
Pinturault n'est pas forcément le sportif français le plus connu et reconnu, mais cela s'explique aisément par le fait que le ski alpin ne jouit pas d'un écho suffisant en France pour le porter sous les projecteurs. Pourtant, Pinturault mérite que les regards se tournent vers lui. Ce n'est d'ailleurs pas le cas en Autriche, où le ski fait partie intégrante de la culture populaire. Là-bas, les skieurs sont adulés comme des rockstars et Alexis Pinturault est considéré comme l'une d'entre elles. On a pu s'en apercevoir jeudi lors de la présentation officielle des skieurs pour l'ouverture de la saison à Sölden, en Autriche. Et il n'y en a pas que pour les Autrichiens. Au bas mot, le natif de Moûtiers a passé près de trois quarts d'heure à répondre aux diverses sollicitations entre la presse, les signatures d'autographes et les demandes de photos de la part de fans conscients d'avoir devant eux le futur du ski mondial : « Commencer la saison ici en Autriche, qui est le temple du ski alpin où tout le monde est à fond, c'est un véritable plaisir. Le bonheur, c'est que tout le monde est gentil. Il y a beaucoup de respect et de passion, ça fait du bien et ça remonte l'excitation », se réjouissait le jeune skieur tricolore.
Une liberté totale avec Red Bull
Entre deux photos demandées par des jeunes fans, il trouvait le temps de parler de sa toute fraîche collaboration avec la firme autrichienne : « Les dirigeants de Red Bull étaient déjà venus me voir à la fin de la saison 2012 pour me sponsoriser, mais je n'avais même pas vingt et un ans. Je me sentais trop jeune, trop frais pour me disperser dans de la pub ou autre chose parce que je me focalisais presque exclusivement sur le sport. Ils avaient été très respectueux et avaient pleinement respecté mon choix en me précisant que si je changeais d'avis, la porte serait ouverte ». La marque aux taureaux rouges et Pinturault ont gardé le contact jusqu'à cet été : « Ils m'ont recontacté au début du mois d'août. J'ai réfléchi, je leur ai fait part de mes réticences, de mes questionnements, et j'ai été conquis ». Évidemment, cet accord débouche sur une rémunération significative, même si ce n'a pas été le seul point qui a permis de l'attirer. Pinturault poursuit : « Je vous assure que ce n'est pas l'argent qui a dicté mon choix. En fait, j'avais peur de ne plus être libre, de m'éloigner de Courchevel alors que j'y suis profondément attaché. Je craignais également d'être trop plébiscité et que ça joue sur mes performances sur la piste, mais Red Bull laisse vraiment beaucoup de liberté. »
Avec Red Bull, Alexis Pinturault ne fait pas que des photos pour les magazines. L'entreprise répond aussi à tous ses besoins : « Avec Red Bull, c'est un peu à la carte. Ils te bichonnent comme un prince si tu leur demandes, et ils te laissent complètement tranquille si tu préfères ne pas trop changer tes habitudes. » À titre d'exemple, Red Bull encadre toute la carrière de Lindsay Vonn. Ils lui donnent un entraîneur, un préparateur physique, un kiné et tout ce dont elle a besoin, alors qu'Aksel Lund Svindal garde l'entourage qu'il avait avant. Pinturault pencherait plutôt pour le modèle du Norvégien : « Ils peuvent te filer un logement, un kiné si tu en as besoin. Comme ça, je pourrais éviter de rentrer tout le temps en France. Pour le repos, c'est bien aussi. »
Dernier point positif : Red Bull n'empiète sur rien. « Je tenais à rester avec un encadrement français. Je ne voulais pas changer de staff non plus, car cette sensation d'appartenir à un groupe avec le groupe France, j'adore ça. Et Red Bull me permet de rester avec le staff français, donc j'ai vraiment l'impression d'être en totale liberté », expliquait le jeune homme à peine âgé de vingt-deux ans. Quoi qu'il arrive, Red Bull compte sur le Français, lui qui n'a pourtant encore jamais été médaillé lors d'un Championnat du Monde et n'a pas remporté de globe de cristal. Mais il est l'avenir de la discipline et la firme autrichienne en a pleinement conscience. La délégation française comptera aussi sur lui pour briller lors des Jeux Olympiques d'hiver et, même sans ailes, Pinturault volera sur Sotchi...