
Ce relais était sans suspense, tant les Américains sont supérieurs dès qu'il s'agit de s'élancer dans un bassin de 50m. Cette course avait des allures de gala pour saluer le grand Phelps. L'obtention de sa vingt-deuxième médaille, dont la dix-huitième en or, est passée presque inaperçue. Dans les gradins, tout le monde reconnaissait l'immense carrière du "Kid" de Baltimore. On croisait Alain Bernard : "Je pourrai dire que j'ai arrêté en même temps que lui. Son record ne sera jamais battu, même si on disait la même chose avec le précédent record de la gymnaste russe".
On trouvait aussi Yannick Agnel, double champion olympique dans le bassin londonien : "En 2004, j'avais à peine douze ans quand il gagne ses sept médailles d'or. J'étais derrière ma petite télévision. Je me rappelle que j'étais en vacances du côté de Bordeaux. C'était formidable. Voir un nageur surclasser tout le monde, c'est énorme".
Le difficile début des Jeux pour Phelps
Pourtant, ses quatrièmes Jeux Olympiques n'avaient pas débuté de la meilleure des façons. Dès le premier jour, il ne prenait que la quatrième place du 400m quatre nages alors qu'il pouvait devenir le premier athlète à remporter un troisième sacre olympique d'affilée sur la même distance. Le lendemain, il s'inclinait lors du relais du 4x100m nage libre. C'est ce petit côté plus humain qui a fait plaisir à Chad LeClos, qui avait battu Phelps en 200m papillon : "À force de gagner, on pensait qu'il n'était pas un être humain, qu'il s'apparentait plus à une machine, mais le voir perdre, ça lui a donné une dose d'humanité".
L'après carrière et l'héritage de Phelps
Pour Phelps, qui a toujours nagé au moins trois bonnes heures par jour six jours par semaine, le changement risque de prendre du temps. Mais le plus ému était son coach de toujours, Bob Bowman, qui voyait son poulain en terminé : "C'est dur. Je le connais depuis si longtemps. Chaque jour passé à l'entraîner, c'était plus que merveilleux. Mais je le comprends très bien, il a 27 ans. Jusqu'à maintenant, l'eau était toute sa vie. Il doit faire autre chose". D'autres, comme Clément Lefert, voyaient également des points positifs : "Depuis le début des années 2000, il rafle tout. Son départ va sûrement ouvrir la porte à de nouveaux nageurs, des jeunes. En même temps, il ne faut pas se voiler la face. Lochte a 27 ans également mais il n'a pas dit qu'il arrêterait à la fin des Jeux Olympiques. Il a l'air quand même moins surpuissant". Bonne chance à qui voudra s'attaquer à son nouveau record de vingt-deux médailles et dix-huit d'or...