
La victoire sublime il y a trois jours contre le Mexique (5-0), pour laquelle le sélectionneur des Bleues avait procédé à de nombreux changements d'ampleur, a clairement redistribué les cartes. On parle bien sûr du secteur offensif, tant la défense française paraît indiscutable. Sarah Bouhaddi s'est rassurée face au Mexique par deux sorties aériennes pleines d'autorité et il ne fait nul doute qu'elle sera dans les cages demain soir. La charnière centrale ne bougera pas, avec la capitaine Wendy Renard et la toujours très solide parisienne Laura Georges. Les latérales également devraient être conservées, avec Laure Boulleau à gauche et Jessica Houara à droite.

Quelle composition au milieu et en attaque ?
Si la défense semble connaître une relative stabilité, il ne devrait pas en être de même concernant le milieu de terrain et l'attaque. Tout dépendra du dispositif choisi par Philippe Bergeroo. Ce dernier pourrait décider de reconduire le 4-4-2 qui a fonctionné si bien à Ottawa face aux Mexicaines, mais il pourrait tout autant revenir à un 4-2-3-1, plus habituel depuis la prise de fonction de Bergeroo à la tête de l'équipe de France féminine. Dans les deux cas, il y aura deux milieux devant la défense.
Camille Abily est titulaire indiscutable, tant ses capacités techniques, sa vision du jeu éclairée et sa précision de passe sont indispensables à la construction du jeu français. Celle qui l'épaulera devrait être Amandine Henry. Cette dernière, titulaire contre l'Angleterre et le Mexique et remplacée par Bussaglia contre la Colombie, a été logiquement élue joueuse du match contre le Mexique, et pas seulement pour son but somptueux. Sa complicité avec Camille Abily n'est plus à démontrer et les deux assurent l'équilibre de l'équipe.
C'est ensuite que les choses se compliquent. Car c'est dans le secteur offensif que Bergeroo a fait le plus de changements pour affronter le Mexique, et pas des moindres, envoyant deux cadres de cette équipe de France, Louisa Nécib et Gaëtane Thiney, sur le banc au profit d'Amel Majri et de Marie-Laure Delie. Si l'on a surtout vu la deuxième grâce à son but marqué au bout de trente-cinq secondes de jeu et à son influence sur deux des quatre autres buts qui suivirent, la première a également fait une très bonne prestation alors que son positionnement à gauche du milieu de terrain français ne lui est pas familier, étant plus souvent au poste de latérale gauche.
Philippe Bergeroo a toujours évité la question épineuse de connaître la raison de la mise à l'écart de Nécib et Thiney en avançant le fait d'avoir voulu faire tourner son effectif. Il faut avouer que beaucoup de sélections ont procédé à de nombreux remplacements, tant il fait chaud au Canada en ce mois de juin et les terrains synthétiques puisent encore plus d'énergie. Dans cette idée, on pourrait croire que d'autres changements seront faits contre la Corée dans cette logique de turn-over, mais il semble bien plus probable que Bergeroo se base sur l'équipe qui fut si étincelante mercredi soir. Une équipe agressive, offensive, utilisant bien plus les côtés et notamment la vitesse de Thomis côté droit, capable de faire la différence en une accélération. Cerise sur le gâteau, et avec une efficacité redoutable dont la titularisation de Delie n'est pas étrangère.
La question qui se pose alors concerne la capacité de Nécib et Thiney à accepter de rester durablement sur le banc. L'attaquante de Juvisy semblait le prendre bien : « je préfère gagner sur le banc que perdre sur le terrain. On est une équipe très forte avec de la concurrence à chaque poste et c'est une bonne chose ». Dans tous les cas, il faudra montrer la même détermination et la même vitesse pour se retrouver en quart de finale de la Coupe du Monde et se rapprocher d'une qualification pour les Jeux Olympiques de Rio.