
Cela va faire bientôt dix-huit mois que QSI (Qatar Sports Investments) a pris les commandes du club de la capitale et les résultats tardent à venir. Pourtant, les moyens ont été mis à la disposition du PSG dès le premier mercato estival 2011, où on a vu arriver Jérémy Menez, Blaise Matuidi, Diego Lugano, mais surtout Javier Pastore contre un chèque de quarante-deux millions d'euros. Après un an et demi passé à Paris, ce dernier n'a toujours rien montré de passionnant. Malgré cela, Paris n'a rien gagné la saison passée (deuxième du championnat derrière Montpellier, éliminé en huitième de finale de Coupe de la Ligue à Dijon (2-3) et éliminé en quart de finale de Coupe de France contre Lyon (1-3)). Alors, pensant qu'à coup de planches à billets, tout irait mieux pour les Parisiens, le Cheikh Tamim a laissé à Leonardo un budget géant pour s'attacher les services de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Ezequiel Lavezzi et Marco Verratti.
Sauf qu'à la fin du mois de novembre, Paris se retrouve quatrième, en dehors du podium à trois points de Marseille et à cinq longueurs de l'Olympique Lyonnais, alors que l'objectif de Carlo Ancelotti pour cette première moitié de saison était d'aborder 2013 avec au moins cinq points d'avance sur son poursuivant. De plus, la défaite, en milieu de semaine, du côté de Geoffroy-Guichard contre Saint-Étienne en quart de finale de la Coupe de la Ligue (0-0, 3-5 aux tirs au but) a fait plus de mal que Leonardo ne voulait nous le faire croire. Il faut reconnaître que Paris vise plus le championnat, la Ligue des Champions et la Coupe de France que la Coupe de la Ligue made in Ligue de Football Professionnel. Seulement, dans les quatre compétitions énoncées précédemment, la Coupe de la Ligue était peut-être la moins visée mais la plus facile à gagner, et après un an et demi sans aucun trophée, il ne fait nul doute qu'elle aurait fait du bien.
Le bilan mitigé d'Ancelotti
Il y a un an, Carlo Ancelotti arrivait au Paris-Saint-Germain avec des allures de cadeau de Noël. Alors que Doha était en négociations avec Arsène Wenger pour une arrivée prochaine, Leonardo, alors en place depuis le mois de juillet, avait un penchant pour le technicien italien qu'il avait connu au Milan AC. Grâce à des arguments solides, il avait réussi à convaincre QSI et, avec le départ d'Antoine Kombouaré qui avait laissé Paris en tête de la Ligue 1, on le pensait alors comme le guide de la capitale vers le titre national.
Une année plus tard, la méthode Carlo Ancelotti n'a pas convaincu grand monde : tout d'abord les supporters, les observateurs et surtout les Qataris. Sa deuxième moitié de saison avait été marquée par ses problèmes de gestion à un moment charnière des six derniers mois où Montpellier lui était passé devant en fin de saison. Son début de saison a paru meilleur, ponctué par trois mois sans défaite en championnat. Mais l'éternelle crise du mois de novembre est arrivée et a emporté le PSG. Le cadeau de Noël de 2011 a maintenant des allures d'objet rouillé, incapable de gérer son équipe et des joueurs qui pensent, de son propre aveu, que ses hommes jouent bien plus pour eux que pour l'équipe.
Depuis quelques semaines, c'est son coaching tactique qui fait débat. À Nice, il avait préféré un double changement sur les coups de l'heure de jeu, remplaçant en même temps Christophe Jallet et Sylvain Armand, ses deux arrières latéraux auteurs d'un match moyen mais qui avaient au moins le mérite de ne s'être pris aucun but, par les deux plus grosses déceptions de l'ère Leonardo, Javier Pastore et Greg Van Der Wiel. Ce dernier, largement responsable sur l'ouverture du score niçoise, fut littéralement humilié par Dario Cvitanich avant qu'Éric Bauthéac ne parvienne à tromper Nicolas Douchez.
