La Fédération française de judo a officialisé ce vendredi 3 juillet 2026 la liste des athlètes sélectionnés pour les Championnats du monde de Bakou, qui se dérouleront du 4 au 11 octobre en Azerbaïdjan. Si les retours très attendus de Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou dominent l'actualité, une absence provoque la stupeur dans le milieu : celle d'Amandine Buchard, vice-championne d'Europe en titre en -52 kg. La médaillée olympique paie son double projet judo-rugby, un choix d'engagement que la Fédération n'a pas accepté.

L'annonce choc de la FFJDA
Le 3 juillet 2026, la FFJDA dévoile une liste qui mêle euphorie et consternation. D'un côté, les retours des deux légendes vivantes du judo français. De l'autre, l'éviction d'une athlète au sommet de sa forme.
La sélection pour les Mondiaux de Bakou comporte son lot de bonnes nouvelles. Teddy Riner, onze fois champion du monde, n'a plus combattu depuis son sacre olympique à Paris le 2 août 2024. Clarisse Agbégnénou, elle, a donné naissance à son fils Dakota le 15 mars dernier. Leur présence à Bakou était attendue, mais leur confirmation officielle déclenche une vague d'enthousiasme médiatique.

Pourtant, un nom manque à l'appel. Amandine Buchard, 30 ans, vice-championne olympique à Tokyo et médaillée de bronze à Paris, n'apparaît pas sur la liste. La nouvelle tombe comme un couperet, d'autant que la judoka sortait d'une finale européenne perdue de justesse face à la numéro 1 mondiale Distria Krasniqi, le 16 avril à Tbilissi.
Sur les réseaux sociaux, la stupéfaction est immédiate. Comment écarter une athlète qui vient de décrocher l'argent continental, quelques semaines seulement avant l'échéance mondiale ? Le Républicain Lorrain, qui suit la carrière de la native de Bagnolet depuis ses débuts, titre sur une « grande absente ». La polémique est lancée.
Clarisse Agbégnénou de retour après la naissance de son fils Dakota
Clarisse Agbégnénou, 33 ans, n'a pas perdu de temps. Le 15 mars 2026, elle donne naissance à son deuxième enfant, Dakota. Moins de quatre mois plus tard, la Fédération annonce son retour pour les Mondiaux de Bakou. Un scénario qui rappelle celui de 2023, lorsqu'elle avait repris la compétition après la naissance de sa fille Athéna pour décrocher un sixième titre mondial à Doha.
Cette fois, l'objectif est encore plus haut. Selon les sources, il s'agirait soit d'un septième, soit d'un huitième titre mondial. La divergence s'explique par le décompte des championnats toutes catégories, mais une chose est certaine : Agbégnénou veut repousser ses propres limites. Elle effectuera sa rentrée au Grand Slam de Lausanne fin août, une mise au point avant le grand rendez-vous azerbaïdjanais.

« C'est une machine, confie un membre du staff technique à RMC Sport. Elle revient toujours plus forte après chaque maternité. Son mental est hors du commun. » La championne olympique des -63 kg incarne la résilience et la détermination. Son retour à Bakou sera l'un des temps forts de la compétition.
Teddy Riner vise un 12e titre inédit à Bakou
Teddy Riner, 37 ans, n'a plus posé le pied sur un tatami de compétition depuis le 2 août 2024, date de son troisième sacre olympique à Paris. Deux ans sans combat, un hiatus qui pourrait sembler risqué pour un athlète de son âge. Mais le colosse guadeloupéen de 2,04 mètres et 139 kilos n'est pas un sportif comme les autres.
Avec onze titres mondiaux et trois médailles d'or olympiques individuelles, Riner est le judoka le plus titré de l'histoire. Son objectif à Bakou : un douzième titre planétaire qui repousserait encore un peu plus les limites du possible. Lui aussi reprendra par le Grand Slam de Lausanne fin août, une répétition générale avant les Mondiaux.

