
Les Lyonnais ont de quoi avoir des regrets après cette élimination. En effet, le score ne reflète peut-être pas tout à fait la physionomie du match à la vue des nombreuses occasions que se sont créées les hommes d'Alain Perrin. Mais l'opportunisme Mancunien aura eu raison de la timidité offensive Lyonnaise. Cette élimination Rhodanienne intervient après un parcours plus qu'honorable où les Lyonnais ont su renverser la vapeur après un début de compétition catastrophique.
Le match face à Manchester aura été l'occasion pour Kader Keita d'exploser de toute sa classe dans l'antre d'Old Trafford...

L'ogre mancunien trop fort pour Lyon
Difficile d'enrayer la machine Mancunienne lorsque cette dernière est en marche, et ce ne sont pas les Lyonnais qui vous diront le contraire. En effet, la première demi-heure voyait les Rhodaniens complètement pris d'assaut par les attaques des Reds Devils qui se heurtaient à une défense infranchissable constituée d'un Toulalan taille patron, d'un Squillaci des grands soirs et d'un cri autoritaire. Les Lyonnais se procuraient d'ailleurs la première grosse occasion du match avec une frappe puissante de Kim Kallström (29e) que Van der Sar boxait des deux poings. Mais à force de subir, les Gones craquent et encaissent en toute logique le premier et unique but du match inscrit par le Portugais Ronaldo qui héritait d'un ballon hasardeux dans la surface Lyonnaise pour fusiller à bout portant le pauvre Grégory Coupet.
Durant les derniers instants du match, les Lyonnais se lançaient dans d'ultimes assauts mais en vain. Keita trouva le montant gauche du portier néerlandais, Ben Arfa ne trouva pas le cadre et la tête de Kallström trop lente ne trompa pas la vigilance du gardien Mancunien... Le temps s'écoulait et finalement, Lyon sortait la tête haute du « Théâtre des rêves » où Rome avait été pulvérisée 1-7 par des diables rouges déchaînés...

Kader Keita : la révélation lyonnaise
Keita, la bombe Lyonnaise
Recruté cet été en provenance du LOSC, Kader Keita n'a jamais eu la confiance du coach qui ne le titularise que très peu de fois depuis le début de saison. L'Ivoirien est sûrement de loin le joueur de l'OL à avoir cette vitesse d'enchaînement qui lui permet de mettre n'importe quelle défense en déroute, à l'image de sa prestation lors de la première journée de Ligue 1 face à Auxerre où il avait complètement dégoûté les défenseurs Bourguignons (Lyon s'était imposé 2-0). Mais l'ex-Lillois voit sa route barrée par Govou, un habitué de la maison Lyonnaise. L'excuse n'est pas crédible puisqu'Alain Perrin sait pertinemment que la perle ivoirienne peut jouer sur tous les fronts de l'attaque.
Face au Barça, Keita, entré à la 61e minute à la place de Fred, confirme son statut de remplaçant de luxe en provoquant un penalty que Juninho transformait et qui permettait aux Lyonnais d'arracher un nul qui sera décisif pour la qualification en huitièmes... Auteur d'une grande Coupe d'Afrique des Nations avec la sélection ivoirienne où il marqua 3 buts dont un splendide face à l'Égypte qui n'était d'aucun secours pour la Côte d'Ivoire, éliminée par des Pharaons conquérants (4-1). Le natif d'Abidjan revenait donc entre Rhône et Saône pour préparer les échéances avec l'Olympique Lyonnais...
Face à Manchester, Keita entré à la 6e minute à la place de Govou ne mettait pas longtemps pour se mettre en évidence : après dix minutes passées sur la pelouse et un une-deux entre Benzema et Keita, l'Ivoirien était à la finition mais sa frappe s'écrasait sur le montant gauche de Van der Sar. Il fut incontestablement le meilleur joueur Rhodanien sur le gazon d'Old Trafford, le seul d'où la vitesse, la percussion et... l'exploit pouvaient jaillir...
Espérons seulement que le coach Lyonnais veuille bien un jour changer la hiérarchie des milieux pour enfin laisser une vraie chance à Kader.

Le parcours européen des Lyonnais en Ligue des Champions
Pour la première journée de C1, l'OL se rend à une destination vraiment à part : direction le Camp Nou de Barcelone... Durant ce match, les Lyonnais sont complètement transparents et encaissent un cinglant 3-0 devant plus de 80 000 spectateurs.
La deuxième rencontre européenne face à Glasgow apparaît déjà comme un tournant : les Lyonnais veulent empocher les trois points et se rassurer devant leurs supporters à Gerland... Ils obtiendront l'inverse, encaissant un second 3-0 consécutif qui condamne pratiquement les hommes d'Alain Perrin à oublier la C1 et de se pencher sur une éventuelle place en UEFA.
La double confrontation face à Stuttgart est bien négociée par les Lyonnais qui s'imposent 0-2 puis 4-2 à Gerland ; cette victoire à domicile permet aux Gones d'être assurés de jouer l'UEFA.
Face au Barça à Gerland, les Olympiens livrent une prestation plus qu'honorable ; ils font notamment preuve de solidarité et de rigueur défensive qui leur permettent de décrocher le nul 2-2 avant un match capital à Glasgow où les Lyonnais joueront leur qualification...

Au soir du 12 janvier, ce qui était devenu mission impossible se réalisait : les Lyonnais venaient en effet d'exploser les Rangers 0-3 à Ibrox Park et du même coup de se propulser en huitième de finale... Un scénario qui rendait la qualification encore plus valeureuse et qui prouvait les ressources mentales et physiques hors-norme des Rhôdalpins.