
La saison dernière, l'équipe HTC-Highroad a révélé son souhait de ne pas poursuivre son partenariat avec Mark Cavendish. La planète cyclisme a connu un manque, car HTC était une valeur sûre du peloton international. C'est pourtant le Tour de France qui en a le plus souffert.
Les vingt derniers kilomètres d'une étape de plaine ne ressemblent plus à grand-chose. Lors des trois dernières éditions de la Grande Boucle, nous assistions à la domination sans contestation possible du train de Cavendish, mais cela a changé. Mark Cavendish a rejoint la Team Sky et il n'est plus le leader incontesté de son équipe. Au sein de celle-ci, c'est Bradley Wiggins la star. Les coureurs travaillent davantage pour le maillot jaune de Wiggins que pour les victoires d'étapes.
La sélection en atteste : cinq coureurs pour Bradley, Bernhard Eisel et Edvald Boassen Hagen pour Cavendish. En effet, ça change. Avant, il en avait huit, maintenant seulement deux. On pourrait croire que le sprinteur de l'Île de Man est quelque peu contrarié, mais il persiste à dire que non : « Quand j'ai signé chez Sky, je savais que je ne serais pas le leader principal. Ce n'est pas maintenant que je vais faire l'étonné. Sky a été clair avec moi. Mais bon, même seul, je me débrouille pas trop mal non plus. »
Comment Cavendish gère-t-il son nouveau statut ?
Seul, parce qu'il a décliné l'offre de son directeur sportif de faire rouler Eisel et Hagen, car « nous sommes seulement au début du Tour. Il reste beaucoup d'étapes compliquées et je n'ai pas envie de les fatiguer », s'exprimait le Cav à l'issue de l'étape.
Cavendish serait-il devenu sage avec le poids des années ? Sans doute, mais il est aussi devenu plus malin. Sans son train habituel, on serait en droit de le croire un peu perdu, mais il sait utiliser les autres trains : « Être seul dans un sprint, j'aime bien aussi. Il faut se faufiler à gauche, à droite. Prendre la roue au bon moment, comme je l'ai fait avec André (Greipel). Au 2 km, j'étais en trentième position dans le peloton et j'ai accroché la bonne roue pour être deuxième au 400 m, le moment idéal pour lancer mon sprint. » Si ses adversaires commencent à l'aider, le Cav peut prétendre à un autre maillot vert.