
Un sourire peu démonstratif qu'il a expliqué en conférence de presse d'après-match : « Il y avait deux sentiments qui prédominaient. Le premier est logique. C'est la satisfaction de prendre un point en déplacement au Parc des Princes contre le leader et le grand favori de la Ligue 1. Je suis vraiment heureux que l'on ait tenu le choc physiquement et défensivement. Cependant, ce point ne doit pas cacher la déception de ne pas avoir pu poser plus de problèmes au PSG alors qu'on a joué une mi-temps en supériorité numérique. J'aurais aimé voir un peu plus d'envie en fin de match ».
Ce à quoi faisait allusion Albert Émon concerne peut-être le fait le plus marquant de la rencontre d'hier soir : le tacle par derrière de Thiago Motta sur Frédéric Sammaritano en fin de première période, qui a valu un carton rouge au milieu transalpin. Ce dernier a rejoint les vestiaires une poignée de secondes avant ses coéquipiers. Une sanction que le finaliste du dernier championnat d'Europe avec la Squadra Azzurra ne comprenait qu'à moitié : « Je ne peux pas contester que je tacle par derrière mais je n'ai vraiment pas de mauvaises intentions. Je ne veux que l'empêcher de centrer alors j'y vais un peu fort mais je pense que Sammaritano n'allait pas si mal que ça. Le carton rouge, c'est un peu dur ».
Une version que son entraîneur Carlo Ancelotti n'a pas manqué de soutenir : « Thiago Motta ne doit pas sortir. Il mérite le jaune mais le carton rouge est un peu excessif à mon goût. Je pense que l'arbitre a manqué d'un peu de discernement ».
Encore une fois, comme il l'avait fait lors de la défaite contre Saint-Étienne (1-2) et du match nul face à Montpellier (1-1), Carlo Ancelotti a rejeté la cause de ces contre-performances sur les décisions de l'arbitre. Mais le technicien italien ne peut pas ne pas remettre en cause la prestation de sa propre équipe, auteure d'un match moyen qui ne méritait pas bien plus que le point obtenu.
Avant l'expulsion de son milieu défensif italien, alors que les deux équipes jouaient encore à onze contre onze, Paris n'a jamais vraiment mis le feu à la cage de Guillermo Ochoa. Seules de pauvres tentatives de Zlatan Ibrahimovic ou d'Ezequiel Lavezzi ont inquiété le portier mexicain, qui les renvoyait sans réellement s'employer ou les voyait passer au-dessus de sa tête. Un manque d'inspiration offensive incapable de contourner la défense à cinq mise en place par Albert Émon.
Lucas Moura, l'événement de la soirée
Ajaccio pouvait heureusement compter sur un bloc défensif solide comme un roc, car on ne voyait pas trop comment les Corses auraient bien pu marquer avec un Adrian Mutu. Arrivé en trombe pour concurrencer Zlatan Ibrahimovic au classement des buteurs, il s'apparente davantage à un boulet dont le déchet technique brûle les yeux et dont le manque de replacement agace l'Île de Beauté toute entière.
Mais le grand événement de la soirée, c'était la première apparition de Lucas Moura dans son nouvel antre du Parc des Princes. Son entrée pour l'échauffement a été saluée par des « Lucas ! Lucas ! », signe de l'attente du public parisien envers cette pépite brésilienne importée directement de São Paulo pour la modique somme de quarante millions d'euros. Pour une première, le technicien italien a eu la bonne idée de titulariser son nouvel arrivant. Et lorsqu'on amène un joueur, il ne faut pas avoir fait maths sup pour savoir que l'un devra en payer les conséquences. Jérémy Ménez et Javier Pastore tenaient alors les cordons de la bourse pour être relégués sur le banc aux côtés de Carlo Ancelotti. Et à ce petit jeu-là, ce dernier a opté pour Ménez. Voulant continuer avec son 4-4-2, l'ancien coach de l'AC Milan et de Chelsea a décidé de placer Ezequiel Lavezzi un cran derrière Zlatan Ibrahimovic et de mettre le jeune Brésilien sur le côté droit.
Et le talent de Lucas Moura n'a pas mis longtemps à dégainer ses premières cartouches. Une trentaine de secondes après le coup d'envoi, l'international brésilien se jouait déjà de Pierazzi et Sammaritano avant de décaler Christophe Jallet, l'un des deux Français du onze de départ qui devrait jouer la seconde partie de saison. Une première mi-temps encourageante où il a été l'un des seuls Parisiens à essayer de créer le décalage. Pour preuve, les acclamations qui ont suivi les prises de balle de Lucas Moura contrastaient avec les sifflets qui accompagnaient les mauvais choix d'Ezequiel Lavezzi ou de Zlatan Ibrahimovic, et ce pour la première fois de la saison. Mais ce que l'on a pu remarquer sous la nuit parisienne, c'est le goût prononcé que le Brésilien a pour les coups de pied arrêtés. Les deux plus grosses occasions parisiennes de la rencontre sont venues sur un centre et un corner de Lucas Moura.
Cependant, au fil du match, Lucas Moura s'est essoufflé et est sorti de la pelouse, remplacé par Kévin Gameiro après que les premières crampes sont sorties le bout du nez. Compréhensible selon son nouvel entraîneur : « Il n'avait plus joué depuis la finale retour de la Copa Sudamericana contre Tigre il y a près d'un mois. Physiquement, il a encore du boulot pour s'acclimater au jeu français mais ça devrait aller pour les prochaines soirées. Il a aussi des repères à se créer dans l'équipe mais pour une première titularisation, c'est vraiment bien ».
Avec un Paris aux allures du PSG du mois de novembre, l'équipe a concédé le match nul sans mériter bien mieux. Conséquence directe : Paris pourrait perdre sa place de leader dès cet après-midi en cas de victoire de l'Olympique Lyonnais sur la pelouse de Troyes. Mais peut-être pire, Paris se voit dans l'obligation de rehausser le niveau la semaine prochaine lors du déplacement à Bordeaux, une semaine avant la réception de Lille. Espérons que l'on n'est pas assister à un remake du mois de novembre que l'on croyait déjà loin derrière eux...