
« Le sélectionneur national n'a pas proposé sa démission. Il a bien compris qu'il était maître de son destin et qu'on lui accordait les vacances nécessaires à une pleine réflexion. Couper des têtes, ça n'a jamais été dans l'habitude de la FFF », a estimé Claude Simonet au terme d'une réunion du bureau du conseil fédéral, convoqué suite à l'élimination précoce de l'équipe de France du Mondial-2002.
Roger Lemerre « fera savoir en temps utile sa position, pour que le conseil fédéral puisse trancher », a ajouté Claude Simonet, lors d'une conférence de presse à laquelle assistait, impassible et depuis le premier rang, le sélectionneur national.
La décision sur un éventuel changement d'entraîneur sera par conséquent rendue lors du prochain conseil fédéral le 5 juillet à Lyon, à la veille de l'assemblée générale de la FFF.
Réunion décisive : plusieurs cadres absents
Cette réunion, qui a duré près de deux heures, s'est notamment déroulée en présence du président de la FFF Claude Simonet, du vice-président Jean Verbeke, mais aussi du président de la Ligue de Football Professionnel (LFP), Frédéric Thiriez. Michel Platini, également vice-président (mais retenu au Mondial), ainsi qu'Aimé Jacquet, convié en tant que directeur technique national (DTN), n'ont en revanche pas participé aux discussions.
L'élimination des Bleus : « un accident de parcours »
« Les changements ne se font pas à la hâte. Il faut le temps de l'analyse. D'aucuns ont déjà écrit l'histoire, mais l'histoire sera celle que décidera le conseil du 5 juillet prochain, en présence de l'ensemble du football français, et alors que nous aurons tous peaufiné notre réflexion », a expliqué Claude Simonet.
Sous le poids des interrogations, le président de la FFF s'est tout de même laissé aller à quelques suppositions : « Imaginez qu'il me donne sa démission, pouvez-vous me donner une liste de sélectionneurs potentiels au chômage ? »
« Et puis la mission d'un entraîneur, c'est très différent de celle d'un sélectionneur. C'est peut-être aussi un métier qui doit s'apprendre », a-t-il poursuivi, dévoilant sa préférence pour une solution « interne ».
Lors de cette conférence, au siège de la FFF, coincé entre les Champs-Élysées — théâtre du triomphe de juillet 98 — et la Place de l'Uruguay — adversaire de la France au Mondial-2002 —, le président de la FFF s'est efforcé de battre en brèche l'idée d'un effondrement du foot français. « J'ai lu qu'il s'agissait d'un effondrement. Je conteste résolument ces affirmations. C'est un simple accident de parcours, pour peu qu'on mesure le chemin parcouru depuis l'Euro-96 », a proclamé Claude Simonet, qui s'estime malgré tout « humilié » après le parcours des Bleus (deux nuls, une défaite, aucun but marqué).
« Et ce n'est pas un simple accident de parcours qui va tout changer », a-t-il alors martelé de nouveau.