
Je vais vous parler d'un sport très peu connu car peu médiatisé, sauf aux Jeux Olympiques et au Championnat d'Europe... quand il a lieu en France !
Qu'est-ce que le short-track ?
Le short-track, c'est du patinage de vitesse sur piste courte sur glace. Je dis « piste courte » car ce sport se pratique sur une patinoire de hockey et non sur un anneau de 400 m. D'ailleurs, le short-track et le patinage de vitesse sont deux disciplines distinctes !
Il se pratique sur une piste de 111,12 m matérialisée par des plots en plastique noirs posés sur la glace. Ces plots sont mobiles et il arrive qu'un patineur bute dessus. Dans ce cas, une chute est probable car avec la vitesse, le moindre petit trou, bosse ou obstacle déséquilibre.
C'est un sport individuel, sauf lors des relais (j'en reparlerai plus tard).
L'équipement du patineur de short-track
Les patins
Le short-track se pratique avec une paire de patins dont la lame mesure environ une trentaine de centimètres sur quelques millimètres d'épaisseur. C'est une lame très fine mais néanmoins solide.
Les patins nécessitent un minimum d'entretien. Il faut penser à essuyer les lames en sortant de la glace avant de remettre les protège-lames (ce sont les mêmes qu'en patinage artistique, mais en plus long) et les affûter de temps en temps pour être sûr d'avoir une bonne accroche sur la glace.
Qu'est-ce que l'affûtage ?
L'affûtage permet à la lame de ne pas déraper sur la glace, d'y accrocher. Pour quelqu'un qui fait du haut niveau, l'affûtage doit être effectué environ après deux ou trois entraînements pour être vraiment efficace. On affûte les patins grâce à un appareil appelé affûteur, des pierres à affûter de grains différents (la texture de la pierre), de l'huile et une pierre à carre.
Les protections obligatoires
En matière de protection, le patineur doit obligatoirement être équipé :
- d'un casque ;
- d'une paire de gants ;
- d'un protège-cou ;
- de protège-tibias ;
- de protège-genoux.
De plus, les patineurs portent généralement une combinaison en lycra moulante pour offrir une meilleure aérodynamisme et ainsi gagner en vitesse.
Les distances de course selon les catégories d'âge
Les distances sont le 333 m, le 500 m, le 800 m, le 1 000 m, le 1 500 m et même le 3 000 m ! Les distances courues dépendent de la catégorie. Les filles et les garçons sont séparés.
- Junior E (10-12 ans) : 333 m, 500 m et 800 m.
- Junior D (12-14 ans) : 500 m et 1 000 m.
- Junior C, B et A (14-16 ans, 16-18 ans et 18-20 ans) : 500 m, 1 000 m et 1 500 m.
- Senior (plus de 20 ans) : 500 m, 1 000 m, 1 500 m et 3 000 m.
Les courses sont appelées « séries » et se décomposent en quarts de finale, demi-finales, finale et super-finale. Seuls ceux et celles ayant participé à une finale peuvent accéder à la super-finale. Une série est composée de 4 à 6 patineurs, et parfois même 8, selon la distance courue.
Le relais : une épreuve par équipe
Mais le short-track est aussi un sport d'équipe puisqu'il existe des courses de relais. Une équipe de relais est constituée de 4 personnes + 1 remplaçant(e). Le principe est le même qu'en athlétisme, sauf qu'il n'y a pas de témoin : les patineurs se poussent pour passer le relais.
Concrètement, lorsque le patineur a effectué le nombre de tours décidé, le relayeur se lance et rentre sur la piste à la sortie d'un virage en se faisant pousser par son coéquipier. La poussée s'effectue au niveau des fesses. Les distances sont différentes selon le genre : généralement 3 000 m pour les femmes et 5 000 m pour les hommes.
Un sport extrême entre technique et prise de risque
Vous vous doutez qu'il faut de la force physique et de l'endurance pour ce sport. Mais il ne faut pas négliger la technique, qui a une très grande importance. De même, à part le 500 m qui est une distance de sprint (45 km/h), les courses comportent une grande partie de tactique.
Le short-track est un sport de l'extrême où l'on avoisine 30° d'inclinaison du corps. Pour tenir, il faut un matériel de pointe que chacun règle pour soi : affûtage, cintrage et courbes des lames, chaussures moulées au pied.
Quelques records mondiaux
- 500 m : 41"7, soit 43,17 km/h.
- Vitesse de pointe : 8"3 sur 1 tour (111,12 m), soit 48,2 km/h.
Je vous laisse imaginer la capacité de prise de risque nécessaire !
Les règles du jeu et les contacts
Il existe des contacts, même s'ils sont fortement réglementés. En théorie, il est interdit de pousser avec le coude ou de couper la trajectoire d'un concurrent (faire une queue de poisson !) car avec la vitesse, cela peut s'avérer très dangereux. Mais les contacts, tant qu'ils ne sont pas « violents » (bon d'accord, comment ne pas être violent à plus de 40 km/h ?), sont acceptés.
Voilà, je crois avoir dit l'essentiel ! Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à me poser des questions !