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Mont de Marsan 32-23 Racing Métro 92

Revivez la finale de Pro D2 2008 : Mont de Marsan renverse le Racing Métro 92 (32-23) après prolongation dans un match héroïque. Une remontée légendaire pour le club landais.

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En s'imposant 32 à 23 après prolongation, les Montois ont remporté la finale de Pro D2 contre le Racing Métro 92. Ils vont donc de nouveau goûter au Top 14 l'an prochain. Tout cela grâce à une belle remontée et un match héroïque.

Un duel déséquilibré sur le papier

Tout était favorable à une victoire du Racing Métro 92, deuxième budget avec 9,9 millions derrière le RC Toulon alors que celui de Mont de Marsan n'atteint que 2,4 millions. De plus, les joueurs d'expérience étaient du côté des Parisiens, avec plusieurs anciens joueurs de Top 14, notamment Pichot, Auradou, Valbon, Bobo et Dubois. En début de saison, les Racingmen visaient évidemment la montée, tandis que les Montois avaient pour objectif le maintien avec leur nouvel entraîneur Marc Dal Maso, assez inexpérimenté.

Un début de match fou

Dès la première minute, on voyait toute l'envie des Montois : ils savaient qu'ils n'avaient rien à perdre ! Ils s'approchèrent à un mètre de la ligne d'en-but, mais un passage à vide les empêcha de marquer. Mais deux minutes après, c'était l'essai de Bobo sur un bon coup de pied par-dessus la défense, décisif de Wisniewski.

Les lignes arrières de Mont de Marsan étaient déchaînées ! Peut-être un peu trop : en voulant relancer, Cazeaux, arrière Montois, a donné le deuxième essai pour le Racing à Vakaolo, qui avait bien flairé la passe pour intercepter et partir seul ajouter 5 points. 8 minutes de jeu et déjà 0-12 : tout le monde pensait que cette finale allait tourner à la démonstration des Racingmen.

Mais c'était sans compter sur la hargne, la combativité et l'énorme mental landais. Les jaunes et noirs n'ont pas eu le temps de gamberger : sur le renvoi, Suta récupère le ballon et sert Genthieu qui va réduire l'écart. 7-12.

La remontée des Landais

Arrayet ajouta 3 points suite à une pénalité. Le meilleur joueur de l'équipe, qui avait qualifié son équipe en demi-finale contre le LOU (12-6), jouait aujourd'hui demi de mêlée. 10-12 (19ème) : les Landais étaient revenus. Wisniewski lui répondit à la 26ème. 10-15. Un peu avant la mi-temps, Qovu fut sanctionné d'un carton jaune qui ne changea pas les choses au niveau du score, mais peut-être diminua le physique des ciels et bleus.

Malgré une chaleur étouffante, durant toute la première mi-temps, les Montois relançaient tous les ballons à la main envoyés par les joueurs du Racing qui ne faisaient que se dégager au pied.

Mi-temps : 15-10 pour le Racing Métro 92

Un scénario à rebondissements

Mais en début de deuxième période, Arrayet, diminué, dut sortir. Ce fut un gros coup dur pour les Montois qui venaient donc de perdre leur pièce maîtresse. À la 53ème minute, Lauga, talonneur remplaçant qui fit une très bonne rentrée, relança de ses 22 mètres et mit un crochet à Bobo. Suite au regroupement, Duthil, demi de mêlée montois remplaçant, tapa un coup de pied de ses 40 mètres qui fut contré. Avec un maximum de réussite et des Parisiens surpris arrivant un temps en retard, Duthil remit un coup de pied pour prolonger et récupéra juste avant l'en-but pour aplatir derrière les poteaux. Les jaunes et noirs prirent l'avantage pour la première fois de cette finale. 15-20.

Les minutes passaient et les Montois dominaient toujours mais sans concrétiser. Puis le scénario s'inversa : les Parisiens gâchèrent plusieurs occasions, mais suite à une mêlée à 5 mètres, ils inscrivirent l'essai de l'égalisation par Hehea. 20-20 (72ème). Il ne restait plus que quelques minutes et la transformation, facile, ferait obligatoirement prendre un gros avantage sur la montée pour les ciels et blancs.

Sûrement à cause d'une faute de concentration, Wisniewski la rata en touchant le poteau à environ 15 mètres en face des poteaux. L'immanquable fut manqué. Les deux équipes ne prenaient plus beaucoup de risques et attendaient les prolongations.

Des prolongations héroïques

On était partis pour deux fois dix minutes.

Au commencement de la prolongation, on pensait que les Landais allaient craquer en encaissant une pénalité. 23-20 (84ème). Néanmoins, les Montois continuèrent à être héroïques et, deux minutes après, Cazeaux inscrivit un bel essai très important sur une nouvelle passe décisive de Suta. 23-27 (86ème). Un avantage pour les jaunes et noirs, mais sûrement pas décisif dans ce match incroyable.

Les minutes s'égrainèrent en faveur des Montois. La sirène avait retenti mais les Racingmen n'étaient pas loin de marquer l'essai de la montée : l'arrière néo-zélandais Ward fut repris à 5 mètres de la ligne d'en-but. Dernière tentative au large pour eux, mais Mazzonetto clôturera la fête montoise avec un contre de 80 mètres.

Victoire finale de Mont de Marsan 32 à 23 après prolongation.

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Une leçon de rugby

L'équipe qui a proposé le plus de jeu a gagné. C'est sans doute une leçon pour tout le rugby où l'on voit de moins en moins de jeu, ou les équipes préfèrent assurer et prendre peu de risques. Et également que le rugby n'est pas qu'une question d'argent, même si le RC Toulon est monté assez facilement, ainsi qu'avoir de grands noms. Un match se gagne sur le terrain !

Voici un échec pour les anciennes gloires Auradou et Pichot qui venaient d'arriver alors qu'ils venaient d'être champions de France avec le Stade Français. L'expérience n'aura pas suffi face à la fougue des jaunes et noirs.

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Le paradoxe Suta

Paradoxe du jour : le deuxième ligne de Stade Montois Suta fait un très gros match, avançant à chaque fois. Il a été décisif sur deux essais Montois alors que celui-ci a signé pour l'an prochain au Racing Métro 92 et les a donc empêchés de monter. En voilà un qui a eu l'amour du maillot jusqu'au bout, mais étrange qu'il s'en aille… peut-être une question d'argent.

Le Stade Montois retrouve l'élite

Le Stade Montois retrouvera donc l'élite après cinq ans d'absence. Le stade Guy Boniface va revivre des moments intenses dans le Top 14 l'an prochain, un stade où il sera sûrement difficile de venir y gagner, à l'image des derniers promus. Cette année, les Landais ont fini invaincus à domicile : 15 matchs, 15 victoires, se payant donc la tête de Toulon.

Chapeau à tous les joueurs qui ont joué 100 minutes sous un soleil terrible. Malgré cette chaleur et une faible affluence, le spectacle était au rendez-vous. On n'avait pas vu un match avec autant d'émotions depuis longtemps, peut-être la finale de 2002 entre Agen et Biarritz qui s'était elle aussi terminée sur une prolongation. Tous étaient au bout du rouleau. Malgré la victoire, les Montois ont évidemment fini cuits et auront plus de chance que les Parisiens de finir sur les rotules après le match…

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dirk64
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