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Le Brevet d'Etat de snowboard, c'est pour quand ?

Pourquoi faut-il le diplôme de ski pour enseigner le snowboard ? Découvrez les enjeux et comment soutenir la création du Brevet d'État Snowboard.

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En voilà une question qu'elle est bonne ! Pour ceux qui ne voient pas à quoi nous faisons référence, le BE signifie Brevet d'État. Sachez que même si nous sommes au 21e siècle, pour enseigner le snowboard, il faut toujours passer le monitorat de ski. Alors riders, si vous ne voulez pas entendre parler du planté de bâton, il va falloir un peu attendre. Philippe Jeannot, notre Président de l'AFS, se bat depuis quelques années avec le ministère des Sports pour espérer un jour donner la chance à nos jeunes de pouvoir enseigner contre rémunération.

C'est un bon début quand même, mais il ne faut pas s'arrêter là. On va pas vous refaire le coup de la pub Orangina "ROUGE" : faut secouer sinon la pulpe reste en bas ! Don't forget : l'union fait la force. Tout ce baratin pour vous souhaiter bonne lecture et espérant que vous passerez par la case pétition : signer la pétition.

Pourquoi n'existe-t-il pas de diplôme d'État pour le snowboard ?

Imaginez-vous la situation suivante : "Votre fils est passionné d'électricité et en plus il est doué car il bricole seul toutes les installations électriques de ses amis. Il souhaite donc devenir électricien pour assouvir sa passion. Il se renseigne, et voilà ce qu'on lui répond : 'Pas de problème Monsieur, pour être électricien, il vous faut passer votre diplôme de plombier...?!'

Comment ça ?? Désolé, il n'existe pas de véritable diplôme d'électricien... mais par contre, si vous passez celui de plombier, bien sûr que votre fils pourra faire de l'électricité... autant qu'il voudra d'ailleurs !

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Hum... Hum... Déçu, votre fils décide donc de prendre une autre orientation. Maintenant imaginez-vous faire appel à un électricien pour un évier bouché... Ah !! Ça risque d'être comique, non ?

Malheureusement, cette situation existe bel et bien... Sauf que rassurez-vous pour les plombiers et les électriciens : ils ont chacun leur diplôme. Ce qui n'est pas le cas du snowboard ! Nos jeunes (enfin...) dans les clubs aimeraient bien bosser le temps des vacances, gagnant quelques euros, à donner des leçons de snowboard aux jolies parisiennes.

Pas de problème, ou juste un tout petit : il faut être moniteur de ski... ?! Nous devons être l'un des seuls sports fédéraux à ne pas avoir de diplôme reconnu d'État... je suis presque sûr que le Bridge a le sien... ben quoi, c'est un sport !

Comment cela se fait-il ? C'est tout bête : l'Association Française que nous sommes dépend énormément de ce qu'on appelle la Fédération Française de Ski (FFS), qui a des accords avec un syndicat des moniteurs fort comme Hercule et riche comme Crésus.

Le monopole des moniteurs de ski

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C'est vous dire ! Pour faire court, ce gentil syndicat fait ni plus ni moins du protectionnisme. Il refuse qu'on puisse nous-mêmes avoir un diplôme et enseigner notre sport. La crainte du syndicat, c'est de ne plus avoir le monopole pour des gentils moniteurs de ski qui, à leurs heures perdues, donnent une ou deux leçons particulières pour arrondir les fins de mois. C'est aussi une manière de se protéger contre les sous-diplômes européens.

Leur démarche ? Dire haut et fort que le milieu de la montagne va mal côté tourisme, et qu'il est de plus en plus difficile de faire manger un moniteur de ski diplômé. Donc, pas question d'ouvrir une nouvelle formation qui mènerait des jeunes vers une issue sans débouché.

De plus, selon eux, créer un diplôme spécifique snowboard serait quelque part un sous-diplôme du ski que tout bon moniteur est capable d'assurer. Quel crédit a-t-on auprès du Ministère alors ? Réponse : pas grand-chose.

Les chiffres du snowboard face à ceux du ski

Quand on voit le budget reversé au snowboard... soit un peu moins d'un million et demi de francs (230 000 euros). Plus que ridicule quand on sait que la FFS fonctionne grâce à plus de 21,5 millions de francs (3,2 millions d'euros). Je vous laisse faire le rapport égoïste de ce triste versement.

Cependant, la FFS a un peu plus de pouvoir que nous, petits snowboarders que nous sommes. La FFS compte pas loin de 6 millions de pratiquants pour 157 000 licenciés ! Face à ça, les chiffres du snowboard ne sont pas vraiment représentatifs par rapport au nombre de pratiquants : soit 700 000 snowboarders pour seulement 2 800 licenciés ? Y a comme un hic... Vous ne trouvez pas ?

Nos 2 800 licenciés pourraient très bien correspondre à 3 petits clubs de football d'une même ville. Pour vous expliquer notre problème, rentrons un peu plus en détail avec ces chiffres.

Sur les quelques 157 000 licenciés de la FFS, il y a 37 000 licences compétition pour 120 000 Cartes Neige. Côté snowboard, sur 2 800 licenciés, il y a 1 700 licences compétition pour 1 100 passeports loisir.

Alors là vous me posez la question : "Quelle est la différence entre le fait d'acheter un passeport snowboard et une carte neige ?" Réponse : aucune. Toutes les deux ont pour fonction principale de vous indemniser intégralement sans avancement de frais en cas d'accident... si ce n'est qu'à chaque fois que quelqu'un achète la carte neige, il apporte du poids et de l'argent pour la Fédération française de ski.

Cela explique la crédibilité de ce sport auprès du ministère pour pouvoir obtenir des subventions.

Comment soutenir le snowboard français ?

Ce qui est énervant, c'est que la plupart des pratiquants de snowboard ne sont pas au courant de ce fait et continuent à adhérer de manière indirecte à la FFS. L'implication va encore plus loin.

Si dans tous les clubs citadins (affiliés la plupart du temps à la FFS) et si chaque snowboarder qui souhaite obtenir une assurance à chaque fois qu'il va rider optait pour un passeport loisir, on gagnerait en nombre de licenciés, on gagnerait en crédibilité. Du même coup, un tas de choses en découleraient, comme notamment le fait un jour d'obtenir le Diplôme d'État de Snowboard.

Le message est clair : ratissons large autour de nous pour faire passer l'information. Demain, peut-être que chaque club aura moins de difficulté à entraîner les jeunes grâce à l'obtention de subventions dignes de ce nom ! L'union fait la force et chacun y trouvera son compte, soyez-en sûrs.

Philippe Jeannot, notre Président, est certes notre porte-parole dans ce combat. Soyez sûrs qu'il fera tout pour faire bouger les choses par le haut, au niveau des politiques. Même si on connaît la force de Philippe (dans sa voix, on a toujours l'impression qu'il parle dans un micro... on l'imagine très bien en réunion avec la FFS ou encore au Ministère en train de faire trembler les murs !), le top est d'associer à ses efforts un mouvement par le bas.

On sait très bien que la politique, c'est comme les vieilles armoires : ça se déplace une fois toutes les morts d'évêques ! Alors... vous avez retenu la leçon ? Il faut fidéliser les pratiquants du snowboard, crédibiliser notre sport. On a du boulot sur la planche et cette année, par chance, la neige n'a pas l'air de nous avoir oubliés. Quant à moi, je file fabriquer des banderoles... on va préparer la révolution !

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