
Même s'il paraît peu probable que l'entraîneur parisien ait pris sa prochaine double confrontation contre le leader provisoire de la Premier League à la légère, il est maintenant certain que la leçon a été retenue. Bien sûr, il n'y a pas que le résultat à regarder, aussi énorme soit-il pour les Blues (6-0). On ne demandera pas non plus à Laurent Blanc s'il a été pris de frissons en observant cette rencontre ou si l'appréhension s'est emparée de lui quand le sixième but fut inscrit.
Arsenal n'est pas le Paris Saint-Germain. Les Parisiens ne feront pas preuve d'autant de naïveté, ou du moins on l'espère. Comme on espère que les nombreuses faiblesses montrées par les Gunners ne traverseront pas la Manche. Des lacunes autant mentales que techniques. La paire Thiago Silva-Alex n'est pas celle d'Arsenal composée de Koscielny et Mertesacker. Les trous qu'ont pu laisser les joueurs d'Arsène Wenger seront assurément comblés par les deux Brésiliens.

Une équipe Chelsea rajeunie et dangereuse
Cela ne suffira pas à rendre la confiance aux Parisiens, mais soulignons tout de même que Nemanja Matic, devenu incontournable dans le onze de José Mourinho depuis son arrivée de Benfica lors du dernier mercato hivernal, ne pourra être aligné la semaine prochaine, le Serbe ayant déjà joué avec Benfica lors des phases de poules.
Pour les supporters parisiens, ou même non supporters, qui verraient le PSG favori en ayant le souvenir de l'équipe de Chelsea vieillissante qui a gagné la Ligue des Champions il y a maintenant deux saisons, il paraît urgent de se remettre au niveau. L'effectif a changé. Les jeunes ont pris le pouvoir entre les arrivées d'Oscar et de Hazard et l'éclosion de Schurrle et Azpilicueta. Mais encore plus important qu'un changement d'acteurs sur la pelouse, c'est sans doute le retour du Special One sur son banc qui comptera. Ce dernier se voit d'ailleurs comme l'outsider dans le duel qui arrive face au Paris Saint-Germain.
Pourtant, il semble bien que l'entraîneur portugais ait apprécié l'excellent match proposé par son équipe. Il était même aux premières loges pour acclamer Mohamed Salah, international égyptien, qui inscrivait le sixième et dernier but du match. Arsène Wenger l'avouait lui-même : le derby le plus chaud à Londres n'est plus le fameux Arsenal-Tottenham mais bien Arsenal-Chelsea. Il est fort probable que José Mourinho pense un peu la même chose.
En cette semaine qui avait mis l'Alsacien à l'honneur pour célébrer son millième match sur le banc d'Arsenal depuis 1996, le Portugais avait sûrement une petite idée en tête. Un joueur de Chelsea dira même : « Avant le match, il (en parlant de Mourinho) nous a demandé d'être des tueurs. » C'est d'ailleurs devenu son passe-temps favori. Il veut égratigner celui qu'il surnomme « le spécialiste de l'échec ». Les chiffres vont très largement dans le sens de l'ancien entraîneur du Real Madrid. En onze confrontations entre Wenger et Mourinho, le premier n'a jamais gagné pour cinq nuls et six défaites.

Mourinho : un cauchemar pour Arsenal
Si on peut dire que Wenger n'aime pas Mourinho, il en va de même pour les relations entre Arsenal et les matches de midi. Contre Manchester City, à la même heure, Arsenal s'inclinait (6-3). Contre Liverpool, la même chose (5-1). Comme à Anfield où la victoire s'était dessinée dès le début du match, il ne fallut que dix-sept minutes aux Blues pour assommer la partie.
Ce fut Samuel Eto'o qui ouvrit le score dès la quatrième minute par une frappe enroulée. Puis ce fut au tour d'André Schurrle de doubler la mise d'une frappe croisée et puissante. Le coup de grâce vint d'une frappe enroulée du droit d'Eden Hazard qui fut repoussée sur sa ligne par Oxlade-Chamberlain. Résultat : pénalty pour Chelsea et carton rouge pour... Gibbs. La suite est plus anecdotique tant l'issue du match était connue. On soulignera le doublé d'Oscar et le premier but inscrit en Premier League par Salah.
Chelsea est devenu une équipe qui sait être présente au bon moment. Les Blues ont pris six points contre Manchester City, quatre contre Arsenal et trois face à Liverpool en attendant le match retour. Mais si elle sait manœuvrer les grosses cylindrées et gérer les matches réellement importants, elle est également capable de s'incliner contre Aston Villa comme ce fut le cas la semaine dernière. Le seul problème pour le PSG, c'est qu'il appartient à la première catégorie...