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Le patron de la défense c'est Varane

Dominant face à Ronaldo, Varane confirme son statut de patron indiscutable de la défense des Bleus.

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Sa dernière intervention importante aura été un contre sur un tir de Cristiano Ronaldo qui aurait pu être dangereux alors que les Bleus menaient 2-0. Le Portugais lui a demandé s'il l'avait détourné de la main, ce à quoi le Français lui a répondu par la négative, montrant que son bras était parfaitement collé à son corps. S'en est suivie une accolade chaleureuse entre les deux, le Ballon d'Or s'apprêtant à céder sa place à João Mario. Cristiano Ronaldo ne manquait pas d'auréoler son jeune coéquipier : "Il a fait un match vraiment très bon. Moi, ça ne m'étonne pas parce que je le vois tous les jours à l'entraînement et qu'il progresse tous les jours. Je savais que ça allait être très dur contre lui et je ne me suis pas trompé. Selon moi, et je le dis depuis longtemps, il deviendra dans très peu de temps le meilleur défenseur du monde." Autant dire qu'un commentaire si élogieux venant d'un double Ballon d'Or a tout de même une certaine gueule.

Comment décrire fidèlement Raphaël Varane ? Eh bien, ce n'est pas la tâche la plus facile. On commencera par dire que c'est un jeune homme charmant, toujours enclin à répondre aux questions des journalistes ou aux différentes sollicitations des supporters, et même de ses propres fans qui le suivent sur Twitter. C'est l'histoire d'un jeune joueur plein de talent, formé au Racing Club de Lens, où tout le monde lui avait prédit, à raison, un futur des plus radieux. Varane est un gamin qui est parti du nord de la France à 18 ans pour aller poser ses valises dans le grand Real Madrid qui le suivait depuis bien longtemps. La petite biographie succincte mais nécessaire étant faite, parlons maintenant de celui qui ressemble de plus en plus à celui qui portera l'équipe de France dans quelques années.

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Une maturité impressionnante malgré son jeune âge

Depuis sa première sélection contre la Géorgie en mars 2013, l'ancien Lensois n'a cessé d'impressionner par sa grande maturité, ce qui est tout de même assez rare pour un joueur de cet âge. À l'entraînement, et Carlo Ancelotti pourra en témoigner, il travaille, travaille et travaille encore. C'est la même chose en équipe de France. "Il est plutôt du genre à arriver en avance à l'entraînement et à demander une petite rallonge derrière. Il est toujours en quête de s'améliorer, de devenir toujours meilleur", remarquait Guy Stephan, l'adjoint de Deschamps. Des choses à améliorer, le principal intéressé sait qu'il y en a : "Je ne suis pas parfait mais ce n'est pas le plus important. Il faut juste travailler le plus possible pour y remédier", disait-il en début de saison. Dans ses mots, comment ne pas ressentir la déception d'avoir été fautif sur le but de Hummels en quart de finale de Coupe du Monde (0-1) qui avait arrêté net le parcours des Bleus au Brésil.

Il faut l'avouer, le jeune Varane pourrait améliorer son jeu aérien, bien qu'il ait montré des progrès le mois dernier face à l'Espagne. Il pourrait également travailler sa puissance qui lui joue des tours parfois en Liga, ce qui lui a valu de retourner sur le banc du Real Madrid. Mais n'oublions surtout pas qu'un défenseur n'est pas un attaquant et que, bien souvent, un défenseur — et encore plus lorsqu'il est axial — arrive à son meilleur niveau bien plus tard. Même si l'époque n'est plus la même, il faut tout de même souligner que Marcel Desailly et Laurent Blanc, deux des plus grands défenseurs centraux de l'histoire des Bleus, étaient très loin d'être au même niveau que Varane au même âge. Les deux étaient également très loin de porter le maillot bleu et ils n'avaient pas remporté de Coupe d'Europe (Varane a gagné la Ligue des Champions avec le Real Madrid en mai 2014).

Varane l'a fait et ses immenses qualités peuvent largement compenser les légers défauts explicités un peu plus haut. Raphaël Varane est un défenseur comme on n'en voit plus depuis bien longtemps. Ses interventions sont propres, soignées, et sa minutie au marquage suffit bien souvent à faire la différence. Il a également cette envie de relancer proprement le jeu, d'être le premier joueur offensif de l'action. Franck Leboeuf en est charmé : "Les défenseurs que l'on voit aujourd'hui se ressemblent. Ce sont souvent de grands gaillards qui jouent davantage avec les épaules qu'avec les pieds. Raphaël est très différent. Il sait utiliser un ballon, il a de la technique. Il joue avec sa tête et c'est souvent l'atout majeur d'un défenseur."

La défense centrale : le chantier prioritaire de Deschamps

Mais, au fond, la question centrale ne concerne pas directement Raphaël Varane, tant sa place semble indiscutable dans l'équipe de Didier Deschamps malgré ses quelques délicatesses connues de temps à autre avec le Real Madrid. On se questionne bien davantage sur celui qui est censé l'accompagner dans cette défense centrale. Les prétendants y sont nombreux. On pourrait citer Mamadou Sakho, Laurent Koscielny, Eliaquim Mangala et Jérémy Mathieu principalement.

Le premier de cette liste est celui qu'avait choisi Deschamps pour disputer la Coupe du Monde au Brésil, parce qu'Eric Abidal ne semblait plus capable d'être compétitif, mais surtout parce que le Parisien de naissance, avec ses deux buts, fut le symbole de cette équipe de France pleine d'envie qui était allée chercher sa qualification pour le Mondial avec les dents. Mamadou Sakho est tellement différent de Varane qu'ils en deviennent tous deux parfaitement complémentaires. Lui est beaucoup plus dans une idée de combat, de duel face à l'attaquant. Mais sa situation à Liverpool pourrait lui jouer des tours, tant Didier Deschamps donne de l'importance à la régularité en club.

Derrière lui, c'est Laurent Koscielny qui semble le mieux placé, même s'il n'a jamais réellement convaincu en équipe de France. Il avait provoqué un penalty lors du barrage aller en Ukraine. À Arsenal également, il pêche parfois par excès d'engagement, mais ça ne l'a pas empêché de figurer parmi les trois meilleurs défenseurs de Premier League la saison dernière, preuve que l'ancien défenseur de Lorient a des qualités indéniables. Ensuite vient Eliaquim Mangala. C'est la jeune mais très prometteuse recrue de Manchester City qui avait fait grandement parler de lui avec un transfert record à ce poste. Malheureusement, ses rares sorties avec les Bleus se sont révélées assez moyennes, pour ne pas dire pire. Dernier match en date, c'était samedi, et on ne peut pas dire que l'ancien joueur du FC Porto ait fait une grande impression, par des placements maladroits et des dégagements hasardeux.

Puis, on pourrait parler de Jérémy Mathieu, qui a su replacer Gerard Piqué sur le banc du FC Barcelone, mais aussi d'Aymeric Laporte, pas très connu dans nos frontières mais qui fait d'excellentes choses à l'Athletic Bilbao. La défense sera donc l'un des principaux chantiers de Didier Deschamps sur le long chemin qui mènera l'équipe de France vers son Championnat d'Europe dans deux ans. Et ce chantier est primordial. N'oublions pas que la défense Barthez-Thuram-Blanc-Desailly-Lizarazu n'a jamais perdu un seul match quand elle a été alignée d'entrée, preuve qu'une défense solide peut servir de base dans la quête d'un titre...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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