Son statut de légende vivante le place au-dessus de toute contestation. Quand Riner annonce son retour, personne ne remet en cause sa légitimité. Le staff technique le sait : même à 80 % de ses capacités, le champion reste un épouvantail pour ses adversaires. Les +100 kg mondiaux tremblent déjà à l'idée de le retrouver sur leur route.
Un trou dans la liste : le nom d'Amandine Buchard manque à l'appel
L'euphorie des retours laisse rapidement place à la consternation. En parcourant la liste des sélectionnées, les observateurs remarquent immédiatement l'absence d'Amandine Buchard en -52 kg. La nouvelle provoque une onde de choc sur les réseaux sociaux et dans les médias.
L'ironie du calendrier est cruelle. Le 16 avril, Buchard disputait la finale des Championnats d'Europe de Tbilissi face à Distria Krasniqi, la numéro 1 mondiale et championne olympique kosovare. Elle s'incline au Golden Score après un combat acharné, mais repart avec l'argent européen. Un résultat qui, logiquement, aurait dû lui ouvrir les portes des Mondiaux.
« C'est une décision qui interroge, commente un entraîneur sous couvert d'anonymat dans les colonnes du Figaro. Quand on voit ses résultats récents, on ne comprend pas. » Le journaliste Cédric Callier, spécialiste du judo, parle d'un « choix surprenant ». Le terme est faible pour décrire la réaction du milieu.
Amandine Buchard, une vice-championne olympique qui bute sur les Mondiaux
Amandine Buchard, née le 12 juillet 1995 à Bagnolet, a construit un palmarès olympique impressionnant. Médaillée d'argent à Tokyo en 2021, médaillée de bronze à Paris en 2024, championne olympique par équipe mixte lors de ces deux olympiades. Pourtant, un titre lui échappe obstinément : celui de championne du monde.
La judoka a changé de catégorie en 2016, passant des -48 kg aux -52 kg, après des problèmes récurrents de poids. Ce choix, alors qu'elle était en pleine ascension, a conditionné sa carrière. Depuis, elle enchaîne les podiums mondiaux, mais jamais la plus haute marche.
Son parcours interroge. Comment une athlète capable de dominer les plus grandes sur la scène olympique peut-elle buter sur les Mondiaux ? La réponse est complexe, entre concurrence féroce, préparation spécifique et peut-être un plafond psychologique.
Du bronze à Tokyo à l'argent à Paris : une valeur sûre du podium
Amandine Buchard a débuté le judo en septembre 2001 au Judo Club Noiséen. Très vite, son talent éclate. Elle intègre le Pôle Espoirs de Brétigny en 2010, puis le Pôle France d'Orléans en 2011, avant de rejoindre l'INSEP en 2012. Sa progression est fulgurante.
En 2014, à seulement 18 ans, elle remporte l'argent aux Championnats d'Europe de Montpellier et le bronze aux Mondiaux de Tcheliabinsk. Une entrée fracassante sur la scène internationale. Les Jeux olympiques de Tokyo en 2021 la consacrent : médaille d'argent en individuel, médaille d'or par équipe mixte. À Paris en 2024, elle ajoute une médaille de bronze individuelle et une nouvelle médaille d'or par équipe.
Le 12 juillet 2026, elle a fêté ses 31 ans. Un âge où la maturité sportive est à son apogée. Ses résultats récents le confirment : troisième au Grand Slam de Paris en février, deuxième aux Championnats d'Europe en avril. Une constance dans l'excellence qui rend son absence aux Mondiaux d'autant plus incompréhensible.
Quatre médailles de bronze aux Mondiaux : le plafond de verre
Le paradoxe Buchard tient en un chiffre : quatre médailles de bronze aux Championnats du monde (2014, 2018, 2022, 2023, 2024), zéro titre. Une collection de troisièmes places qui la place parmi les meilleures mondiales, sans jamais la hisser au sommet.
Aux Mondiaux 2025 de Budapest, la déception a été particulièrement amère. Buchard s'est inclinée dès le deuxième tour face à la Japonaise Uta Abe. Une élimination précoce qui a laissé des traces dans l'esprit du staff technique. Certains, dans l'entourage de la Fédération, estiment que ce passif de « presque championne » a pesé dans la balance.

