
Un calendrier favorable pour la fin de saison
Il reste à Marseille trois matches à jouer avant le coup de sifflet final du championnat. Sur ces trois rencontres, l'Olympique de Marseille recevra à deux reprises — Toulouse la semaine prochaine et Reims dans trois semaines — et ira à Geoffroy-Guichard dans quinze jours. Autant dire que le calendrier est plutôt favorable aux hommes d'Élie Baup.
Une entame de match maîtrisée
Avec le match nul obtenu vendredi soir par Saint-Étienne sur les terres bordelaises (0-0), Marseille avait l'occasion de conforter son avance sur un de ses principaux concurrents à la course à la Ligue des Champions. Élie Baup avait dit vendredi après-midi : "C'est peut-être le match le plus important de notre saison. C'est le match qu'il ne faut pas raté". On a eu besoin de douze petites minutes pour se rendre compte que ses joueurs avaient parfaitement compris le message assez explicite de leur entraîneur. Douze minutes, c'est le temps qu'il aura fallu pour que les Olympiens ouvrent le score grâce à un but tout en finesse d'André-Pierre Gignac, qui profitait d'une position un peu avancée de Mickaël Landreau.
Avec ses douze victoires arrachées sur un score étriqué de 1-0, on disait que le jeu marseillais n'avait, au fond, rien de bien impressionnant. On allait même jusqu'à dire que l'on s'ennuyait ferme quand on voyait un match des Phocéens. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce ne fut pas le cas hier après-midi. L'Olympique de Marseille n'a pas traîné à ouvrir le score et on mentirait si on disait que l'on n'a pas eu peur, car à 1-0 en faveur des Marseillais, on craignait qu'il ne se passe plus grand-chose. Marseille montrait un jeu un peu trop stéréotypé offensivement qui symbolisait un manque d'inspiration. Malgré cela, Marseille monopolisait le ballon et parvenait, sur le peu d'occasions sérieuses qu'il se créait malgré un nombre de tirs impressionnant, à mettre du danger sur le but de Mickaël Landreau. Seulement, Lucas Mendes trouvait la barre transversale à la réception d'un corner de Mathieu Valbuena et juste avant la pause, c'est André-Pierre Gignac qui se heurtait à cette même transversale.

Le duo Gignac-Valbuena fait la différence
Se voyant recaler dans sa course vers un deuxième but, on pensait que Marseille allait arrêter de jouer et se concentrer sur la préservation du score alors favorable aux Olympiens. Heureusement pour nous, Marseille n'a pas eu le temps de fermer le jeu car Florian Thauvin a attendu deux minutes après le retour des vestiaires pour égaliser. Un mal pour un bien si l'on entend André-Pierre Gignac : "On a eu de grosses occasions en première mi-temps et ça ne rentrait pas. Il y avait un risque que l'on s'arrête de jouer et que l'on se fasse rejoindre à quelques minutes de la fin. Au fond, c'est bien qu'ils aient marqué si tôt car ça a eu l'effet de nous réveiller et on avait pas mal de temps pour gagner".
Marseille a réagi, en effet, mais ce serait mentir de dire que l'Olympique de Marseille accumulait les occasions. Mais depuis quelques mois, le club olympien peut compter sur André-Pierre Gignac et c'est encore de lui qu'est venue la délivrance grâce à un tir parfaitement croisé de l'ancien avant-centre lorientais : "Il est en forme en ce moment. Il est confiant. Il croit en lui et quand il est comme ça, il est très difficilement arrêtable". Est-ce que Marseille se serait imposé sans son buteur du moment ? Personne ne pourrait répondre à cette question mais il ne fait aucun doute que l'ancien Toulousain aurait fortement manqué à son équipe. Malgré une blessure à la cheville essuyée contre Lorient la semaine passée et une rechute mercredi à l'entraînement, André-Pierre Gignac a pu commencer la réception de Bastia sur la pelouse et a encore été décisif.
Une saison réussie grâce à la colonne vertébrale
Sa très bonne position pour finir deuxième derrière le Paris Saint-Germain, Marseille le doit à l'affirmation de sa colonne vertébrale. Steve Mandanda, en difficulté en milieu de saison, se montre décisif et a assurément fait gagner pas mal de points aux siens, notamment contre Lille il y a un mois. Nicolas N'Koulou, également, semble retrouver son niveau de l'année dernière et se montre comme le patron de la défense olympienne. Mais c'est surtout son duo Valbuena-Gignac qui fait la différence. Le premier fait une saison exceptionnelle depuis août et Gignac a déjà inscrit treize buts cette saison. Hier, son duo a encore sévi avec deux buts pour Gignac sur deux passes décisives de Valbuena : "Mathieu est un joueur essentiel. Ce n'est pas lui qui marque le plus mais il a été là toute la saison. C'est lui qui a tenu la baraque quand on vivait une période plus délicate. C'est le meneur de notre jeu. Vous remarquerez que c'est lui qui me fait la passe sur la plupart de mes buts. Toutes ses passes sont importantes même quand elles n'amènent pas un but" expliquait le double buteur du jour.
Avec cette victoire, Marseille s'assure de finir au moins sur la troisième marche du podium, mais on voit mal comment il pourrait se faire déposséder de sa place de dauphin derrière le PSG, ce qui fait figure d'excellente saison pour Élie Baup : "Nous ne sommes pas encore qualifiés pour la Ligue des Champions mais on a toutes les cartes en main. Quand je suis arrivé, on m'a dit que j'étais fou mais je ne regrette rien. Quand on voit le match de cet après-midi, on voit une équipe solidaire et vraiment tournée vers un objectif qui est d'aller en Ligue des Champions. Morgan Amalfitano joue moins en ce moment mais il a été très bon hier pour prendre la place d'André Ayew qui était suspendu". Vu les finances du club phocéen, une qualification en Ligue des Champions est une grande bouffée d'air frais. Le bilan est positif mais une petite chose embête l'ancien entraîneur bordelais : "C'est quand même décevant de finir derrière Paris mais bon". Là, il ne pouvait vraiment rien faire...