
Et comme si trois défaites ne suffisaient pas au tableau de statistiques de l'ancien capitaine de la maison bleue, il a fallu qu'à deux matches du terme de sa saison, son équipe s'incline une quatrième fois, pour la première fois hors de ses terres de Saint-Denis, contre l'Uruguay. Quatre défaites en une seule année pourraient prêter à une certaine inquiétude, mais "c'est sûr que j'aurais préféré n'avoir que des victoires mais on apprend aussi beaucoup par la défaite. Si on y regarde d'un peu plus près, on se rend compte que l'on a perdu contre l'Allemagne, l'Espagne et l'Uruguay, trois des quatre demi-finalistes de la dernière Coupe du Monde et trois des meilleures nations du football. Et on perd contre le Japon qui est la première équipe à se qualifier pour la Coupe du Monde, ce n'est pas rien. Après, c'est sûr qu'en affrontant des plus petites nations, on aurait perdu un peu moins. Moi, je préfère gagner de l'expérience en jouant contre des grosses écuries même si on doit perdre" se rassurait le sélectionneur.

Des occasions en première mi-temps
Les périodes internationales sont courtes, et donc précieuses par la même occasion. On connaît le rôle fédérateur que peut avoir une tournée à l'étranger pour la cohésion d'un groupe. Didier Deschamps avait d'ailleurs souligné l'importance de ces deux matches, car "il gardait un excellent souvenir de ses tournées avec l'équipe de France" à l'époque où il en était encore le capitaine. Son attente, tout comme la nôtre, était forte avant de disputer un match contre le premier vainqueur de l'Histoire de la Coupe du Monde. On avait hâte de voir ce que donnerait cette équipe, pour le moins remaniée, avec les absences de Franck Ribéry et Patrice Evra et les renforts de jeunes espoirs tels que Elaquim Mangala ou Benoît Trémoulinas. Il serait vraiment malhonnête de tourner autour du pot, donc inutile de cacher notre déception. Sur la pelouse du Centenario de Montevideo à moitié pleine, prouvant qu'une rencontre face à l'équipe de France n'est résolument plus une affiche excitante pour les autres sélections mondiales, il a été très compliqué de trouver des points positifs à retenir sur l'ensemble de la partie. Cela dit, par intermittence, il a été possible de ressortir des choses intéressantes.
En disant cela, on pense au second quart d'heure de la première mi-temps, lorsque les Bleus commencèrent enfin à montrer quelques signes de réveil et d'agressivité offensive. Mathieu Valbuena était l'instigateur de toutes les actions d'attaque et confirmait son rôle majeur au sein de l'effectif de Didier Deschamps : "j'ai eu du mal à entrer dans mon match comme l'ensemble de l'équipe je pense. Après, j'ai eu l'impression d'aller mieux mais ça n'a pas servi à grand chose" soufflait le milieu marseillais. Il était bien soutenu par Dimitri Payet, qui tentait beaucoup de tirs loin du but avec un manque de réussite cruel, comme quand le tir de Blaise Matuidi, qui s'était aisément débarrassé de son ancien coéquipier Diego Lugano, fuyait le cadre de Muslera. La dernière opportunité, et certainement la plus dangereuse pour les Bleus, vint de Dimitri Payet, toujours actif dans les couloirs, mais il tardait à transmettre son ballon à Yoann Gourcuff, qui n'arrangeait pas l'affaire en prenant deux heures au moins à faire son enchaînement. "On a eu une bonne période d'une vingtaine de minutes pendant laquelle on a fait de bonnes choses et où on s'est créé pas mal d'occasions mais on a eu un manque de réussite et parfois, on a péché dans le dernier geste ou l'avant-dernier geste. On aurait dû mener au score à la mi-temps. C'est sans doute là que l'on a perdu le match" regrettait Didier Deschamps.

Des latéraux inoffensifs
On pensait alors se diriger vers un énième match nul entre les Bleus et la Celeste comme toutes les rencontres qui les ont opposées depuis 1985 et une victoire française (2-0). Mais Luis Suarez, qui ne devait initialement pas jouer en raison de sa suspension contre le Venezuela dans un match décisif, est entré en jeu à la pause et les Uruguayens, qui ne nous avaient guère inquiétés pendant les quarante-cinq premières minutes, sont devenus subitement plus dangereux. Après une première action parfaitement annihilée par Laurent Koscielny, Luis Suarez revint à la charge, juste le temps de mettre dans le vent le jeune Mangala, pour ouvrir le score : "je fais une erreur qui a de lourdes conséquences. C'est vraiment dommage car je pense que je fais vraiment un bon début de match. C'est de l'expérience à prendre. Le tout est de savoir ne pas rééditer la même erreur une seconde fois" tentait de positiver le champion du Portugal.
La messe était dite, car on se demandait bien comment les hommes de Didier Deschamps pouvaient revenir dans le match, tant ils semblaient manquer d'envie. En tout et pour tout, on ne put dénombrer qu'une seule occasion sur une frappe de vingt-cinq mètres de Yohan Cabaye. Dimitri Payet se résignait tandis que Yoann Gourcuff persistait à jouer trop lentement et trop souvent vers l'arrière quand il ne perdait pas le cuir. On peut quand même avoir un mot pour les entrants, et surtout Alexandre Lacazette, Clément Grenier et Joshua Guilavogui, qui célébraient leur première sélection avec la tunique bleue. À défaut d'être décisifs, les trois ont joué juste en tentant un peu plus le jeu à une touche de balle : "les entrées ont été intéressantes. Je pense que certains d'entre eux pourraient être dans le groupe qui disputera la Coupe du Monde dans un an" encourageait Didier Deschamps.
Dimanche, les Bleus trouveront en face d'eux le Brésil à Porto Alegre. S'ils ont envie de faire mieux, ce qui ne serait pas difficile vu le peu de choses montrées hier soir, Didier Deschamps devrait faire quelques modifications de son onze de départ. Les deux latéraux, Bacary Sagna et Benoît Trémoulinas, n'ont pas été particulièrement mis en danger par les montées uruguayennes, mais n'ont pas assez pris leur place en attaque, ce qui eut pour effet de sous-alimenter Olivier Giroud en ballons. Karim Benzema devrait également faire son apparition en lieu et place de l'attaquant londonien. Mais on cherchera surtout à être rassuré par une équipe de France qui paraît toujours hors du coup quand ses plaques tournantes sont absentes. On veut bien comprendre qu'il est difficile de se donner entièrement après une saison parfois éprouvante, mais cela ne peut servir à tout expliquer, comme le fait que la pelouse du Centenario ne favorisait pas un jeu basé sur la construction plus que sur les contres. On espérera voir des hommes plus conquérants, car le spectacle qui nous a été offert, si l'on peut dire, à défaut d'avoir de lourdes conséquences, nous a attristés. Comme à chaque piètre performance de notre équipe de France...