Cette incapacité à convertir ses podiums en titres mondiaux interroge. Est-ce un problème de préparation mentale ? Un calendrier de compétition mal géré ? Ou simplement la malchance de tomber sur des adversaires au sommet de leur art au mauvais moment ? Les analystes de L'Équipe pointent du doigt un « syndrome de la demoiselle aux bronzes » qui colle à la peau de l'athlète.
Le vrai motif : le double projet judo-rugby qui a fâché la Fédération
La raison officielle de l'éviction de Buchard n'est pas son niveau sportif. La Fédération le reconnaît : ses résultats sont amplement suffisants pour prétendre aux Mondiaux. Le problème est ailleurs, et il s'appelle rugby.
Depuis un an, Amandine Buchard mène un double projet sportif. En parallèle du judo, elle est réserviste au sein de l'équipe de France militaire de rugby. Ce statut lui impose des obligations, des stages, des compétitions. Et c'est là que le bât blesse.
La FFJDA considère que la préparation des Mondiaux exige une disponibilité totale. Les stages d'été, moments clés de la préparation collective, sont sacrés. En annonçant qu'elle ne pourrait pas y participer en raison de ses engagements rugbystiques, Buchard a signé son exclusion.
Stages d'été vs rugby : le conflit de calendrier qui a tout fait basculer
Le planning de Buchard était impossible à tenir. D'un côté, les stages de préparation estivaux obligatoires organisés par la Fédération française de judo. De l'autre, ses obligations avec le XV de France militaire. La judoka a choisi, ou plutôt, elle a tenté de concilier les deux.
Selon les informations du Républicain Lorrain, Buchard a informé le staff technique qu'elle ne pourrait pas être présente à certains stages clés. Une annonce perçue comme un manque de priorité donné à l'équipe de France de judo. Pour la Fédération, c'est inacceptable.

Le conflit couvait depuis plusieurs mois. Déjà en mars 2025, Buchard avait été écartée des Championnats d'Europe pour des raisons similaires. À l'époque, elle avait exprimé sa « colère » et son « incompréhension » sur X. La situation se répète, mais cette fois, l'enjeu est encore plus grand : les Mondiaux, puis la route vers les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
Lucie Décosse : « Nous avons sélectionné sur l'engagement et la performance »
Lucie Décosse, directrice de la haute performance au sein de la FFJDA, a justifié la décision dans des termes qui ne souffrent aucune ambiguïté. Interrogée par France Info et RMC Sport, elle déclare : « Ces championnats représentent une étape clé sur la route des JO de Los Angeles. Nous avons sélectionné les athlètes féminines sur la base de leur engagement, de leurs résultats bien sûr mais aussi de leur état d'esprit, dans une ambition individuelle et collective. »
Le message est clair : l'engagement total est désormais un critère non-négociable. La Fédération ne veut plus d'athlètes qui partagent leur temps entre plusieurs disciplines. Le sport de haut niveau, estime-t-elle, exige une dévotion exclusive.
Cette position, si elle peut sembler radicale, s'inscrit dans une logique de performance olympique. Les Jeux de Paris 2024 sont derrière. Place à Los Angeles 2028. Pour y parvenir, la FFJDA veut construire un collectif soudé, discipliné, où chaque athlète donne tout pour le groupe.
L'analyse du trade-off : une médaille sacrifiée pour un principe ?
La décision de la Fédération pose une question économique et institutionnelle fondamentale : quel est le coût de cette exclusion ? En écartant Buchard, la FFJDA renonce potentiellement à une médaille mondiale en -52 kg. La vice-championne d'Europe était l'une des favorites pour le podium à Bakou.
En contrepartie, la Fédération gagne en cohésion d'équipe et en discipline collective. Le message envoyé aux autres athlètes est clair : personne n'est au-dessus des règles. Le double projet, même porté par une médaillée olympique, n'est pas toléré.
