
Au début du mois de décembre, le tirage au sort des poules de la Coupe du Monde 2015 en Angleterre aura lieu. Comme chacun sait, les quatre premiers du classement mondial seront désignés comme têtes de série ; ces nations pourront donc éviter les plus grands pays du ballon ovale. En 2011, le XV de France s'était trouvé dans le même groupe que la Nouvelle-Zélande, ce qui lui coûta la première place du groupe. Philippe Saint-André a très vite avoué qu'il mettrait tout en œuvre pour ne pas rééditer l'expérience.
Avec une finale de Coupe du Monde obtenue l'année passée, les Bleus se sont replacés dans l'échelle mondiale mais pas assez pour se situer dans le "Big Four". Pour l'instant, les hommes de Philippe Saint-André sont à la cinquième place derrière la Nouvelle-Zélande, l'Australie, l'Afrique du Sud et le XV de la Rose, mais une tournée réussie permettrait aux Français de gravir une marche.
Quels défis pour la France ?
Pour y parvenir, la France devra se défaire de l'Australie, de l'Argentine (samedi prochain à 21h) et du Samoa (dans quinze jours à 18h). Mais tout le monde sait qu'une victoire face aux Wallabies garantirait presque une place dans le Top 4 au moment du tirage au sort. Si une victoire nous l'assurerait, une défaite aurait indubitablement l'effet inverse.
Avant toute chose, il est important de préciser que la dernière victoire française face à l'Australie remonte à un certain 3 novembre 2005. Dans cet intervalle de sept ans, le XV de France a réussi à battre les meilleures nations de rugby comme la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud, l'Argentine ou même l'Angleterre, mais sur les trois dernières confrontations entre la France et les Wallabies, trois se sont conclues par une victoire des seconds nommés.
Se racheter de la déroute de 2010
C'est aussi un enjeu du match. On se souvient tous, bien sûr, de la déroute de 2010 où, lors d'un match de tournée d'automne, l'Australie était venue du côté de Saint-Denis pour infliger un cinglant 59-16 à un XV de France alors entraîné par Marc Lièvremont. Sur la pelouse, samedi soir, ce ne seront pas exactement les mêmes joueurs qu'il y a deux ans, mais l'équipe de France, c'est comme une famille : et lorsqu'elle a été ébranlée, même les nouveaux arrivants veulent lui redorer son blason.
Pascal Papé, le deuxième ligne du Stade Français et capitaine français en l'absence de Thierry Dusautoir, était là en 2010. À l'entendre, on a compris qu'il ne renouvellera pas la même expérience : "C'était sûrement le pire match de ma carrière, toutes compétitions confondues. On perdait très lourdement mais ce n'était pas le principal problème. Le pire, c'était de perdre chez nous, au Stade de France, notre stade, de prendre une rouste devant nos familles et nos amis".
L'avantage australien
Déjà en 2010, on avait vivement excusé cette défaite avec l'argument de la condition physique, forcément meilleure pour une nation qui termine le Rugby Championship (anciennement Tri Nations) et dont les joueurs sont restés ensemble. Seulement, la situation sera la même cette année. En 2010, Marc Lièvremont voulait utiliser la tournée de fin d'année pour asseoir sa confiance à moins d'un an de l'échéance suprême. Cette année, Philippe Saint-André voudra également retrouver de la confiance après un Tournoi des Six Nations complètement manqué (quatrième place avec deux victoires contre l'Italie et l'Écosse, un match nul face à l'Irlande et deux défaites contre l'Angleterre et le Pays de Galles), mais il voudra aussi confirmer la bonne prestation de l'équipe de France sur les terres argentines pendant la tournée estivale.
C'est sans doute par rapport à ce dernier succès prometteur que Philippe Saint-André a bâti son groupe de vingt-trois, et encore plus son XV de départ. C'est pour cela que l'on retrouvera Maxime Machenaud et Frédéric Michalak à la charnière : le jeune demi de mêlée et l'ouvreur expérimenté avaient été très importants en Argentine. Brice Dulin est confirmé à l'arrière, notamment avec ses récentes performances très convaincantes avec le Castres Olympique.
Mais le sélectionneur français a voulu également montrer qu'il n'avait pas peur du changement. On s'en était déjà rendu compte lorsqu'il avait dévoilé sa liste des trente-trois présélectionnés, où on avait pu voir que Vincent Martin, Pierrick Gunther et Jules Plisson avaient tapé dans l'œil. Il ne les avait cependant pas gardés, mais il a tout de même décidé de titulariser Jocelino Suta dès que le forfait de Yoann Maestri fut officialisé. De la même manière que Didier Deschamps lorsqu'il a affronté l'Espagne, Philippe Saint-André est en quête d'un match de référence. Et quoi de mieux qu'une bonne prestation contre l'Australie ?