
Le gardien de foot et ses pieds : une grande histoire d'amour
Le gardien n'utilise ses pieds que pour monter dans le bus. C'est vrai que le but premier du gardien est de bien se servir de ses mains. Malheureusement, ses pieds ne sont pas un cadeau. Le gardien reçoit des propositions à chaque période de soldes afin de pouvoir s'acheter un pied gauche. Les défenseurs hésitent souvent assez longtemps avant de lui donner un ballon dans les pieds, et ensuite c'est le suspense : qu'est-ce qu'il va bien pouvoir faire avec ?
Le gardien peut cependant s'essayer à quelques crochets. Le joueur dribblé peut alors immédiatement ramasser ses côtes et aller prendre sa douche. On lui parlera de ce crochet des mois après.
Le gardien et les ramasseurs de balle
Le gardien est le meilleur ami des ramasseurs de balle. Étant donné que la plupart de ses relances partent en touche, il donne un peu de travail aux jeunes non formés pour le ramassage, au plus grand malheur de Guy Roux.
Le gardien : une terreur sur le terrain
Le gardien est une terreur pour tout joueur qui se respecte. Son dégagement au pied est son arme fatale. Celui qui met la tête sur un dégagement de gardien a mal, très mal. À la fin du match, tout le monde hésite à mettre la tête, ou bien les joueurs arrivent à toujours être lobés.
Le gardien ôte donc des neurones à ses adversaires, chose utile pendant un match de foot où le total de neurones présents sur le terrain (et accessoirement dans les tribunes) est plus faible que dans une classe de 4ème.
Autre arme à son éventail : les genoux. Chaque sortie du gardien est assortie d'un mouvement de genou en direction du joueur adverse — enfin en théorie, vu que la plupart des stoppeurs se sont déjà pris des coups de genou dans la tête. Il n'a aucun scrupule à « démonter » le joueur qui le gêne dans sa sortie, qu'il soit de son équipe ou pas.
Enfin, le gardien est un ancien free fighter. Ses poings font également des malheurs sur les ballons aériens. Le gardien est le destructeur de l'équipe, et vu qu'il est souvent assez maladroit dans ses attentats, il n'est que rarement sanctionné — comme pour lui témoigner toute la compassion qu'on ressent pour lui.
L'équipement du gardien : gants et chaussures personnalisés
Le gardien est très fier de lui. Il met son nom en gros sur ses gants, afin de remplacer sa gourmette laissée au vestiaire... Il est bien fier de ses gants, dans lesquels il lâche de gros molards pour qu'ils agrippent plus.
Le gardien possède également son nom sur ses chaussures. Il possède les plus belles chaussures de l'équipe, vu qu'il ne fait que les regarder pendant tout le match.
Les petites manies du gardien
Le gardien est un grand farceur. Sa feinte de la relance à la main est internationalement connue. Il simule donc une relance rapide, pour finalement se raviser, s'excuser auprès de celui qui s'est tapé un sprint de 20m pour rien.
Puis il témoigne tout son amour pour le ballon en le serrant très fort contre sa poitrine pour pas qu'il lui échappe, regardant bien autour de lui s'il est bien le seul dans sa surface. Il met le ballon au sol, attend environ 30 secondes, le temps de prendre son café, et le ballon qui s'ensuit est donc directement destiné au ramasseur de balle.
Le gardien et l'ennui en Ligue 1
Le gardien s'ennuie. Surtout en Ligue 1 où ses interventions sont rares. Il s'échauffe pendant tout le match, vu le nombre de frappes incalculables dont il est l'objectif — ou plutôt les tribunes... On le voit donc exécuter des talons-fesses, monter de genoux, extensions et autres exercices pendant tout le match. Il fait son petit exercice du week-end quoi.
Le gardien a malgré tout très chaud. Il ne se déplace jamais sans sa petite serviette et sa bouteille d'eau, très délicatement déposées proche de son poteau. Il maudit bien sûr le boulet qui tire sur sa bouteille, objectif bien plus prisé par nos attaquants nationaux que le but.
Le gardien aime ses poteaux. Il les bénit, il les chérit — faut bien dire qu'ils sont ses seuls copains durant le match.