Ce trade-off, les dirigeants du judo français l'assument. Ils préfèrent une athlète moins brillante mais totalement dévouée au collectif, plutôt qu'une championne qui divise son temps et son énergie. Le pari est risqué, mais il correspond à une vision du sport de haut niveau où l'engagement total est la clé de la réussite.
« Je m'interroge » : le sentiment d'injustice d'Amandine Buchard
Amandine Buchard ne digère pas cette nouvelle exclusion. Ce n'est pas la première fois qu'elle vit cette situation, et le sentiment d'injustice est profond. La judoka estime avoir toujours donné le meilleur d'elle-même, malgré son double projet.
Sur les réseaux sociaux, ses déclarations traduisent une colère froide et une incompréhension totale. Elle pointe du doigt les incohérences de la Fédération, qui selon elle, n'applique pas les mêmes règles à tous les athlètes.
Le précédent de mars 2025, lorsqu'elle avait été écartée des Championnats d'Europe, avait déjà laissé des traces. À l'époque, elle avait posté un message virulent sur X. Cette fois, la situation est encore plus grave, car elle touche à sa participation aux Mondiaux.
Le précédent de mars 2025 : une exclusion déjà contestée sur X
Le 28 mars 2025, Amandine Buchard explose sur X. Elle vient d'apprendre qu'elle n'est pas sélectionnée pour les Championnats d'Europe. Dans un long message, elle exprime sa « colère » et son « incompréhension ».
« Je m'interroge sur les décisions qui m'ont écartée, alors que j'avais clairement exprimé mes objectifs à la Fédération et au staff », écrit-elle. Elle ajoute avoir le « sentiment de devoir encore et toujours prouver » sa valeur, malgré un palmarès qui parle pour elle.
Ce message, rapporté par 20 Minutes, révèle un profond malaise entre l'athlète et sa hiérarchie. Buchard estime ne pas être écoutée, pas comprise. Ses choix sportifs, pourtant assumés, sont perçus comme une forme de déloyauté. La fracture est déjà consommée.
« Il faudra compter sur moi » : un signal d'alarme lancé en avril
Le 16 avril 2026, Amandine Buchard dispute la finale des Championnats d'Europe de Tbilissi face à Distria Krasniqi. Le combat est acharné, intense. Buchard, qui boitille après une demi-finale éprouvante contre l'Espagnole Ariane Toro Soler remportée au Golden Score, s'incline finalement.
Mais au micro de RMC Sport, elle lance un message qui sonne comme un avertissement : « Il faudra compter sur moi à l'avenir. » Une phrase lourde de sens, adressée directement à sa hiérarchie. Elle vient de décrocher l'argent européen, elle est en pleine forme, et elle entend bien le faire savoir.
Ironie du sort, ce signal d'alarme n'a visiblement pas suffi à inverser la décision du staff. Moins de trois mois plus tard, la liste des sélectionnées pour les Mondiaux est publiée, et son nom n'y figure pas. Le message d'avril est resté lettre morte.
L'incohérence Romane Dicko
Ce qui alimente la frustration de Buchard, c'est le sentiment d'injustice. Elle estime que les règles ne sont pas appliquées de manière égale à tous les athlètes. En mars 2025, elle pointait déjà du doigt le cas de Romane Dicko.
L'argument initial avancé par la Fédération pour écarter Buchard des Championnats d'Europe était que « les athlètes olympiques ayant repris tard ne seraient pas sélectionnés ». Or, Romane Dicko, qui avait également repris tard après les Jeux de Paris, avait bel et bien été sélectionnée. Une contradiction que Buchard a relevée avec amertume.
Ce sentiment d'avoir été traitée différemment, d'être soumise à des règles qui ne s'appliquent pas aux autres, alimente aujourd'hui sa colère. Pour elle, le double projet n'est qu'un prétexte. La vraie raison, c'est qu'elle dérange, qu'elle ne rentre pas dans le moule.
À Bakou, qui portera les couleurs de la France en -52 kg ?
L'absence de Buchard laisse un vide dans la catégorie des -52 kg. Qui portera les couleurs de la France à Bakou ? La question est sur toutes les lèvres. La Fédération a dû faire des choix, et ces choix impliquent de donner leur chance à d'autres athlètes.
