
Mais, malgré le fait qu'elle n'assure pas la première place du groupe au PSG ni même la deuxième, cette victoire figure tout de même comme l'un des plus grands exploits du football hexagonal en club. Une victoire exceptionnelle car on prédisait l'enfer aux Parisiens, que l'on pensait incapables de battre une aussi grande écurie dans un tel contexte de résultats moyens et de jeu tout sauf flamboyant en Ligue 1. Une victoire remarquable car Paris devait affronter le FC Barcelone sans des leaders d'envergure de la trempe d'Ibrahimovic, Thiago Silva et Lavezzi. Mais le football est ainsi fait. Ce n'est pas un sport comme un autre et l'irrationnel y joue parfois — et même souvent — un rôle central. Voilà pourquoi le PSG se retrouve à obtenir un piteux match nul sur la pelouse de Toulouse (1-1) samedi dernier en Championnat et qu'il arrive à mettre au pas le grand FC Barcelone trois jours plus tard.

Verratti et David Luiz pour leurs premiers buts
On a assisté hier soir à un exemple de courage, de mérite, d'envie. Pour simplifier, on dira que le Paris Saint-Germain a fait hier ce qu'il est incapable de donner en fin de semaine quand il faut jouer contre des équipes moins prestigieuses. On dira que Paris a malheureusement tendance à choisir ses matches, et ce ne serait pas faux, mais comment ne pas lui pardonner quand on voit ce qu'il est capable de faire quand il en a réellement envie ? Il est capable de retrouver une certaine efficacité offensive. On mettra de côté le cas d'Edinson Cavani qui a prouvé une nouvelle fois qu'il ne s'en sortait pas quand il évoluait seul à la pointe de l'attaque. Il a manqué hier plusieurs situations intéressantes qui auraient mérité d'être mieux exploitées, et surtout celle en fin de match qui aurait coûté très cher si le Barça avait égalisé. Heureusement pour le double Champion de France en titre, ce gâchis offensif ne fut pas partagé. D'abord, ce fut David Luiz qui ouvra le score rapidement, débloquant son compteur sous les couleurs du PSG (même si l'intéressé affirme que son premier but avait été inscrit la saison dernière en quart de finale aller de la Ligue des Champions lorsqu'il avait inscrit un but contre son camp pour Paris quand il jouait pour Chelsea). Comme il s'agissait de la soirée des premières, Marco Verratti décida de faire aussi bien que le Brésilien en y allant de son but à la réception d'un corner de Thiago Motta. Puis, vers l'heure de jeu et comme il n'y a jamais deux sans trois, Blaise Matuidi en inscrivit un troisième en reprenant au second poteau un centre ras-de-terre puissant de Greg Van der Wiel.
À voir le score, on penserait presque que ce fut un duel d'attaque, mais ce serait faire injustice au milieu de terrain et à la défense qui firent une prestation exceptionnelle. On a enfin retrouvé le milieu de terrain qui émerveillait toutes les pelouses de France et d'Europe avec le retour du vrai Thiago Motta, celui qui ouvre le jeu, celui qui fait des passes lumineuses, celui qui sait gérer ses jeunes partenaires parfois trop fougueux. En parlant de fougue, Marco Verratti et Blaise Matuidi n'en ont pas manqué. Javier Pastore, en position assez libre, fut au niveau qu'il est habituellement pour ce genre de rendez-vous, c'est-à-dire inspiré, clairvoyant et terriblement percutant. En ce qui concerne la défense, il ne faut pas s'attacher de trop près au nombre de buts encaissés tant Marquinhos fut épatant, à l'image de son début de saison qui fait de lui un titulaire indiscutable qui donnera des sueurs froides à Laurent Blanc quand Thiago Silva refera surface. Preuve en est, son tacle plein de rage qui repoussait une reprise de Jordi Alba. Au-delà de son but, David Luiz fit une de ses meilleures apparitions, comme s'il voulait répondre à ceux qui affirment que le PSG a fait une erreur de casting en l'engageant dès le début du mercato.

Barcelone sans inspiration
Du côté barcelonnais, il y aura certes quelques regrets, bien que Luis Enrique n'ait essayé en rien de minimiser la victoire parisienne. Mais tout de même, il faudra que ce dernier revoie sérieusement le match pour comprendre pourquoi sa défense — une défense qui n'avait pas encaissé un seul but depuis le début de la saison, toutes compétitions confondues — a pu craquer à ce point-là. Sur cette question, quelques réponses se dessinent. La première concerne le gardien Ter Stegen (qui ne disputait que son deuxième match avec le Barça), qui fut coupable sur le deuxième et le troisième but du PSG. Claudio Bravo, qui n'a pas encaissé de but en Liga, devrait également jouer la Coupe d'Europe. La seconde repose sur la défense centrale, où Mascherano fut clairement mauvais alors que Jérémy Mathieu essayait tant bien que mal de garder la maison.
Le seul mérite qu'auront eu les Barcelonnais aura été de réagir rapidement aux buts encaissés. Après l'ouverture du score de David Luiz, ils ne mirent que 106 secondes à égaliser par un jeu en triangle époustouflant entre Iniesta, Neymar et Messi, qui voyait ce dernier battre Salvatore Sirigu. Les Catalans mirent à peu près le même temps pour réduire le score après le but de Matuidi, mais cette fois c'était Neymar qui fut à la conclusion. Sans cela, le Barça ne fut pas plus séduisant que ça. Il a eu de très bonnes séquences, notamment après l'égalisation de Lionel Messi ou dans le dernier quart d'heure alors que le PSG menait déjà 3-2. Des séquences pendant lesquelles les Blaugranas monopolisèrent le cuir (entre 65 et 70 % de possession de balle) mais sans que les occasions ne suivent derrière. Neymar et Pedro ne parvenaient pas à prendre le relais de Lionel Messi, impressionnant de courage mais pris en étau par Marquinhos et David Luiz.
Alors, on ne le répètera jamais assez, cette victoire n'aura pas de véritables conséquences comptables. On n'est même pas sûr qu'elle lance réellement la saison des Parisiens. On aura l'occasion de le savoir dimanche avec la réception de l'AS Monaco en Championnat, en espérant qu'il s'agisse du PSG d'hier soir parce qu'il est vraiment très beau à voir et que, quelque part, un tel niveau de jeu commençait à nous manquer...