Le gardien est sûrement le plus heureux à chaque but pour son équipe. Enfin une bonne excuse pour se réchauffer. Il serre les poings, crie et saute partout, en se retournant vers son kop (qui n'a bien sûr rien compris à ce qu'il se passait en face), et en lâchant un cri hargneux pour se faire la voix.
Le gardien et le froid : stratégies de survie
Le gardien est propre sur lui-même. À force de se cailler pendant un Lens/Lille, son col roulé, son collant et son bonnet sont devenus ses meilleurs alliés contre le froid.
Le gardien utilise également la technique du touriste : les chaussettes bien chaudes sous ses chaussettes de foot, elles-mêmes bien sûr remontées au-dessus du genou (attends, il fait froid !), chaussettes en laine l'obligeant à prendre ses chaussures deux pointures au-dessus de d'habitude. Le gardien s'en fout.
Le gardien possède le sponsor du club, plus son propre sponsor. Le gardien est un vrai panneau publicitaire à lui tout seul. Autant dire qu'il se fond très bien dans les superbes panneaux clignotant autour du stade.
Coiffure et voix du gardien : les codes du последний rempart
Le gardien est bien coiffé, il n'a aucune chance de faire une tête, il a donc confiance en son gel.
Le gardien possède une voix très, comment dire... imposante. Il est le seul à gueuler plus fort que le speaker quand il commente un but. Il replace ses défenseurs à 70m de ses cages, pour bien montrer qu'il est là. Il fait sortir sa défense en criant comme un gros malade, afin que le gardien d'en face sache ce qu'il se passe dans sa surface.
On sait bien que les gardiens sont tous potes. Ils vivent le même calvaire tous les week-ends en même temps.
Le gardien : un flemmard assumé
Le gardien est un flemmard. Le gardien n'a aucun souci avec le médecin du club. Il ne risque en aucun cas les crampes, ou autres malaises (les joueurs de Ligue 1 en général ne risquent pas grand-chose de ce côté-là, c'est vrai).
Les plongeons spectaculaires du gardien
Le gardien aime plonger. Ça le réchauffe. Chaque tir, même celui qui termine sa course proche du poteau de corner, est une aubaine pour le gardien. Il se détend, le plus souvent les mains en l'air pour bien montrer qu'il ne touche pas le ballon.
Ou bien lorsque, chose rare, il encaisse un but, il se sentira forcé de faire un plongeon magnifique et de retomber sur ses cuisses, pour la photo, et pour montrer le talent qu'il a en lui pour les figures de style, afin d'attirer les convoitises de metteurs en scène pour une possible reconversion dans les cascades de cinéma.
Le gardien face au pénalty : danseur et hypnotiseur
Le gardien est un grand danseur. Sur sa ligne, avant un pénalty, on peut le voir gesticuler comme un clown devant le tireur. Celui qui n'était pas au courant qu'il y avait péno peut se poser de grosses questions.
Son talent d'hypnotiseur est très reconnu également. La façon dont il regarde le tireur, en lui passant le ballon qu'il a soigneusement caressé pour qu'il ne rentre pas dans ses cages, est assez exceptionnelle. Le joueur, alors traumatisé par tant de haine, tire au-dessus.
Le gardien et le mur : une communication impossible
Le gardien est muet quand il a peur. Coup franc aux 25m. Le gardien place son mur. Il se colle à son poteau et effectue des gestes avec ses mains pour déterminer la place de son mur au millimètre près. Bien sûr, son mur ne l'écoute pas. Alors il s'énerve et, dépité, retourne au milieu de ses cages.
La frappe part dans les tribunes. Mais le gardien trouve quand même le moyen de se plaindre. Il engueule les joueurs placés dans le mur. En s'avançant vers le point de pénalty, il agite ses mains et explique que le mur n'a pas fait ce qu'il fallait. En cas de but, il a la même attitude.
