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Les Bulls font vaciller Miami

Malgré un effectif décimé, Chicago a surpris Miami. Peuvent-ils vraiment inquiéter le favori ?

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Joakim Noah est resté un long moment dans les vestiaires après la victoire des siens sur le Heat de Miami. Le pivot français a l'habitude lorsqu'il évolue dans sa salle du Rose Garden, mais il a dû patienter dans ceux de l'American Airlines Arena de Miami comme pour réaliser la performance qu'il venait d'accomplir, ainsi que toute l'équipe de Chicago. Surtout, il avait besoin de prendre conscience de ce que Chicago peut vraiment accomplir dans cette demi-finale de la Conférence Est contre la meilleure équipe de la saison régulière. Les Bulls ne sont clairement pas favoris si l'on se réfère aux pronostics des bookmakers. En même temps, il aurait été difficile de défendre le contraire, tant son adversaire floridien a dominé la saison, emmené par LeBron James, fraîchement élu meilleur joueur de la saison régulière pour la deuxième fois consécutive, et ses autres joyaux, Dwyane Wade et Chris Bosh.

Le premier match d'une série alléchante s'est déroulé la nuit dernière à Miami. Les choses ne se sont pas passées comme beaucoup le pensaient et ce sont les visiteurs qui sont repartis avec la victoire en poche. Certains pourraient penser que l'opposition de force a beaucoup changé, et ils auraient des arguments pour convaincre l'Assemblée. Le premier de ces arguments est que les Bulls de Chicago sont l'une des rares équipes à avoir posé autant de problèmes à la franchise floridienne depuis l'arrivée de LeBron James en provenance de Cleveland. Depuis novembre 2010 et en comptant le match de la nuit dernière, Miami et Chicago se sont affrontés dix-sept fois. Chicago en a gagné neuf pour huit défaites. La franchise de l'Illinois est donc la meilleure équipe de la ligue face au Heat. Plus que dans les résultats, c'est dans le jeu que les gars de l'Illinois embêtent réellement la bande à LeBron James. « C'est vrai que le basket est un sport où le facteur joué par l'adversaire est très important. Tu peux jouer contre une équipe A et gagner et le lendemain, affronter une équipe B en jouant pareil mais perdre. C'est ce qu'il se passe entre Chicago et Miami. Le jeu de Chicago, même avec les blessures, car c'est plus une question de philosophie de basket plutôt que de joueurs ou de talents », juge Jacques Monclar qui commentait le match pour BeIN Sports. En effet, le jeu floridien repose principalement sur la vitesse pure en attaque où LeBron James et Dwyane Wade peuvent se jouer de leurs défenseurs souvent désemparés par la complicité des deux All-Stars. Mais le jeu du Heat a aussi des failles. On les connaît, l'une d'elles étant le manque de puissance à l'intérieur car Miami joue sans vrai pivot. Toutes les équipes de la NBA les connaissent mais le plus dur n'est pas de savoir, mais d'agir. À ce petit jeu, Chicago se distingue. « On sait qu'une équipe qui veut le titre doit savoir défendre. Tu peux être tranchant en attaque mais tu n'iras pas au bout si tu délaisses la défense. Et Tom Thibodeau, l'entraîneur des Bulls, met l'accent sur la défense qui est vraiment performante. Avec Joakim Noah, Carlos Boozer et Taj Gibson, Chicago a des joueurs intérieurs rapides qui sont capables de gêner durablement les repères offensifs du Heat », ajoute Monclar.

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LeBron James en méforme

Ce qui est clair, c'est que Chicago peut battre n'importe quelle équipe de la ligue. Mais pour passer au tour suivant, en play-offs, il faut battre son adversaire quatre fois, et c'est peut-être là le problème que s'apprête à rencontrer les partenaires de Joakim Noah. L'équipe de Miami qui s'est inclinée contre Chicago n'a pas montré son vrai visage. Déjà, on sait que les Floridiens ne sont pas les mêmes lorsque leur franchise player, LeBron James, n'est pas à son meilleur niveau. On ne sait pas si c'est à cause de la petite cérémonie organisée pour célébrer son nouveau titre de MVP de la saison, mais le numéro 1 de la Draft 2003 n'a pas eu le rendement attendu avec seulement deux points inscrits lors des deux premiers quart-temps. « LeBron James a marqué moins de points mais il a surtout eu moins d'influence sur la défense adverse et c'est en partie pour cela que Chicago a pu emporter ce premier duel à Miami. Mais c'est très rare que James soit comme ça donc Chicago est toujours outsider », poursuit Monclar.

Un effectif décimé par les blessures

Mais c'est avant tout à cause de son effectif que Chicago risque de se faire éliminer par le Heat. Les Bulls comptent beaucoup de joueurs majeurs blessés avec Derrick Rose, Kirk Hinrich et, plus récemment, Luol Deng, ainsi que des joueurs diminués comme Joakim Noah et Taj Gibson. Il est difficilement pensable qu'une franchise de Chicago aussi diminuée puisse aller au bout du champion NBA en titre. « En saison régulière, on a pu voir que Chicago a mis pas mal de temps à s'adapter à sa vie sans son métronome Derrick Rose. Ils ont quand même réussi à retrouver le droit chemin pour se qualifier dans les huit premiers à l'Est. Mais les Play-offs, c'est quelque chose de très différent où la régularité est primordiale et Chicago n'offre pas une assurance suffisante », estimait Xavier Vaution qui opère aux côtés de Jacques Monclar sur BeIN Sports.

Nate Robinson, l'homme du match ?

La victoire des Bulls s'est bâtie grâce aux excellentes prestations de Noah, Gibson ou Butler, remplaçant de Deng pendant sa blessure, qui vient d'enchaîner un treizième match entier sur le parquet d'affilée. Mais un homme est sorti du lot. Un petit homme qui semble, à un premier abord, plus marrant que flambeur avec une balle orange dans la main. Mais Nate Robinson cache bien son jeu et quand il est en confiance, il enchaîne les paniers primés, et c'est ce qu'il a fait au troisième quart-temps. Nate Robinson est de ceux qui peuvent te faire basculer le cours d'un match, mais il n'a pas l'âme de celui qui fera gagner une série de sept matchs à son équipe. « Nate Robinson est un joueur un peu particulier. Il joue à la confiance donc il y a un bon côté mais aussi un mauvais, et il peut passer le lendemain tout à fait à côté de sa rencontre », racontait Mike D'Antoni qui a pu le coacher à l'époque où il jouait aux Knicks de New York.

Miami favori malgré tout

Pour toutes ces raisons, Miami devrait se qualifier pour la finale de la Conférence Est, mais il devrait en baver un peu plus qu'il n'a pu le faire au premier tour contre les Milwaukee Bucks (4-0). Le Heat a tout pour s'imposer et Chicago a tout pour imploser, mais on disait la même chose quand Chicago affrontait les Brooklyn Nets au tour précédent. Pourtant, au bout d'un septième match décisif et emmené par son pivot français extraordinaire, Chicago l'avait emporté. Alors, peut-être que tout est possible...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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