
Le Paris-Saint-Germain est une de ces équipes qui aiment se reposer sur un leader, que ce soit sur et en dehors du rectangle vert. On avait déjà eu cette impression avec Pauleta lors des saisons plus que compliquées des Parisiens, ou plus récemment, ce fut également le cas avec Néné. Mais à bien y regarder, on sent bien que ces deux exemples étaient bien différents.
Pauleta fut et restera l'attaquant star du PSG des années 2000. Il aida son club dans les meilleures années (comme en 2004 où le PSG était allé chercher cette seconde place et son ticket pour la Ligue des Champions) et les moins, voire beaucoup moins bonnes (lorsqu'il fallut lutter jusqu'aux toutes dernières journées du championnat pour décrocher son maintien en première division). Il est même devenu le meilleur buteur de l'histoire du club (avec 107 réalisations toutes compétitions confondues). Cependant, en championnat, sur toute sa période dans le club de la capitale, il marqua 91 buts sur 213 matches au total, ce qui fait moins de 50 %. Même lors de sa meilleure saison (d'un point de vue purement comptable), en 2005-2006, où il marqua 21 buts, il ne représenta que 48 % des buts parisiens cette saison-là, avec une moyenne de 0,58 but par match.
Pour Nene, c'est encore différent car sur une durée beaucoup plus courte. Les six mois qui suivirent l'arrivée du milieu brésilien du côté du Parc des Princes furent les meilleurs de l'ex-monégasque. Il enchaînait les buts et les passes décisives. Son absence pesait réellement sur le PSG de 2010.
Une moyenne de 2,48 points par match
Avec Zlatan Ibrahimovic, on va encore plus loin. Et ce phénomène fut visible plus tôt qu'on ne le pensait, dès son premier match officiel avec le PSG lors du match d'ouverture du championnat de France, lorsque Paris défiait Lorient. Il fut celui qui rattrapa un début de match catastrophique (les hommes de Carlo Ancelotti furent menés 2-0 pendant une grande partie de la rencontre) en inscrivant deux réalisations. À peine débarqué de Milan, il devenait déjà décisif avec son club d'accueil.
On l'avait déjà senti au Milan AC la saison dernière, où le salut de l'équipe lombarde passait par lui. Les rencontres qui suivirent confirmèrent ceci : avec Zlatan Ibrahimovic sur la pelouse, le Paris-Saint-Germain assure une moyenne de 2,48 points par match.
Le profil de Zlatan Ibrahimovic
Mais comment l'intéressé lui-même évalue-t-il son apport au PSG ? Il cultive deux idées. On le sait, l'attaquant suédois est plutôt du genre mégalo : il aime qu'on parle de lui et souhaite par-dessus tout être le meilleur sur le terrain, ce qu'il n'essaie même pas de cacher : « Mon but quand je joue au football, c'est d'être au-dessus des autres. Mais selon moi, dire cela n'est pas extraordinaire, tous les joueurs de football devraient penser la même chose. »
Il veut être la plaque tournante de son équipe et il est capable de leur reprocher de n'être pas aussi bon que lui, comme ce fut le cas lors du Clasico, au stade Vélodrome, il y a à peine quinze jours, lorsqu'il s'en prit à son capitaine Christophe Jallet. « C'est vrai. Il en impose donc quand il dit quelque chose ou quand il nous fait un reproche, on a tendance à l'écouter très attentivement. »
En inscrivant neuf des quatorze buts parisiens en championnat, on aurait tendance à voir le PSG de la saison 2012-2013 tendre vers une « Zlatan-dépendance », théorie que réfute Carlos Bianchi, ex-attaquant du Paris-Saint-Germain : « On ne peut pas dire que le PSG est totalement dépendant d'Ibrahimovic parce que Zlatan n'est pas le seul joueur de talent de Paris sur le plan offensif. Il y a aussi Javier Pastore, Nene, Jeremy Menez ou Kevin Gameiro qui sont loin, du moins à ce que je pense, d'être des petits joueurs. »
C'est vrai que face à Sochaux, avec Zlatan Ibrahimovic en moins bonne forme, Carlo Ancelotti avait dû placer Kevin Gameiro, qui avait offert la victoire aux siens grâce à deux réalisations. Carlos Bianchi a ajouté : « La saison où je marque 37 buts, je ne pense pas que le PSG était dépendant de moi. Tout seul, je ne pouvais rien faire. Il me fallait des joueurs pour me distribuer de bons ballons. C'est la même chose avec Ibrahimovic. »
Quant à l'entraîneur, Carlo Ancelotti : « C'est bien car si vous pensez que Paris est dépendant de Zlatan, c'est qu'il est très bon et c'est pour ça qu'on l'a recruté. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir que le reste de l'effectif le met dans les meilleures conditions pour bien jouer. » Reste que Paris sans Zlatan ne serait sûrement pas aussi impressionnant et en cas de blessure de longue durée, la suprématie du PSG dans ce championnat de France ne serait plus une certitude.