La catégorie des -52 kg est l'une des plus compétitives au monde. Sans sa leader, l'équipe de France devra compter sur des jeunes talents pour relever le défi. Mais le chemin vers le podium s'annonce semé d'embûches, avec la Kosovare Distria Krasniqi en épouvantail.
Les Championnats d'Europe 2026 ont montré l'étendue du défi. Krasniqi est numéro 1 mondiale et championne olympique en titre. Sans Buchard pour la contester, son tableau de chasse s'annonce plus simple.
La nouvelle génération féminine à l'assaut des podiums
L'équipe de France féminine pour les Mondiaux de Bakou comporte plusieurs noms prometteurs. Shirine Boukli, en -48 kg, est quintuple championne d'Europe. À 27 ans, elle veut enfin convertir ses titres continentaux en or mondial. Finaliste à Doha en 2023, elle connaît le chemin du podium.
Sarah Léonie-Cysique, en -57 kg, collectionne les podiums internationaux sans parvenir à décrocher le titre mondial individuel. À 27 ans également, elle espère que Bakou sera son tournant. Romane Dicko, en +78 kg, vise une deuxième couronne mondiale, avec possiblement sa compatriote Léa Fontaine comme principale rivale.
Ces athlètes représentent la nouvelle génération du judo féminin français. L'absence de Buchard leur offre une opportunité : celle de prouver qu'elles peuvent exister sans leur leader historique. La transition générationnelle est en marche, et les Mondiaux de Bakou en seront le premier test grandeur nature.
Distria Krasniqi, l'ogresse du -52 kg qui attend les Bleues
Distria Krasniqi, championne olympique kosovare, est l'épouvantail de la catégorie des -52 kg. Numéro 1 mondiale, elle a dominé Buchard en finale des Championnats d'Europe 2026 à Tbilissi. Son judo est puissant, technique, implacable.
Sans Buchard pour l'inquiéter, Krasniqi part avec une longueur d'avance sur ses concurrentes. L'absence de la Française simplifie son tableau de chasse. Qui pourra la déstabiliser ? Les jeunes judokas françaises devront trouver les ressources pour rivaliser avec la championne olympique.
Le défi est immense, mais le judo réserve parfois des surprises. Une athlète moins connue, portée par l'envie de prouver sa valeur, peut créer l'exploit. Les Mondiaux de Bakou seront l'occasion de voir émerger de nouveaux talents, capables de bousculer la hiérarchie établie.
Les coulisses d'un choix fort : construire l'équipe des Jeux de Los Angeles 2028
La décision d'écarter Buchard s'inscrit dans une stratégie plus large. La Fédération française de judo tourne la page Paris 2024 et regarde vers Los Angeles 2028. Pour y parvenir, elle impose une discipline de fer et un engagement total.
Le double projet de Buchard est perçu comme une dispersion, une menace pour la cohésion du groupe. La Fédération préfère une athlète moins talentueuse mais totalement dévouée, plutôt qu'une championne qui partage son temps entre deux sports.
Ce choix, assumé par le staff technique, est un pari sur l'avenir. La FFJDA veut construire un collectif soudé, capable de performer sur la durée. La route vers Los Angeles 2028 est longue, et les sacrifices sont nécessaires.
LA 2028 en ligne de mire : la FFJDA serre la vis
Le staff technique de la FFJDA assume un discours dur : on ne prépare pas les Jeux olympiques à moitié. Les stages collectifs, la cohésion d'équipe, la disponibilité sont des prérequis absolus. Les athlètes qui ne peuvent pas s'y conformer sont écartés, quel que soit leur palmarès.
Cette ligne directrice, Lucie Décosse l'a clairement exposée dans ses déclarations à France Info. « Ces championnats représentent une étape clé sur la route des JO de Los Angeles », a-t-elle rappelé. La préparation olympique commence maintenant, et elle exige une rigueur sans faille.
Le trade-off est clair : Buchard a un talent fou, mais la Fédération préfère une athlète moins brillante mais totalement dévouée au collectif. La performance individuelle passe après la cohésion d'équipe. Un choix discutable, mais assumé.
