
Pourquoi le football génère sa propre violence
La barbarie envahit le football, et c'est la responsabilité directe de tous les acteurs adultes. Le football n'est pas otage de la violence : il génère sa propre violence, au-delà des intérêts économiques et de l'environnement social. Tous les acteurs critiquent officiellement la violence mais, ce faisant, dégagent en touche en cherchant des responsabilités extérieures à la leur. Le football tolère ou fomente l'individualisme, la haine et sa violence dérivée. Devant cette barbarie, les enfants perdent les références positives, éducatives et collectives d'un jeu qu'ils ne comprennent plus. Ou alors, ils savent comment siffler, faire un doigt d'honneur, commettre des fautes tactiques discrètes ou « bien » tomber pour obtenir un penalty.
Joueurs et dirigeants : le manque d'exemplarité
Les joueurs : COUPABLES. Fair-play ? Le mot ne s'utilise même plus. Certains « cracks » idolâtrés par les enfants n'ont pas toujours un comportement exemplaire. Nombre de célébrations de buts sont individuelles, agressives, de mauvais goût, sans rire ni sourire. Le joueur devrait rire et communiquer le bonheur quand il marque, aller vers le passeur et le reste de l'équipe, saluer tout le public, pas seulement les « radicaux ».
Dirigeants et entraîneurs : COUPABLES. Ils se répandent en propos provocateurs qui, médiatisés, incitent à la violence. Les clubs protègent (euphémisme) leurs supporters « ultra ». Clubs, entraîneurs, joueurs : qu'ils enseignent à respecter le football, l'adversaire et le fair-play, en commençant par faire entrer et sortir les deux équipes ensemble.
Supporters et public : entre passion et dérives violentes
Le public : COUPABLE. Une partie substantielle va au stade pour se défouler et haïr. Elle y délègue ses propres désirs de succès à son équipe. Et si la victoire attendue n'arrive pas, elle insulte l'arbitre, l'entraîneur, l'équipe, le joueur noir de l'équipe adverse, protégé au milieu de son clan... Le public devrait animer davantage son équipe, phase défensive incluse, au lieu de siffler l'adversaire et l'arbitre en permanence, presque toujours sans raison.
Presse et médias : comment ils alimentent la violence
La presse : COUPABLE. Elle vit de victoires, celles des grands ou celles de son club, car la presse « est d'un club », parfois « intégristement », manquant gravement à l'éthique du journalisme. Elle ne remplit pas son rôle éducatif... Au contraire. Elle donne du protagonisme à l'environnement, à la polémique, au sensationnalisme et à la violence. Elle réclame agressivité, rage et guerre, et rarement football, technique ou jeu collectif. Elle individualise à l'extrême les résultats collectifs. À la télévision, les images ensanglantées, de tête bandée, de masques de terreur, de nez cassé, d'actions violentes accaparent l'espace des belles actions collectives. Le super but sur coup-franc a totalement éclipsé le but collectif dans les « tops ». Il est scandaleux d'entendre les reporters qualifier des fautes techniques d'« intelligentes » ou de « bien faites ». Ces fautes paraissent désormais « normales ». La presse devrait être plus objective et éducative, parler de football, de technique, de fair-play, et rechercher la beauté au lieu de la morbidité, de la rage et de la guerre.