La montée du gardien en fin de match
Le gardien participe activement à la fin de match. Dernière minute, son équipe perd, il se précipite alors dans la surface adverse en espérant marquer le but victorieux sur le dernier corner du match. Le gardien monte donc, sautille partout. Le corner est bien sûr mal tiré. Il revient alors comme une bombe vers ses cages, malheureusement juste assez tôt pour contempler la balle rentrant lentement dans ses buts.

Récapitulatif : un match typique du gardien
Début de match, le défenseur remet en retrait vers son gardien, afin de faire tourner et de prendre leurs marques dans ce match. Le défenseur vérifie tout de même qu'il n'y a aucun adversaire dans les 60m environnants. Puis, en fermant les yeux et en inspirant très fort, il passe le ballon au gardien. Le gardien loupe son contrôle, et dans un instant d'euphorie, tente un crochet devant l'attaquant venu le presser. L'attaquant récupère le ballon, marque dans le but vide. Le gardien insulte son défenseur de lui avoir passé le ballon.
Balle au centre, l'équipe du gardien pousse mais n'arrive pas à égaliser. Le gardien récupère le ballon dans les pieds sur un long dégagement adverse, puis, pris de panique, met un missile en touche, après avoir remonté son short pour plus de précision dans la frappe.
Corner contre lui. Il s'élève alors dans les airs, dégage le ballon des poings, tout en dégageant la tête de son défenseur et de l'attaquant, les deux restés au sol sans bouger. Ils sont alors accompagnés d'un autre joueur blessé qui s'est pris les genoux du gardien au moment de son impulsion. 3 blessés sur ce corner. Fier de son massacre, le gardien crache dans ses gants et se frotte les mains.
Centre raté, le gardien récupère le ballon, et court jusqu'à devant sa surface pour a priori une relance à la main pour lancer la contre-attaque. Finalement non, il lève la main vers son coéquipier, puis dégage au pied en essayant de battre son record de hauteur, acquis la semaine précédente.
Le match se ralentit en intensité, le gardien commence donc à parcourir sa surface en long et en large pour se réchauffer, puis va à côté de son poteau boire un peu d'eau (pas si sûr...). En passant, il fait un bisou à son poteau et lui tape la discute.
Son équipe égalise enfin. Il saute alors de joie et se retourne vers la tribune en levant les bras, comme s'il avait servi à quelque chose dans l'action. Un nouveau match commence à 1-1. Il remonte donc ses chaussettes, remet son col roulé et reprend son échauffement.
Période importante, juste avant la mi-temps. Le gardien le sait. Il redouble donc d'effort en signalant chaque appel en profondeur à ses défenseurs, peu importe qu'ils soient dangereux ou pas.
Attention, frappe adverse : le gardien se détend donc, pendant que ses défenseurs se retournent pour se replacer et que les latéraux adverses reviennent dans leur surface en courant pour éviter la contre-attaque. Le gardien est le seul à ne pas avoir vu que le ballon passait à 10m de ses cages. Il plonge alors, en lâchant un sourire au photographe le plus proche.
Sur l'action suivante, pénalty contre lui. Il prend alors le ballon, échange quelques mots avec celui-ci, puis s'en va sur sa ligne. Il effectue alors des pas de danse, tandis que le joueur d'en face place son ballon. Le gardien s'avance en montrant le ballon et en interpelant l'arbitre sur le placement du ballon. Il retourne alors sur sa ligne, et part du mauvais côté du tir. But. 2-1.
Il reste 10 minutes. Coup franc dangereux contre lui. Il va revoir son ami le poteau, place son mur de façon à ne pas voir le départ du ballon — sinon ça serait bien trop facile. Le ballon part à côté, il engueule le joueur de base du mur d'avoir sauté, comme il l'aurait engueulé s'il n'avait pas sauté en lui expliquant qu'il faut sauter.
Dernière minute, corner pour son équipe. Le gardien monte à grandes enjambées pour apporter son adresse dans la surface adverse. Il se place en plein milieu de la surface. Le corner est tiré au deuxième poteau, et personne pour le récupérer. Le gardien s'énerve, puis revient en courant. Malheureusement, il se claque, et, la tête dans l'herbe, regarde l'attaquant adverse arrêter le ballon sur la ligne, se baisser et mettre le but de la tête, comme signe de remerciement.