Riner et Agbégnénou : l'armature indéboulonnable du système
Une question revient inévitablement : pourquoi cette règle ne s'applique-t-elle pas à Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou ? La réponse tient en deux mots : leur statut.
Riner n'a jamais eu de double projet. Son engagement envers le judo est total, exclusif. Agbégnénou a fait un break maternité totalement intégré par la Fédération. Leur retour est planifié, encadré, accepté. Ils sont le modèle de l'exigence fédérale.
Buchard, avec son projet rugby, sort du cadre. Elle n'est pas une mère qui revient après une pause légitime, mais une athlète qui choisit de partager son temps entre deux sports. Pour la Fédération, c'est inacceptable. Le clash générationnel et stratégique est consommé.
Et maintenant ? Le futur d'Amandine Buchard entre tatamis et terrain de rugby
L'avenir d'Amandine Buchard est plus incertain que jamais. À 31 ans, elle se trouve à un carrefour de sa carrière. Va-t-elle se tourner définitivement vers le rugby, où elle est réserviste pour l'équipe de France militaire ? Peut-elle reconstruire sa relation avec la Fédération ?
Les options sont limitées, mais elles existent. La porte du judo n'est peut-être pas définitivement fermée. Mais pour y revenir, Buchard devra faire un choix clair entre ses deux passions.
L'incompréhension actuelle est profonde, mais le sport de haut niveau laisse rarement la place aux rancœurs durables. Les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 sont dans deux ans. Le temps de reconstruire une relation de confiance, si les deux parties le souhaitent.
Vers un avenir dans le XV de France ?
Son statut de réserviste en rugby ouvre des perspectives. Si la porte du judo se ferme provisoirement, le rugby peut-il devenir sa priorité numéro 1 ? La question est ouverte.
Sa polyvalence sportive, autrefois considérée comme une force, devient aujourd'hui un frein dans le sport de haut niveau. Les fédérations exigent une spécialisation, un engagement total. Buchard paie le prix de son ambition débordante.
Mais le rugby pourrait lui offrir une seconde carrière. L'équipe de France militaire de rugby à sept, où elle est réserviste, pourrait devenir son nouveau terrain d'expression. À 31 ans, elle a encore de belles années devant elle.
Réconciliation ou rupture : une porte est-elle laissée ouverte ?
La Fédération a-t-elle fermé la porte définitivement ? Rien n'est moins sûr. Les déclarations du staff laissent entendre que la porte n'est pas condamnée. Lucie Décosse a parlé de « sélection sur la base de l'engagement », sous-entendant que si Buchard fait le choix exclusif du judo, elle pourrait revenir.
L'avenir de Buchard dépendra de sa capacité à faire un choix clair entre le judo et le rugby. Si elle accepte de renoncer à son double projet, la voie du retour est possible. Les Mondiaux 2027 et les Jeux de Los Angeles 2028 sont encore accessibles.
Mais la confiance est brisée. Buchard devra reconstruire une relation avec sa Fédération, prouver son engagement total. Un chemin semé d'embûches, mais pas impossible. Le sport de haut niveau est impitoyable, mais il sait aussi pardonner.
Conclusion : le choix douloureux du haut niveau
La décision de la FFJDA, bien que brutale et polémique, s'inscrit dans une logique de performance olympique implacable. Le sport de très haut niveau impose des sacrifices et des choix impopulaires. Amandine Buchard paie le prix de son ambition débordante entre deux sports.
L'équipe de France perd une leader en -52 kg, mais gagne en clarté de projet et en discipline collective. Le pari est risqué : sacrifier une médaille potentielle pour un principe d'engagement total. Seul le temps dira si ce choix était le bon.
L'avenir de Buchard reste en suspens, entre rugby et espoir de réconciliation. À 31 ans, elle a encore de beaux jours devant elle, mais elle devra faire un choix. Le judo ou le rugby. Les deux ensemble, c'est désormais impossible. Le haut niveau ne laisse pas de place aux compromis.