
À l'issue de la rencontre, pouvait-on réellement penser que la victoire du Paris Saint-Germain était synonyme de sortie de crise ? Si nous devions nous en tenir au jeu, strictement au niveau footballistique, on serait tenté de répondre non immédiatement, sans hésiter une seule seconde. Et pour cause : le contenu du match des Parisiens est toujours aussi vide de créativité. Surtout, ce qui choque, c'est ce manque criant d'intensité dans tous les compartiments du jeu.
Il faut tout de même avouer que la pseudo-crise du côté du Camp des Loges était principalement due aux deux défaites à domicile contre Saint-Étienne (2-1) et le Stade Rennais (2-1), ainsi qu'au match nul obtenu à Montpellier (1-1). Signalons également que l'on ne s'alarmait pas de la sorte lorsque Paris jouait mal mais rapportait le plus souvent les trois points. De ce point de vue comptable, la crise est donc quelque peu dissipée.
La dernière victoire parisienne datait de la dernière rencontre de Ligue des Champions contre le Dinamo Zagreb (4-0), où les hommes de Carlo Ancelotti avaient baclé la première mi-temps mais étaient parvenus à mener 1-0 à la pause. Ils avaient ensuite su élever leur niveau de jeu pour ajouter trois réalisations supplémentaires. À l'heure de rentrer aux vestiaires après avoir disputé les quarante-cinq premières minutes, on pensait dur comme fer que le scénario serait similaire.
Pourtant, Paris a très mal commencé cette rencontre. À tel point que l'on a cru que la gueulante de Carlo Ancelotti n'avait pas servi à grand-chose et que le PSG pouvait encore tout perdre. Kiev a profité de l'état semi-endormi de son adversaire pour prendre le jeu à son compte. Paris ne créait pas le danger et, en plus, laissait faire les Ukrainiens qui, sans un excellent Salvatore Sirigu — voulant absolument se racheter après sa mauvaise prestation du week-end dernier où, sur le coup franc inscrit par Julien Féret, il avait très mal géré son mur et son placement —, auraient pu mener 1-0 au bout de vingt minutes de jeu sur un corner bien repris de la tête par Gusev.
Sauf que Paris résistait tant bien que mal, essayant de rattraper les erreurs de Marco Verratti qui continue de prendre des risques inconsidérés à moins de trente mètres de ses cages. C'est d'ailleurs sur une récupération de son milieu de terrain italien qu'est venu le premier but. À la suite de ce ballon, Lavezzi, parfaitement servi par un Zlatan Ibrahimović toujours aussi inspiré même quand il ne marque pas, parvenait à piquer son ballon suffisamment pour tromper le gardien ukrainien.
Lavezzi enfin décisif sous le maillot parisien
Il s'agit de la première réalisation de l'attaquant argentin avec le Paris Saint-Germain, un but qui fait beaucoup de bien au deuxième plus gros transfert de l'été. L'Argentin avait quitté Naples pour la capitale française contre un chèque de 25 millions d'euros et avait connu un début de saison ponctué par une exclusion sur la pelouse d'Ajaccio pour un tacle pied joint.
C'est vrai qu'on l'avait revu depuis dans de meilleures dispositions, comme lors de la victoire au Parc des Princes contre Zagreb : « J'étais tellement heureux de marquer mon premier but. J'aurais préféré le faire au Parc des Princes, dans mon nouveau stade, mais c'est déjà pas mal ». À ce moment-là, il ne pouvait pas se douter qu'il allait doubler la mise peu après la reprise grâce à une grossière erreur de la défense ukrainienne qui laissait Blaise Matuidi distribuer tranquillement à un Ezequiel Lavezzi qui n'avait plus qu'à pousser le ballon.
Avant même l'heure de jeu, Paris menait de deux buts sans rien démontrer, sans rien faire, et ce n'est pas à ce moment qu'il s'est décidé à faire quelque chose. Carlo Ancelotti et Leonardo avaient prévenu qu'il fallait gagner ; c'est ce qu'ils ont fait et, au fond, c'est le principal. Du moins, c'est ce que l'on comprenait en écoutant le discours du technicien italien : « On a gagné et c'est le plus important du reste. C'est vrai que l'on n'a pas bien joué du tout, mais je préfère gagner en jouant assez moyennement plutôt que le contraire. On compte quatre victoires en cinq matches, on est deuxième à seulement un point de Porto. On aura même l'occasion de jouer la première place du groupe chez nous, dans deux semaines ».
Dans un mois de novembre des plus compliqués, Paris peut enfin esquisser un sourire, mais il n'a toujours pas convaincu dans le jeu. Il faudra confirmer samedi en championnat contre Troyes. Paris devra faire mieux que ses deux dernières sorties au Parc des Princes pour se relancer en championnat...