Mourinho en remplacement ?
Carlo Ancelotti est donc décrié par le Cheikh Tamim et ses proches. Ces derniers ne s'en cachent pas et par l'intermédiaire de la chaîne qatarienne BeInSport, on savait que Pep Guardiola traînait du côté de Doha, sûrement pour voir le Cheikh et discuter d'un futur partenariat. Une chose est sûre : il ne viendra pas pour les fêtes car il n'a pas envie de s'engager avant d'avoir terminé son année sabbatique du côté de New York, où ses enfants sont scolarisés dans l'Institut Français comme par hasard.
À part lui, Paris, vu du Qatar, ne pense qu'à deux alternatives. Arsène Wenger, déjà contacté l'année dernière, n'a jamais caché que le projet parisien était intéressant. Mais comment pourrait-il quitter le nord de Londres en laissant son club, où il séjourne depuis quatorze ans, dans l'état où il est actuellement ? On pense aussi à José Mourinho. L'entraîneur madrilène a dit il n'y a pas si longtemps que travailler dans l'hexagone serait possible en cas d'une offre intéressante de la part d'un club se situant à Paris, avec des moyens illimités et un joli pactole à la clé. Ce dernier serait peut-être même le plus intéressé à venir mais, comme les autres, ce ne serait pas avant l'été prochain. Ce n'est pas sûr que Paris voudra attendre si longtemps pour faire quelque chose.
Dans ce cas, le Cheikh Tamim serait intéressé par le profil d'Eric Gerets. Arrivé depuis peu au Qatar où il officie dans le club préféré de l'héritier, qui apprécie particulièrement ses qualités de meneur d'homme, à Doha, on pense qu'il pourrait permettre à Paris de bien finir la saison en cours avant l'ouverture d'un nouveau chapitre, avant de tourner la page Leonardo-Ancelotti.
L'avenir de Leonardo au PSG
Si le technicien transalpin était amené à quitter la capitale, une certitude est que Leonardo le suivrait. Ses aptitudes de directeur sportif laissent toujours aussi sceptiques les Qataris et ce depuis longtemps. Avant cela, Nasser Al-Khelaifi, le président de Qatar Sports Investments et de BeInSport, a toujours défendu l'ancien international brésilien avec qui il entretient de très bonnes relations. Seulement, avec les résultats de ce piteux mois de novembre, le plaidoyer ne marche plus. Au Qatar, on voudrait un président avec plus d'envergure, un président ayant des connaissances de la maison parisienne, une personne de la trempe de... Michel Denisot.
Selon les hauts dirigeants parisiens, il est le représentant de la splendeur passée du Paris-Saint-Germain, ponctuée de succès en championnat et d'une victoire en Coupe des Coupes en 1996. Pourtant, l'hypothèse ne reste que très peu crédible car, depuis son départ du Parc des Princes, ses déclarations sur l'évolution du club de la capitale ne se font qu'extrêmement rares et cela obligerait un départ de la case des programmes de Canal+, de son émission le Grand Journal.
Hier soir, lors d'une conférence de presse se déroulant au camp des Loges, Ancelotti faisait mine de ne pas être au courant : « Ce sont des rumeurs, rien que des rumeurs. Il y en aura toujours de toute façon et même si c'était vrai, ce ne sont en aucun cas mes affaires. Je préfère me concentrer sur mon travail. On doit bien finir 2012 en championnat et en Ligue des Champions. » En effet, demain soir, au Parc des Princes, Paris pourra, en cas de victoire face au FC Porto, s'emparer de la première place du groupe pour éviter les plus grosses écuries. En championnat, il reste quatre matches jusqu'à la trêve des fêtes de fin d'année. Il devra mieux faire que lors de ces cinq dernières rencontres, mais est-ce que cela suffira ?