Image 1
Sports

Paris ne sait plus résister

Le PSG enchaîne les nuls et s'inquiète avant le choc contre Barcelone.

As-tu aimé cet article ?

Image 2

À le voir plaisanter avec Nicolas Sarkozy, arrivé des studios de France Télévisions juste après l'ouverture du score d'Edinson Cavani, on aurait presque pu penser que Nasser Al-Khelaïfi se moquait éperdument que son équipe ait concédé un troisième match nul consécutif, toutes compétitions confondues, sur le même score (1-1). D'autant plus que ses propos d'après-match se voulaient pleins d'apaisement : "Laurent n'est pas du tout en danger. Ce n'est que le début de la saison. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter. N'importe quelle équipe peut connaître une période plus délicate". Les mots pouvaient peut-être faire illusion, son visage, quant à lui, n'en était en rien capable. Le temps du PSG est à l'agacement, que ce soit chez les joueurs ou chez Laurent Blanc. "Bien sûr, on est déçu parce qu'on arrive à mener au score assez rapidement, on ne marque pas ce deuxième but qui nous donnerait le break et après, on se fait rejoindre. C'est pénible", reconnaissait Lucas Digne. Laurent Blanc ajoutait : "L'ambiance était un peu pesante dans les vestiaires. Les joueurs sont déçus parce qu'ils voulaient la victoire. Mais on n'en a pas été capables".

Paris souhaitait initialement profiter de la réception de l'Olympique Lyonnais pour se rassurer après une semaine en demi-teinte, pour ne pas dire pire, qui aura vu les Parisiens concéder deux matches nuls (à Rennes 1-1 et à Amsterdam 1-1). Pour répondre aux critiques qui avaient raccompagné ses joueurs vers la France, Laurent Blanc avait enfin décidé de procéder à certaines modifications. Quand certains demandaient un nouveau système, lui répondait par le biais des joueurs. Pas question de toucher à la position de seul attaquant de pointe de Zlatan Ibrahimović, pourtant très en retrait en Hollande comme hier sur la pelouse du Parc des Princes d'ailleurs. Il remettait Cavani sur ce couloir droit qu'il déteste tant. À son seul crédit, la titularisation de Yohan Cabaye en position de milieu relayeur, poste qu'il occupait à l'époque où il évoluait à Lille, dans lequel il a été très performant surtout quand il se projetait avec le ballon.

Image 1

Un niveau de jeu en demi-teinte

Mais si les résultats ne changent pas, le jeu produit par les Parisiens a tout de même été de meilleure facture qu'en Coupe d'Europe plus tôt dans la semaine. Premièrement par le biais d'un premier quart d'heure très réussi pendant lequel on a eu le droit à du pressing, du mouvement, des appels, des latéraux très offensifs, quatre choses qui n'avaient pas été du voyage en capitale néerlandaise. Quinze très bonnes minutes qui se concluaient par l'ouverture du score de Cavani d'une tête piquée qui reprenait un centre de Digne laissé seul par Christophe Jallet.

D'un seul coup revint dans nos esprits le souvenir du PSG qui avait lourdement battu les Gones la saison dernière (4-0). On crut enfin avoir retrouvé le grand Paris de la saison dernière qui éblouissait par sa classe et sa maîtrise. La classe tend à revenir de temps à autre dans le jeu parisien mais en ce qui concerne la maîtrise, on peut encore attendre car encore une fois, les Parisiens se sont trouvés incapables de poursuivre sur le même rythme malgré les efforts consentis par le milieu de terrain (Matuidi, Verratti, Cabaye). Une incapacité à marquer un deuxième but qui commence à devenir embêtante, surtout quand on sait que l'équipe en face se dit qu'elle peut revenir au score comme les autres sont revenues. Et ça n'a pas manqué. À dix minutes de la fin, c'est Samuel Umtiti qui égalisait, bien aidé par Serge Aurier, mais qu'importe, le mal était fait.

Image 3

L'attaque parisienne en difficulté

On peut trouver ça un peu étonnant pour un club qui comprend Ibrahimović, Cavani, Lavezzi et Lucas dans ses rangs, mais c'est devant que le Paris Saint-Germain semble le plus en difficulté. Et surtout, la mauvaise performance du Suédois, déjà très moyen en Ligue des Champions à Amsterdam, montre que Paris ne sait pas quoi faire quand son attaquant star n'est pas là ou quand il n'est pas à son niveau habituel. Hier soir, il a touché son plus faible nombre de ballons depuis son arrivée au PSG. Il aura dû attendre plus de soixante-quinze minutes pour connaître son premier tir. Une seule occasion qu'il aurait sûrement convertie en but en temps normal, mais il n'est pas au mieux. Ça se voit à sa façon de se déplacer, aux gestes d'énervement pointés vers l'ennemi ou à ses simulations qui montrent à quel point ça ne tourne pas très rond pour lui en ce moment. Sachant que le système parisien repose quasi exclusivement sur lui, il est malheureusement inévitable que Paris s'essouffle quand lui ne va pas.

L'animation offensive du PSG ne va pas très bien en ce moment. Ezequiel Lavezzi semble encore très loin du compte physiquement et Lucas n'a pas apporté grand-chose quand il est entré en jeu, se concentrant bien trop dans l'axe alors que c'est dans son couloir qu'il est le plus percutant. Quant à Edinson Cavani, il se désespère à rester collé à la ligne de touche, lui qui pensait être associé à Ibrahimović en pointe avant le début de la saison. Tous ces éléments mis ensemble expliquent grandement les difficultés éprouvées par le double Champion de France en titre depuis quelques matches. Cela ne va sûrement pas durer, mais Laurent Blanc sera bien obligé de revoir son système un jour ou l'autre. En Championnat, avec seulement trois points de retard sur le leader marseillais, il n'y a pas réellement matière à s'inquiéter, mais il n'en est pas de même pour la Ligue des Champions. Dans huit jours, le PSG recevra le FC Barcelone pour un match qui aura bien plus d'importance que prévu...

As-tu aimé cet article ?
rmcriolo
Fruitier Manu @rmcriolo
354 articles 0 abonnés

Commentaires (0)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires