Boris Becker avait prévenu : « Au XXIe siècle, le tennis ne peut pas rester dans ses traditions. Il faut s'ouvrir aux autres, se rapprocher du public et faire du tennis un réel spectacle. Le tennis doit affronter un tournant au risque de se marginaliser ». L'ancien numéro un mondial allemand a donc pris les choses en main pour sortir son sport du marasme vers lequel il s'achemine. Une idée simple mais pleine d'ambition : l'IPTL (International Premier Tennis League).
Comment fonctionne l'IPTL ?
L'IPTL est une ligue asiatique regroupant les grands noms du tennis actuel (hommes et femmes) et les légendes passées. Cinq équipes représentant des villes d'Asie et du Moyen-Orient s'affronteront lors d'une draft similaire à la NBA ou à la NFL, mais sous forme de mise aux enchères. La compétition se tiendra du 28 novembre au 20 décembre.
Chaque rencontre oppose deux équipes en cinq sets distincts : simple masculin, simple féminin, double masculin, double mixte et simple des légendes. Le format inclut des jeux sans avantage et un tie-break à 5-5. Ce concept inédit permettrait par exemple de voir Serena Williams et Jo-Wilfried Tsonga affronter Caroline Wozniacki et Novak Djokovic, avec Carlos Moya et Fabrice Santoro comme légendes participantes.
Mahesh Bhupathi, cofondateur et ancien numéro un mondial de double, insiste : « Ce ne sera pas une ligue d'exhibition. Il y aura une réelle compétition avec un enjeu ». Morgan Menahem, directeur exécutif, précise : « L'IPTL va révolutionner le tennis mondial. Le sport doit s'adapter et intégrer une dimension spectacle, à l'image du All-Star Game nord-américain. Contrairement aux exhibitions où les joueurs donnent 10% d'eux-mêmes, notre ligue ambitionne un véritable show sportif ».
Le format prévoit des matchs d'environ trois heures.
Quels joueurs participeront à l'IPTL ?
Le projet, officiellement présenté demain, compte déjà quatre villes : Singapour, Dubaï (Émirats arabes unis), Bombay (Inde) et Bangkok (Thaïlande).
Rafael Nadal soutient l'initiative : « L'idée est excellente. Un tournoi court où on pourra s'amuser avec d'autres joueurs et des légendes ». Novak Djokovic ajoute : « C'est novateur pour le tennis. L'Asie est un terrain idéal pour briser l'image trop sérieuse de notre sport ».
Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Andy Murray, Stan Wawrinka, Tomáš Berdych, Agnieszka Radwańska et Pete Sampras devraient participer, contrairement à Maria Sharapova et Li Na. Fabrice Santoro se réjouit : « Ça va faire du bien au tennis. Le sport s'est trop professionnalisé depuis les années 80 ».
Origines du projet IPTL
L'inspiration vient de l'IPL (Indian Premier League) de cricket lancée en 2010. Mahesh Bhupathi explique : « J'ai observé l'engouement autour de cette ligue privée. Le public et les joueurs ont adhéré à ce format ».
Quelles sont les réactions à l'IPTL ?
Un soutien institutionnel
La Fédération internationale et l'ATP soutiennent le projet : « Les joueurs gèrent librement leur calendrier hors-saison ». La WTA se montre enthousiaste : « Ce projet novateur mérite de voir le jour ».
L'avis des entraîneurs
Patrick Mouratoglou, coach de Serena Williams, défend le concept : « Cela n'empiète pas sur le calendrier officiel. Mieux vaut des matchs courts à 100% que des exhibitions à moitié effort. Cela peut même améliorer la préparation des joueurs ».
Les critiques des organisateurs
Patrice Dominguez (Open Sud de France) s'oppose : « Organiser un tournoi sur un mois en pleine trêve est incohérent. L'argent gangrène le tennis. Je doute de la viabilité d'un projet basé sur le mercantilisme ». L'avenir de l'IPTL dépendra de nombreux facteurs économiques et sportifs.