
Du côté de Doha, il sera environ 14h30 lors du tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa. Rien que le fait de suivre avec intérêt ce tirage est une satisfaction pour le Cheikh Tamim. Cela signifie que Paris a réussi à se qualifier pour ce stade de la compétition, objectif premier des Qataris à l'orée de cette saison désormais bien entamée.
Après un mois de novembre des plus compliqués pour le club de la capitale, où les départs conjugués de Leonardo et Carlo Ancelotti avaient été grandement envisagés après une nouvelle défaite à Nice, le sourire est revenu parmi les dirigeants parisiens. L'orage est passé, le remplacement du technicien est toujours dans les discussions mais plus de manière imminente : Paris a battu Porto et pris, par la même occasion, la tête de la poule au nez et à la barbe des Portugais. En parvenant à se hisser dans le premier chapeau, le Paris Saint-Germain évitait Barcelone, Manchester United, la Juventus, le Borussia Dortmund et bien d'autres. De plus, Carlo Ancelotti était désormais sûr de jouer le match retour à domicile, un luxe indéniable surtout à ce stade de la compétition.
Demain, Paris pourra tirer le Real Madrid, Arsenal, l'AC Milan, le Chakhtar Donetsk, Valence, le Celtic Glasgow ou Galatasaray. Autant dire que la formation madrilène fait figure d'épouvantail. En effet, la seconde place obtenue par les hommes de José Mourinho apparaît comme un accident, même si le début de saison de Madrid était moins flamboyant que lors du précédent exercice et que le parcours du Borussia Dortmund a été presque parfait. Le Real Madrid est un adversaire que les joueurs préféreraient éviter. Comme le disait Blaise Matuidi : « Franchement, ce sera dur. Je pense qu'ils sont plus forts que nous et que l'on ne va pas rééquilibrer la balance en deux mois », avant que Jérémy Ménez n'ajoute : « Le Real Madrid, c'est peut-être le plus grand club de l'histoire du football. Mais je suis persuadé que l'on a le niveau de jouer les quarts de finale. Affronter le Real en huitièmes, c'est un peu tôt pour moi je pense. Ils sont forts et ont de l'expérience, surtout de ce genre de matches européens ». Le président de QSI, Nasser Al-Khelaifi, se montrait un peu plus mesuré : « Paris est une jeune équipe. Tirer le Real Madrid serait une chance. Pour l'instant, c'est vrai que nous ne sommes pas exactement au niveau mais l'objectif, ce n'est pas d'aller le plus loin dans cette édition de la Ligue des Champions, c'est de s'installer dans la durée parmi les grands clubs européens. Donc affronter Madrid, même si cela aboutit à une défaite, ne serait pas une catastrophe car je suis persuadé que cette expérience serait enrichissante pour le futur ».
Derrière les Espagnols, les formations les plus relevées semblent être le Milan AC, Arsenal et le Chakhtar Donetsk. Mais la plus belle histoire voudrait que Paris retrouve Milan. Il faut dire qu'en Lombardie, rencontrer le Paris Saint-Germain serait une joie. À l'image d'Adriano Galliani, vice-président, qui ne cachait pas sa préférence : « On retrouverait Thiago Silva et Zlatan Ibrahimović à San Siro. On aurait l'occasion de leur dire qu'ils nous manquent beaucoup et qu'à Milan, personne ne les a déjà oubliés. Et il faudra gagner pour leur montrer que Milan est toujours une grande équipe ». On retrouvait un peu de cela dans les mots de Thiago Silva : « J'ai passé de très bonnes années à Milan et ça n'a pas été facile de partir. Je serai content car je retrouverais mes anciens coéquipiers, les membres du staff qui sont devenus des amis et les supporters rossoneris. Mais que le public parisien ne se méprenne pas. Je suis parisien, heureux de l'être et j'irais à Milan le couteau entre les dents ».
Les souhaits d'Arsenal et de Giroud
En ce qui concerne Arsenal, ce sont plutôt les Londoniens qui parlent de Paris que l'inverse. Après le dernier match de poule, quand Arsenal savait qu'il pouvait affronter le Paris Saint-Germain, Olivier Giroud paraissait enthousiaste : « À choisir, je préfère Paris. Je n'ai pas beaucoup joué au Parc des Princes mais le peu que j'en aie fait, ce n'est que des bons souvenirs. Et puis, retrouver le sol français, c'est toujours sympa ». Arsène Wenger voulait aussi Paris, mais pour des raisons plus sportives : « Je préfère tomber sur Paris que sur Barcelone, comme tout le monde. Il y a de grosses équipes à éviter. C'est vrai que Paris est un club qui monte, qui commence à bien jouer, mais notre expérience européenne pourrait bien nous servir ».
Le danger du Chakhtar Donetsk
Vu comme cela, on ne mettrait pas le Chakhtar Donetsk dans les équipes à ne pas prendre. D'une part à cause de son manque d'expérience dans l'exercice de la plus prestigieuse des coupes de la planète football. Mais cette expérience est tout de même plus importante que celle du Paris Saint-Germain. Sa suprématie dans le football ukrainien n'est plus à démontrer et son parcours lors de la phase de poule lui a donné une bien meilleure réputation. Et c'est ce que rappelait Carlo Ancelotti : « Arriver à sortir d'un groupe avec le champion d'Italie et le vainqueur en titre de la compétition, ce n'est pas un hasard. Ils ont obtenu le nul à Turin et ont battu Chelsea en Ukraine. J'ai eu l'occasion de les voir jouer et il y a de la qualité dans cette équipe, c'est du vrai football. Loin de l'image que l'on se fait du football des pays de l'Est ».
Valence, Galatasaray ou Celtic : le tirage idéal ?
Pour que Paris puisse avoir de plus grandes chances de jouer en quart de finale, le mieux serait de tomber sur l'une des trois équipes qui restent, c'est-à-dire Valence, Galatasaray et le Celtic Glasgow. Sportivement, Galatasaray serait la plus intéressante, mais Mamadou Sakho ne le voyait pas comme ça : « Niveau football, c'est peut-être la plus faible, mais jouer un match aller en Turquie, ce n'est pas facile du tout. En Turquie, le public est du genre chaud et encore plus à Galatasaray. Si on se fait piéger par les supporters, on pourrait être mis en difficulté ». Le Celtic Glasgow, le défenseur parisien n'en veut pas non plus : « Ils ont accroché le nul au Camp Nou contre le Barça et ils ont failli gagner. Chez eux, au match retour, ils ont fait un excellent match et leur victoire était méritée. Jouer à Glasgow, dans une enceinte géante, c'est compliqué. Si Barcelone a été piégé, on pourrait l'être également ».
Donc la seule équipe qui n'a toujours pas été citée, c'est Valence. Ce serait parfait pour Paris. Valence est en difficulté en championnat et son pourcentage de victoire à domicile n'est pas vraiment impressionnant.
Ce que l'on espère, c'est que Steve McManaman n'ait pas la main trop lourde en tirant le Real de Madrid. C'est ce que voudrait Karim Benzema : « Venir en France, ça me ferait plaisir. Ça fait toujours plaisir de jouer dans son pays ». Mais peut-on refuser quelque chose au meilleur joueur français de 2012 ?